mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204138 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juillet 2022, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Lot a, le 12 juillet 2022, rejeté sa demande de remise de dette d'un indu d'aide personnelle au logement (APL) d'un montant de 508,96 euros pour la période de mai 2021 à janvier 2022.
Elle soutient que :
- la CAF du Lot a commis une erreur dans les montants d'APL qui lui ont été versés mensuellement ;
- elle informe chaque trimestre la CAF du Lot de ses revenus mensuels.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2023 et des pièces complémentaires enregistrées le 12 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Lot conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- Mme A n'a pas déclaré les salaires perçus par elle et son conjoint au titre de l'année 2020 ;
- Mme A est responsable de l'indu mis à sa charge.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. C a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A percevait depuis mars 2019 une aide au logement accession en fonction de la composition, de la situation professionnelle et des ressources de son foyer. Mme A a transmis à la CAF son avis d'imposition sur les revenus 2020 qui ne correspond pas à la déclaration effectuée par internet. La régularisation du dossier effectuée le 15 avril 2022 a généré un trop-perçu d'aide au logement d'un montant de 719,01 euros pour la période de mai 2021 à janvier 2022. Mme A a formé une demande de remise de dette qui a été rejetée par la décision attaquée du 11 juillet 2022.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ". Aux termes de l'article R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " () Lorsqu'il est saisi d'une demande de remise gracieuse de dette relative à un trop-perçu au titre d'une aide personnelle au logement ou d'une prime de déménagement, sans que soit contesté le bien-fondé de la dette, l'organisme payeur en accuse réception par tout moyen permettant de lui conférer date certaine, dans les quinze jours suivant la réception de la demande. / Le directeur de l'organisme payeur statue sur la demande de remise gracieuse après avis de la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 825-2. / Il dispose d'un délai de deux mois pour notifier sa décision à la personne intéressée. / Faute d'une décision du directeur de l'organisme payeur portée à la connaissance de l'intéressé dans ce délai de deux mois, la demande de remise gracieuse de dettes est réputée rejetée. / La décision prise dans ces conditions peut faire l'objet d'un recours contentieux sans recours administratif préalable. "
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. Pour solliciter la remise totale de ses dettes, Mme A, dont la bonne foi n'a pas été remise en cause par la CAF du Lot et qu'il n'y a pas lieu de remettre en cause, soutient que sa situation financière ne lui permet pas de s'acquitter du remboursement de l'indu d'APL laissés à sa charge de 508,96 euros. Il résulte de l'instruction que le quotient familial retenu par la décision contestée est de 761 euros. Toutefois, Mme A n'a pas répondu aux sollicitations de tribunal en date du 6 novembre 2023 lui demandant de fournir les justificatifs de ses charges et ressources. Par voie de conséquence, en l'absence d'éléments sur sa situation actuelle et alors qu'il n'est pas établi que la situation de l'intéressée justifierait l'octroi d'une remise partielle ou totale de ses dettes, la requête de Mme A doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales du Lot.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
Le magistrat désigné,
Alain C
Le greffier,
Baptiste Roets
La République mande et ordonne au ministre du logement, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
Le greffier en chef,
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