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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2203936

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2203936

vendredi 27 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2203936
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique cellule 7
Avocat requérantMERCIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 juillet 2022 et un mémoire enregistré le 12 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Juliette Mercier, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision du 9 novembre 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Haute-Garonne a confirmé la décision du 15 janvier 2021 par laquelle la CAF a refusé de lui attribuer le bénéfice de l'aide personnalisée au logement (APL) pour la période du 1er janvier au 30 juin 2021 ;

2) d'annuler la décision du 10 janvier 2022 par laquelle le défenseur des droits l'a informé de l'échec de la médiation ;

3) de condamner, à titre principal, la CAF à lui verser les sommes auxquelles il estime avoir droit au titre de l'APL pour la période du 1er janvier au 30 juin 2021, d'enjoindre, à titre subsidiaire, à la CAF de lui verser le bénéfice de l'APL pour cette même période et ce, sous un délai d'un mois à partir de la notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard et, à titre infiniment subsidiaire, d'enjoindre à la CAF de procéder au réexamen de sa situation ;

4) de condamner le défendeur à verser à son conseil la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la CAF ne pouvait s'abstenir de prendre en considération ses revenus nets imposables au titre de l'année 2020 tel que corrigés par les services des impôts ;

- douze dix-septième de la somme de 12 282,73 euros versée au mois de mai 2020 correspondaient à ses revenus pour l'année 2019 et non pour l'année 2020 ;

- il avait contracté des dettes pour un montant de 12 713,92 euros ; la CAF n'a pas pris en considération le montant des dettes qu'il a contractées ; la CAF n'a pas pris en compte l'ensemble de son patrimoine dans le calcul de ses droits à l'APL ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation puisque la CAF n'a pas tenu compte du fait que le versement des dix-sept mois d'arriérés par la caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse (CIPAV) ne l'a pas enrichi et n'a pas suffi à couvrir la totalité de ses dettes ; l'administration fiscale a tenu compte de cette absence d'enrichissement ;

- ses revenus pour l'année 2020 lui permettent de bénéficier de l'APL ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- son recours est recevable dès lors qu'il était contraint de saisir le Défenseur des droits d'une demande de médiation ; il n'a pas été mis fin régulièrement à la médiation et dès lors, le délai de recours n'a pas commencé à courir alors qu'au demeurant il n'a pas été informé de l'absence de nécessité d'une saisine du Défenseur des droits, abandonnée par le décret n° 2022-433 du 25 mars 2022.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 octobre 2022, la CAF de la Haute-Garonne conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. B la somme de 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la saisine du bureau d'aide juridictionnelle a été effectuée après l'expiration du délai de recours de deux mois ;

- la décision contestée est suffisamment motivée en fait et en droit ;

- les ressources de M. B pour l'année 2020 sont supérieures au plafond d'octroi de l'APL ;

- la demande d'astreinte ne peut être fondée sur l'article L. 911-1 du code de justice administrative.

Par un courrier du 21 mars 2023, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de relever d'office, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, l'irrecevabilité des conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du 10 janvier 2021 par laquelle le Défenseur des droits l'a informé de la fin de la médiation préalable, dès lors que cet acte, qui présente un caractère informatif, n'est pas décisoire et n'est pas, par lui-même, susceptible d'affecter la situation juridique du requérant.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 2018-101 du 16 février 2018 portant expérimentation d'une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges de la fonction publique et de litiges sociaux ;

- le décret n° 2019-969 du 18 septembre 2019 relatif à des traitements de données à caractère personnel portant sur les ressources des assurés sociaux ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. C a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Au cours de l'année 2018, M. B a sollicité de la CIPAV la liquidation de sa retraite à compter du 1er janvier 2019, laquelle lui a été refusée. M. B a contesté ce refus devant le tribunal de grande instance de Toulouse qui, par un jugement du 25 septembre 2019, a prononcé le désistement sans motif de la CIPAV. En mai 2020, la CIPAV a versé au requérant une somme de 12 283,73 euros correspondant aux dix-sept mois d'arriérés qu'elle lui devait pour la période de janvier 2019 à mai 2020. Par une décision du 15 janvier 2021, la CAF a refusé d'attribuer l'APL à M. B au motif que ses revenus dépassaient le plafond d'octroi de l'APL. Par décision du 9 novembre 2021, la commission de recours amiable de la CAF a rejeté le recours administratif préalable formé par le requérant pour contester le refus opposé par la CAF à sa demande d'APL. M. B a saisi le Défenseur des droits pour une médiation préalable obligatoire qui l'a informé, le 10 janvier 2022, de l'échec de la médiation. Par la présente, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 9 novembre 2021 de la CAF ainsi que la décision du 10 janvier 2022 du Défenseur des droits.

Sur la tardiveté opposée par la CAF de la Haute-Garonne aux conclusions de M. B :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article 43 du décret du 28 décembre 2020 : " () lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai () ". Aux termes de l'article 37 de ce même décret : " () la demande d'aide est déposée ou adressée par l'intéressé ou par tout mandataire au bureau d'aide juridictionnelle établi au siège du tribunal dans le ressort duquel est fixé le domicile du demandeur, ou déposée auprès d'un service d'accueil unique du justiciable situé dans le ressort de la juridiction compétente ou dans le ressort duquel est fixé le domicile du demandeur. La demande est ensuite transmise sans délai au bureau d'aide juridictionnelle compétent. / Lorsqu'une demande d'aide est adressée par voie postale, sa date est celle de l'expédition de la lettre. La date de l'expédition est celle qui figure sur le cachet du bureau de poste d'émission. ". Aux termes de l'article 4 du décret du 16 février 2018 : " En application des dispositions de l'article L. 213-6 du code de justice administrative, la saisine du médiateur interrompt le délai de recours contentieux et suspend les délais de prescription, qui recommencent à courir à compter de la date à laquelle soit l'une des parties ou les deux, soit le médiateur déclarent, de façon non équivoque et par tout moyen permettant d'en attester la connaissance par l'ensemble des parties, que la médiation est terminée. () ".

3. La CAF oppose à M. B une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la présentation de sa demande au bureau d'aide juridictionnelle. La décision du 11 mai 2022 d'admission à l'aide juridictionnelle mentionne que la demande d'aide juridictionnelle a été présentée par le requérant le 19 avril 2022, soit plus de deux mois après la réception du courriel du défenseur des droits du 10 janvier 2021 l'informant de l'échec de la médiation et dont il a eu connaissance au plus tard le 11 janvier 2021, date à laquelle il a répondu au courriel. Toutefois, la CAF ne démontre pas avoir eu connaissance de ce mail à cette date, si bien qu'il n'était pas attesté de la connaissance, par l'ensemble des parties, de la fin de la médiation. Dès lors, la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B ne peut être regardée comme tardive.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 10 janvier 2021 du Défenseur des droits :

4. Aux termes de l'article 2 du décret n° 2018-101 du 16 février 2018 : " I.-A titre expérimental, dans un nombre limité de circonscriptions départementales choisies en raison de la diversité des situations qu'elles présentent, comprises dans quatre régions au plus et dont la liste est fixée par un arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, et des ministres intéressés après avoir obtenu l'accord des autorités territorialement compétentes, sont, à peine d'irrecevabilité, précédés d'une médiation, les recours contentieux formés contre : () 3° Les décisions relatives à l'aide personnalisée au logement, prévue au 1° de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, prises par le directeur de l'organisme payeur sur le recours préalable prévu au 1° de l'article L. 825-3 du même code ; () / II.- La médiation préalable obligatoire est assurée : 1° Pour les décisions prévues aux 1° à 3° du I, par le Défenseur des droits ; () ".

5. Saisi sur le fondement des dispositions précitées d'une demande de médiation préalable présentée par M. B, le Défenseur des droits a, le 10 janvier 2022, informé le requérant de l'échec de la médiation. Cet acte, qui revêt un caractère informatif, n'est pas par lui-même, contrairement à ce que soutient le requérant, susceptible d'affecter sa situation juridique, ni de modifier l'ordonnancement juridique. Dès lors, l'acte attaqué n'est pas au nombre de ceux qui sont susceptibles d'être déférés au juge administratif.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'acte du 10 janvier 2021 du Défenseur des droits sont irrecevables et doivent être rejetées comme telles.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 novembre 2021 de la CAF :

7. Aux termes de l'article L. 822-6 du code de la construction et de l'habitation : " La détermination ainsi que les conditions de prise en compte des ressources et de la valeur du patrimoine sont définies par voie réglementaire. / Les conditions de prise en compte des ressources, notamment les périodes de référence retenues, peuvent varier en fonction de la nature des ressources. ". Aux termes de l'article L. 823-1 du même code : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine () ". Aux termes de l'article R. 822-3 du même code : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes : 1° Pour les ressources mentionnées à l'article R. 822-4 prises en compte par la déclaration sociale nominative définie à l'article L. 133-5-3 du code de la sécurité sociale () sur une période de référence courant du treizième au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement () ". Enfin, aux termes de l'article R. 822-4 du même code, dans sa version applicable au litige : " I.- Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. () ".

8. Aux termes de l'article 1 du décret n° 2019-969 du 18 septembre 2019 : " I. - L'Etat et la Caisse nationale d'assurance vieillesse sont conjointement responsables d'un traitement de données à caractère personnel, mis en œuvre par la caisse, et ayant pour finalités : () / 2° L'utilisation des montants de salaires et des informations relatives aux situations professionnelles déclarés dans le cadre de la déclaration sociale nominative mentionnée au I de l'article L. 133-5-3 du code de la sécurité sociale par : -les caisses d'allocations familiales et caisses de la mutualité sociale agricole, pour l'appréciation du montant des ressources et de la situation professionnelle des demandeurs et des bénéficiaires d'une aide au logement () ".

9. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée est inopérant.

10. En premier lieu, si la CAF de la Haute-Garonne fait valoir qu'elle n'était pas en capacité de répartir le montant du versement des rappels de retraite sur les mois concernés afin de déterminer les droits à l'APL de M. B, l'article 1er du décret du 18 septembre 2019, relatif aux montants des salaires déclarés dans la déclaration sociale nominative, ne concerne cependant pas les montants de pension de retraite. Dès lors, la CAF de la Haute-Garonne ne démontre pas qu'elle ne pouvait pas répartir le montant des rappels de retraite versés au requérant en mai 2020 sur les mois de janvier 2019 à mai 2020.

11. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction M. B a obtenu de l'administration fiscale un dégrèvement d'impôt pour les revenus de 2020 établi par un avis du 11 octobre 2021, lequel démontre la prise en compte par l'administration fiscale de l'étalement, sur les mois de janvier 2019 à mai 2020, des rappels de retraite versés au requérant en mai 2020.

12. En troisième lieu, en application du 1° de l'article R. 822-3 du code de la construction et de l'habitation, la période de référence prise en compte dans le calcul des droits à l'APL de M. B pour le trimestre de janvier à mars 2021 s'étend du 1er décembre 2019 au 30 novembre 2020 et la période de référence prise en compte dans le calcul de ses droits à l'APL pour le trimestre d'avril à juin 2021 s'étend du 1er mars 2020 au 28 février 2021. Or, dès lors que le montant des rappels de retraite versé en mai 2020 par la CIPAV doit être réparti sur les mois de janvier 2019 à mai 2020, il y a lieu de prendre en compte, pour déterminer les droits à l'APL du requérant pour le trimestre de janvier à mars 2021, les rappels de retraite concernant les mois de décembre 2019 à mai 2020 et, pour déterminer ses droits à l'APL pour le trimestre d'avril à juin 2021, il y a lieu de prendre en compte les rappels de retraite concernant les mois de mars à mai 2020. La CAF, qui n'a pas pris en compte ces rappels de retraite a donc commis une erreur manifeste d'appréciation dans le calcul des droits à l'APL de M. B.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la décision de la CAF du 9 novembre 2021 doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. () ".

15. Compte tenu du motif d'annulation de la décision du 9 novembre 2021, et alors que le tribunal n'est pas en mesure d'établir lui-même les droits de M. B à l'APL, il y a lieu d'enjoindre à la CAF de la Haute-Garonne de procéder au réexamen des droits à l'APL de M. B pour la période 1er janvier au 30 juin 2021 en tenant compte des motifs de la présente décision et dans un délai de deux mois à compter de sa notification, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais de procès :

16. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Mercier, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garopnne le versement à Me Mercier de la somme de 1 500 euros.

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante, la somme de 200 euros demandée par la CAF de la Haute-Garonne sur ce fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 9 novembre 2021 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne de procéder au réexamen des droits à l'aide personnalisée au logement de M. B pour la période du 1er janvier 2021 au 30 juin 2021 dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.

Article 3 : La caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne versera à Me Mercier, sous réserve que Me Mercier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 5 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : La présente décision sera notifiée à M. A B et à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2023.

Le magistrat désigné

Alain C La greffière,

Sandrine Furbeyre

La République mande et ordonne au ministre en charge du logement, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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