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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204421

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204421

mercredi 6 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204421
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique cellule 7
Avocat requérantFAINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er août 2022, M. E A, représenté par Me Faine, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision du 7 février 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Haute-Garonne lui a notifié un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 14 497,81 euros pour la période du 1er février 2019 au 30 novembre 2021, ensemble la décision prise le 2 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a rejeté son recours préalable ;

2) d'enjoindre à la CAF de la Haute-Garonne de procéder au réexamen de ses droits au RSA à compter du 1er septembre 2018 ;

3) de mettre à la charge du département de la Haute-Garonne les entiers dépens.

Il soutient que :

- le signataire de la décision du 7 février 2022 n'est pas identifiable en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- les décisions contestées sont signées par une autorité incompétente ;

- les décisions contestées sont insuffisamment motivées en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- les principes de la procédure contradictoire, de l'effectivité du recours et de l'égalité des armes, tels que protégés par les articles 6-1 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, ont été méconnus dès lors que ses demandes pour accéder à son dossier sont restées vaines ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'indu en litige repose sur une période partiellement soumise à prescription ;

- l'indu n'est pas fondé dès lors que la CAF ne démontre pas que M. A ne remplit pas les conditions de résidence stable et effective nécessaires à l'ouverture du droit au RSA ; l'ordonnance du 25 mars 2020 a automatiquement étendu ses droits au RSA alors qu'il s'est retrouvé bloqué à l'étranger en raison de la pandémie de covid-19 ;

- la CAF, par décision du 20 juin 2022, a diminué le montant de l'indu, ce qui démontre son erreur initiale.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 octobre 2022, le département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 7 février 2022 sont irrecevables dès lors que la décision prise sur recours administratif préalable du 2 juin 2022 s'y est substituée ;

- la décision du 2 juin 2022 a été régulièrement signée par Mme D C, qui bénéficie d'une délégation de signature du président du conseil départemental en date du 1er juillet 2021 ;

- la décision contestée est suffisamment motivée en fait et en droit ;

- les droits de la défense du requérant n'ont pas été méconnus dès lors que celui-ci a eu l'occasion de s'entretenir avec le contrôleur assermenté de la caisse et transmettre ses observations ; l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme n'est pas applicable aux procédures administratives ; M. A a disposé d'un recours effectif ;

- l'indu est fondé en droit et en fait ; le rapport fait état de l'absence de résidence stable et effective du requérant sur le territoire français ; la question des ressources non déclarées n'est pas contestée par le requérant ; il n'y a pas lieu de réexaminer ses droits au RSA ;

- par courrier du 20 juin 2022, la CAF n'a pas diminué le montant de l'indu mais a notifié au requérant un nouvel indu de 4 712,87 euros pour la période de septembre 2018 à août 2021 qui vient s'ajouter à l'indu de 14 497,81 euros, portant le total de l'indu à 19 210,68 euros pour la période de septembre 2018 à novembre 2021 ;

- la prescription biennale a été levée pour fausses déclarations.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A d'une somme de 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La CAF soutient que :

- la notification du 7 février 2022 d'un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année pour 2019 d'un montant de 152,45 euros (ING003) et pour 2020 du même montant (ING004) et la notification du 20 juin 2022 d'un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année pour 2018 d'un montant de 152,45 euros (ING005) ont été signées par Mme B H qui bénéficie d'une délégation de signature du directeur de la CAF ; ces notifications mentionnent la nature, le montant, la période et les faits constitutifs de l'indu ainsi que les voies de recours ; elles ne comportent pas de motivation en droit, mais celle-ci n'est pas exigée par le code de la sécurité sociale ;

- M. A a été informé des conclusions de l'enquête administrative et mis à même de faire valoir ses observations sur les sommes perçues et ses séjours à l'étranger ;

- M. A n'avait pas de droit au RSA pendant les mois de novembre et décembre 2018, 2019 et 2020 ; les indus sont donc fondés dans leurs principes et leurs montants.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Toulouse du 3 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'ordonnance n° 2020-312 du 25 mars 2020 relative à la prolongation des droits sociaux ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. I pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, ont été entendus le rapport de M. I et les observations de Mme G F, pour le département de la Haute-Garonne, qui persiste dans ses écritures et indique que M. A sera convoqué devant le tribunal judiciaire en janvier 2024, puis la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A était bénéficiaire du RSA depuis le mois de septembre 2018. A la suite d'un contrôle diligenté par les services de la CAF le 7 décembre 2021, il a été relevé par le contrôleur assermenté que M. A avait séjourné hors de France en 2020 et en 2021 et qu'il n'avait pas déclaré l'ensemble de ses revenus. Les prestations sociales auxquelles avait droit M. A ont été régularisées pour prendre en compte ces informations, générant pour la période du 1er février 2019 au 30 novembre 2021 un indu de RSA d'un montant de 14 497,81 euros, un indu de prime exceptionnelle pour 2019 d'un montant de 152,45 euros et un indu de prime exceptionnelle pour 2020 d'un montant de 152,45 euros, notifiés par courrier en date du 7 février 2022. Par décision du 2 juin 2022, le président du conseil départemental de la Haute-Garonne rejetait le recours administratif préalable formé par le requérant en contestation de l'indu de RSA le 25 février 2022. Par courrier du 8 juin 2022, M. A a saisi le Défenseur des droits. Par décision du 20 juin 2022, la CAF a notifié au requérant un indu de RSA complémentaire de 4 712,87 euros en application de la décision du président du conseil départemental du 2 juin 2022. Par la présente, M. A demande l'annulation de la décision de la CAF du 7 février 2022 et de la décision du président du conseil départemental du 2 juin 2022.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le département de la Haute-Garonne aux conclusions dirigées contre la décision de la CAF du 7 février 2022 :

2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue en principe à la décision initiale, et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge. Par suite, les conclusions du requérant tendant à l'annulation de la décision initiale de la CAF du 7 février 2022 sont irrecevables et doivent être rejetées comme telles.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 2 juin 2022 :

3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

En ce qui concerne la régularité de l'indu :

4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée du 2 juin 2022 a été signée par Mme D C, qui bénéficiait d'une délégation de signature du président du conseil départemental de la Haute-Garonne du 1er juillet 2021 régulièrement affichée et publiée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait.

5. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision du 2 juin 2022, que celle-ci comporte les éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement et précisent la nature de la prestation, le montant de la somme réclamée ainsi que le motif et la période de l'indu en litige. En outre, la décision attaquée informe le requérant qu'une omission intentionnelle de la totalité de ses ressources est retenue. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

6. En troisième lieu, M. A soutient que les droits de la défense ont été méconnus, dès lors qu'il n'a pas eu accès à son dossier. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A, qui n'établit pas avoir formulé auprès de la CAF une demande tendant à ce que lui soit communiqué le rapport d'enquête établi par l'agent assermenté, ni, à défaut, avoir saisi la commission d'accès aux documents administratifs en ce sens, a pu s'entretenir lors d'un rendez-vous le 27 septembre 2021 avec ce même agent pour formuler ses observations écrites et orales. En tout état de cause, les pièces du dossier ont été produites dans le cadre de la présente instance, permettant ainsi au requérant de faire valoir utilement ses observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense, protégés par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit en tout état de cause être écarté. En outre, par la présente requête, M. A démontre bien disposer d'un recours effectif devant une instance nationale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à un recours effectif protégé par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit également être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu :

7. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. ".

8. Le président du conseil départemental de la Haute-Garonne, dans sa décision du 2 juin 2022, n'a pas tenu compte, pour le calcul de l'indu, de l'absence de déclaration du séjour à l'étranger de M. A entre le 13 février 2020 et le 15 juillet 2020. Il a fondé sa décision sur le rapport d'enquête du contrôleur assermenté de la CAF, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, qui a constaté que M. A n'a pas été présent en France pendant plus de trois mois consécutifs du 4 décembre 2020 au 1er avril 2021. Si M. A a fait valoir, lors de son entretien avec le contrôleur assermenté, qu'il était resté bloqué à l'étranger de février 2021 jusqu'au 1er avril 2021 en raison d'émeutes dans le pays de séjour, il ne l'établit pas.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-312 du 25 mars 2020 relative à la prolongation des droits sociaux : " II.-1° Par dérogation au premier alinéa de l'article L. 262-21 et à l'article L. 262-22 du code de l'action sociale et des familles () les caisses d'allocations familiales () procèdent à une avance sur droits pour les bénéficiaires des prestations visées aux articles L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles () tant qu'elles sont dans l'incapacité de procéder au réexamen des droits à ces prestations ; 2° Les dispositions du 1° du présent II sont applicables pour une durée de six mois à compter du 12 mars 2020. Le montant des prestations est réexaminé à l'issue de ce délai y compris pour la période écoulée à compter de l'entrée en vigueur de la présente ordonnance () ".

10. Pour solliciter l'annulation de l'indu, M. A fait valoir que l'ordonnance du 25 mars 2020 a étendu automatiquement ses droits au RSA jusqu'au 31 juillet 2020 et que ce dispositif a été maintenu jusqu'au 30 avril 2021. Toutefois, il ne résulte des dispositions de l'ordonnance précitée ni qu'elles dispensaient M. A de devoir déclarer ses séjours à l'étranger ni qu'elles créent un droit pour l'allocataire à conserver le bénéfice de ses prestations, alors qu'elles prévoient expressément que les CAF procèdent, durant cette période, à une avance sur des droits qui seront réexaminés à l'issue de cette période. Ces dispositions ne prévoient pas davantage que les indus éventuellement constitués pendant cette période seraient dispensés de l'obligation de remboursement.

11. En troisième lieu, M. A soutient que le courrier du 20 juin 2022 de la CAF démontre qu'elle a commis une erreur dans le calcul de l'indu puisque cette décision réduit son montant. Toutefois, la décision du 20 juin 2022 ne réduit pas l'indu de M. A mais constitue la prise en compte par la CAF de la demande du département de recalculer un indu rétroactif de RSA à partir de septembre 2018. La décision du 20 juin 2022 met donc à la charge de M. A un indu supplémentaire de 4 712,87 euros pour la période de septembre 2018 à août 2021.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".

13. Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation l'ensemble des ressources dont il dispose. Si l'autorité administrative est, en outre, en mesure d'établir que le bénéficiaire ne peut prétendre au bénéfice de l'allocation de revenu de solidarité active ou qu'il n'est pas possible, faute de connaître le montant exact des ressources des personnes composant le foyer, de déterminer s'il pouvait ou non bénéficier de l'allocation pour la période en cause, elle est en droit de mettre fin à cette prestation et, sous réserve des délais de prescription, de décider de récupérer les sommes qui ont ainsi été indûment versées à l'intéressé

14. Il résulte de l'instruction que M. A n'a pas transmis aux services de la CAF l'intégralité de ses relevés bancaires. Il est établi que le requérant a omis de transmettre plusieurs relevés bancaires de son compte chèque global correspondant à une période de vingt-deux mois pour la période du 20 septembre 2018 au 25 août 2021 ainsi que certains relevés de son compte courant privé, de son compte " bienvenue " et du compte sur lequel lui était versé le RSA. Il résulte également de l'instruction que la provenance de certaines ressources de M. A n'est pas justifiée en raison de l'incomplétude des relevés bancaires transmis. La CAF puis le président du conseil départemental de la Haute-Garonne étaient donc dans l'impossibilité de déterminer la réalité des ressources de M. A dès lors que ce dernier n'a pas transmis l'intégralité de ses relevés de compte. C'est donc à bon droit que le président du conseil départemental a retenu le caractère intentionnel de l'omission de déclaration de la totalité des ressources de M. A.

15. Il résulte de tout ce qui précède que l'indu est justifié. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision du 2 juin 2022 doivent être rejetées.

16. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. () ".

17. Si M. A soutient qu'une partie de la créance est prescrite, ainsi qu'il a été dit au point 14, le requérant doit être regardé comme ayant commis intentionnellement de fausses déclarations afin de percevoir le RSA. Dès lors, le département de la Haute-Garonne pouvait légalement lever la prescription biennale prévue par les dispositions précitées. Par suite, l'exception de prescription soulevée par M. A doit être rejetée.

Sur les dépens :

18. La présente instance n'a pas donné lieu à dépens. Par suite, les conclusions de M. A tendant à ce que les dépens soient mis à la charge du département de la Haute-Garonne doivent en tout état de cause être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E A, à Me Séverine Faine, à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne et au département de la Haute-Garonne.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2023.

Le magistrat désigné,

Alain ILe greffier,

Baptiste Roets

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

No 2204421

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