LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2205383

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2205383

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2205383
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et trois mémoires, enregistrés le 12 septembre sous le n° 2205383 et le 7 décembre 2022, le 13 et le 22 mai 2024, l'EARL " Les Cauquillous ", représentée par Me Cobourg-Gozé, demande au tribunal :

1°) de condamner l'association syndicale autorisée (ASA) d'irrigation et de drainage de Saint Lieux Les Lavaur - Saint Jean de Rives à lui verser une somme totale de 52 617,62 euros en réparation des préjudices que lui a causé l'absence d'irrigation de ses parcelles de maïs entre le 10 et le 27 juillet 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'ASA d'irrigation et de drainage de Saint Lieux Les Lavaur - Saint Jean de Rives une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'ASA, personne morale de droit public soumise au décret n°2006-504 du 3 mai 2006 portant application de l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires, doit assurer l'entretien des ouvrages, qualifiés de publics, qu'elle réalise ; elle a la qualité d'usagère de l'ouvrage public ; le dysfonctionnement de cet ouvrage et l'impact du manque d'irrigation a été constaté par huissier ; le rapport d'expertise contradictoire établit que c'est l'absence d'eau dans une période critique de production de semences de maïs qui a engendré un stress et des problèmes de fécondation des épis, conduisant à une perte de récolte ; l'absence d'irrigation des parcelles de la requérante a pour origine le dysfonctionnement de la pompe appartenant à l'établissement public ; la faute de l'ASA est donc à l'origine de ses dommages ;

- son préjudice matériel d'un montant de 52 617,62 euros est constitué par la perte d'une partie de sa récolte au cours de l'année 2021 et se décompose comme suit :

* 27,6 quintaux à l'hectare au lieu de 33,1 quintaux à l'hectare pour la variété " farmirage ", soit une perte de 16 821, 05 euros ;

* 23,3 quintaux à l'hectare au lieu de 35 quintaux à l'hectare pour la variété " kefrancos ", soit une perte de 15 191,82 euros ;

* 12,1 quintaux à l'hectare au lieu de 30 quintaux à l'hectare pour la variété " Sy enermax stérile ", soit une perte de 20 604,75 euros.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 21 février 2023 et le 17 juin 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, l'ASA d'irrigation et de drainage de Saint Lieux Les Lavaur - Saint Jean de Rives, représentée par Me Berguet conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'EARL " Les Cauquillous " sur le fondement des dispositions de l'article 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par l'EARL " Les Cauquillous " ne sont pas fondés.

II. Par une requête et trois mémoires, enregistrés le 12 septembre sous le n° 2205384 et le 7 décembre 2022, le 13 et le 22 mai 2024, l'EARL " de la Tuque ", représentée par Me Cobourg-Gozé, demande au tribunal :

1°) de condamner l'association syndicale autorisée (ASA) d'irrigation et de drainage de Saint Lieux Les Lavaur - Saint Jean de Rives à lui verser une somme totale de 16 625,40 euros en réparation des préjudices que lui a causé l'absence d'irrigation de ses parcelles de maïs entre le 10 et le 27 juillet 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'ASA d'irrigation et de drainage de Saint Lieux Les Lavaur - Saint Jean de Rives une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'ASA, personne morale de droit public soumise au décret n°2006-504 du 3 mai 2006 portant application de l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires, doit assurer l'entretien des ouvrages, qualifiés de publics, qu'elle réalise ; elle a la qualité d'usagère de l'ouvrage public ; le dysfonctionnement de cet ouvrage et l'impact du manque d'irrigation a été constaté par huissier ; le rapport d'expertise contradictoire établit que c'est l'absence d'eau dans une période critique de production de semences de maïs qui a engendré un stress et des problèmes de fécondation des épis, conduisant à une perte de récolte ; l'absence d'irrigation des parcelles de la requérante a pour origine le dysfonctionnement de la pompe appartenant à l'établissement public ; la faute de l'ASA est donc à l'origine de ses dommages ;

- son préjudice matériel d'un montant de 16 625,40 euros est constitué par la perte d'une partie de sa récolte au cours de l'année 2021 et se décompose comme suit :

* 30,9 quintaux à l'hectare au lieu de 33,1 quintaux à l'hectare pour la variété " farmirage ", soit une perte de 1 974,38 euros ;

* 19,3 quintaux à l'hectare au lieu de 33 quintaux à l'hectare pour la variété " sy fortago ", soit une perte de 14 651,02 euros.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 21 février 2023 et le 17 juin 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, l'ASA d'irrigation et de drainage de Saint Lieux Les Lavaur - Saint Jean de Rives, représentée par Me Berguet conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'EARL " de la Tuque " au titre des dispositions de l'article 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par l'EARL " de la Tuque " ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Péan,

- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,

- et les observations de Me Cobourg-Goze, représentant l'EARL " les Cauquillous " et l'EARL " de la Tuque ".

Considérant ce qui suit :

1. M. A possède deux exploitations agricoles, l'EARL " les Cauquillous " et l'EARL " de la Tuque ", situées sur la commune de Saint Lieux Lès Lavaur. L'assolement des cultures d'été comprend 82 ha de maïs, 29 ha de tournesol semences, 6 ha de soja semences et 2 ha de soja consommation. La fourniture en eau des parcelles de ces sociétés est assurée par l'association syndicale autorisée (ASA) de Saint Lieux Lès Lavaur - Saint Jean de Rives. Par un courrier du 8 juin 2022, les EARL requérantes ont adressé une réclamation préalable à l'ASA de Saint Lieux Lès Lavaur - Saint Jean de Rives en vue d'obtenir l'indemnisation des préjudices résultant selon elles d'un démarrage tardif de la station de pompage et de dysfonctionnements sur le réseau d'irrigation. L'ASA ayant rejeté leurs demandes indemnitaires préalables par un courrier du 17 août 2022, l'EARL " les Cauquillous " et l'EARL " de la Tuque " demandent au tribunal de la condamner, dans le dernier état de leurs écritures, à leur verser, pour la première, la somme de 52 617,62 euros et, pour la seconde, la somme de 16 625,40 euros en réparation des préjudices que leur a causé l'absence d'irrigation des parcelles de maïs entre le 10 et le 27 juillet 2021.

Sur la jonction :

2. Les requêtes nos 2205383 et 2205384 de l'EARL " les Cauquillous " et de l'EARL " de la Tuque " présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.

Sur les conclusions indemnitaires :

3. Les membres d'une association syndicale autorisée peuvent mettre en cause la responsabilité de celle-ci, à raison de fautes commises dans l'exécution de sa mission ayant un lien de causalité direct et certain avec le préjudice allégué.

4. Il résulte de l'instruction que les EARL requérantes sont membres de l'ASA de Saint Lieux Lès Lavaur - Saint Jean de Rives et que la fourniture en eau des parcelles qu'elles exploitent incombe à cette association. Dans ces conditions, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, elles ne peuvent rechercher la responsabilité de l'ASA en raison du fonctionnement de la station de pompage et du réseau d'alimentation en eau qu'en établissant l'existence de fautes commises par cette association dans l'exécution de la mission lui incombant.

5. Au cas présent, les requérantes imputent les dommages causés à leurs épis de maïs à une mise en fonctionnement tardive de la station de pompage ainsi qu'à des dysfonctionnements du réseau d'irrigation. Elles se prévalent à cet égard d'un constat d'huissier réalisé le 19 juillet 2021, qui mentionne que des pieds de maïs sont flétris, que de nombreuses feuilles de maïs forment des volutes, que la terre au sol est particulièrement sèche et que seul " un petit filet d'eau s'écoule " d'un enrouleur présent sur l'une des parcelles dont " le manomètre indique une pression de 0 ". Toutefois, il résulte de l'instruction et en particulier du cahier de suivi interne de l'activité de l'ASA, que la mise en route de la station de pompage a été effectuée le 23 avril 2021. Et si plusieurs incidents ont conduit à des interruptions ponctuelles de l'approvisionnement en eau des parcelles, il ne résulte d'aucune pièce, et notamment pas du procès-verbal de l'huissier produit par les requérantes, qui ne concerne que la journée du 19 juillet 2021, que le réseau aurait été interrompu sur toute la période incriminée. Par ailleurs, si les EARL requérantes se prévalent de plusieurs pannes, de fuites et d'un dysfonctionnement de la pompe, elles n'apportent aucun élément permettant d'établir ni leur réalité, ni leur consistance exacte, ni leurs conséquences précises. Les conclusions du rapport d'expertise réalisé par l'assureur des requérantes, au demeurant très peu circonstancié et qui mentionne que " l'absence d'irrigation à la période entourant la floraison pourrait en partie être à l'origine de ces désordres ", ne permet pas davantage d'établir que le déficit de fécondation des maïs des parcelles de ces entreprises trouverait son origine dans une faute commise par l'ASA dans l'exécution de sa mission. Dans ces conditions, la responsabilité de l'ASA de Saint Lieux Lès Lavaur - Saint Jean de Rives ne peut être tenue pour établie.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par l'EARL " les Cauquillous " et l'EARL " de la Tuque " ne peuvent être que rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ASA de Saint Lieux Lès Lavaur - Saint Jean de Rives, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, la somme que demandent les sociétés requérantes au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des EARL requérantes la somme demandée par l'ASA de Saint Lieux Lès Lavaur - Saint Jean de Rives sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2205383 et n° 2205354 sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions de l'ASA de Saint Lieux Lès Lavaur - Saint Jean de Rives tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'EARL " les Cauquillous ", à l'EARL " de la Tuque " et à l'association syndicale autorisée de Saint Lieux Lès Lavaur - Saint Jean de Rives.

Délibéré après l'audience du 20 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Viseur-Ferré, présidente,

Mme Préaud, conseillère,

Mme Péan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

La rapporteure,

C. PÉAN

La présidente,

C. VISEUR-FERRÉ

La greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet du Tarn, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

2, 2205384

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions