mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201706 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LEXALTO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2022, M. J, représenté par Me Gaillard, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des impositions supplémentaires à l'impôt sur le revenu et des contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 en droits, intérêts et pénalités pour un montant de 58 116 euros ;
2°) de lui accorder le sursis de paiement en application des dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie de la provenance et de la nature des sommes encaissées par chèques sur son compte bancaire à hauteur de 20 152 euros ;
- les sommes provenant de M. H I, son frère, correspondent à une pension que ce dernier lui verse ;
- les sommes provenant de divers virements pour un montant de 14 687 euros correspondent à des dons et des prêts familiaux ;
- la majoration pour manquement délibéré, infligée en application de l'article 1729 du code général des impôts, est infondée dès lors qu'il justifie de l'origine des sommes qualifiées de revenus d'origine indéterminée par l'administration fiscale.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Douteaud,
- les conclusions de M. Luc, rapporteur public ;
- et les observations de Me Legain, substituant Me Gaillard, représentant M. G.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis de vérification du 18 avril 2018, M. G a été informé qu'il allait faire l'objet d'un examen fiscal de sa situation personnelle portant sur les revenus 2015 et 2016. Le 13 décembre 2018, en application des dispositions des articles L. 10 et L. 16 du livre des procédures fiscales, l'administration fiscale lui a adressé une demande d'éclaircissements et de justifications concernant la déclaration des revenus qu'il a perçus en 2016, à laquelle il a répondu le 12 février 2019. Le 8 mars 2019, le service l'a mis en demeure d'adresser des précisions complémentaires dans un délai de trente jours, conformément aux dispositions de l'article L. 16 A du livre des procédures fiscales. Par courrier du 8 avril 2019, M. G a fourni des éléments complémentaires. Par une proposition de rectification du 11 juin 2019, l'administration lui a notifié des rectifications d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2016. Par une réclamation préalable du 26 juin 2020 rejetée le 27 janvier 2022, M. G a contesté ces impositions mises en recouvrement le 31 janvier 2020. Par sa requête, il demande la décharge de l'ensemble de ces impositions supplémentaires, en droits et pénalités.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
S'agissant de la charge de la preuve :
2. Aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements () ". Aux termes de l'article L. 16 A de ce livre : " Les demandes d'éclaircissements et de justifications fixent au contribuable un délai de réponse qui ne peut être inférieur à deux mois. / Lorsque le contribuable a répondu de façon insuffisante aux demandes d'éclaircissements ou de justifications, l'administration lui adresse une mise en demeure d'avoir à compléter sa réponse dans un délai de trente jours en précisant les compléments de réponse qu'elle souhaite. " Aux termes de l'article L. 69 du même livre : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux, sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L 16. " Enfin, aux termes de l'article L. 192 dudit livre : " [La charge de la preuve] incombe également au contribuable () en cas de taxation d'office à l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle en application des dispositions des articles L 16 et L 69 ".
3. Il résulte de l'instruction qu'au cours des opérations de contrôle, l'administration fiscale a mis en évidence que les sommes créditées sur les comptes bancaires détenus par M. G étaient largement supérieures aux revenus bruts déclarés au titre de l'année 2016. Par lettre modèle n° 2172 du 13 décembre 2018, le service vérificateur a demandé à M. G de lui fournir des éclaircissements ou des justifications concernant sa déclaration de revenus de l'année 2016. Estimant que les réponses apportées par l'intéressé le 17 février 2019 étaient insuffisantes, l'administration lui a adressé une lettre portant mise en demeure de compléter ses réponses, le 8 mars 2019. Les éléments apportés par M. G par courrier du 8 avril 2019 étant soit identiques aux précédents soit insuffisants, l'administration a considéré qu'il n'avait pas répondu à la demande d'éclaircissements ou de justifications qui lui avait été adressées et a ainsi taxé d'office dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, à l'issue de l'examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle, les sommes provenant des crédits financiers demeurant injustifiés, pour un montant de 88 372 euros. Par suite, M. G supporte la charge de la preuve de l'exagération de l'imposition contestée.
S'agissant des revenus d'origine indéterminée :
4. En premier lieu, pour justifier de l'origine de la somme de 20 152 euros provenant de chèques encaissés sur son compte bancaire personnel et réintégrée dans ses revenus imposables de l'année 2016, M. G soutient que ces sommes correspondent à des dépenses assumées par ses soins pour le compte de la SARL MR dont il était associé et gérant. Or, les pièces qu'il produit, uniquement constituées des relevés bancaires de son compte personnel au Crédit Agricole retraçant les chèques débités et encaissés, ne suffisent pas à l'établir en l'absence de tout justificatif permettant de déterminer le bénéficiaire des sommes versées, l'ordonnateur des sommes créditées ainsi que l'objet de ces flux.
5. Ensuite, M. G soutient que la somme de 24 870 euros réintégrée dans ses revenus imposables au titre de l'année 2016 provient d'une pension alimentaire que lui verse son frère, footballeur professionnel, en raison de ses confortables revenus. Toutefois, il n'assortit ses allégations d'aucun élément permettant d'en établir le bien-fondé.
6. Enfin, M. G soutient que les sommes provenant de divers virements pour un montant total de 14 687 et réintégrées dans ses revenus imposables au titre de l'année 2016 proviennent de dons effectués par des proches ou de remboursements de prêts consentis à des membres de sa famille ainsi qu'à un tiers, Mme B. Pour justifier de la nature et de l'origine de ces sommes, il produit tout d'abord une attestation de M. E F faisant état de dons de 200 euros et de 250 euros consentis les 17 février et 28 juin 2016 au profit de sa sœur, épouse du requérant, en vue de l'achat de cadeaux à ses neveux. M. G produit ensuite des attestations établies par Mmes A K, A Dior G et Mme C certifiant que les sommes de 270 euros, de 3 000 euros et de 1260 euros, cette dernière ayant pris la forme de trois versements de 1 000 euros, 160 euros et 100 euros, qu'il a perçues les 17 mai, 8 mars, 19 avril et 28 juin 2016 correspondent à des remboursements de prêts qu'il leur avait accordés. Toutefois, en l'absence de toute pièce permettant d'établir une corrélation entre les sommes ainsi créditées sur son compte bancaire et l'origine qu'il leur prête, en particulier les relevés de compte des emprunteurs et du donateur, ces attestations ne suffisent pas à établir les faits qu'elles relatent. Enfin, le requérant admet ne pas être en mesure de justifier l'origine des sommes de 1 450 euros et de 420 euros versées sur son compte bancaire les 6 juin et 19 juillet 2016 par Mme B. Ainsi, M. G n'établit pas l'origine des sommes qualifiées par l'administration de revenus d'origine indéterminée et n'apporte pas la preuve du caractère exagéré de l'imposition en litige.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. G n'est pas fondé à solliciter la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016.
En ce qui concerne les pénalités :
8. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt () entraînent l'application d'une majoration de :/ a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
9. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à ses obligations déclaratives, l'administration fiscale se prévaut de l'importance des revenus bruts non déclarés lesquels s'élèvent à 116 889 euros dont 88 372 euros de revenus d'origine indéterminée et correspondent à 92 % des revenus omis, du grand nombre d'opérations, du caractère systématiquement évasif des réponses de M. G à la demande de justifications qui lui a été adressée, de leur nature partiellement incohérente et du défaut de production de justificatifs. Ce faisant, l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe du bien-fondé des majorations mises à la charge du requérant en application de l'article 1729 précité du code général des impôts.
Sur les conclusions à fin de sursis de paiement :
10. Le présent jugement se prononçant sur le fond de l'affaire, les conclusions de la requête tendant au sursis de paiement des impositions contestées se trouvent privées d'objet.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. G demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M.Je et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
S. DOUTEAUD
La présidente,
S. CHERRIER
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026