mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205869 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP GEORGES DAUMAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2022, Mme B E F, représentée par Me Krimi-Chabab, demande au juge des référés d'ordonner une mesure d'expertise médicale, au contradictoire du centre hospitalier de Montauban et de la société hospitalière d'assurances mutuelles, aux fins de déterminer le préjudice qui a résulté pour elle des conditions de sa prise en charge le 27 octobre 2016 par le service des urgences du centre hospitalier de Montauban.
Elle soutient que :
- victime le 27 octobre 2016 d'une chute accidentelle au sein du foyer d'hébergement Reliance 82, elle a été immédiatement conduite au service des urgences du centre hospitalier de Montauban où, alors qu'elle se plaignait de douleurs intenses au niveau du bassin et de la hanche, aucun examen complémentaire, notamment radiologique, n'a été pratiqué, sachant qu'elle a été autorisée à sortir avec une prescription à base d'antalgiques classiques ainsi que l'usage de cannes anglaises, ce qui démontre déjà l'inadéquation entre le diagnostic dressé par le praticien hospitalier, ses douleurs et la prescription ;
- rentrée au foyer d'hébergement, elle n'a cessé au fil des jours de se plaindre de douleurs intenses au niveau du bassin et de la hanche, sachant que si le médecin de l'association Adpds 82, consulté le 31 octobre 2016, lui a prescrit des antalgiques pour calmer ses douleurs, elle a dû être conduite de toute urgence le 4 novembre 2016 à la clinique du Pont de Chaume à Montauban où le docteur G a relevé que sa chute avait entraîné une fracture légèrement déplacée en coxa valga du col fémoral gauche, non décelée par le centre hospitalier de Montauban, ce qui a nécessité dès le lendemain une intervention chirurgicale par ostéosynthèse, étant précisé que si cette intervention tardive s'est déroulée sans problème particulier, elle n'est finalement pas restée sans conséquence dès lors qu'elle souffre notamment d'une nécrose de la tête fémorale à distance de la fracture de la tête fémorale ;
- si, par courrier du 3 juin 2019, le centre hospitalier de Montauban a confirmé sa déclaration de sinistre mais à défaut d'avoir pu être indemnisée de ses préjudices et après désistement de son action devant la juridiction civile, elle est fondée à solliciter la mise en œuvre d'une expertise médicale aux fins d'obtenir une liquidation de ses préjudices et ce d'autant qu'elle a conservé de lourdes séquelles l'invalidant dans les actes de la vie courante et que son état s'est aggravé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2022, le centre hospitalier de Montauban et la société hospitalière d'assurances mutuelles " Sham ", représentés par la Scp G. Daumas, concluent à ce qu'il soit donné acte qu'ils ne s'opposent pas, sous les plus expresses protestations et réserves de responsabilité, à la mesure d'expertise sollicitée qu'ils souhaitent aux frais avancés de la requérante et proposent de compléter la mission à confier à l'expert qui déposera un pré-rapport.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn précise qu'elle entend intervenir dans l'instance mais qu'elle n'est pas en mesure de chiffrer sa créance définitive dès lors que son dossier est en cours de constitution et sollicite la réserve de ses droits dans l'attente du dépôt du rapport d'expertise.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 1er septembre 2021 par laquelle la présidente du Tribunal administratif a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère. ".
2. La demande d'expertise présentée par Mme E F entre dans le champ d'application des dispositions précitées et présente un caractère utile. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 2 ci-après de la présente ordonnance.
Sur le dépôt d'un pré-rapport :
3. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions du centre hospitalier de Montauban tendant à ce que l'expert communique un pré-rapport aux parties ne peuvent qu'être rejetées.
Sur l'avance des frais d'expertise :
4. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. () ".
5. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartient au seul président de la juridiction de désigner la ou les parties qui assumeront la charge des frais et honoraires d'expertise, après l'accomplissement de celle-ci. Il suit de là que les conclusions du centre hospitalier de Montauban relatives à la prise en charge des frais d'expertise par la requérante ne peuvent en l'état qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre Mme B E F, d'une part, et le centre hospitalier de Montauban et la société hospitalière d'assurances mutuelles " Sham ", d'autre part, en présence de la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn.
Article 2 : L'expert aura pour mission :
- d'examiner Mme B E F et prendre connaissance de son entier dossier médical ;
- de décrire l'état de santé de Mme B E F antérieurement à sa prise en charge le 27 octobre 2016 par le service des urgences du centre hospitalier de Montauban ;
- de décrire les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge le 27 octobre 2016 par le service des urgences du centre hospitalier de Montauban ;
- de fournir tous éléments permettant d'apprécier si, en l'état des données acquises de la science, des techniques et des règles de l'art, des fautes, omissions, négligences ou erreurs ont été commises lors des actes médicaux dont elle a fait l'objet à cette occasion ;
- de faire connaître, en particulier, si le diagnostic de son état a été correctement et complètement posé à cette occasion ;
- de faire connaître les lésions, affections et séquelles imputables à d'éventuels manquements dans l'établissement du diagnostic de son état ;
- d'en préciser, le cas échéant, la nature et le degré de gravité et de dire si, à son avis, et dans quelle mesure, ces fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives sont à l'origine du préjudice dont elle se plaint ;
- d'évaluer, s'il y a lieu, la perte de chance pour Mme B E F d'éviter une aggravation de son état de santé ou d'obtenir une amélioration de ce dernier résultant d'un éventuel manquement aux règles de l'art ou d'un éventuel aléa thérapeutique ;
- de retracer l'évolution de l'état de santé de Mme B E F et, notamment, de fixer, le cas échéant, la date de consolidation ;
- d'indiquer, dans l'hypothèse où son état ne serait pas consolidé, s'il est susceptible d'évoluer en aggravation ou en amélioration. Dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
- d'indiquer, en tous ses éléments, la nature et l'étendue du préjudice corporel subi par Mme B E F en distinguant la part imputable à son état de santé antérieur de celle imputable aux éventuelles fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives ;
- de se prononcer, le cas échéant, sur la nécessité d'avoir recours à une tierce personne, de fixer les modalités, la qualification et la durée de cette intervention ;
- de fournir, plus généralement, tous éléments susceptibles de permettre d'éclairer le juge du fond éventuellement saisi du litige.
Article 3 : Le docteur D C, domicilié clinique Médipole Garonne 45 rue de Gironis à Toulouse (31036), est désigné pour procéder à l'expertise.
Article 4 : L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : Le surplus des conclusions en défense est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B E F, au centre hospitalier de Montauban, à la société hospitalière d'assurances mutuelles " Sham ", à la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn et au docteur D C, expert.
Fait à Toulouse, le 24 janvier 2023
Le vice-président, juge des référés,
David A
La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026