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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2203908

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2203908

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2203908
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP COURRECH & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires enregistrés le 8 juillet 2022 et les 22 mai et 19 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Dupey, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le conseil départemental du Tarn a rejeté sa demande indemnitaire préalable du 5 avril 2022 ;

2°) de condamner le conseil départemental du Tarn à lui verser la somme de 24 572 euros, assortie des intérêts légaux à compter du 5 avril 2022 et de leur capitalisation, en réparation des préjudices subis résultant de l'accident de la circulation dont il a été victime le 24 septembre 2016 ;

3°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge du conseil départemental du Tarn sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les frais d'expertise.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- le 24 septembre 2016, il a été victime d'un accident de vélo alors qu'il circulait sur la route départemental D13 en raison de la présence d'une fissure de 90 cm de long, de 24 cm de large et de 10 cm de profondeur ; par un jugement du 25 juin 2020 le tribunal de céans a reconnu le département du Tarn responsable pour moitié des dommages qu'il a subis suite à la suite de cette chute et l'a condamné à lui verser une somme de 3 250 euros dans l'attente de la consolidation de son état de santé ; le conseil départemental du Tarn n'a pas interjeté appel de ce jugement, lequel est devenu définitif ; il s'agit uniquement de fixer le quantum définitif des préjudices résultant de cet accident ;

- l'expert désigné par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse du 14 septembre 2021 a rendu son rapport le 17 février 2022 et a fixé la date de consolidation de son état de santé au 21 juin 2019 ;

- le montant total des préjudices s'élève à 24 572 euros, compte tenu du partage de responsabilité, lequel se décompose comme suit :

' 5 131,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

' 4 000 euros au titre des souffrances endurées ;

' 1 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;

' 3 360 euros au titre de l'assistance par une tierce personne ;

' 21 450 euros au titre du déficit fonctionnel permanent de 15% dont il est affecté ;

' 5 000 euros au titre de son préjudice d'agrément ;

' 1 000 euros au titre de son préjudice esthétique permanent ;

' 5 000 euros au titre de son préjudice sexuel ;

' 3 202,70 euros au titre des frais d'expertise ;

- la somme de 3 250 euros qu'il a perçue devra être déduite de cette somme ;

- les frais d'expertise doivent être mis à la charge du département du Tarn.

Par un mémoire, enregistré le 11 octobre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn, représentée par Me Rastoul, demande au tribunal :

1°) de condamner le département du Tarn sur le fondement de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, à lui rembourser la somme totale de 12 991,41 euros au titre de ses débours, assortie des intérêts au taux légal au jour de sa demande, soit le 17 février 2021 ;

2°) de condamner le département du Tarn à lui verser l'indemnité forfaitaire de gestion ;

3°) de mettre à la charge du département les entiers dépens ainsi que la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- ses demandes de remboursement de sa créance et du versement de l'indemnité forfaitaire de gestion sont fondées sur les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

- elle justifie du montant de sa créance définitive ainsi que d'une attestation d'imputabilité des prestations versées en relation avec l'accident en cause établie par son médecin conseil.

Par trois mémoires en défense, enregistrés le 7 décembre 2022, le 3 juillet et le 5 septembre 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, le département du Tarn, représenté par Me Courrech, conclut :

1°) à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, à ce que les prétentions indemnitaires formulées par M. A soient ramenées à de plus justes proportions ;

4°) en tout état de cause, à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête de M. A est irrecevable faute de liaison du contentieux et de moyens de droit ;

- sa responsabilité ne saurait être engagée ;

- les prétentions indemnitaires formulées doivent être minorées et partagées de moitié en raison du partage de responsabilité non contesté par le requérant.

Par une ordonnance du 31 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 19 septembre 2023 à 12 heures.

Vu :

- le rapport du 17 février 2022 de l'expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal ;

- l'ordonnance du 16 mars 2022 par laquelle le magistrat désigné par la présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais de l'expertise à une somme 1 966 euros et mis cette somme à la charge de M. A ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Péan, rapporteure,

- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique,

- et les observations de Me Dupey, représentant M. A, et, Me Koeth, représentant le conseil départemental du Tarn.

Considérant ce qui suit :

1. Le 24 septembre 2016, M. A a été victime d'une chute alors qu'il circulait à vélo sur la route départementale 13, entre les villages de Lagrave et de Brens dans le Tarn. A la suite de cet accident, un traumatisme crânien avec perte de connaissance, un hématome intra-cérébral frontal droit, des lésions axonales diffuses, des troubles cognitifs, des fractures des 2ème et 8ème côtes droites avec pneumothorax ainsi qu'une contusion de l'épaule droite ont été diagnostiqués. Par un jugement du 25 juin 2020, devenu définitif, le tribunal administratif de Toulouse a retenu la responsabilité du département du Tarn à hauteur de 50 % des dommages résultant de cette chute et mis à la charge de cette collectivité une somme de 3 250 euros au titre des préjudices déjà acquis au 20 juin 2020. Par une ordonnance du 14 septembre 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a désigné un expert aux fins d'évaluer l'évolution de l'état de santé de M. A depuis le 27 mars 2018, date de la dernière expertise, de déterminer la date de consolidation de son état de santé ainsi que les différents éléments de son préjudice corporel. L'expert a déposé son rapport le 17 février 2022. En l'absence de réponse à sa demande préalable du 5 avril 2022, M. A demande la condamnation du département du Tarn à l'indemniser de l'intégralité des préjudices subis du fait de cette chute en lui versant la somme de 24 572 euros, assortie des intérêts légaux à compter du 5 avril 2022 et de leur capitalisation.

Sur les fins de non-recevoir :

2. En premier lieu, le département du Tarn fait valoir que le contentieux indemnitaire n'est pas lié, en l'absence d'une demande préalable formée par M. A en ce sens. Toutefois, il résulte de l'instruction que, par un courrier du 5 avril 2022 reçu par le département le 7 avril 2022, M. A a demandé à cette collectivité de l'indemniser des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'accident du 24 septembre 2016. Par suite, la fin de non-recevoir doit être écartée.

3. En second lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".

4. Il résulte des termes de la requête introduite par M. A qu'il demande au tribunal de condamner le conseil départemental du Tarn à l'indemniser de l'intégralité des préjudices résultant de l'accident survenu le 24 septembre 2016, tels qu'évalués par l'expert désigné par une ordonnance du 14 septembre 2021, et dont cette collectivité a été reconnue responsable à hauteur de 50% par un jugement devenu définitif n° 1804502-2000570 du 25 juin 2020. Dans ses conditions, la fin-de non-recevoir tirée de la méconnaissance des dispositions citées au point 3 ne peut qu'être écartée.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet sa demande préalable :

5. La décision implicite par laquelle le conseil départemental a rejeté la demande préalable de M. A a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de ses demandes, l'intéressé, en formulant des conclusions tendant à la réparation de leurs préjudices, ayant donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité du conseil départemental du Tarn :

6. L'autorité de la chose jugée par une décision rendue dans un litige de plein contentieux est subordonnée à la triple identité de parties, d'objet et de cause. Si le conseil départemental du Tarn fait valoir que les conditions d'engagement de sa responsabilité ne sont pas réunies, il résulte de l'instruction, que le tribunal administratif de Toulouse, par son jugement précité n° 1804502-2000570 du 25 juin 2020, devenu définitif, a reconnu sa responsabilité dans la survenance de l'accident dont M. A a été victime à hauteur de 50%. Par suite, l'autorité de la chose jugée, s'oppose à ce que le tribunal se prononce à nouveau sur la responsabilité du conseil départemental, celle-ci se rattachant au même objet, à la même cause et en présence des mêmes parties que dans la précédente instance.

En ce qui concerne l'indemnisation des préjudices subis par M. A :

7. Il résulte de l'instruction que la date de consolidation de l'état de santé de M. A a été fixée au 21 juin 2019.

Quant à l'assistance par une tierce personne :

8. Il résulte du rapport d'expertise que l'état de santé de M. A a nécessité l'assistance d'une tierce personne pendant six semaines. Compte tenu des souffrances endurées et des séquelles de l'accident, il était totalement dépendant de son épouse dont l'aide était nécessaire pour tous les actes de la vie courante. Il sera fait une juste appréciation de l'aide par une tierce personne nécessité par l'état de santé du requérant durant à cette période de six semaines en lui allouant trois heures par jour à ce titre, soit une somme de 2 016 euros, sur la base d'un taux horaire moyen de 16 euros.

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

9. Il résulte du rapport d'expertise que M. A a subi un déficit fonctionnel temporaire total durant son hospitalisation, du 24 septembre 2016 au 5 octobre 2016, puis un déficit fonctionnel temporaire de 25 % du 6 octobre 2016 au 20 janvier 2017, en lien avec des troubles cognitifs, des fractures des côtes et de la contusion de l'épaule à hauteur, et enfin de 10% du 21 janvier 2017 au 21 juin 2019, en raison de la persistance de ses troubles cognitifs et de la majoration des acouphènes bilatéraux avec problèmes d'intelligibilité. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant à M. A une somme de 2 736,8 euros.

Quant aux souffrances endurées :

10. Il résulte de l'instruction que M. A a supporté des souffrances évaluées par l'expert à 3,5 sur une échelle de 1 à 7 résultants du traumatisme crânien avec hématome cérébral, du drainage du pneumothorax ainsi que de la contusion de l'épaule droite. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à 6 000 euros.

Quant au préjudice esthétique :

11. Il résulte du rapport d'expertise que M. A a subi non seulement un préjudice esthétique temporaire évalué à 0,5 sur une échelle de 1 à 7 mais aussi un préjudice esthétique permanent évalué à 0,5 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ces préjudices à hauteur de 1 000 euros.

Quant au déficit fonctionnel permanent :

12. Il résulte du rapport de l'expert que M. A est atteint d'un déficit fonctionnel permanent de 15%, lié à des troubles de l'attention et de la mémoire, des céphalées, des troubles du sommeil, une irritabilité et des vertiges. Ce préjudice doit être évalué à la date de sa consolidation, soit le 21 juin 2019, alors que M. A était âgé de soixante-neuf ans. Il en sera fait une juste appréciation en allouant au requérant une somme de 18 000 euros.

Quant au préjudice sexuel :

13. Il sera fait une juste appréciation du préjudice sexuel décrit par l'expert, lié à une dysérection, en l'évaluant à une somme de 4 000 euros.

Quant au préjudice d'agrément :

14. M. A fait valoir que depuis l'accident du 24 septembre 2016, il n'est plus en mesure de pratiquer les activités sportives et de loisirs dans lesquelles il s'impliquait auparavant. Toutefois, il résulte de l'expertise qu'il a notamment repris la pratique du vélo au cours de l'été 2017, certes dans des proportions moindres qu'antérieurement à son accident. M. A n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il serait privé de l'exercice d'activités de loisirs dans des conditions lui ouvrant droit à une indemnisation distincte de celle qui assure la réparation du déficit fonctionnel permanent. Dès lors, le préjudice d'agrément qu'il invoque n'est pas établi et il n'est pas fondé à en demander l'indemnisation.

15. Il résulte de tout ce qui précède et compte tenu du partage de responsabilité retenu au point 6, que le département du Tarn doit être condamné à verser une somme de 16 876,4 euros à M. A, dont il convient de déduire la somme de 3 250 euros que le conseil départemental du Tarn a été condamné à lui verser par le jugement du 25 juin 2020. Cette somme portera intérêts au légal à compter du 5 mars 2022, date de sa demande indemnitaire préalable. Les intérêts, dont la capitalisation a été demandée dans la requête du 8 juillet 2022, seront capitalisés au 5 mars 2023 pour produire intérêts à compter de cette date puis à chaque échéance annuelle à compter de la même date.

Sur les débours de la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn :

16. En premier lieu, il résulte du décompte présenté par la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn que celle-ci a pris en charge pour M. A, du 24 septembre 2016 au 5 octobre 2016, des frais d'hospitalisation pour un montant de 10 902 euros, du 7 octobre 2016 au 28 juillet 2022, des frais médicaux pour un montant de 896,28 euros, et du 5 octobre 2016 au 11 avril 2019, des frais pharmaceutiques pour un montant de 310,53 euros, l'ensemble de ces prestations étant en lien direct avec la faute engageant la responsabilité du conseil départemental du Tarn. M. A n'ayant pas fait état de dépenses de santé demeurées à sa charge, il y a lieu de mettre à la charge du conseil départemental du Tarn le versement à la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn d'une indemnité de 6 054,40 euros, après application du taux de 50% mentionné au point 6, dont il convient de déduire la somme de 5 735,09 euros que le conseil départemental du Tarn a été condamné à lui verser par le jugement du 25 juin 2020, assortie des intérêts au taux légal à compter de 17 février 2021, date d'enregistrement de sa première demande.

17. En second lieu, le remboursement à la caisse par le tiers responsable des prestations qu'elle sera amenée à verser à l'avenir, de manière certaine, prend normalement la forme du versement d'une rente. Il ne peut être mis à la charge du responsable sous la forme du versement immédiat d'un capital représentatif qu'avec son accord.

18. La caisse primaire d'assurance maladie du Tarn demande le versement de la somme de 944,13 euros au titre de frais futurs viagers postérieurs à la date de notification du présent jugement et qui correspondent à la prise en charge des frais de suivi médical et pharmaceutiques nécessités par l'état de santé de M. A en raison des séquelles liées à son accident. Toutefois, si le conseil départemental ne s'est pas opposé à cette capitalisation, il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait donné son accord express. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre à la charge de cette collectivité les frais de suivi médical et pharmaceutiques à compter du 4 juillet 2024 et à hauteur de 50% de leur montant à raison du dommage subi par M. A, sur justificatifs et à mesure de leur engagement.

Sur l'indemnité prévue par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale :

19. En application des dispositions combinées des articles L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion, la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn a droit à l'indemnité forfaitaire au taux de 118 euros. Il y a donc lieu de mettre cette somme à la charge du conseil départemental du Tarn.

Sur les frais liés à l'instance :

20. Les frais de l'expertise ont été taxés et liquidés par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse du 16 mars 2022 à la somme de 1 966 euros. Dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre cette somme à la charge définitive du conseil départemental du Tarn.

21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du conseil départemental du Tarn le versement à M. A d'une somme de 1 500 euros et à la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn de la somme de 1 000 euros. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du conseil départemental du Tarn présentées sur ce fondement.

D E C I D E :

Article 1er : Le conseil départemental du Tarn est condamné à verser à M. A la somme de 16 876,4 euros à M. A, dont il convient de déduire la somme de 3 250 euros que le conseil départemental du Tarn a été condamné à lui verser par le jugement du 25 juin 2020. Cette somme portera intérêts au légal à compter du 5 mars 2022. Les intérêts seront capitalisés au 5 mars 2023 pour produire intérêts à compter de cette date puis à chaque échéance annuelle à compter de la même date.

Article 2 : Le conseil départemental du Tarn est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn, au titre des prestations qu'elle a versées à M. A, une somme de 6 054,40 euros, dont il convient de déduire la somme de 5 735,09 euros que le conseil départemental du Tarn a été condamné à lui verser par le jugement du 25 juin 2020, assortie des intérêts au taux légal à compter de 17 février 2021.

Article 3 : Le conseil départemental du Tarn versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn les sommes correspondant aux dépenses de santé futures engagées pour M. A sur justificatifs à mesure de leur engagement dans les conditions prévues au point 18 du jugement.

Article 4 : Le conseil départemental du Tarn versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn la somme de 118 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 5 : Les frais d'expertise d'un montant de 1 966 euros sont mis à la charge définitive du conseil départemental du Tarn.

Article 6 : Le conseil départemental du Tarn versera à M. A une somme de 1 500 euros et à caisse primaire d'assurance maladie du Tarn la somme de 1 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au conseil départemental du Tarn, et à la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

Mme Jorda, conseillère,

Mme Péan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

La rapporteure,

C. PEAN

La présidente,

S. CHERRIER

La greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet du Tarn, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

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