jeudi 18 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201754 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | THEROND ET DIBON COURTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mars 2022, M. B C, représenté par Me Dibon-Courtin, demande au juge des référés d'ordonner, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une mesure d'expertise médicale aux fins de déterminer le préjudice qui a résulté pour lui des conditions de sa prise en charge le 22 janvier 2015 dans le service des urgences du centre hospitalier de Rodez.
Il soutient que :
- ouvrier en abattoir, il a été renversé le 22 janvier 2015 par un veau et ayant pris un coups de sabot au niveau du genou gauche puis au niveau thoracique occasionnant une chute avec traumatisme facial, il a été transporté au service des urgences du centre hospitalier de Rodez où ont été diagnostiqués une luxation sans fracture d'un bridge dentaire, une hémarthrose du genou gauche sans lésion osseuse, ni atteinte ligamentaire évidente et un traumatisme costal basi-thoracique droit sans fracture costale évidente, ni tension abdo ou rétro péritonéale, étant précisé qu'il lui a été prescrit un arrêt de travail de 10 jours sans incapacité de travail et qu'il a pu regagner son domicile le jour même avec une attelle de genou rigide et la prescription de cannes anglaises et d'antalgiques ;
- toutefois, en raison d'une gêne fonctionnelle et de la persistance des douleurs du genou gauche, son médecin traitant lui a prescrit une IRM qui, réalisée le 19 mars 2015, a mis en évidence une fracture antérieure du plateau tibial médial, sachant que le scanner réalisé le 18 mai 2015 a confirmé la fracture du plateau tibial interne sans décalage du plateau tibial et une chondropathie fémoro-patellaire traduisant une gonarthrose débutante, étant précisé que les radiographies en date du 5 juin 2015 ont révélé une gonarthrose modérée avec un aspect légèrement déminéralisé et que des séances de kinésithérapie lui ont été prescrites ;
- si le bilan radiologique avec un arthroscanner du genou gauche réalisé le 12 novembre 2015 a confirmé la consolidation de la fracture du plateau tibial médial sans incidence cartilagineuse et la chondropathie fémoro-patellaire et que le médecin conseil a estimé que son état de santé était consolidé au 29 mars 2016 en retenant un taux d'IPP de 12 %, il a été considéré lors de la seconde visite en médecine du travail en date du 14 mars 2016 que son état de santé n'était pas compatible avec son poste de travail et il a été licencié pour inaptitude le 8 juin 2016 ;
- estimant qu'il y a eu un défaut de prise en charge du centre hospitalier de Rodez le 22 janvier 2015 dès lors qu'il n'a pas été détecté qu'il présentait une fracture antérieure du plateau tibial médial, il est fondé à solliciter la mise en œuvre d'une expertise contradictoire à l'effet de déterminer les préjudices dont il demeure affecté consécutivement aux conditions de sa prise en charge le 22 janvier 2015 par le service des urgences du centre hospitalier de Rodez.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, la caisse de mutualité sociale agricole Midi-Pyrénées Nord sollicite la réserve de ses droits et précise qu'elle ne manquera pas de communiquer le montant de sa créance à réception du rapport d'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2022, le centre hospitalier de Rodez, représenté par la Selarl Abeille et Associés, aux écritures de Me Zandotti, sollicite qu'il soit donné acte de ce qu'il conteste sa responsabilité mais qu'il ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée qui sera ordonnée aux frais avancés du requérant et confiée à un expert spécialisé en matière de médecine d'urgence qui devra déposer un pré-rapport.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 1er septembre 2021 par laquelle la présidente du Tribunal administratif a désigné M. KATZ pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère. ".
2. La demande d'expertise présentée par M. C entre dans le champ d'application des dispositions précitées et présente un caractère utile. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 2 ci-après de la présente ordonnance.
Sur le dépôt d'un pré-rapport :
3. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions du centre hospitalier de Rodez tendant à ce que l'expert communique un pré-rapport aux parties ne peuvent qu'être rejetées.
Sur l'avance des frais d'expertise :
4. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. () ".
5. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartient au seul président de la juridiction de désigner la ou les parties qui assumeront la charge des frais et honoraires d'expertise, après l'accomplissement de celle-ci. Il suit de là que les conclusions du centre hospitalier de Rodez relatives à la prise en charge des frais d'expertise par le requérant ne peuvent en l'état qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre M. B C, d'une part, et le centre hospitalier de Rodez, d'autre part, en présence de la caisse de mutualité sociale agricole Midi-Pyrénées Nord.
Article 2 : L'expert aura pour mission :
- d'examiner M. B C et prendre connaissance de son entier dossier médical ;
- de décrire l'état de santé de M. B C antérieurement à sa prise en charge le 22 janvier 2015 par le service des urgences du centre hospitalier de Rodez ;
- de décrire les conditions dans lesquelles il a été pris en charge le 22 janvier 2015 par le service des urgences du centre hospitalier de Rodez ;
- de fournir tous éléments permettant d'apprécier si, en l'état des données acquises de la science, des techniques et des règles de l'art, des fautes, omissions, négligences ou erreurs ont été commises à l'occasion des actes médicaux dont il a fait l'objet à cette occasion ;
- de faire connaître, en particulier, si le diagnostic de son état a été correctement et complètement posé le 22 janvier 2015 ;
- de faire connaître les lésions, affections et séquelles imputables à d'éventuels manquements dans l'établissement du diagnostic de son état ;
- d'en préciser, le cas échéant, la nature et le degré de gravité et de dire si, à son avis, et dans quelle mesure, ces fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives sont à l'origine du préjudice dont il se plaint ;
- d'évaluer, s'il y a lieu, la perte de chance pour M. B C d'éviter une aggravation de son état de santé ou d'obtenir une amélioration de ce dernier résultant d'un éventuel manquement aux règles de l'art ou d'un éventuel aléa thérapeutique ;
- de retracer l'évolution de l'état de santé de M. B C et, notamment, de fixer, le cas échéant, la date de consolidation ;
- d'indiquer, dans l'hypothèse où son état ne serait pas consolidé, s'il est susceptible d'évoluer en aggravation ou en amélioration. Dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
- d'indiquer, en tous ses éléments, la nature et l'étendue du préjudice corporel subi par M. B C en distinguant la part imputable à son état de santé antérieur de celle imputable aux éventuelles fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives ;
- de fournir, plus généralement, tous éléments susceptibles de permettre d'éclairer le juge du fond éventuellement saisi du litige.
Article 3 : Le docteur E D, domicilié 45 rue de Gironis à Toulouse (31100), est désigné pour procéder à l'expertise.
Article 4 : L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : Le surplus des conclusions en défense est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, au centre hospitalier de Rodez, à la caisse de mutualité sociale agricole Midi-Pyrénées Nord et au docteur E D, expert.
Fait à Toulouse, le 18 août 202 Le vice-président, juge des référés,
David KATZ
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026