LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2205574

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2205574

jeudi 10 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2205574
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSÉRÉE DE ROCH

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi par M. B et Mme A d’une demande indemnitaire de 15 000 euros contre la commune de Toulouse pour emprise irrégulière et voie de fait, suite à l’élagage d’arbres sur leur propriété. Les requérants contestaient la légalité de l’intervention municipale, invoquant l’absence de mise en demeure préalable et le caractère disproportionné de la coupe. Le tribunal a rejeté leur requête, considérant que la commune justifiait d’un risque pour les personnes et les biens lié à la proximité des arbres avec les réseaux électriques et téléphoniques. La décision s’appuie notamment sur les articles L. 2212-2-2 du code général des collectivités territoriales et L. 51 du code des postes et des communications électroniques.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2022, et des mémoires, enregistrés le 23 novembre 2023 et le 26 mai 2025, M. D B et Mme C A, représentés par Me Sérée de Roch, demandent au tribunal :

1°) de condamner la commune de Toulouse à leur verser de somme de 15 000 euros en réparation du préjudice causé par une emprise irrégulière et une voie de fait sur leur propriété ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la commune a rejeté le 23 mai 2022 leur demande indemnitaire sans produire de pièces justificatives, en méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense ;

- elle n'apporte pas la preuve de sa qualité de propriétaire en affirmant que les arbres abattus au droit de leur propriété sont sur l'espace public, ni d'une procédure d'expropriation en cours ;

- la décision de rejet de leur demande indemnitaire préalable est infondée en droit ; la commune ne justifie pas de l'expropriation de la parcelle bordant leur clôture et la voie publique ;

- la décision implicite de rejet de leur demande indemnitaire préalable doit être annulée au motif de l'illégalité de l'action de la commune qui engage sa responsabilité ;

- la commune ne justifie pas de la légalité de son intervention, faute d'une mise en demeure préalable d'effectuer un élagage par les propriétaires, en méconnaissance de l'article L. 2212-2-2 du code général des collectivités territoriales et de l'article L. 51 du code des postes et des communications électroniques ; en outre, cette mise en demeure doit être motivée au regard des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, et précédée d'une procédure contradictoire au regard des articles L. 121-1 et L. 122-1 du même code ;

- la commune ne justifie pas d'une urgence pour s'exonérer de cette mise en demeure, ni de l'impossibilité d'octroyer un délai pour exécuter une telle mise en demeure ; elle ne démontre pas que les arbres arrivaient à hauteur de câbles et qu'il était indispensable de procéder à une exécution d'office ;

- elle ne démontre pas l'existence d'un arrêté d'intervention d'office, dûment notifié ;

- la coupe des arbres opérée est manifestement disproportionnée au regard du risque encouru et de l'atteinte au droit de propriété ; la commune aurait pu n'élaguer que les branches en contact avec les lignes électriques ; cette disproportion est constitutive d'une illégalité fautive ;

- l'élagage des arbres sur leur propriété caractérise une emprise irrégulière et une voie de fait ; cet élagage a porté atteinte à leur droit de propriété, sans toutefois les priver définitivement de leur droit ;

- elle doit les indemniser au titre de l'emprise irrégulière et engager une procédure d'expropriation ; à défaut, la commune doit les indemniser des préjudices causés aux arbres situés sur leur propriété ;

- dès lors que le lien de causalité est établi, la coupe rase des arbres situés sur leurs parcelles par la commune est entachée d'illégalité fautive ;

- il sera fait une juste réparation de leur préjudice par le versement d'une indemnisation évaluée par un expert à 12 600 euros pour la perte de la valeur vénale de la parcelle, en cas d'emprise irrégulière, et à 2 400 euros pour la présence des arbustes qui ont été coupés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 octobre 2023 et le 19 août 2024, la commune de Toulouse, représentée par Me Thevenot, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. B et de Mme A de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les arbres élagués par la commune étaient proches des câbles des réseaux d'électricité et de téléphonie et présentaient un réel risque pour les personnes et les biens ;

- les préjudices allégués en lien avec la taille de ces arbres ne sont pas justifiés.

En application de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue 3 jours francs avant l'audience.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code des postes et des communications électroniques ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Quessette, rapporteur,

- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public,

- les observations de Me Puissant, substituant Me Sérée de Roch, représentant M. B et Mme A,

- et celles de Me Delbes, substituant Me Thevenot, représentant la commune de Toulouse.

Considérant ce qui suit :

1. M. B et Mme A sont propriétaires, depuis le 7 février 2022, d'une maison à usage d'habitation avec jardin, parcelles cadastrées n° 101 et n° 103, section AB, située 127, chemin de Gabardie, sur le territoire de la commune de Toulouse. Le 23 mars 2022, les services municipaux ont réalisé l'élagage des arbres à leur base devant leur domicile. Par courriel du même jour adressé à la commune, Mme A a transmis le procès-verbal de bornage et a demandé réparation du préjudice subi par l'abattage des arbres. Par courriel du 1er avril 2022, la commune a accusé réception de cette demande. Le 23 avril 2022, un huissier de justice dressait un procès-verbal de constat à la demande des intéressés. Par courriel du 23 mai 2022, la commune rejetait la demande des requérants au motif que les parcelles concernées sont frappées par un plan d'alignement et que les arbres abattus sont situés sur l'espace public. Par courrier du 6 juillet 2022, M. B et Mme A ont formulé une demande indemnitaire en réparation des préjudices subis, qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, les requérants demandent réparation de leurs préjudices.

Sur les conclusions en annulation :

2. D'une part, la commune de Toulouse a pris une première décision de rejet adressée par courriel le 23 mai 2022 en réponse à une réclamation de Mme A. Les requérants ont ensuite formulé une demande indemnitaire le 6 juillet 2022, qui a été implicitement rejetée par la commune. Cette décision implicite n'est pas confirmative de la première au motif que la décision du 23 mai 2022 n'est pas assortie de la mention des voies et délais de recours. En revanche, elle se substitue à la première décision du 23 mai 2022. Par suite, les moyens dirigés contre la première décision du 23 mai 2022 doivent être considérés comme dirigés contre la seconde décision implicite intervenue postérieurement.

3. D'autre part, cette dernière décision a pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de M. B et de Mme A qui, en formulant leurs conclusions ont donné à l'ensemble de leur requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit des intéressés à percevoir la somme qu'ils réclament, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense, de l'erreur de droit et de l'illégalité de l'action de la commune sont inopérants et doivent être écartés.

Sur la responsabilité de la commune de Toulouse :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, () ; / 5° Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux () ". Aux termes de l'article L. 2212-4 du même code : " En cas de danger grave ou imminent, tel que les accidents naturels prévus au 5° de l'article L. 2212-2, le maire prescrit l'exécution des mesures de sûreté exigées par les circonstances. / Il informe d'urgence le représentant de l'Etat dans le département et lui fait connaître les mesures qu'il a prescrites ".

5. Lorsque des désordres affectant une propriété privée et trouvant leur origine dans la méconnaissance par le propriétaire de ses obligations, notamment d'entretien, menacent la sécurité publique, le maire peut légalement, sur le fondement des dispositions de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, mettre le propriétaire en demeure de rétablir la sécurité par toute mesure appropriée, sous peine de s'exposer aux sanctions pénales prévues en cas d'inobservation des mesures de police prescrites par l'autorité municipale. Toutefois, si la mise en demeure n'est pas suivie d'effet, les dispositions de l'article L. 2212-2 ne confèrent pas au maire le pouvoir de faire exécuter d'office les travaux sur la propriété privée. En revanche, les dispositions de l'article L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales permettent au maire d'ordonner, en cas de danger grave ou imminent, et sans mise en demeure préalable du propriétaire, la réalisation par la commune de travaux sur une propriété privée. Le coût des travaux incombe alors à la commune, sans préjudice de la possibilité pour elle d'exercer devant le juge civil une action récursoire à l'encontre du propriétaire si elle estime que l'origine des désordres réside dans un manquement de celui-ci à ses obligations.

6. D'autre part, aux termes de l'article 51 du code des postes et des communications électroniques : " I. - Les opérations d'entretien des abords d'un réseau ouvert au public permettant d'assurer des services fixes de communications électroniques, telles que le débroussaillage, la coupe d'herbe, l'élagage et l'abattage, sont accomplies par le propriétaire du terrain, le fermier ou leurs représentants que le réseau soit implanté sur la propriété ou non et, que la propriété soit riveraine ou non du domaine public, afin de permettre le déploiement de réseaux et de prévenir l'endommagement des équipements du réseau et l'interruption du service. A cette fin, l'exploitant du réseau ouvert au public est tenu de proposer au propriétaire du terrain, au fermier ou à leurs représentants l'établissement d'une convention. () / II. - En cas de défaillance de leur part, ces opérations sont accomplies par l'exploitant du réseau ouvert au public assurant des services fixes de communications électroniques, aux frais du propriétaire du terrain, du fermier ou de leurs représentants. L'exécution des travaux doit être précédée d'une notification aux intéressés, ainsi qu'au maire de la commune sur le territoire de laquelle la propriété est située. L'introduction des agents de l'exploitant en vue de procéder aux opérations d'entretien s'effectue selon les modalités prévues au huitième alinéa de l'article L. 48. / III. - Sans préjudice des procédures prévues aux articles L. 2212-2-2 du code général des collectivités territoriales et L. 114-2 du code de la voirie routière et de la procédure mise en œuvre au titre de l'article L. 161-5 du code rural et de la pêche maritime, lorsque l'entretien des abords des équipements du réseau n'est pas assuré dans des conditions permettant de prévenir leur endommagement ou les risques d'interruption du service, le maire peut transmettre, au nom de l'Etat, une mise en demeure au propriétaire, en informant l'exploitant concerné de celle-ci. Si celle-ci reste infructueuse durant un délai de quinze jours, le maire peut notifier le constat de carence du propriétaire à l'exploitant aux fins qu'il procède lui-même aux travaux conformément au II du présent article. Si cette notification à l'exploitant reste elle-même infructueuse dans le délai de quinze jours, le maire peut faire procéder lui-même à ces opérations aux frais de l'exploitant, dans le respect des règles régissant les interventions des exploitants. () ".

7. Il résulte de l'instruction que pour faire exécuter des travaux d'élagage et de coupe d'arbres implantés sur la parcelle appartenant à M. B et à Mme A, la commune de Toulouse a entendu faire application des dispositions précitées de l'article L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales.

8. Enfin, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 211-6 de ce code : " Lorsque l'urgence absolue a empêché qu'une décision soit motivée, le défaut de motivation n'entache pas d'illégalité cette décision. Toutefois, si l'intéressé en fait la demande, dans les délais du recours contentieux, l'autorité qui a pris la décision devra, dans un délai d'un mois, lui en communiquer les motifs. () ". Aux termes de l'article L. 121-1 de ce code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de son article L. 121-2 : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; () ". Aux termes de son article L. 122-1 : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. () ".

9. Il résulte de ces dispositions que l'existence d'une situation d'urgence de nature à rendre inapplicables les dispositions de l'article L. 121-1 et de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration doit être appréciée concrètement, en fonction des circonstances de l'espèce.

10. En l'espèce, il résulte de l'instruction et en particulier des photographies du procès-verbal de constat établi par un huissier de justice à la demande de Mme A le 23 avril 2022, que la commune a procédé à l'abattage d'arbres par une coupe rase aux motifs que certains de ces arbres comportaient des branches à hauteur des câbles de réseaux d'électricité et de téléphonie, et en l'absence d'élagage, présentaient un risque pour la sécurité des personnes et de biens. Il ressort d'une photographie de ce procès-verbal que des arbres au droit de l'habitation des requérants étaient à hauteur des câbles. Toutefois, la commune de Toulouse ne produit aucun élément tendant à établir l'existence d'une situation de danger grave ou imminent imposant l'élagage d'office de cet alignement d'arbres en application de l'article L. 2212-4 précité du code général des collectivités territoriales. Ensuite, il ne résulte pas de l'instruction que le maire a, préalablement à cet élagage, mis en demeure M. B et Mme A d'y procéder eux-mêmes. Or, en l'absence de danger grave ou imminent, le maire ne pouvait donc procéder à l'exécution forcée des travaux d'élagage des arbres et était donc tenu de mettre en demeure les requérants d'agir préalablement en respectant les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration tenant à la mise en œuvre d'une procédure contradictoire et à la motivation de la décision de mise en demeure. Enfin, la commune ne démontre pas la nécessité de procéder à une coupe rase des arbres, alors qu'elle aurait pu, ainsi que le font valoir les requérants, n'élaguer que les branches en contact avec les lignes électriques. Dans ces conditions, l'opération litigieuse d'abattage d'arbres par les services communaux du 23 mars 2022 au droit de l'habitation de M. B et de Mme A est constitutive d'une faute qui engage la responsabilité de la commune de Toulouse vis-à-vis des requérants.

Sur les conclusions indemnitaires :

11. En l'espèce, d'une part, il résulte de l'instruction que M. B et Mme A demandent réparation de leur préjudice, au soutien d'une estimation établie le 10 juin 2022 par un cabinet d'expertise immobilière au titre de l'indemnisation de la valeur vénale de leur parcelle à hauteur de 12 600 euros. Toutefois, il ne résulte ni de l'instruction, ni des motifs exposés précédemment que la commune de Toulouse aurait conduit à leur encontre une procédure d'expropriation ou d'appropriation forcée de leur parcelle. Dès lors, ce chef de préjudice doit être écarté. D'autre part, en revanche, les requérants produisent une attestation de valeur des arbres d'un paysagiste du 23 mai 2025, non contestée par la commune en défense, et selon laquelle les divers coûts de remplacement des sept arbres abattus s'élèvent à un montant global de 8 480 euros pour leur remplacement et la replantation. Par suite, la commune de Toulouse est condamnée à verser à M. B et à Mme A la somme totale de 8 480 euros TTC.

Sur les intérêts :

12. Aux termes de l'article 1231-7 du code civil : " En toute matière, la condamnation à une indemnité emporte intérêts au taux légal même en l'absence de demande ou de disposition spéciale du jugement. Sauf disposition contraire de la loi, ces intérêts courent à compter du prononcé du jugement à moins que le juge n'en décide autrement. () ".

13. Même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts du jour de son prononcé jusqu'à son exécution, au taux légal puis, en application des dispositions de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier, au taux majoré s'il n'est pas exécuté dans les deux mois de sa notification.

14. M. B et Mme A ont droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 8 480 euros toutes taxes comprises à compter de la date du prononcé du jugement.

Sur les frais d'instance :

15. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Toulouse, partie perdante, une somme de 1 500 euros à verser aux requérants, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, les mêmes dispositions s'opposent à ce que soit mise à la charge de M. B et de Mme A la somme demandée par la commune de Toulouse sur ce fondement.

D É C I D E :

Article 1er : La commune de Toulouse est condamnée à verser à M. B et Mme A la somme de 8 480 euros toutes taxes comprises. Cette somme sera majorée des intérêts au taux légal à compter de la date du prononcé du présent jugement.

Article 2 : La commune de Toulouse versera à M. B et à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Toulouse au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5: Le présent jugement sera notifié à M. D B et Mme C A, et à la commune de Toulouse.

Délibéré après l'audience du 10 juin 2025, à laquelle siégeaient :

M. Clen, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lejeune, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2025.

Le rapporteur,

L. QUESSETTE

Le président,

H. CLEN La greffière,

F. SOLANA

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

No 2205574

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions