LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202214

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202214

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202214
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSPBS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté la demande de M. et Mme A, qui contestaient des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales pour 2017 et 2018, d’un montant total de 107 045 euros. Les requérants soutenaient que les sommes créditées sur leurs comptes bancaires, qualifiées de revenus d’origine indéterminée par l’administration fiscale, provenaient de prêts personnels et non de leur activité de restauration. Le tribunal a jugé inopérant le moyen tiré de l’insuffisance de motivation de la décision de rejet de leur réclamation préalable. Sur le fond, il a appliqué les dispositions de l’article L. 16 du livre des procédures fiscales, estimant que les contribuables n’apportaient pas la preuve de l’origine non imposable des sommes en cause.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 avril 2022, M. C A et Mme D épouse A, représentés par la SELARL SPBS Avocats, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2017 et 2018, pour un montant global demeurant en litige de 107 045 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

En ce qui concerne la procédure d'imposition :

- la décision portant rejet de leur réclamation préalable est insuffisamment motivée ;

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :

- les encaissements sur leurs comptes bancaires de diverses sommes d'argent ont été à tort qualifiés par l'administration fiscale de revenus d'origine indéterminée, dès lors qu'il ne s'agit pas de recettes tirées de leur activité de restauration, mais de prêts consentis par des amis et connaissances.

Par un mémoire en défense enregistré 7 septembre 2022, le directeur spécialisé de contrôle fiscal Sud-Pyrénées demande une substitution de base légale et conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les dispositions du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts doivent être substituées à celles des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales, s'agissant des sommes inscrites au crédit de comptes courants associés dans les sociétés Jenny Emmy Li et Le Palais d'Asie ;

- les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sarraute,

- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A ont fait l'objet d'un examen de leur situation fiscale personnelle au titre des années 2017 et 2018. Par une proposition de rectification du 29 mars 2021, l'administration fiscale les a informés de son intention de procéder à la réintégration d'office dans la base imposable de revenus d'origine indéterminée s'élevant aux sommes de 67 500 euros au titre de l'année 2017 et de 102 100 euros au titre de l'année 2018. Par deux avis du 30 juin 2021, l'administration a mis en recouvrement les sommes issues des rectifications en résultant, pour un montant de 43 491 euros au titre de l'année 2017 et de 63 554 euros au titre de l'année 2018. La réclamation préalable formée par M. et Mme A le 15 novembre 2021 a été rejetée par une décision du 16 février 2022. Par la présente requête, M. et Mme A demandent la décharge des sommes mises à leur charge par les avis d'imposition du 30 juin 2021.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la procédure d'imposition :

2. Si M. et Mme A soutiennent que la décision portant rejet de leur réclamation préalable est insuffisamment motivée, cette circonstance, au demeurant non établie, est sans incidence sur la régularité et le bien-fondé de l'imposition en litige. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de rejet de la réclamation préalable ne peut qu'être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :

3. Aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements. Elle peut, en outre, lui demander des justifications au sujet de sa situation et de ses charges de famille, des charges retranchées du revenu net global ou ouvrant droit à une réduction d'impôt sur le revenu en application des articles 156 et 199 septies du code général des impôts, ainsi que des avoirs ou revenus d'avoirs à l'étranger. / L'administration peut demander au contribuable des justifications sur tous les éléments servant de base à la détermination du revenu foncier tels qu'ils sont définis aux articles 28 à 33 quinquies du code général des impôts ainsi que des gains de cession de valeurs mobilières ou de droits sociaux tels qu'ils sont définis aux articles 150-0 A à 150-0 E du même code et des plus-values telles qu'elles sont définies aux articles 150 U à 150 VH bis du même code. / Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés, notamment lorsque le total des montants crédités sur ses relevés de compte représente au moins le double de ses revenus déclarés ou excède ces derniers d'au moins 150 000 €. En particulier, si le contribuable allègue la possession de bons ou de titres dont les intérêts ou arrérages sont exclus du décompte des revenus imposables en vertu de l'article 157 du même code, l'administration peut exiger la preuve de la possession de ces bons ou titres et celle de la date à laquelle ils sont entrés dans le patrimoine de l'intéressé. Le contribuable ne peut pas alléguer la vente ou le remboursement de bons mentionnés au 2° du III bis de l'article 1215 A du code général des impôts dans sa rédaction antérieure à la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018, ou de titres de même nature, quelle que soit leur date d'émission, lorsqu'il n'avait pas communiqué son identité et son domicile fiscal à l'établissement payeur dans les conditions prévues au 4° du III bis du même article. Il en va de même pour les ventes d'or monnayé ou d'or en barres ou en lingots de poids et de titres admis par la Banque de France, lorsque l'identité et le domicile du vendeur n'ont pas été enregistrés par l'intermédiaire ou lorsqu'elles ne sont pas attestées par la comptabilité de l'intermédiaire. Les demandes visées aux alinéas précédents doivent indiquer explicitement les points sur lesquels elles portent et mentionner à l'intéressé le délai de réponse dont il dispose en fonction des textes en vigueur. " Aux termes de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux, sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16. " Aux termes de l'article L. 193 du même livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. "

4. Il résulte de l'instruction, notamment des termes de la proposition de rectification du 29 mars 2021, qu'ont été qualifiés de revenus d'origine indéterminée, au titre de l'année 2017, une remise de chèque sur le compte joint des requérants le 5 avril 2017 pour un montant de 1 500 euros, un virement sur le compte de Mme A le 27 janvier 2017 d'un montant de 10 000 euros, et les sommes de 16 000 euros et 40 000 euros inscrites le 12 février 2017 au compte courant d'associé de la SARL Jenny Emmy Li. Au titre de l'année 2018, ont reçu la même qualification, des remises de chèques sur le compte joint ou les comptes personnels des requérants les 25 janvier, 6 février, 16 août, 18 septembre, 22 et 23 octobre 2018, pour les montants respectifs de 5 000 euros, 10 000 euros, 9 600 euros, 3 000 euros, 10 000 euros et 10 000 euros, des virements sur le compte joint ou le compte personnel de M. A les 11 janvier, 18 juillet et 28 septembre 2018 pour les montants respectifs de 5 000 euros, 5 000 euros et 29 000 euros, et la somme de 2 000 euros inscrite le 31 décembre 2018 au compte courant d'associé de la SARL le Palais d'Asie.

5. En premier lieu, la direction de contrôle fiscal Sud-Pyrénées sollicite, s'agissant des sommes en litige inscrites au crédit des comptes courants d'associés des requérants ouverts auprès des SARL Jenny Emmy Li et Le Palais d'Asie, que soient substituées aux dispositions de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, sur le fondement desquelles le service avait initialement imposé les sommes en cause, celles du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.

6. L'administration est en droit, à tout moment de la procédure, de justifier une imposition par un nouveau fondement juridique, à la condition qu'une telle substitution de base légale ne prive le contribuable d'aucune des garanties de procédures prévues par la loi.

7. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices ". Il résulte de ces dispositions que les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

8. Si les sommes issues de virements et remises de chèques perçus sur les comptes personnels des requérants sont susceptibles de recevoir la qualification de revenus d'origine indéterminée, celles inscrites au crédit de comptes courants associés dans les sociétés Jenny Emmy Li et Le Palais d'Asie, dont les requérants ne contestent pas être les bénéficiaires, ne sont susceptibles d'être qualifiées que de revenus distribués, imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en application des dispositions précitées du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Par suite, les impositions supplémentaires se rapportant à ces sommes ne pouvaient être prises sur le fondement des dispositions de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales.

9. Il résulte toutefois de l'instruction que nonobstant la taxation d'office de ces sommes par application des dispositions des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales, l'administration a adressé le 29 mars 2021 à M. et Mme A une proposition de rectification dont la motivation répondait aux exigences des articles L. 57 et L. 58 du livre des procédures fiscales, notamment en ce qu'elle leur précisait qu'ils disposaient d'un délai de trente jours pour faire connaître leur acceptation ou leurs observations et avaient la possibilité de se faire assister d'un conseil. Les cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et les contributions sociales résultant de ces rectifications ont été mises en recouvrement après que le délai laissé par l'administration aux contribuables eut expiré, sans que M. et Mme A n'aient formulé d'observations. Ainsi, s'agissant de revenus de capitaux mobiliers, l'administration, qui justifie ainsi avoir respecté l'ensemble des garanties offertes aux contribuables dans le cadre de la procédure contradictoire, est en droit de substituer cette qualification à celle qui a été primitivement retenue, cette substitution n'ayant pas, dans les circonstances de l'espèce, pour effet de priver M. et Mme A des garanties attachées à la procédure de rectification contradictoire, dont ils ont bénéficié.

10. En deuxième lieu, en application de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, il incombe à M. et Mme A, qui n'ont pas contesté dans le délai prévu à l'article L. 57 du livre des procédures fiscales les rectifications objets de la proposition de rectification du 29 mars 2021, d'apporter devant le juge de l'impôt la preuve du caractère exagéré des impositions mises à leur charge au titre des sommes inscrites au crédit des comptes courants d'associés ouverts en leur nom auprès des SARL Jenny Emmy Li et Le Palais d'Asie. Toutefois, les intéressés n'établissent ni même n'allèguent que les sommes de 16 000 euros et 40 000 euros inscrites le 12 février 2017 au crédit de leur compte courant d'associé ouvert auprès de la SARL Jenny Emmy Li et que la somme de 2 000 euros inscrite le 31 décembre 2018 au crédit de leur compte courant d'associé auprès de la SARL le Palais d'Asie, n'auraient pas été disponibles à la date de leur inscription. Par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir que ces sommes ne peuvent être imposées entre leurs mains sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. " Il appartient à M. et Mme A, régulièrement taxés d'office à raison de revenus d'origine indéterminée sur le fondement de l'article L. 69 du même livre, d'apporter la preuve de l'exagération des impositions en résultant.

12. Ils font valoir que les sommes issues des remises de chèques des 5 avril 2017, 16 août, 22 et 23 octobre 2018, du virement reçu le 18 juillet 2018 ne constituent pas des revenus d'origine indéterminée dès lors qu'il s'agit de sommes " rondes ", qui ne peuvent par conséquent pas provenir de leur activité de restauration, et qu'elles correspondent à des prêts consentis par des amis et connaissances, " comme cela est d'usage dans la communauté asiatique en France ". Outre qu'ils ne produisent aucun justificatif au soutien de ces allégations, ils ne justifient pas des autres mouvements financiers litigieux ayant fondé les rectifications en litige. Dans ces conditions, ils ne rapportent pas la preuve qui leur incombe de l'exagération des impositions en résultant.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. et Mme A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée par M. et Mme A au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M.Cu A, à MmeDu épouse A et au directeur spécialisé de contrôle fiscal Sud-Pyrénées.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Douteaud, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

La rapporteure,

N. SARRAUTELa présidente,

S. CHERRIER

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA78Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076

03/08/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781

03/08/2026

← Retour aux décisions