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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2205123

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2205123

vendredi 5 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2205123
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP D'AVOCATS SALESSE ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 août 2022, la communauté d'agglomération Rodez Agglomération demande au juge des référés :

1°) de désigner un expert, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, afin de se prononcer sur les désordres affectant un mur de soutènement, construit dans le cadre de travaux de reconversion du site de la zone d'aménagement concertée (ZAC) de Combarel, sur la commune de Rodez (12000) ;

2°) d'ordonner que ladite expertise soit réalisée contradictoirement avec la société par actions simplifiée NGE génie civil, qui était la mandataire du groupement d'entreprises retenu pour conduire les travaux de reconversion de la ZAC de Combarel.

Elle soutient que plusieurs désordres - mouvements importants, infiltrations - affectent la stabilité et l'esthétique du mur de soutènement situé 2, rue Alibert à Rodez, mettant en péril sa pérennité et pouvant représenter un danger pour la sécurité des piétons.

Par un mémoire en réponse enregistré le 25 avril 2023, la société NGE génie civil, représentée par Me Salesse, conclut :

1°) à ce que le cabinet d'études Marc Merlin, en charge d'une mission de maîtrise d'œuvre lors de la reconversion de la ZAC, et la société Chapsol, qui a fourni des murs préfabriqués dans le cadre des travaux entrepris, soient mis en cause ;

2°) à ce qu'il lui soit donné acte qu'elle ne s'oppose pas à la demande d'expertise, mais formule toutes les réserves et protestations d'usage au sujet de celle-ci ;

3°) à ce que la mission confiée à l'expert inclut la détermination de l'origine et des causes du désordre et précise si ces désordres compromettent la solidité de l'ouvrage et le rendent impropre à sa destination.

Par un mémoire en réponse enregistré le 22 mai 2023, le cabinet d'études Marc Merlin, représenté par Me Thévenot, indique ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée, exprimant toutes les réserves d'usage quant à sa responsabilité.

La société Chapsol, à qui la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en réponse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision en date du 2 janvier 2024 par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Cherrier, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

2. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. Le litige potentiel ne doit, par ailleurs, pas être manifestement insusceptible de se rattacher à la compétence du juge administratif.

3. Le 13 mars 2017, la communauté d'agglomération Rodez Agglomération a retenu la société NGE génie civil comme mandataire du groupement d'entreprises en charge de la conduite des travaux de reconversion du site de Combarel, sur la commune de Rodez. Le 22 octobre 2019, la réception des travaux a été effectuée avec réserves. Le 14 septembre 2020, la société NGE a refusé d'engager sa garantie décennale au titre des travaux de reprise d'un mur de soutènement au 2, rue Alibert à Rodez. En dépit de relevés réalisés par un géomètre entre décembre 2019 et février 2022, Rodez Agglomération indique n'avoir aucune certitude quant à la pérennité du mur de soutènement, notamment à la suite de fortes infiltrations constatées le 4 avril 2022 dans le transformateur intégré au mur, qui ont causé des dégradations supplémentaires. Le site, dont l'accès est en partie encore condamné, ne présente pas toutes les garanties de sécurité, selon la requérante, qui envisage de porter le litige devant la juridiction administrative, manifestement compétente, et qui fait valoir, sans être contredite, ne pas disposer à ce jour d'éléments d'expertise, a fortiori contradictoires, concernant le mur de soutènement. La demande d'expertise formulée apparaît, dans ces conditions, utile. Il y a donc lieu de faire droit à celle-ci et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

ORDONNE :

Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre, d'une part, la communauté d'agglomération Rodez Agglomération et, d'autre part, les sociétés NGE génie civil, cabinet d'études Marc Merlin et Chapsol, portant sur les désordres affectant un mur de soutènement construit dans le cadre des travaux de reconversion du site de la ZAC de Combarel, sur le territoire de la commune de Rodez.

Article 2 : L'expert aura pour mission de :

- convoquer les parties ;

- entendre celles-ci et se faire communiquer tout document ou pièce qu'il estimera utile à l'accomplissement de sa mission ;

- répondre à toute question écrite ou orale des parties ;

- se rendre sur les lieux et visiter les immeubles et ouvrages touchés par les désordres ainsi que leurs alentours ;

- constater l'état intérieur et extérieur de l'immeuble ;

- décrire les désordres dont il serait affecté ;

- rechercher l'origine et les causes de ces désordres et fournir toute indication permettant d'en apprécier l'imputabilité ; l'expert se prononcera notamment sur l'imputabilité de ces désordres à des erreurs de conception, d'exécution des travaux ou d'entretien, ou à toute autre cause, en précisant si nécessaire leur part respective en cas de pluralité de causes ; il précisera si les désordres éventuellement observés sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination ;

- déterminer la nature et le coût des travaux nécessaires pour y remédier et éviter de nouveaux incidents ;

- d'une façon générale, recueillir tout élément pertinent et faire toute autre constatation utile de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis ;

- dresser un rapport.

Article 3 : M. B A, domicilié 3, boulevard Paul-Ramadier à Rodez (12000), est désigné pour procéder à l'expertise.

Article 4: Préalablement à toute opération, l'expert procédera aux déclarations prévues à l'article R. 621-3. Si l'expert n'a pas prêté serment lors de son inscription initiale sur le tableau établi par la cour administrative d'appel du ressort ou lors de son inscription sur l'une des listes prévues par la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, il prêtera par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1.

Article 5 : L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport uniquement s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 7 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance de la présidente du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté d'agglomération Rodez Agglomération, aux sociétés NGE génie civil, cabinet d'études Marc Merlin et Chapsol ainsi qu'à M. A, expert.

Fait à Toulouse, le 5 avril 2024.

La vice-présidente, juge des référés,

Sylvie CHERRIER

La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :

La greffière,

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