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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2205407

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2205407

mardi 11 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2205407
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP CAMILLE ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 13 septembre 2022 sous le numéro 2205407, la société civile immobilière (SCI) Capitole Patrimoine, représentée par Me Gasquet, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droit et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos les 31 décembre 2016, 2017 et 2018, pour un montant global demeurant en litige de 445 021euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 code de justice administrative.

Elle soutient que :

- c'est à tort que l'administration fiscale a considéré que la somme de 786 500 euros versée par la SARL Cabinet l'Immeuble constituait un produit taxable, dès lors que ces fonds proviennent de prêts qui lui ont été consentis par des investisseurs privés ;

- c'est à tort que l'administration fiscale a intégré dans les bases imposables à l'impôt sur les sociétés les loyers au titre de la location d'une partie de son bien à la SARL La Fabric ;

- les majorations de 40 % prononcées sur le fondement du b du 1 de l'article 1728 du code général des impôts ne sont pas fondées ;

- les amendes de 5 000 euros prononcées au titre des trois exercices contrôlés sur le fondement de l'article 1729 D du code général des impôts ne sont pas fondées, dès lors qu'elle n'a eu aucune intention de dissimulation et qu'en tout état de cause, il ne résulte pour l'administration fiscale aucun préjudice du fait de sa carence.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 février 2023, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la SCI Capitole Patrimoine ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

II. Par une requête enregistrée le 5 juin 2023 sous le numéro 2303212, la société civile immobilière (SCI) Capitole Patrimoine, représentée par Me Gasquet, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des pénalités de 100 % prononcées à son encontre sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts au titre des exercices clos les 31 décembre 2017 et 2018, pour un montant global demeurant en litige de 58 360 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 code de justice administrative.

Elle soutient que les pénalités ne sont pas fondées, dès lors qu'il n'existe aucune distribution.

Par un mémoire en défense enregistré 7 septembre 2023, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la SCI Capitole Patrimoine ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sarraute,

- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI Capitole Patrimoine a pour objet l'acquisition, la construction et l'exploitation de tout immeuble à usage d'habitation, industriel ou commercial. Elle a fait l'objet, du 19 septembre au 18 décembre 2019, d'une procédure de vérification générale de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018. Par une proposition de rectification du 20 décembre 2019, l'administration fiscale lui a notifié son intention de la soumettre à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, des majorations pour non dépôt de déclaration ainsi qu'à une amende de 5 000 euros pour défaut de présentation de la comptabilité sous forme dématérialisée, au titre des exercices clos les 31 décembre 2016, 2017 et 2018. Par un avis du 16 mars 2020, l'administration fiscale a mis en recouvrement les sommes résultant de ces rehaussements, représentant un total de 445 020 euros. La société n'ayant pas, dans les trente jours suivant la proposition de rectification, désigné, comme cela le lui avait été demandé en application des dispositions de l'article 117 du code général des impôts, les bénéficiaires des distributions constatées au titre des exercices clos les 31 décembre 2017 et 2018, l'administration fiscale, dans sa réponse aux observations du contribuable du 2 mars 2020, l'a informée de son intention de lui appliquer pour chacune de ces années la pénalité de 100 % prévue à l'article 1759 du code général des impôts. Par un avis du 15 octobre 2020, l'administration fiscale a mis en recouvrement les sommes correspondantes à ces pénalités, pour un montant global de 58 360 euros. Par deux décisions des 18 juillet 2022 et 6 avril 2023, l'administration fiscale a rejeté les réclamations préalables présentées par la société requérante respectivement les 10 juillet 2020 et 14 septembre 2020. Par les présentes requêtes, la SCI Capitole Patrimoine demande la décharge des sommes mises à sa charge par les avis de mise en recouvrement des 16 mars et 15 octobre 2020.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2205407 et 2303212 concernent la même société, la même procédure de vérification de comptabilité, et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre et d'y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la charge de la preuve :

3. La SCI Capitole Patrimoine n'ayant pas déposé de déclarations de résultats n° 2065 au titre des exercices clos les 31 décembre 2016, 2017 et 2018, malgré l'envoi d'une mise en demeure en ce sens qui lui a été adressée le 13 septembre 2019 et qu'elle a réceptionnée le 14 septembre 2019, l'administration fiscale a fait application de la procédure de taxation d'office prévue au 2° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales. Par suite, la charge de la preuve pèse sur la SCI Capitole Patrimoine, conformément aux dispositions de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 1. Sous réserve des dispositions des articles 33ter, 40 à 43 bis et 151 sexies, le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation. () ". Aux termes de l'article 242 ter du même code : " () / 3. Les personnes qui interviennent à un titre quelconque, dans la conclusion des contrats de prêts ou dans la rédaction des actes qui les constatent sont tenues de déclarer à l'administration la date, le montant et les conditions du prêt ainsi que les noms et adresses du prêteur et de l'emprunteur. () ". Aux termes de l'article 49 B de l'annexe III au code général des impôts : " 1. Les personnes physiques ou morales qui interviennent, à titre de partie ou d'intermédiaire, dans la conclusion des contrats de prêts ou dans la rédaction des actes qui les constatent sont tenues de déclarer les noms et adresses du prêteur et de l'emprunteur, la date, le montant et les conditions du prêt, notamment sa durée, le taux et la périodicité des intérêts ainsi que les modalités de remboursement du principal. / 2. Ces dispositions ne sont pas applicables : / () / b. Aux contrats de prêts dont le principal n'excède pas un montant fixé par ce même arrêté. Toutefois, lorsque plusieurs contrats de prêts sont conclus au cours d'une année au nom d'un même débiteur ou d'un même créancier et que leur total en principal dépasse le montant visé ci-dessus, tous les contrats ainsi conclus doivent être déclarés. / 3. La déclaration est souscrite par l'intermédiaire ou, en l'absence d'intermédiaire, par le débiteur ; dans la situation visée au b du 2, elle est faite, suivant le cas, par le débiteur ou le créancier au nom duquel l'ensemble des contrats ont été conclus. / Lorsque la déclaration est souscrite par l'intermédiaire, celle-ci est adressée dans le premier mois de chaque année à la direction départementale ou, le cas échéant, régionale des finances publiques du lieu du domicile réel ou du principal établissement de la personne physique ou morale déclarante. / Lorsque le débiteur ou le créancier est tenu de souscrire la déclaration en application des dispositions du premier alinéa, celle-ci est adressée au service des impôts dont il dépend en même temps que la déclaration de ses revenus ou que la déclaration de ses résultats. / La déclaration mentionne les contrats de prêts conclus au cours de la précédente année. Elle est établie sur une formule délivrée par l'administration ". Enfin, aux termes de l'article 23 L de l'annexe IV au code général des impôts : " Sont dispensés de la déclaration prévue à l'article 49 B de l'annexe III au code général des impôts : / 1° Les contrats de prêts dont le montant en principal n'excède pas 5 000 €, sous réserve de l'application des dispositions du b du 2 de l'article 49 B susvisé ; () ".

5. Il résulte de l'instruction que par un acte authentique du 15 juillet 2015, la SCI Capitole Patrimoine a acquis, pour le prix de 750 000 euros payé comptant, un immeuble sis 9 place du Capitole à Toulouse (31 000) cadastré section AB n° 184, d'une consistance de 5a 78 ca, se décomposant en un local à usage commercial destiné à devenir un restaurant et en un local à usage d'habitation destiné à devenir l'annexe de ce restaurant. Les modalités de financement de ce paiement comptant n'étant pas mentionnées à l'acte, l'administration a exercé son droit de communication auprès de l'étude notariée et constaté que ce paiement avait été effectué par un virement d'un montant de 786 500 euros sur le compte de l'étude daté du jour de passation de l'acte, réalisé par la SARL Cabinet l'Immeuble pour le compte de la SCI Capitole Patrimoine. A défaut d'autres éléments fournis par la société requérante pendant les opérations de vérification, l'administration fiscale a considéré que cette somme de 786 500 euros correspondait à un produit reçu par la SCI Capitole Patrimoine de la part de la SARL Cabinet l'Immeuble, devant être réintégré dans les résultats imposables de la société.

6. La SCI Capitole Patrimoine soutient que la somme de 786 500 euros provient de prêts que lui ont consentis des investisseurs privés dans le but qu'elle puisse acheter le bien sis 9 place du Capitole à Toulouse et que la SARL Cabinet l'Immeuble est intervenue dans ces opérations en vertu d'un mandat de gestion par lequel celle-ci détenait, en sa qualité de mandataire, le pouvoir de " recevoir tous loyers ou indemnité d'occupation échus ou à échoir, percevoir taxes, prestations, dépôt de garanties, avances sur travaux ou autres, et plus généralement tous biens, sommes ou valeurs dont la perception est la conséquence de l'administration des biens " et droits immobiliers lui appartenant.

7. Il résulte toutefois de l'instruction que si les conventions de trésorerie en date des 25 septembre 2014, 20 janvier, 31 mars et 9 juillet 2015 par lesquelles des personnes privées lui ont prêté un total de 800 000 euros, dont la SCI Capitole Patrimoine produit des copies à l'instance, mentionnent que les sommes investies doivent servir à l'acquisition par cette dernière du bien situé 9 place du Capitole à Toulouse, aucun autre document n'établit que ces conventions ont été suivies de versements effectifs par les investisseurs concernés. Par ailleurs, si la SCI Capitole Patrimoine produit un extrait du relevé de compte de la SARL Cabinet l'Immeuble du mois de juillet 2015 faisant état de deux virements à son profit le 13 juillet 2015, pour un montant total de 786 500 euros, il résulte du relevé du compte bancaire de l'étude notariée produit en défense et dont la société requérante ne conteste pas la véracité, que le 15 juillet 2015, ce compte a été crédité d'un virement unique de 786 500 euros émis par la SARL Cabinet l'Immeuble, pour laquelle au demeurant la SCI Capitole Patrimoine ne produit pas le mandat de gestion dont elle se prévaut. Dans ces conditions, la SCI Capitole Patrimoine ne rapporte pas la preuve de l'origine des fonds que la SARL Cabinet l'Immeuble a versé pour son compte à l'étude notariée afin de permettre l'achat de l'immeuble sis 9 place du capitole à Toulouse. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré que cette somme constituait un produit devant être réintégré dans le résultat imposable de la SCI au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2016.

8. En second lieu, la SCI Capitole Patrimoine soutient que c'est à tort que l'administration a réintégré dans son résultat imposable au titre des exercices clos les 31 décembre 2016, 2017 et 2018, le montant du loyer annuel payé par la SARL La Fabric, locataire du local commercial du bien sis 9 place du Capitole à Toulouse, diminué des charges s'y rapportant, dès lors que la SARL La Fabric n'a versé aucun loyer, le bail commercial prévoyant que le loyer ne serait pas facturé au preneur durant les trois exercices en litige, en contrepartie de la réalisation par ce dernier de travaux devant revenir à la SCI en fin de bail. Il résulte toutefois de l'instruction que la SCI Capitole Patrimoine, à qui incombe la charge de la preuve, ne produit pas à l'instance et n'a jamais produit, depuis les opérations de vérifications qui se sont déroulées en 2019 et au cours desquelles elle s'en est prévalue pour la première fois, le bail commercial la liant à la SARL La Fabric. Il résulte par ailleurs de l'instruction, notamment des déclarations portant sur le local à usage professionnel ou commercial n° 6660-REV-K déposée au service des impôts des entreprises de Toulouse le 5 avril 2017 et n° 6660-REV déposée au centre des impôts fonciers de Toulouse le 9 mai 2016, dont la société requérante, qui au demeurant en est l'auteur, ne conteste pas les termes, que la SARL La Fabric est tenue de verser à la SCI Capitole Patrimoine un loyer annuel de 36 000 euros en contrepartie de la location du local d'une surface de 45 m². Dans ces conditions, la SCI Capitole Patrimoine ne rapporte pas la preuve qu'elle aurait renoncé à percevoir ces loyers et qu'au demeurant, cette renonciation aurait été consentie avec la contrepartie que la SARL La Fabric réalise, dans le local, des travaux. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a réintégré dans les résultats imposables de la société requérante au titre des trois exercices vérifiés le loyer dû par la SARL La Fabric diminué des charges s'y rapportant.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge, en droits, présentées par la SCI Capitole Patrimoine doivent être rejetées

En ce qui concerne les pénalités et les amendes fiscales :

S'agissant de la majoration de 40 % prévue au b du 1 de l'article 1728 du code général des impôts :

10. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / () / b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; () ".

11. Si la SCI Capitole Patrimoine soutient demander la décharge de cette majoration au titre des trois exercices vérifiés en conséquence de la décharge qu'elle sollicite au principal, elle ne conteste pas que, comme le relève la proposition de rectification du 12 décembre 2019, elle n'a pas déféré à la mise en demeure de produire les déclarations de résultats modèle 2065 des exercices clos les 31 décembre 2016, 2017 et 2018 que lui a adressée l'administration le 6 août 2019 et qu'elle a réceptionnée le 8 août 2019. Par suite, c'est à bien droit que l'administration a mis à sa charge la majoration de 40 % prévue au b du 1 de l'article 1728 du code général des impôts.

S'agissant de l'amende fiscale prévue à l'article 1729 D du code général des impôts :

12. Aux termes de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales : " I. - Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, le contribuable qui fait l'objet d'une vérification de comptabilité satisfait à l'obligation de représentation des documents comptables mentionnés au premier alinéa de l'article 54 du code général des impôts en remettant au début des opérations de contrôle, sous forme dématérialisée répondant à des normes fixées par arrêté du ministre chargé du budget, une copie des fichiers des écritures comptables définies aux articles 420-1 et suivants du plan comptable général . () ". Aux termes de l'article 1729 D du code général des impôts : " I. - Le défaut de présentation de la comptabilité selon les modalités prévues au I de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales entraîne l'application d'une amende égale à 5 000 € ou, en cas de rectification et si le montant est plus élevé, d'une majoration de 10 % des droits mis à la charge du contribuable. () ".

13. La SCI Capitole Patrimoine ne conteste pas ne pas avoir remis, après que le vérificateur le lui a demandé lors du premier contrôle sur place, sa comptabilité sous forme dématérialisée ni même sous une autre forme. En faisant valoir, d'une part qu'elle n'avait pas l'intention de dissimuler quoi que ce soit, alors même que les dispositions précitées n'exigent pas, pour que l'amende qu'elles prévoient puisse être prononcée, que soit caractérisée chez le contribuable une intention délibérée, et, d'autre part, que l'administration fiscale ne subit aucun préjudice du fait de cette carence puisque quand bien même aurait-elle tenu sa comptabilité de manière régulière, ce qu'elle n'a au demeurant pas fait, en l'absence d'opération imposable, aucun résultat n'aurait été déclaré, la société requérante ne conteste pas utilement lesdites pénalités. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

S'agissant de la majoration de 100 % prévue à l'article 1759 du code général des impôts :

14. D'une part, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. () ". Enfin, aux termes de l'article 47 de l'annexe II au code général des impôts : " Toute rectification du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés au titre d'une période sera prise en compte au titre de la même période pour le calcul des sommes distribuées. " Il résulte de ces dispositions que tous les bénéfices sociaux qui ne sont pas demeurés investis dans l'entreprise, issus notamment des recettes dissimulées, sont réputés avoir été, en l'absence de distribution apparente, transférés soit aux associés et actionnaires, soit à des tiers.

15. D'autre part, aux termes de l'article 117 du code général des impôts : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution./ En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759. " Et aux termes de l'article 1759 du code général des impôts : " Les sociétés et les autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés qui versent ou distribuent, directement ou par l'intermédiaire de tiers, des revenus à des personnes dont, contrairement aux dispositions des articles 117 et 240, elles ne révèlent pas l'identité, sont soumises à une amende égale à 100 % des sommes versées ou distribuées. Lorsque l'entreprise a spontanément fait figurer dans sa déclaration de résultat le montant des sommes en cause, le taux de l'amende est ramené à 75 %. "

16. Il résulte de l'instruction, notamment de la proposition de rectification du 12 décembre 2019, que l'administration fiscale a considéré que les résultats non déclarés et reconstitués au titre des exercices clos les 31 décembre 2016, 2017 et 2018, constituaient des revenus distribués au sens des dispositions du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts et de l'article 110 du même code. Elle a alors invité la SCI Capitole Patrimoine à faire connaître, dans un délai de trente jours, le détail des sommes en cause, l'identité et l'adresse du ou des bénéficiaire(s) de ces sommes. Dans sa réponse aux observations du contribuable du 2 mars 2020, elle a pris acte de l'absence de désignation de bénéficiaire par la société et a décidé de prononcer à son encontre, au titre des seuls exercices clos les 31 décembre 2017 et 2018, la pénalité de 100 % prévue aux dispositions précitées de l'article 1759 du code général des impôts.

17. La SCI Capitole Patrimoine, qui ne conteste pas ne pas avoir répondu à la demande de l'administration dans le délai imparti, soutient que les résultats reconstitués par l'administration fiscale pour les deux exercices en litige, correspondent à des loyers qui n'ont pas été versés par la SARL La Fabric et qui, par conséquent, n'ont pu faire l'objet de distribution. Il résulte toutefois de l'instruction, d'une part, comme il a été dit au point 8, que la SCI Capitole Patrimoine, à qui incombe la charge de la preuve, ne produit aucun document au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, et alors en outre qu'il résulte de la déclaration d'un local à usage professionnel ou commercial n° 6660-REV-K déposée par la société requérante elle-même au centre des impôts fonciers de Toulouse le 9 mai 2016 que celle-ci a fait état d'un loyer annuel de 36 000 euros dans le cadre de la location à la SARL La Fabric d'un local de 45 m² au 9 place du Capitole à Toulouse, c'est à bon droit que l'administration fiscale a réintégré cette somme, diminuée des charges afférentes, dans les résultats imposables de la SCI au titre des exercices clos les 31 décembre 2017 et 2018. D'autre part, en l'absence de justification par la société de circonstances indépendantes de sa volonté qui l'auraient contrainte à ne pas percevoir ledit loyer et de tout élément permettant d'identifier une contrepartie à l'abandon des loyers en cause, c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré que ces sommes constituaient des revenus distribués au sens du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Par suite, le moyen tiré de l'absence de bien-fondé des pénalités de 100 % au motif de l'absence de distribution doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins de décharge des pénalités et amendes fiscales mises à sa charge au titre des exercices clos les 31 décembre 2016, 2017 et 2018 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée par la SCI Capitole Patrimoine au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de la SCI Capitole Patrimoine sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Capitole Patrimoine et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Douteaud, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.

La rapporteure,

N. SARRAUTELa présidente,

S. CHERRIER

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos 2205407, 230321

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