mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202719 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP JEAY-MARTIN DE LA MOUTTE-JAMES-FOUCHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2022, la Sci Cotetaillade prise en la personne de son gérant M. H F, représentée par la Scp Jeay, James-Foucher, aux écritures de Me Jeay, demande au juge des référés d'ordonner, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise, au contradictoire de la commune de Barbazan, portant sur les désordres qui affectent la résidence immobilière dont elle est propriétaire sise 6 chemin de Lapale à Barbazan (31510).
Elle soutient que :
- propriétaire exploitante d'un ensemble immobilier sis à Barbazan constituant une résidence immobilière de dix appartements à usage locatif dont les limites de la parcelle, sur laquelle l'ensemble est situé côté voie publique, sont clôturées par un mur de soutènement surmonté d'un mur de clôture, ces murs étant constitués de pierres de différentes tailles et galets partiellement maçonnés, sachant qu'à l'occasion d'importantes précipitations pluvieuses le 10 décembre 2021, une partie de ce mur s'est effondrée sur une longueur de 9 mètres et une hauteur d'environ 2 mètres environ, l'ensemble du mur menaçant de se désolidariser, conduisant à sa ruine ;
- alors que son assureur a considéré que le sinistre ne revêtait pas le caractère accidentel nécessaire à la mise en œuvre des garanties du contrat la privant ainsi de toute indemnisation, M. C G, par ailleurs expert judiciaire, a été mandaté à titre personnel pour procéder à des investigations techniques retracées dans son rapport du 13 mars 2022 dont il ressort que les causes de survenance des désordres sont imputables à plusieurs facteurs soit, tout d'abord, la mise en place dans les années 2000 d'un poteau Télécom à l'angle du mur de soutènement, ensuite la réalisation par la commune de Barbazan de travaux d'enfouissement d'un tuyau Pvc en pied de mur pour canaliser les eaux de ruissellement, également le profil en forte pente de la voirie existante et, enfin, l'état de ce mur de soutènement construit de manière traditionnelle avant 1975, faiblement fondé, reposant notamment au niveau de l'angle sur de grosses pierres de granit assurant son assise ;
- dans ces conditions, et alors que M. F a été mis en demeure par la commune de Barbazan le 28 avril 2022 d'avoir à effectuer dans un délai d'un mois les travaux de démolition du mur menaçant de tomber par une mise en sécurité sauf à les faire exécuter à ses frais, elle est fondée à solliciter l'organisation d'une mesure d'expertise judiciaire afin de rechercher la cause des désordres affectant son immeuble et de chiffrer le préjudice subi de ce fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, la commune de Barbazan, représentée par la Selarl Cabinet Elkaim, aux écritures de Me Elkaim, sollicite qu'il soit statué ce que de droit sur la demande d'expertise sollicitée qui sera ordonnée aux frais avancés de la requérante et qu'il soit donné acte de ses plus expresses protestations et réserves de droit et de garantie.
Elle soutient que :
- à la suite de la réunion d'expertise tenue par M. G, elle a mandaté M. B qui a tenu une réunion d'expertise contradictoire le 22 février 2022 aux termes de laquelle il a indiqué que l'effondrement partiel du mur résultait d'un manque d'entretien de la part du gérant de la Sci Cotetaillade, étant en sus précisé que du fait de sa qualité d'architecte, celui-ci ne pouvait ignorer l'état dégradé du mur, lequel menacerait de s'effondrer en plusieurs parties du fait de l'action des racines des végétaux qui pousseraient dans les joints des pierres, ce désordre compromettant la sécurité des personnes passant par le chemin de la Pale et en même temps provoquant un risque important de poussée horizontale du mur sur le poteau pouvant entraîner sa cassure et sa chute ;
- par courrier du 15 avril 2022, la Maif a indiqué à M. F que la responsabilité de la voirie serait la cause déterminante des désordres et proposait de mettre en cause la commune et d'organiser une nouvelle expertise contradictoire et lui demandait, par courrier du même jour, d'intervenir rapidement avant effondrement total du mur sur la voie publique, sachant que la pose du poteau téléphonique et la mise en place d'un tuyau Pvc, sans travaux de renfort pour compenser la fragilisation du mur, seraient des causes aggravantes ;
- alors que la Sci requérante a fait établir par huissier le 25 avril 2022 un constat de l'état du mur, aucuns travaux de mise en sécurité n'ont été effectués malgré sa mise en demeure en date du 28 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 1er septembre 2021 par laquelle la présidente du Tribunal administratif a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. ()".
2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge de référés, saisi d'une demande d'expertise dans le cadre d'une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d'un litige relatif à l'exécution de travaux publics, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. La demande d'expertise présentée par la Sci Cotetaillade entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et apparaît utile pour déterminer l'origine des désordres affectant l'immeuble dont elle est propriétaire. Il y a lieu, par suite, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur l'avance des frais d'expertise :
4. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. ().
5. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartient au seul président de la juridiction de désigner la ou les parties qui assumeront la charge des frais et honoraires d'expertise, après l'accomplissement de celle-ci. Il suit de là que les conclusions de la commune de Barbazan qui demande au juge des référés de mettre à la charge de la Sci requérante les frais d'expertise à intervenir ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : M. D E, demeurant cabinet d'expertises Expert formances chemin du Trech à Sacoué (65370), est désigné comme expert avec pour mission :
- de se rendre sur les lieux : immeuble sis 6 chemin de Lapale à Barbazan (31510), propriété de la Sci Cotetaillade ;
- de procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres dont se plaint la Sci Cotetaillade, en indiquant leur date d'apparition ;
- de rechercher l'origine et les causes de ces désordres et de fournir toutes indications permettant d'en apprécier l'imputabilité respective en précisant notamment si ces causes relèvent de la phase conception et/ou réalisation ou d'un défaut d'entretien et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
- de dire également et, en toute hypothèse, si, à son avis, ces désordres sont de nature à compromettre la solidité dudit immeuble ou à le rendre impropre à sa destination ;
- d'indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle au regard des désordres allégués, d'en prévoir la durée et d'en chiffrer le coût ;
- de fournir, plus généralement, tous éléments propres à permettre d'apprécier et chiffrer les préjudices de toute nature allégués par la Sci requérante et résultant de ces désordres ;
- d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes constatations utiles de nature à éclairer le tribunal.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigations les plus étendus. Il pourra entendre tout sachant, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal.
Article 2 : L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la Sci Cotetaillade et de la commune de Barbazan ou de leurs représentants.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions en défense est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la Sci Cotetaillade, à la commune de Barbazan et à M. D E, expert.
Fait à Toulouse, le 8 novembre 202 Le vice-président, juge des référés,
David A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
Le greffier en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026