mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205281 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | VAZEIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 septembre 2022 et deux mémoires enregistrés les 22 mars 2023 et 19 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Vazeix, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1) d'annuler la décision du 5 août 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a rejeté son recours administratif préalable tendant à l'annulation d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 1 672,50 euros pour la période du 1er septembre 2021 au 31 janvier 2022 et confirmé son bien-fondé ;
2) d'annuler la décision du 12 août 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Haute-Garonne a confirmé un indu de prime exceptionnelle de fin d'année perçue au titre de l'année 2021 d'un montant de 152,45 euros ;
3) d'annuler la décision du 4 octobre 2022, par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Haute-Garonne a rejeté son recours administratif préalable, après avis de la commission de recours amiable, tendant à la contestation d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 1 160,02 euros pour la période du 1er janvier au 30 juin 2022 dont le solde s'établit à 586,01 euros ;
4) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Haute-Garonne et à la CAF de la Haute-Garonne de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision du tribunal, sous astreinte d'un montant de 50 euros par jour de retard ;
5) de mettre à la charge du département de la Haute-Garonne et de la CAF de la Haute-Garonne, chacun en ce qui les concerne, la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'indu de RSA n'est pas fondé ; il ne dépassait pas le plafond d'octroi du RSA dès lors qu'il devait bénéficier des taux d'abattement forfaitaires prévus aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts ; compte tenu de son chiffre d'affaires et de l'abattement, il ne dépassait pas les plafonds permettant la perception du RSA fixé à compter du mois d'avril 2021 à 565,34 euros ; il a déclaré 998 euros de chiffre d'affaires au 3e trimestre 2021, 3000 euros au 4e trimestre 2021 et 0 euros au 1er trimestre 2022 ;
- la CAF a précisé dans ses écritures qu'il a bénéficié d'une mesure de neutralisation dont le département de la Haute-Garonne ne tient pas compte ;
- les indus de prime exceptionnelle de fin d'année et d'APL ne sont pas fondés dès lors qu'il avait le droit au RSA sur la période de septembre 2021 à janvier 2022 ; en effet, il n'a perçu l'aide au retour à l'emploi que jusqu'au 3 octobre 2021 ; en application de l'article R. 822-17 du code de la construction et de l'habitation, il a droit à la mesure de neutralisation de ses revenus d'activité professionnelle et de ses indemnités chômage dès lors qu'il perçoit le RSA.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 28 octobre 2022 et 12 juin 2023, le département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête en ce qui concerne l'indu de RSA.
Il fait valoir que :
- il n'est pas compétent pour défendre en matière de prime exceptionnelle de fin d'année et d'APL ;
- l'indu de RSA est fondé ; M. B a omis de déclarer à la CAF son statut de travailleur non salarié en tant qu'artisan soumis au régime de micro-entrepreneur depuis février 2020 ainsi que les revenus issus de cette activité ; le requérant a déclaré à l'URSSAF un chiffre d'affaires de 5 398 euros en 2021 au titre de son activité non salariée ; le défaut de prise en compte de ce chiffre d'affaires est à l'origine de l'indu de RSA ; les ressources régularisées de M. B, après abattement, sont supérieures au plafond d'octroi du RSA ;
- l'allocation de retour à l'emploi perçue par M. B à partir de septembre 2021 a été neutralisée à tort dès lors qu'il continuait à percevoir des revenus d'activité qui n'étaient donc pas interrompus de manière certaine ;
- la bonne foi du requérant ne peut être retenue dès lors qu'il a été l'auteur de fausses déclarations, ce qui s'oppose à toute remise de dette et que c'est un signalement de Pôle emploi qui a permis de rétablir les droits réels de M. B ; la déclaration de son activité à l'URSSAF ne le dispensait pas de déclarer ses revenus à la CAF ;
- la condamnation à une astreinte serait injustifiée de même qu'une condamnation aux frais demandés au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par trois mémoires en défense enregistrés les 27 décembre 2022, 24 mai 2023 et 21 novembre 2023, et des pièces enregistrées le 7 décembre 2023, la CAF de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête en ce qui concerne les indus de prime exceptionnelle de fin d'année et d'APL et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que :
- elle n'est pas compétente pour défendre en matière de RSA ;
- l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année a été annulé suite à un réexamen de la situation de M. B et à une mesure de neutralisation sur le fondement de l'article R. 822-17 du code de la construction et de l'habitation, pour les mois de novembre 2021 à janvier 2022, qui a entraîné également une diminution des indus de RSA et d'APL dont le solde s'établit désormais respectivement à 440,10 euros et 192,66 euros ;
- l'indu d'APL est fondé ; M. B a débuté une activité indépendante au cours de l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture du droit ; le taux de 50 % d'abattement pour les artisans a été initialement retenu à tort ; les revenus sont automatiquement pris en compte par la base ressource mensuelle (BRM) ;
- pour les mois de septembre et octobre 2021, ont été retenus pour chaque mois 1 410 euros d'ARE et 90 euros de revenus professionnels après abattement de 71 % ; pour les mois de novembre 2021 à janvier 2022, ont été retenus pour chaque mois 1 340 euros d'ARE et 160 euros de revenus professionnels après abattement de 71 %.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 5 juillet 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Toulouse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des impôts ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2021-530 du 29 avril 2021 portant revalorisation du montant forfaitaire du revenu de solidarité active ;
- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus le rapport de M. D et les observations de Mme C pour le département de la Haute-Garonne, qui persiste dans ses écritures, puis la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B était connu des services de la CAF comme n'ayant pas de revenus professionnels. Ainsi, il était bénéficiaire du RSA, de l'APL et de l'aide exceptionnelle de fin d'année. A la suite d'un échange au mois d'avril 2022 avec les services de Pôle emploi, il a été établi que le requérant n'avait pas déclaré aux services de la CAF l'activité de micro-entrepreneur qu'il exerçait à compter de février 2020 ainsi que les revenus issus de cette activité de vente de voiture. La CAF de la Haute-Garonne a alors procédé au réexamen des droits du requérant et lui a notifié, par un courrier du 7 juin 2022, un indu de RSA d'un montant de 1 672,50 euros pour la période de septembre 2021 à janvier 2022, un indu d'APL d'un montant de 1 160, 02 euros pour la période de janvier à juin 2022 et un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 152,45 euros perçue au titre de l'année 2021. Par un courrier du 20 juin 2022, M. B a contesté le bien-fondé de ces trois indus. Par une décision du 5 août 2022, le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a rejeté le recours préalable du requérant et maintenu à sa charge l'indu de RSA. Par une décision du 12 août 2022, la CAF de la Haute-Garonne a confirmé le bien-fondé de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année mis à la charge du requérant et, par une décision du 4 octobre 2022, prise après avis de la commission de recours amiable, la CAF de la Haute-Garonne a rejeté le recours préalable formé par M. B et maintenu à sa charge l'indu d'APL. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 5 août 2022 du président du conseil départemental de la Haute-Garonne ainsi que les décisions de la CAF de la Haute-Garonne du 12 août 2022 et du 4 octobre 2022.
Sur l'étendue du litige :
2. Dans son dernier mémoire, la CAF indique avoir réexaminé la situation de M. B et annulé l'indu d'aide d'exceptionnelle de fin d'année, dès lors que des droits au RSA à hauteur de 497,50 euros pour octobre 2021 et 433,50 euros pour les mois de novembre 2021 à janvier 2022 ont été rétablis. Il n'y a, par suite, plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B relatives à l'aide exceptionnelle de fin d'année.
3. Par ailleurs, la CAF indique dans son dernier mémoire que le réexamen de la situation de M. B a eu pour effet une diminution des indus de RSA et d'APL dont le solde s'établit respectivement à 440,10 euros et 192,66 euros. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B relatives à ces deux indus qu'à hauteur de 440,10 euros en ce qui concerne le RSA et de 192,66 euros en ce qui concerne l'APL.
Sur le bien-fondé de l'indu de RSA :
4. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. Il est complété, le cas échéant, par l'aide personnalisée de retour à l'emploi mentionnée à l'article L. 5133-8 du code du travail. " Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes de l'article R. 262-9 du même code : " Les avantages en nature procurés par un logement occupé soit par son propriétaire ne bénéficiant pas d'aide personnelle au logement, soit, à titre gratuit, par les membres du foyer, sont évalués mensuellement et de manière forfaitaire : 1° A 12 % du montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 applicable à un foyer composé d'une seule personne () ". Aux termes de l'article R. 262-10 du même code : " Les aides personnelles au logement prévues à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation sont incluses dans les ressources dans la limite d'un forfait calculé selon les modalités fixées aux 1°, 2° et 3° de l'article R. 262-9. () ". Aux termes de l'article R. 262-12 du même code : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 5° de l'article L. 262-3 : 1° L'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée () ". Aux termes de l'article R. 262-13 du même code : " Il n'est tenu compte ni des ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou en tenant lieu mentionnées à l'article R. 262-12, ni des allocations aux travailleurs privés d'emploi mentionnées par les articles L. 5422-1, L. 5423-1 et L. 5424-25 du code du travail, lorsqu'il est justifié que la perception de ces revenus est interrompue de manière certaine et que l'intéressé ne peut prétendre à un revenu de substitution. () ". Aux termes de l'article R. 262-19 du même code : " Les bénéfices industriels et commerciaux et les bénéfices non commerciaux s'entendent des résultats ou bénéfices déterminés en fonction des régimes d'imposition applicables au titre de la pénultième année, ou ceux de la dernière année s'ils sont connus, pourvu qu'ils correspondent à une année complète d'activité. S'y ajoutent les amortissements et les plus-values professionnels. / Par dérogation à l'alinéa précédent, pour les travailleurs indépendants mentionnés à l'article L. 613-7 du code de la sécurité sociale et pour les travailleurs indépendants mentionnés à l'article L. 382-1 du même code bénéficiant du régime prévu à l'article 102 ter du code général des impôts, le calcul prévu à l'article R. 262-7 du présent code prend en compte le chiffre d'affaires réalisé au cours des trois mois précédant la demande d'allocation ou la révision en lui appliquant, selon les activités exercées, les taux d'abattement forfaitaires prévus aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts. / Le calcul prévu à l'alinéa précédent est également applicable aux travailleurs indépendants qui en font la demande, dès lors que le chiffre d'affaires des douze derniers mois n'excède pas, selon la nature de l'activité exercée, les montants fixés aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts, et sous réserve d'un accord du président du conseil départemental. / Cette demande peut être faite à tout moment et est valable pour les trimestres de l'année civile en cours dont le chiffre d'affaires trimestriel déclaré n'excède pas, selon la nature de l'activité exercée, le quart des montants fixés aux mêmes articles. Elle est tacitement reconduite sauf demande contraire du bénéficiaire. / Si le travailleur indépendant demande également le bénéfice de la prime d'activité, mentionnée à l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale, cette demande porte sur le même mode de calcul pour la détermination et le calcul du droit à la prime d'activité. Aux termes de l'article R. 262-20 du même code : " Pour les personnes mentionnées à l'article 62 du code général des impôts, les revenus perçus s'entendent des rémunérations avant déduction pour frais professionnels. " Aux termes de l'article R. 262-23 du même code : " Selon les modalités prévues aux articles R. 262-18 à R. 262-22, le président du conseil départemental arrête l'évaluation des revenus professionnels non salariés nécessaires au calcul du revenu de solidarité active. A cet effet, il tient compte, soit à son initiative, soit à la demande de l'intéressé, des éléments de toute nature relatifs aux revenus professionnels de l'intéressé. " Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. " Aux termes de l'article 1er du décret du 29 avril 2021, le montant forfaitaire du RSA est porté à 565,34 euros.
5. Aux termes de l'article 50-0 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " 1. Sont soumises au régime défini au présent article pour l'imposition de leurs bénéfices les entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'exploitation au cours de l'année de référence, n'excède pas, l'année civile précédente ou la pénultième année : 1° 176 200 € s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fournir le logement, à l'exclusion de la location directe ou indirecte de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés, autres que ceux mentionnés aux 2° et 3° du III de l'article 1407 ; 2° 72 600 € s'il s'agit d'autres entreprises. / () Le résultat imposable, avant prise en compte des plus ou moins-values provenant de la cession des biens affectés à l'exploitation, est égal au montant du chiffre d'affaires hors taxes diminué d'un abattement de 71 % pour le chiffre d'affaires provenant d'activités de la catégorie mentionnée au 1° et d'un abattement de 50 % pour le chiffre d'affaires provenant d'activités de la catégorie mentionnée au 2°. Ces abattements ne peuvent être inférieurs à 305 €. () ".
6. Il résulte de l'instruction et notamment des déclarations URSSAF de M. B que ce dernier a déclaré pour 2021 un chiffre d'affaires annuel de 5 398 euros dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux vente dont pour le premier trimestre 500 euros, pour le deuxième 900 euros, pour le troisième 998 euros et pour le dernier trimestre 2021 3 000 euros. M. B a par ailleurs déclaré 1 394 euros de salaires pour mai 2021, 1 444 euros pour juin 2021, 1 394 euros pour juillet 2021 et 0 euro pour septembre et octobre, alors qu'il s'agissait en fait d'allocation de retour à l'emploi (ARE) dont la perception a été décalée, M. B ayant en fait perçu au titre du chômage 1 394,70 euros en mai (pour le mois d'avril), 1 441,19 euros en juin (pour le mois de mai), 1 394,70 euros en juillet (pour le mois de juin), 1 449,56 euros en août (pour le mois de juillet), 1 449,56 euros en septembre (pour le mois d'août) et 1 122,24 euros en octobre (pour le mois de septembre). Il a également déclaré 300 euros en novembre 2021 et 0 euro en décembre 2021 et janvier 2022. M. B a fait valoir dans son recours administratif, en contradiction avec ses déclarations URSSAF des années 2020 et 2021, que son chiffre d'affaires était nul de février 2020 à décembre 2021 en raison de la crise sanitaire. Il soutient qu'il avait droit au RSA dès lors que la CAF a commis une erreur dans la détermination de ses ressources. Il résulte toutefois de l'instruction que, après révision de son dossier par la CAF, les droits de M. B au RSA ont été fixés, après prise en compte de ses ressources réelles, à 497,50 euros pour les mois de septembre et octobre 2021, et 433,50 euros pour les mois de novembre 2021 à janvier 2022, 0 euro pour les mois de février à avril 2022 et 502,30 euros pour les mois de mai et juin 2022. Pour la détermination des droits du trimestre d'août 2021 à octobre 2021, ses ressources, déterminées par application de l'article R. 262-19 du code de l'action sociale et des familles sur le trimestre précédent, s'établissent à (900 € * 2/3 + 998 € * 1/3) * 0,29) soit 270 euros pour trois mois (90 euros par mois) auxquels s'ajoutent les sommes perçues de Pôle emploi, soit 1 394 euros de salaires en mai 2021, 1 441 euros en juin 2021, 1 394 euros en juillet 2021, c'est-à-dire une moyenne de 1 410 euros. Ces ressources sont celles qui ont été retenues par la CAF dans le dernier état de ses écritures. Pour le trimestre de droit de novembre 2021 à janvier 2022, les ressources du trimestre qui précède (août à octobre 2021) s'établissent en moyenne mensuelle pour les sommes perçues de Pôle emploi à une moyenne mensuelle de 1 340 euros. Son chiffre d'affaires, après abattement, s'établit à 160 euros par mois (998 € * 2/3 + 3000 € * 1/3) * 0,29 = 482 euros pour le trimestre). Ces ressources sont également celles retenues par la CAF dans le dernier état de ses écritures qui précise que, compte tenu de la fin des droits Pôle emploi de M. B dont le dernier versement par Pôle emploi date du 1er octobre 2021, une mesure de neutralisation a été effectuée sur le fondement de l'article R. 262-13 à compter du mois d'octobre, permettant le rétablissement des droits au RSA de l'intéressé sur la période de novembre 2021 à janvier 2022. M. B n'est donc pas fondé à contester l'indu de RSA laissé à sa charge d'un montant de 440,10 euros.
Sur les conclusions relatives à l'indu d'aide personnalisée au logement pour la période du 1er janvier 2022 au 30 juin 2022 :
7. Aux termes de l'article R. 822-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. () ". Aux termes de l'article R. 822-3 du même code : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes : 1° Pour les ressources mentionnées à l'article R. 822-4 prises en compte par la déclaration sociale nominative définie à l'article L. 133-5-3 du code de la sécurité sociale et les revenus d'activité perçus hors de France ou versés par une organisation internationale, sur une période de référence courant du treizième au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement ; 2° Pour les pensions alimentaires versées ou perçues, les frais de tutelle, les frais professionnels exposés, lorsque ceux-ci excèdent la déduction forfaitaire mentionnée au 3° de l'article 83 du code général des impôts , et pour l'assujettissement à l'impôt sur la fortune immobilière mentionné à l'article 964 du même code, sur une période de référence correspondant à l'année civile qui précède la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement. / A défaut de déclaration par le bénéficiaire des ressources mentionnées au 2°, sont pris en compte à titre provisoire lors du réexamen de ses droits : () c) Pour la déduction des frais professionnels, la déduction forfaitaire mentionnée au 3° de l'article 83 du code général des impôts. / Ces montants provisoires donnent lieu, le cas échéant, à régularisation, au vu des données de l'année civile antérieure à la période de référence transmises par l'administration fiscale ; 3° Pour les autres revenus imposables, sous réserve pour les travailleurs indépendants des dispositions de l'article R. 822-5, sur une période de référence correspondant à l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement. " Aux termes de l'article R. 822-5 du même code : " Les revenus professionnels des travailleurs indépendants sont ceux pris en compte dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux de l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit. / Pour les travailleurs ayant débuté une activité indépendante postérieurement ou au cours de l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit, les revenus professionnels sont calculés par l'organisme chargé du calcul des aides personnelles au logement en appliquant au montant du chiffre d'affaires ou du total des recettes déclarés par le demandeur ou l'allocataire pendant la période de référence visée au 1° de l'article R. 822-3 précédant l'examen ou la révision du droit, un abattement dont le taux correspond à celui qui est mentionné aux articles 50-0,64 bis et 102 ter du code général des impôts pour chaque catégorie d'activité mentionnée à ces articles. " Aux termes de l'article R. 822-17 du même code alors applicable : " Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint perçoit le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, il n'est tenu compte ni des revenus d'activité professionnelle, ni des indemnités de chômage dont bénéficie l'intéressé, à compter du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel ces conditions sont réunies et jusqu'au dernier jour du mois civil au cours duquel ces conditions cessent d'être réunies. "
8. Il résulte de l'instruction et notamment des écritures de la CAF que l'activité de M. B en tant que travailleur non salarié a débuté l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture des droits, soit en février 2020. La CAF précise avoir pris en compte les revenus issus de cette activité en tenant compte de l'abattement de 71 % pour les artisans ce qu'elle justifie par la production des ressources sur chacune des périodes de référence. Pour critiquer l'indu mis à sa charge, M. B se borne à indiquer que, dès lors qu'il aurait dû percevoir le RSA, il avait droit aux APL. Ce faisant, il ne critique pas utilement le détail des calculs produits par la CAF ni les ressources qu'elle a pris en compte, conformément aux dispositions de l'article R. 822-3 et R. 822-5 du code de la construction et de l'habitation. Par suite, M. B n'est pas fondé à contester l'indu d'aide personnalisée au logement mis à sa charge pour la période du 1er janvier 2022 au 30 juin 2022, ramené après révision de son dossier à la somme de 192,66 euros.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions principales de M. B doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant au bénéfice de frais de procès.
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. B la somme que demande la CAF de la Haute-Garonne sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B en tant qu'elles concernent un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2021 d'un montant de 152,45 euros, en tant qu'elles concernent un indu de RSA qu'à hauteur de 440,10 euros et en tant qu'elles concernent un indu d'APL qu'à hauteur de 192,66 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne tendant au bénéfice de frais de procès sont rejetées.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. A B, à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne et au département de la Haute-Garonne.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.
Le magistrat désigné
Alain D La greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026