mardi 14 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204707 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET ROUMAGNAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 août 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Domaine de Preissac, représentée par la SELARL Cabinet Roumagnac, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juin 2022 par laquelle le directeur général des finances publiques a refusé de lui attribuer l'aide visant à compenser les coûts fixes non couverts des entreprises dont l'activité est particulièrement affectée par l'épidémie de Covid-19 au titre du mois de février 2022 ;
2°) d'enjoindre au directeur général des finances de lui octroyer l'aide " coûts fixes - consolidation " au titre du mois de février 2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration fiscale a méconnu les dispositions du I bis de l'article 1 du décret du 2 février 2022 modifié par le décret du 2 mai 2022, dès lors que son excédent brut d'exploitation au titre du mois de février 2022 est de - 36 621 euros ;
- l'administration fiscale a commis une erreur d'appréciation en intégrant l'indemnité de chômage partiel dans le calcul de l'excédent brut d'exploitation ;
- l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article du décret du 2 février 2022 modifié par le décret du 2 mai 2022, dès lors que l'attestation de son expert-comptable du 27 juin 2022 mentionne le nom et le numéro SIRET de ce dernier et est donc recevable ;
- la balance du mois de février 2019 répond aux conditions légales ;
- l'administration fiscale a commis une erreur de droit, dès lors qu'elle a déposé son dossier de demande le 15 juin 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 janvier 2024, l'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction des grandes entreprises, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SARL Domaine de Preissac ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le décret n° 2022-111 du 2 février 2022 ;
- le décret n° 2022-768 du 2 mai 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sarraute,
- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Domaine de Pressac exerce une activité de gestion de salles et organisations de réceptions, séminaires, colloques, spectacles et soirées événementielles. Le 15 juin 2022, elle a sollicité l'aide " coûts fixes - consolidation " pour un montant de 32 959 euros au titre du mois de février 2022. Par la présente requête, elle doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 28 juin 2022 par laquelle l'administration fiscale a rejeté sa demande.
2. Aux termes de l'article 1 du décret du 2 février 2022 instituant une aide dite " coûts fixes consolidation " visant à compenser les charges fixes non couvertes des entreprises dont l'activité est particulièrement affectée par l'épidémie de Covid-19, modifié par le décret du 2 mai 2022 prolongeant, au titre de février 2022, l'aide dite " couts fixes consolidation " instaurée par le décret du 2 février 2022 : " Ibis. - Les entreprises mentionnées à l'article 1er di décret du 30 mars 2020 susvisé, à l'exception de celles mentionnées aux 5° et 5° bis, peuvent bénéficier, au cours de la période éligible comprise entre le 1er février 2022 et le 28 février 2022, d'une aide destinée à compenser leurs coûts fixes non couverts par les contributions aux bénéfices, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes au jour de la demande : / 1° Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 ou à l'annexe 2 du décret du 30 mars 2020 précité dans sa rédaction en vigueur au 30 juin 2021 ; / 2° Elles ont été créées avant le 1er janvier 2019 ; / 3° Au cours de la période mensuelle éligible, elles ont subi une perte de chiffre d'affaires, calculée selon les modalités prévues à l'article 3, d'au moins 50 % ; / 4° Leur excédent brut d'exploitation coûts fixes consolidation au cours de la période mensuelle éligible, tel qu'il résulte du calcul mentionné à l'annexe du présent décret, est négatif.. / II. - Au sens du présent décret : / () / - l'excédent brut d'exploitation coûts fixes consolidation est l'excédent brut d'exploitation tel qu'il est calculé conformément à l'annexe du présent décret ". Aux termes de l'annexe de ce décret : " Au titre du présent décret, l'excédent brut d'exploitation coûts fixes consolidation est calculé selon la formule suivante : / EBE = [Recettes + subventions d'exploitation - achats consommés - consommations en provenance de tiers - charges de personnels - impôts et taxes et versements assimilés - redevances versées + redevances reçues]. / En pratique, cette formule revient à effectuer la somme de l'ensemble des écritures des postes comptable suivants pour la période concernée : / EBE = [compte 70 + compte 74 - compte 60 - compte 61 - compte 62 - compte 63 - compte 64 - compte 651 + compte 751]. / Dans la formule ci-dessus, le compte 70 correspond à l'ensemble des écritures présentes dans le grand livre de l'entreprise ou la balance générale pour la période concernée et imputées sur un compte commençant par 70. / Les subventions d'exploitation (compte 74) comprennent notamment, pour chaque mois éligible, les aides prévues par l'article 3-30 du décret du 30 mars 2020 précité et par le décret du 4 janvier précité. Pour le calcul de l'excédent brut d'exploitation coûts fixes consolidation, ces aides sont imputées sur le mois éligible au titre duquel elles ont été demandées. / Les numéros de compte indiqués correspondent aux classes du plan comptable général, tel qu'il est défini par le règlement n° 2014-03 du 5 juin 2014 relatif au plan comptable général. "
3. Aux termes de l'article 3 du décret du 2 février 2022 instituant une aide dite " coûts fixes consolidation " visant à compenser les charges fixes non couvertes des entreprises dont l'activité est particulièrement affectée par l'épidémie de Covid-19, modifié par le décret du 2 mai 2022 prolongeant, au titre de février 2022, l'aide dite " couts fixes consolidation " instaurée par le décret du 2 février 2022 : " La perte de chiffre d'affaires pour le mois éligible est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires constaté au cours du mois et, d'autre part, le chiffre d'affaires de référence défini comme le chiffre d'affaires réalisé le même mois de l'année 2019. " Enfin, aux termes de l'article 4 de ce décret : " () / I bis. - La demande au titre de la période mensuelle éligible comprise entre le 1er février 2022 et le 28 février 2022 est déposée, par voie dématérialisée, avant le 15 juin 2022. / II. - La demande est accompagnée des justificatifs suivants : / 1° Une déclaration sur l'honneur attestant que l'entreprise remplit les conditions prévues par le présent décret et l'exactitude des informations déclarées ; un modèle de déclaration sur l'honneur est disponible sur le site www.impots.gouv.fr ; / 2° Une attestation d'un expert-comptable, tiers de confiance. L'attestation de l'expert-comptable est délivrée à la suite d'une mission d'assurance de niveau raisonnable réalisée conformément à la norme professionnelle agréée à l'article 5 de l'arrêté du 1er septembre 2016 portant agrément des normes professionnelles relatives au cadre de référence, au glossaire, à la norme professionnelle de maîtrise de la qualité (NPMQ), à la norme professionnelle relative à la mission de présentation de comptes (NP 2300), à la norme professionnelle relative aux missions d'assurance sur des informations autres que des comptes complets historiques-attestations particulières (NP 3100), élaborées par le Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables dans sa rédaction en vigueur à la date de publication du présent décret. La mission d'assurance porte sur les chiffres d'affaires de l'année 2019, 2021 et 2022. L'attestation mentionne pour chaque mois éligible au titre duquel l'aide est demandée : / - l'excédent brut d'exploitation coûts fixes consolidation ; / - le chiffre d'affaires ; / - le chiffre d'affaires de référence mentionné à l'article 3. / L'attestation mentionne également le numéro professionnel de l'expert-comptable. / Cette attestation est conforme au modèle établi par la direction générale des finances publiques et est disponible sur le site www.impots.gouv.fr. () / 3° Le calcul de l'excédent brut d'exploitation coûts fixes consolidation, tel que détaillé à l'annexe du présent décret et établi conformément au formulaire mis à disposition par la direction générale des finances publiques sur le site www.impots.gouv.fr ; / 4° La balance générale pour chaque mois éligible et chaque mois de référence correspondant ; / 5° Les coordonnées bancaires de l'entreprise ".
4. Il est constant que la SARL Domaine de Preissac a été créée avant le 1er janvier 2019, qu'elle exerce une activité entrant dans l'un des secteurs mentionnés à l'annexe 1 du décret du 30 mars 2020 dans sa rédaction en vigueur au 30 juin 2021, et que la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de février 2022 est supérieure à 50 %.
5. Après avoir reçu le 16 juin 2022 des documents complémentaires et pris connaissance le 27 juin 2022 des observations et nouveaux documents produits par la société requérante, l'administration fiscale a rejeté la demande d'aide formée par la SARL Domaine de Preissac le 15 juin 2022 aux motifs du calcul erroné de l'excédent brut d'exploitation pour le mois en cause et de la non-conformité aux exigences du décret du 2 février 2022 de l'attestation de l'expert-comptable.
6. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la balance du mois de février 2022, que la somme de 5 517,51 euros correspondant à une indemnité d'activité partielle perçue par la société et reportée au débit du compte 42870100 " produits à recevoir " n'a pas fait l'objet en contrepartie d'une inscription dans un compte 64 " charges de personnel ". Le compte 64 " charges de personnel " entrant, conformément à la formule déterminée par l'annexe au décret du 2 février 2022, rappelée au point 2, dans le calcul de l'excédent brut d'exploitation, il résulte de cette omission que l'excédent brut d'exploitation du mois de février 2022, objet de la demande d'aide, est nécessairement erroné. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du I bis de l'article 1 du décret du 2 février 2022 modifié par le décret du 2 mai 2022 et de l'erreur d'appréciation relativement au calcul de l'excédent brut d'exploitation doivent être écartés.
7. En deuxième lieu, il ressort des termes de l'attestation de l'expert-comptable produite au dossier par la société requérante que si la société concernée est identifiable par son numéro SIREN, ni le nom de l'expert-comptable ni son numéro professionnel ne sont en revanche mentionnés. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du décret du 2 février 2022 modifié par le décret du 2 mai 2022 doit être écarté.
8. En troisième lieu, si la société requérante soutient que la balance du mois février 2019, mois de référence, est conforme aux exigences posées par le décret du 2 février 2022 modifié par le décret du 2 mai 2022, il ressort des pièces du dossier que ce motif, qui était évoqué dans la réponse de l'administration en date du 16 juin 2022, n'apparaît plus dans la décision attaquée du 28 juin 2022. Par suite, ce moyen, au demeurant non établi, doit être écarté comme inopérant.
9. En quatrième et dernier lieu, si la société requérante soutient que l'administration fiscale a commis une erreur de droit en rejetant sa demande au motif qu'elle aurait été déposée au-delà du délai légal fixé au 15 juin 2022, il ressort des termes de la décision attaquée que la mention de ces dispositions est une simple information donnée à la société pour l'avenir et non un motif justifiant le refus d'attribution de l'aide. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la demande d'aide déposée par la SARL Domaine de Preissac ne répond pas aux exigences des dispositions précitées du décret du 2 février 2022 et ainsi que c'est à bon droit que l'administration a refusé à la société requérante le bénéfice de l'aide sollicitée.
11. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 28 juin 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Domaine de Preissac est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Domaine de Preissac et au directeur général des finances publiques, chargée de la direction des grandes entreprises.
Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 janvier 2025.
La rapporteure,
N. SARRAUTELa présidente,
S. CHERRIER
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026