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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2201820

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2201820

jeudi 6 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2201820
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mars 2022, Me Virginie Vitani, liquidateur judiciaire de la société centre culturel loisirs multidétente et de promotion publicitaire, demande au tribunal de prononcer l'indemnisation de l'activité partielle de quatre salariés sur la période du 14 mars 2020 du 29 mars 2020, pour un montant de 1 026,12 euros.

Elle soutient que :

- la direction départementale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi a refusé la prise en charge de l'activité partielle pour la période du 14 au 29 mars 2020 en raison de la liquidation judiciaire de la société centre culturel loisirs multidétente et de promotion publicitaire, dont elle indique qu'elle a été prononcée le 6 septembre 2019 ;

- la liquidation judiciaire n'a toutefois été prononcée que le 7 avril 2020, postérieurement à la période pour laquelle l'activité partielle a été accordée pour les quatre salariés, après validation de la demande d'autorisation préalable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 16 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2023 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées :

- le rapport de M. Rives,

- et les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1.Me Vitani, liquidateur judiciaire de la société centre culturel loisirs multidétente et de promotion publicitaire (C.L.M.P), qui exerçait une activité d'exploitation d'un cinéma et d'une discothèque, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 13 décembre 2021 par laquelle le préfet du Tarn a retiré la décision du 26 mars 2020 portant autorisation de mise en activité partielle de quatre salariés, pour la période du 14 mars 2020 du 29 mars 2020.

2.Aux termes de l'article L. 5122-1 du code du travail : " I. - Les salariés sont placés en position d'activité partielle, après autorisation expresse ou implicite de l'autorité administrative, s'ils subissent une perte de rémunération imputable () à la fermeture temporaire de leur établissement ou partie d'établissement () II. - Les salariés reçoivent une indemnité horaire, versée par leur employeur, correspondant à une part de leur rémunération antérieure dont le pourcentage est fixé par décret en Conseil d'Etat. L'employeur perçoit une allocation financée conjointement par l'Etat et l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage () ". Aux termes l'article R. 5122-1 de ce code : " L'employeur peut placer ses salariés en position d'activité partielle lorsque l'entreprise est contrainte de réduire ou de suspendre temporairement son activité pour l'un des motifs suivants : / 1° La conjoncture économique ; / 2° Des difficultés d'approvisionnement en matières premières ou en énergie ; 3° Un sinistre ou des intempéries de caractère exceptionnel ; 4° La transformation, restructuration ou modernisation de l'entreprise ; 5° Toute autre circonstance de caractère exceptionnel. ". L'article R. 5122-2 du même code, dans sa version applicable au litige, dispose : " L'employeur adresse au préfet du département où est implanté l'établissement concerné une demande préalable d'autorisation d'activité partielle. / La demande précise : / 1° Les motifs justifiant le recours à l'activité partielle ; / () / 3° Le nombre de salariés concernés. ".

3.Par une décision du 26 mars 2020, le préfet du Tarn a fait droit à la demande préalable d'autorisation d'activité partielle au bénéfice de quatre salariés, présentée par la société C.L.M.P le 24 mars précédent, et fondée sur le 5° de l'article R. 5122-1 précité. Cependant, par un courrier du 23 avril 2020, le préfet l'a informé, au regard d'éléments nouveaux reçus ultérieurement faisant apparaître que son établissement était fermé depuis le mois de septembre 2019, de son intention de retirer l'autorisation accordée. Finalement, par une décision du 13 décembre 2021, le préfet du Tarn a retiré la décision du 26 mars 2020, au motif que le placement en liquidation judiciaire de la société excluait, par principe, qu'elle puisse légalement bénéficier du dispositif d'activité partielle.

4.Il résulte de l'instruction que la liquidation judiciaire de la société C.L.M.P a été prononcée par un jugement du tribunal de commerce de Castres le 7 avril 2020, au motif que sa situation économique ne permettait plus de présenter un plan de redressement par voie de continuation, qui avait été envisagé dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire ouverte le 6 septembre 2019 à la suite de la déclaration de cessation de paiement du 2 septembre 2019. Si, ainsi que le fait valoir Me Vitani, la liquidation judiciaire de la société est intervenue le 7 avril 2020, soit postérieurement à l'autorisation que l'administration lui avait octroyée le 26 mars 2020, il résulte néanmoins de l'instruction que, par un jugement du 28 février 2020, le tribunal de commerce a homologué le protocole d'accord signé entre la société C.L.M.P et la commune de Lavaur, entraînant la résiliation du bail commercial dont elle était titulaire. Comme l'indique Me Vitani dans un courrier du 30 avril 2020, la société C.L.M.P, qui s'est ainsi trouvée privée de locaux, a été contrainte de cesser son activité, au plus tard, à la date de ce jugement. Cette cessation d'activité était donc sans lien avec le motif invoqué à l'appui de sa demande d'autorisation, tiré d'une circonstance de caractère exceptionnel, en l'espèce la fermeture administrative, à partir du 14 mars 2020, de certains établissements recevant du public du fait de la pandémie de covid-19. Il s'ensuit que c'est à bon droit que, par la décision attaquée, le préfet du Tarn a retiré l'autorisation de mise en activité partielle de quatre salariés pour la période du 14 mars 2020 au 30 juin 2020.

5.Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par Me Vitani, liquidateur judiciaire de la société C.L.M.P, doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Me Vitani, liquidateur judiciaire de la société C.L.M.P, est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Me Vitani, liquidateur judiciaire de la société centre culturel loisirs multidétente et de promotion publicitaire et au préfet du Tarn.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

M. Rives, premier conseiller,

Mme, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024 .

Le rapporteur,

A. RIVES

La présidente,

S. CHERRIERLa greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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