lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204817 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 août 2022, Mme C D et M. A B demandent au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe sur les logements vacants à laquelle Mme D a été assujettie au titre de l'année 2021.
Ils soutiennent que la taxe sur les logements vacants n'est pas due dès lors que le bien en cause est impropre à l'habitation au titre de l'année en litige ; ils ont dû faire réaliser les travaux nécessaires qui, en raison de malfaçons et imprévus, ne sont pas achevés : l'installation électrique et les sanitaires ne sont pas terminés et lesdits logements ne disposent ni de cuisine et de salle de bains, ni d'eau courante à l'intérieur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Carotenuto,
- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,
- et les observations de Mme D et de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, usufruitière d'un bien immobilier situé 18, rue des Novars à Toulouse, dont son fils M. B est nu-propriétaire, a été assujettie à une cotisation de taxe sur les logements vacants au titre de l'année 2021, d'un montant de 463 euros. A la suite du rejet de sa réclamation par l'administration fiscale le 13 juin 2022, Mme D et Mme B demandent au tribunal de prononcer la décharge de cette imposition.
2. Aux termes de l'article 232 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable : " I. - La taxe annuelle sur les logements vacants est applicable dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de cinquante mille habitants où existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements, entraînant des difficultés sérieuses d'accès au logement sur l'ensemble du parc résidentiel existant, qui se caractérisent notamment par le niveau élevé des loyers, le niveau élevé des prix d'acquisition des logements anciens ou le nombre élevé de demandes de logement par rapport au nombre d'emménagements annuels dans le parc locatif social. (). / II. - La taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année, au 1er janvier de l'année d'imposition (). / III. - La taxe est acquittée par le propriétaire, l'usufruitier, le preneur à bail à construction ou à réhabilitation ou l'emphytéote qui dispose du logement depuis le début de la période de vacance mentionnée au II. / () VI. - La taxe n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable. / () ". Le Conseil constitutionnel, dans ses décisions n° 98-403 DC du 29 juillet 1998 et n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012, n'a admis la conformité à la Constitution des dispositions instituant la taxe sur les logements vacants que sous certaines réserves en précisant que : " () ne sauraient être assujettis des logements qui ne pourraient être rendus habitables qu'au prix de travaux importants et dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur ; () / ne sauraient être assujettis des logements dont la vacance est imputable à une cause étrangère à la volonté du bailleur, faisant obstacle à leur occupation durable, à titre onéreux ou gratuit, dans des conditions normales d'habitation, ou s'opposant à leur occupation, à titre onéreux, dans des conditions normales de rémunération du bailleur ; () ".
3. Il est constant que le bien immobilier en litige est vacant depuis au moins une année à la date du 1er janvier 2021. Les requérants soutiennent que la vacance de ce bien est indépendante de leur volonté dès lors que le logement en cause devait faire l'objet de travaux importants pour être habitable, que les travaux nécessaires, en raison de malfaçons et imprévus, ne sont pas achevés, que l'installation électrique et les sanitaires ne sont pas terminés et qu'ils ne disposent ni de cuisine et de salle de bains, ni d'eau courante à l'intérieur. D'une part, ainsi que le relève l'administration fiscale, la production de justificatifs, dont des devis et factures, établis au titre des années 2013 à 2018 ne permet pas de justifier que le bien en litige était inhabitable au titre de la période de référence, soit l'année précédant le 1er janvier 2021. En outre, le retard allégué par les requérants s'agissant des travaux entrepris, en raison de malfaçons et imprévus, n'est pas établi. D'autre part, il ne ressort pas des différentes factures communiquées établies en 2020, relatives à l'achat et la pose de carrelages et de plinthes pour des montants de 1 346,71 euros, 1 778,36 euros et 1 722,48 euros, à l'achat de receveurs de douche pour un montant de 818,28 euros et de faïences pour un montant de 1 604,45 euros et à des travaux de platrerie pour un montant de 2 085 euros, que les travaux en cours au titre de la période de référence auraient porté sur des éléments de gros œuvre ou sur le remplacement d'équipements ou de systèmes techniques indispensables à l'occupation de ce logement. Ainsi, il ne résulte pas des pièces produites que le logement en litige ne pouvait être rendu habitable qu'au prix de travaux importants. Par suite, Mme D et M. B ne sont pas fondés à soutenir que le logement en cause serait inhabitable au cours de l'année d'imposition, au sens des dispositions précitées de l'article 232 du code général des impôts.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la qualité pour agir de M. B, que les conclusions à fin de décharge de l'imposition en litige doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D et de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à M. A B et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Mérard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
S. CAROTENUTO
La première assesseure,
N. SODDULa greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026