jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202026 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP CABINET MOUNIELOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 avril 2022, M. B D, représenté par la Scp Mouniélou, aux écritures de Me Mouniélou, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner une mesure d'expertise médicale, au contradictoire de la caisse des dépôts et consignations, avec mission pour l'expert de procéder à son examen médical, de décrire son état de santé actuel et les troubles dont il souffre et de déterminer l'éventuelle imputabilité au service de l'incident survenu le 30 avril 2019 ;
2°) de dire que l'expert pourra s'adjoindre tout spécialiste de son choix.
Il soutient que :
- agent du Sivom Saint-Gaudens Montréjeau Aspet Magnoac et également sapeur-pompier volontaire, il a eu le 30 avril 2019, dans le cadre de ces dernières fonctions, un malaise avec douleurs thoraciques évocateur d'un syndrome coronarien aigu et il a dû être amené en urgence à l'hôpital Rangueil pour y subir une angioplastie avec implantation de stent sur l'IVA ostiale, étant précisé qu'un certificat médical d'aptitude lui a été remis le 27 mai 2019 lui imposant des restrictions d'amplitude temporaire et lui interdisant notamment le port de la tenue de feu complète ainsi que toute exposition à la forte chaleur ou à d'intenses efforts prolongés ;
- placé trois semaines en arrêt maladie avant de reprendre son activité de fin mai à fin août 2019, il a fait, courant septembre, un malaise lipothymique en rapport avec une tachycardie ventriculaire nécessitant une nouvelle hospitalisation durant laquelle a été mis en place un défibrillateur automatique implantable, sachant que depuis lors, il est en arrêt de travail et qu'une récidive a eu lieu le 21 mars 2020, traitée de façon automatique par le défibrillateur, étant précisé qu'il a également fait l'objet d'une suspension de permis jusqu'au mois de février 2022 et qu'il subit un lourd traitement médicamenteux ;
- ayant déposé le 8 janvier 2021 un dossier administratif aux fins d'obtention de l'allocation temporaire d'invalidité des agents des collectivités locales, le centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Haute-Garonne l'a convoqué le 25 mars 2021 à la réunion de la commission de réforme, laquelle a rendu le 15 avril 2021 un avis favorable à la demande d'avis sur la date de consolidation et le taux d'IPP pour obtention de l'allocation temporaire d'invalidité ;
- alors que le commandant F avait attesté le 18 janvier 2021 qu'il n'avait pas fourni le 30 avril 2019 d'efforts physiques exceptionnels sortant du cadre d'un entraînement, que le 30 avril suivant, son employeur a attesté à son tour tant de l'accident de travail que de l'absence de tout effort physique exceptionnel sortant du cadre habituel d'exercice et que le 31 août, le professeur E a retenu un taux de l'état préexistant à la veille de l'accident à hauteur de 20 % et un taux d'aggravation à la date de la consolidation à 20%, une nouvelle convocation lui a été adressée le 29 octobre 2021 et un complément a été demandé le 30 décembre suivant par la caisse des dépôts et consignations pour déterminer s'il avait été exposé à des efforts physiques exceptionnels et ce alors même que des pièces avaient déjà été fournies sur cette question ;
- alors que la caisse des dépôts et consignations a en définitive rejeté le 21 février 2022 sa demande d'allocation en retenant l'existence d'une pathologie cardiaque antérieure, il est donc fondé à solliciter la mise en œuvre d'une expertise contradictoire en vue de déterminer si son état résulte et dans quelle mesure, de l'incident du 30 avril 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2022, la caisse des dépôts conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- il n'existe pas en droit de la fonction publique de présomption d'imputabilité au service pour les atteintes survenues pendant l'exercice des fonctions, la victime devant établir le lien de causalité direct, certain et déterminant entre son activité au moment des faits et les séquelles dont elle demande l'indemnisation, sachant que même si l'intervention d'une cause extérieure soudaine et brutale n'est plus systématiquement exigée, il demeure que l'accomplissement des tâches normalement dévolues à l'agent ne peut jamais, à lui seul, justifier de l'imputabilité au service des troubles, seules des circonstances exceptionnelles dûment attestées pouvant être utilement invoquées ;
- au cas d'espèce, les attestations produites par le requérant sont catégoriques et dénient tout effort exceptionnel dans le cadre de son travail ou de son entraînement sportif, la présomption ne pouvant suffire en la matière et faute de nouvel élément visant à établir l'imputabilité au service de son accident cardiaque, la demande d'expertise est superflue et ne saurait prospérer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 1er septembre 2021 par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère. ".
2. Contrairement à ce que soutient la caisse des dépôts, la demande d'expertise présentée par M. D, à qui une décision de refus de reconnaissance de l'imputabilité au service des arrêts de travail dont il a fait l'objet a été opposée le 21 février 2022 et qui tend à ce qu'un homme de l'art se prononce sur le lien existant entre son état de santé et les conditions de l'exercice de son activité professionnelle, n'est, alors même que le requérant aurait déjà été examiné par des praticiens agréés, nullement dépourvue d'utilité et entre ainsi dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 2 ci-après de la présente ordonnance.
Sur le concours d'un sapiteur :
3. Il ressort des dispositions de l'article R. 621-2 alinéa 2 du code de justice administrative qu'il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité de faire appel à un sapiteur et que l'autorisation d'y recourir est subordonnée à l'autorisation du président du tribunal. Par suite, les conclusions du requérant tendant à ce que le juge des référés dise que l'expert devra se faire assister d'un spécialiste de son choix ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre M. B D, d'une part et la caisse des dépôts, d'autre part.
Article 2 : L'expert aura pour mission :
- d'examiner M. B D et prendre connaissance de son entier dossier médical ;
- de rechercher l'origine et les causes des troubles dont il se plaint depuis l'incident du 30 avril 2019 et de fournir toutes indications permettant d'en apprécier l'imputabilité respective ;
- d'apprécier, notamment, s'ils sont en lien direct et dans quelle mesure avec les arrêts de travail dont il a fait l'objet depuis cette date ;
- d'apprécier, en tous ses éléments, le préjudice corporel de M. B D qui a résulté pour lui de l'incident du 30 avril 2019 en y distinguant la part éventuellement imputable à son état de santé antérieur ou à d'autres causes, de fixer le taux d'invalidité permanente partielle dont il reste atteint et de déterminer la répercussion de cette invalidité sur l'activité de l'intéressé et sur ses conditions d'existence, de donner toute précision quant à la durée des éventuelles incapacités temporaires (totale et/ou partielle), d'évaluer l'importance des souffrances subies, du préjudice esthétique et d'agrément de la victime, de donner, plus généralement, toute indication utile à la détermination des différents éléments de son préjudice corporel ;
- de fournir, plus généralement, tous éléments susceptibles de permettre d'éclairer le juge du fond éventuellement saisi du litige opposant M. B D à son administration.
Article 3 : Le docteur C G, domicilié 80 rue Pascal-Marie Agasse à Perpignan (66000), est désigné pour procéder à l'expertise.
Article 4 : L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D, à la caisse des dépôts et au docteur C G, expert.
Fait à Toulouse, le 9 mars 2023
Le vice-président, juge des référés,
David A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026