jeudi 8 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203949 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOURZAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 11 et 24 juillet 2022 et le 4 septembre 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, Mme C H demande au tribunal d'annuler l'élection, intervenue le 5 juillet 2022, de représentants de la commune de Lapeyrouse-Fossat dans plusieurs syndicats intercommunaux ainsi que la délibération du même jour du conseil municipal de Lapeyrouse-Fossat portant désignation du correspondant défense de la commune.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- lors de la séance du conseil municipal du 5 juillet 2022, la secrétaire de séance a été désignée par la maire et non par le conseil municipal, en méconnaissance de l'article L. 2121-15 du code général des collectivités territoriales ;
- la désignation du correspondant défense s'est faite sans que ce point ne soit inscrit à l'ordre du jour, sans appel à candidatures et par un vote à mains levées, en méconnaissance de l'article L. 2121-21 du code général des collectivités territoriales ;
- l'élection des représentants au sein des syndicats intercommunaux s'est faite en méconnaissance du droit à l'expression et à l'information des conseillers municipaux, en méconnaissance de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales ;
- cette élection est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les motifs de son remplacement sont infondés.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 19 juillet et 1er septembre 2022, la commune de Lapeyrouse-Fossat, représentée par Me Sourzac, conclut au rejet de la protestation de Mme H et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme H sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- la requête n'est pas recevable dès lors qu'elle est fondée sur le code électoral et non sur le code général des collectivités territoriales ;
- les griefs allégués sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral,
- le code général des collectivités territoriales,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Farges, rapporteur public ;
- les observations de Mme H et celles de Me Sourzac, représentant la commune de Lapeyrouse-Fossat.
Considérant ce qui suit :
1. Mme H est conseillère municipale de la commune de Lapeyrouse-Fossat et avait été désignée à ce titre déléguée de la commune dans divers syndicats intercommunaux à la suite des élections municipales du 15 mars 2020. Lors de sa séance du 5 juillet 2022, le conseil municipal a voté sur la désignation des représentants de la commune au sein du Syndicat départemental d'énergie de la Haute-Garonne, du Syndicat intercommunal des transports publics de la région toulousaine et du Syndicat Haute-Garonne Environnement, ainsi que pour la désignation du correspondant défense de la commune, en remplacement de Mme H. Cette dernière doit être regardée comme demandant l'annulation des délibérations du 5 juillet 2022 portant désignation des délégués de la commune au sein des syndicats précités et de la désignation du correspondant défense de Lapeyrouse-Fossat.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-15 du code général des collectivités territoriales : " Au début de chacune de ses séances, le conseil municipal nomme un ou plusieurs de ses membres pour remplir les fonctions de secrétaire () ".
3. Si Mme H soutient que la secrétaire de séance aurait été désignée sans un vote exprès du conseil municipal, cette circonstance est sans incidence sur la légalité des délibérations contestées dès lors que la désignation d'un secrétaire de séance n'est pas prescrite à peine de nullité et ne présente pas le caractère d'une garantie et qu'en l'espèce, il n'est pas même soutenu que l'absence de désignation d'une secrétaire de séance par un vote aurait pu exercer une influence sur le sens des décisions prises. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier qu'une secrétaire de séance a bien été désignée, sur proposition de la maire, sans que le conseil municipal n'émette d'objections. Ce moyen ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2121-21 du code général des collectivités territoriales : " Le vote a lieu au scrutin public à la demande du quart des membres présents. / Il est voté au scrutin secret : 1° Soit lorsqu'un tiers des membres présents le réclame ; 2° Soit lorsqu'il y a lieu de procéder à une nomination ou à une présentation. / Dans ces derniers cas, si aucun des candidats n'a obtenu la majorité absolue après deux tours de scrutin secret, il est procédé à un troisième tour de scrutin et l'élection a lieu à la majorité relative ; à égalité de voix, l'élection est acquise au plus âgé. / Le conseil municipal peut décider, à l'unanimité, de ne pas procéder au scrutin secret aux nominations ou aux présentations, sauf disposition législative ou réglementaire prévoyant expressément ce mode de scrutin () ".
5. Si Mme H se prévaut de ce que la désignation du correspondant défense de la commune a été effectuée sans qu'il soit procédé à un vote à bulletins secrets, il ne résulte d'aucune disposition légale ou réglementaire que la désignation de ce correspondant procéderait d'une élection en conseil municipal alors que cette fonction n'est pas au nombre des désignations prévues dans les établissements publics de coopération intercommunale. A cet égard, la requérante ne saurait se prévaloir de circulaires ministérielles des 26 octobre 2001 et 18 février 2002 dépourvues de valeur impérative. Dans ces conditions, la seule circonstance que la maire de Lapeyrouse-Fossat ait recueilli l'avis du conseil municipal, avant de prendre la décision qui lui appartenait de désignation du correspondant défense de la commune est, également et en tout état de cause, sans incidence sur le bien-fondé des décisions contestées.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 5211-7 du code général des collectivités territoriales : " I. - Les syndicats de communes sont administrés par un organe délibérant composé de délégués élus par les conseils municipaux des communes membres dans les conditions prévues à l'article L. 2122-7. / Par dérogation au premier alinéa du présent I, le conseil municipal peut décider, à l'unanimité, de ne pas procéder par scrutin secret aux nominations des délégués () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la désignation par le conseil municipal du délégué à élire au sein du Syndicat départemental d'énergie de la Haute-Garonne, du Syndicat intercommunal des transports publics de la région toulousaine et du Syndicat Haute-Garonne Environnement s'est effectuée à bulletins secrets dès lors que l'un des membres du conseil municipal s'était opposé au vote à mains levées. Dans ces conditions et contrairement à ce que se borne à alléguer Mme H, les délibérations contestées ne sont entachées d'aucune irrégularité et ont respecté le secret du vote. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que les modalités de désignation du correspondant défense, qui ne relevait pas de la compétence du conseil municipal ainsi qu'il a été dit précédemment, auraient exercé une quelconque influence sur les conditions de désignation des représentants du conseil municipal au sein de ces trois syndicats dès lors, notamment, que le vote les concernant a eu lieu à bulletins secrets.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. "
9. Il ne ressort pas des pièces du dossier, contrairement à ce qu'allègue Mme H, que les conseillers municipaux n'auraient pas été suffisamment informés des raisons du vote sur la désignation d'un représentant de la commune dans les trois syndicats précités, alors que la convocation précisait les raisons pour lesquelles la maire de Lapeyrouse-Fossat souhaitait le remplacement de Mme H en tant que déléguée dans ces établissements. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que cette dernière aurait été empêchée de s'exprimer lors du conseil municipal du 5 juillet 2022. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 2121-33 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal procède à la désignation de ses membres ou de délégués pour siéger au sein d'organismes extérieurs dans les cas et conditions prévus par les dispositions du présent code et des textes régissant ces organismes. La fixation par les dispositions précitées de la durée des fonctions assignées à ces membres ou délégués ne fait pas obstacle à ce qu'il puisse être procédé à tout moment, et pour le reste de cette durée, à leur remplacement par une nouvelle désignation opérée dans les mêmes formes. "
11. Si Mme H soutient que la désignation par le conseil municipal du 5 juillet 2022 d'un nouveau délégué au sein du Syndicat départemental d'énergie de la Haute-Garonne, du Syndicat intercommunal des transports publics de la région toulousaine et du Syndicat Haute-Garonne Environnement serait entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation ", il n'appartient pas au juge administratif, en tout état de cause, de se prononcer sur l'opportunité et le bien-fondé des propositions de désignation faites par un maire à son conseil municipal dans le cadre de son pouvoir propre et au regard des dispositions citées au point 10 qui permettent de procéder, à tout moment, au remplacement des délégués désignés par le conseil municipal en cours de mandat. Au surplus et ainsi qu'il a été dit plus haut, les désignations en litige ont fait l'objet de votes réguliers et à bulletins secrets pour lesquels Mme H a d'ailleurs pu valablement se porter candidate. Dans ces conditions, le moyen ainsi soulevé ne peut qu'être écarté, en toute hypothèse.
12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de la protestation de Mme H ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme H le paiement à la commune de Lapeyrouse-Fossat d'une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, et en l'absence de tout dépens de l'instance, les conclusions de la commune de Lapeyrouse-Fossat présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme H est rejetée.
Article 2 : Mme H versera à la commune de Lapeyrouse-Fossat une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Lapeyrouse-Fossat est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C H, à la commune de Lapeyrouse-Fossat et au préfet de la Haute-Garonne.
Copie en sera adressée à M. A I, à Mme D E, M. G K et à Mme J F.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président-rapporteur,
Mme Namer, conseillère,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
T. B
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
S. NAMERLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026