jeudi 2 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202118 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP ALCADE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 13 avril, 22 décembre 2022 et 16 février 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Sebezac distribution - Sebadis, représentée par Me Divisia, avocat, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie, pour un montant de 13 962 euros au titre de l'année 2019 dans les rôles de la commune de Rodez, pour son établissement situé avenue de la Gineste dans cette commune ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la réduction de la contribution économique territoriale mise à sa charge au titre de l'année 2019 pour l'ensemble de ses établissements, correspondant au plafonnement en fonction de la valeur ajoutée qu'elle estime lui être dû ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- la parcelle n° 514, qui correspond au terrain d'assiette d'un parking, dessert la galerie marchande, l'hyper-marché, les zones d'interposition et de stockage des déchets ; la valeur locative de cette parcelle ayant augmenté à compter de 2018, le montant de la cotisation foncière des entreprises mise à sa charge a lui aussi augmenté, passant de 164 389 euros en 2016 à 289 101 euros en 2021 ; cette augmentation résulte d'une surestimation de la valeur locative du parc de stationnement situé sur la parcelle n° 514 causée par l'absence de pondération de la surface de la parcelle, des erreurs de classification et d'affectation de la parcelle, de la non-prise en compte de ce que le parking profite à des commerces tiers et de l'absence d'application des mécanismes de limitation des effets de la réforme des valeurs locatives ;
- elle sollicite le plafonnement de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, ainsi qu'elle l'a demandé par déclaration cerfa - n°1327 ; dans le cas où sa déclaration cerfa serait écartée, elle demande à bénéficier de la compensation prévue à l'article L. 205 du livre des procédures fiscales.
Par des mémoires enregistrés les 14 octobre 2022 et 13 février 2023, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la société requérante ne peut contester, pour demander le dégrèvement partiel de la cotisation foncière des entreprises mise à sa charge au titre de son établissement situé, avenue de la Gineste, sur la commune de Rodez, la valeur locative d'un parking situé sur la commune de Onet-le-Château, qui n'entre pas dans sa base d'imposition.
Une ordonnance du 22 juin 2023 a prononcé la clôture de l'instruction à la date de son émission en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent par ordonnance : / ()4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".
2. La société par actions simplifiée (SAS) Sebezac distribution - Sebadis, qui exploite un centre commercial sous l'enseigne Leclerc, est propriétaire de plusieurs établissements situés sur les communes de Onet-le-Château, Rodez et Luc-la-Primaube. Au titre de l'année 2019, elle a été destinataire d'avis d'imposition distincts pour chacun de ses établissements imposés à la cotisation foncière des entreprises, pour un montant global 360 162 euros. Par la présente requête, elle demande la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie, par un avis d'imposition n° 1912002512688 pour un montant de 13 962 euros, au titre de l'année 2019, dans les rôles de la commune de Onet-le-Château, pour son établissement " Leclerc drive " situé dans cette commune.
Sur la demande de décharge :
3. Aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales, les sociétés non dotées de la personnalité morale ou les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d'un contrat de fiducie qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. / () ". Aux termes de l'article 1473 du même code : " La cotisation foncière des entreprises est établie dans chaque commune où le redevable dispose de locaux ou de terrains, en raison de la valeur locative des biens qui y sont situés. / () ".
4. A l'appui de sa requête dirigée contre la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 pour le " Leclerc drive " situé avenue de la Gineste à Rodez, la société requérante conteste la valeur locative attribuée par l'administration à un parking dont elle est propriétaire, situé à Onet-le-Château, sur la parcelle B 514. Toutefois, ce local est rattaché fiscalement à l'établissement " centre Auto Leclerc " appartenant à la société requérante et situé sur le territoire de la même commune de Onet-le-Château au lieu-dit Estreniol, lequel établissement a fait l'objet d'une imposition distincte à la cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2019, sous le numéro d'avis 1912002512292, pour un montant de 218 375 euros. Dès lors que le terrain d'assiette du parking en cause n'a pas été pris en compte dans la base de l'imposition en litige, le moyen soulevé est sans influence sur son bien-fondé.
Sur la demande de plafonnement :
5. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial () de la direction générale des finances publiques () dont dépend le lieu de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 196-2 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / () ". Aux termes du I de l'article 1647 B sexies du code général des impôts : " Sur demande du redevable effectuée dans le délai légal de réclamation prévu pour la cotisation foncière des entreprises, la contribution économique territoriale de chaque entreprise est plafonnée en fonction de sa valeur ajoutée. / ()".
6. Il résulte des dispositions combinées du I de l'article 1647 B sexies du code général des impôts et de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales qu'une demande de plafonnement en fonction de la valeur ajoutée doit être introduite dans le délai légal de réclamation prévu pour la cotisation foncière des entreprises, soit avant le 31 décembre de l'année qui suit celle de la mise en recouvrement de cette cotisation. En l'espèce, il est constant que la cotisation foncière des entreprises à laquelle la société requérante a été assujettie au titre de l'année 2019 a été mise en recouvrement le 31 octobre 2019. Alors que la SAS Sebezac distribution - Sebadis était ainsi recevable à présenter une demande de plafonnement de sa contribution économique territoriale jusqu'au 31 décembre 2020, elle ne justifie pas avoir présenté une telle demande avant l'expiration du délai requis en se bornant à produire un formulaire Cerfa n°1327, non daté. Il s'ensuit que la demande de plafonnement de la société requérante doit être regardée comme tardive et, par suite, irrecevable.
Sur la demande de compensation :
7. Aux termes de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales : " Lorsqu'un contribuable demande la décharge ou la réduction d'une imposition quelconque, l'administration peut, à tout moment de la procédure et malgré l'expiration des délais de prescription, effectuer ou demander la compensation dans la limite de l'imposition contestée, entre les dégrèvements reconnus justifiés et les insuffisances ou omissions de toute nature constatés dans l'assiette ou le calcul de l'imposition au cours de l'instruction de la demande ". En vertu de l'article L. 204 du même code : " La compensation peut aussi être effectuée ou demandée entre les impôts suivants, lorsque la réclamation porte sur l'un d'eux : 1° A condition qu'ils soient établis au titre d'une même année, entre l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les sociétés, la contribution prévue à l'article 234 nonies du code général des impôts, la taxe sur les salaires, la taxe d'apprentissage, la cotisation perçue au titre de la participation des employeurs à l'effort de construction. 2° Entre les droits d'enregistrement, la taxe de publicité foncière exigible sur les actes qui donnent lieu à la formalité fusionnée en application de l'article 647 du code général des impôts et les droits de timbre, perçus au profit de l'Etat. ". L'article 205 de ce code prévoit que : " Les compensations de droits prévues aux articles L. 203 et L. 204 sont opérées dans les mêmes conditions au profit du contribuable à l'encontre duquel l'administration effectue une rectification lorsque ce contribuable invoque une surtaxe commise à son préjudice ou lorsque ce redressement fait apparaître une double imposition ".
8. La société requérante sollicite la réduction de la contribution économique territoriale mise à sa charge au titre de l'année 2019 pour l'ensemble de ses établissements par application du plafonnement en fonction de la valeur ajoutée, en se fondant sur les dispositions précitées de l'article L. 205 du livre des procédures fiscales. Toutefois, la contribution économique territoriale n'est pas visée à l'article L. 204 du livre des procédures fiscales. Par suite, la compensation demandée ne peut, en tout état de cause, qu'être rejetée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par la SAS Sebezac distribution - Sebadis, qui ne contient que des conclusions irrecevables ou des moyens inopérants, doit être rejetée en application des dispositions précitées des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SAS Sebezac distribution - Sebadis est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée (SAS) Sebezac distribution - Sebadis et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 2 novembre 2023.
La présidente de la 5ème chambre,
B. MOLINA-ANDRÉO
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026