mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203568 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DELASALLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juin 2022, le maire de la commune de Cambayrac, représenté par Me Bayard-Thibault, demande au tribunal :
1°) de déclarer M. A B démissionnaire d'office de ses fonctions de membre du conseil municipal ;
2°) de mettre à la charge de M. A B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- M. B a déclaré de manière expresse qu'il ne se présenterait pas au bureau de vote de la commune pour assurer des fonctions d'assesseur lors du premier tour et du second tour de l'élection des représentants à l'Assemblée nationale des 12 et 19 juin 2022 ;
- le motif invoqué par M. B pour justifier son absence lors de ces scrutins, à savoir le fait qu'il ne pourrait entrer en contact avec le maire de la commune en raison d'une procédure pénale en cours, ne constitue pas une excuse valable.
Par mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Delesalle, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé ; en particulier, la procédure engagée par le maire à son encontre n'a été précédée d'aucune demande expresse de participation de M. B aux opérations électorales comme assesseur, ni avertissement ou information sur les conséquences d'un refus de participation à la tenue du bureau de vote, ce qui révèle une manouvre déployée par le maire pour le priver de son mandat électif.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Katz, président rapporteur ;
- les conclusions de M. Bruno Coutier, rapporteur public ;
- et les observations de Me Aveline, représentant M. B.
Lors de l'audience publique, le président a donné l'information selon laquelle la décision prise à l'issue du délibéré serait rendue publique le jour même de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le maire de la commune de Cambayrac demande au tribunal de déclarer démissionnaire d'office M. François Pechmalbec, conseiller municipal, en application des dispositions de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales.
2. Aux termes de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre d'un conseil municipal qui, sans excuse valable, a refusé de remplir une des fonctions qui lui sont dévolues par les lois, est déclaré démissionnaire par le tribunal administratif. / Le refus résulte soit d'une déclaration expresse adressée à qui de droit ou rendue publique par son auteur, soit de l'abstention persistante après avertissement de l'autorité chargée de la convocation. / Le membre ainsi démissionnaire ne peut être réélu avant le délai d'un an ". L'article R. 2121-5 du même code précise : " Dans les cas prévus à l'article L. 2121-5, la démission d'office des membres des conseils municipaux est prononcée par le tribunal administratif. / Le maire, après refus constaté dans les conditions prévues par l'article L. 2121-5 saisit dans le délai d'un mois, à peine de déchéance, le tribunal administratif. / Faute d'avoir statué dans le délai fixé à l'alinéa précédent, le tribunal administratif est dessaisi ". Aux termes de l'article R. 42 du code électoral : " Chaque bureau de vote est composé d'un président, d'au moins deux assesseurs et d'un secrétaire choisi par eux parmi les électeurs de la commune () Deux membres du bureau au moins doivent être présents pendant tout le cours des opérations électorales () ". Aux termes de l'article R. 44 du même code : " Les assesseurs de chaque bureau sont désignés conformément aux dispositions ci-après : / - Chaque candidat ou chaque liste en présence a le droit de désigner un assesseur et un seul pris parmi les électeurs du département ; / - Des assesseurs supplémentaires peuvent être désignés par le maire parmi les conseillers municipaux dans l'ordre du tableau puis, le cas échéant, parmi les électeurs de la commune. / Le jour du scrutin, si, pour une cause quelconque, le nombre des assesseurs se trouve être inférieur à deux, les assesseurs manquants sont pris parmi les électeurs présents sachant lire et écrire le français, selon l'ordre de priorité suivant : l'électeur le plus âgé, puis l'électeur le plus jeune ".
3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que la fonction d'assesseur de bureau de vote qui peut être confiée par le maire à des membres du conseil municipal compte parmi les fonctions qui leur sont dévolues par les lois au sens de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales. Un membre du conseil municipal ne peut se soustraire à son obligation que s'il est en mesure, sous le contrôle du juge administratif, de présenter une excuse valable. Peut être regardé comme excipant d'une telle excuse pour l'application des dispositions précitées un conseiller municipal qui établit l'existence de manœuvres consistant en des décisions ou comportements d'un maire destinés à provoquer un refus de l'intéressé d'exercer ses fonctions susceptible de le faire regarder comme s'étant de lui-même placé dans la situation où il peut être déclaré démissionnaire d'office.
4. Il résulte de l'instruction que, le 23 mai 2022, le maire de Cambayrac a adressé un courriel à tous les conseillers municipaux afin qu'ils complètent les tableaux de permanences destinés à assurer les fonctions d'assesseur de l'unique bureau de vote de la commune lors des premier et second tours de l'élection des représentants à l'Assemblée nationale des 12 et 19 juin 2022. En réponse, M. A B a adressé un courriel aux conseillers municipaux le 25 mai 2022, en indiquant " La procédure que j'ai intentée à l'encontre du maire de Cambayrac étant toujours en instruction, sur les conseils de la Gendarmerie de Catus, je n'ai pas le droit d'être en contact avec celui-ci. / Je vous prie donc de m'excuser de mon absence lors de ces permanences ". Il résulte, en outre, du compte-rendu de la séance du conseil municipal de Cambayrac du 7 juin 2022 que lors de cette séance, le maire de la commune a informé les conseillers municipaux que le planning établi en vue de l'organisation des scrutins des 12 et 19 juin 2022 était incomplet et que, lors de cette même séance, un conseiller municipal a proposé d'assurer une permanence sur le créneau non pourvu, de sorte que le planning a ainsi été complété.
5. En dépit de la déclaration faite le 25 mai 2022 par M. B auprès des membres du conseil municipal annonçant son absence lors des scrutins des 12 juin 2022 et 19 juin 2022, il résulte de l'instruction qu'il n'existait aucune difficulté d'organisation pour assurer la tenue de l'unique bureau de vote de la commune de Cambayrac, le maire de cette commune n'ayant même pas eu à requérir les services de tous les élus. En outre, il résulte de l'instruction qu'après que M. B a annoncé qu'il ne participerait pas à la tenue du bureau de vote, le maire de la commune n'a pas formellement remis en cause la validité du motif avancé par l'intéressé pour justifier son absence et n'a d'ailleurs pas désigné M. B pour exercer les fonctions d'assesseur du bureau de vote lors des scrutins en cause. A supposer qu'avant même de saisir le tribunal de la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales, le maire ait d'emblée estimé que le motif avancé par l'intéressé pour justifier son absence n'était pas valable, il résulte de l'instruction que le maire de Cambayrac n'a jamais demandé à M. B de lui présenter une autre excuse, pas plus qu'il ne lui a indiqué les conséquences attachées à un refus non valablement justifié de remplir les fonctions d'assesseur d'un bureau de vote.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit même besoin de déterminer si le motif avancé par M. B dans son courriel du 25 mai 2022 constitue une excuse valable, que les conditions dans lesquelles le maire de Cambayrac a engagé une procédure à l'encontre de M. B sur le fondement de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales révèlent une manœuvre tendant à le placer dans la situation où il pourrait être déclaré démissionnaire d'office. Une telle manœuvre est, en elle-même, de nature à caractériser une excuse valable au sens du premier alinéa de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales. Par suite, les conclusions du maire de Cambayrac doivent être rejetées.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros demandée par M. B au titre des frais de procès qu'il a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête du maire de Cambayrac sont rejetées.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au maire de Cambayrac, au ministre de l'intérieur et à M. A B.
Copie, pour information, sera adressée au préfet du Lot.
Délibéré après l'audience du 13 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Matteaccioli, conseillère,
Mme Jorda, conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
L'assesseure la plus ancienne,
L. MATTEACCIOLI
Le président-rapporteur
D. KATZLe greffier,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°2203568
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026