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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206128

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206128

mardi 6 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206128
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantRIEU-CASTAING

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Rieu-Castaing, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015, pour un montant global restant en litige de 23 771 euros ;

2°) de lui accorder un sursis de paiement ;

3°) mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la régularité de la procédure :

- le principe d'indépendance des procédures est injuste et contraire à la Constitution ainsi qu'aux articles 5, 6 et 9 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;

- des pièces de procédure ont été adressées à Franck B alors que son prénom s'écrit A, méconnaissant ainsi l'article 4 de la loi du 6 fructidor an II ;

- l'administration fiscale a méconnu le débat oral et contradictoire ;

- malgré ses demandes répétées, l'administration fiscale ne lui a pas communiqué les recoupements externes qu'elle a réalisés ;

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :

- l'administration fiscale a commis une erreur de droit en refusant de prendre en compte les intérêts d'emprunt liés à l'appartement situé place Saint-Georges à Toulouse ;

- l'administration fiscale aurait dû qualifier l'encaissement de la somme de 30 497,73 euros réalisé le 4 mai 2015 d'apport en compte courant d'associé ;

- elle aurait dû qualifier l'encaissement de la somme de 18 000 euros réalisé le 9 juin 2015 d'apport en compte courant d'associé ;

- l'administration fiscale n'a pas fait une exacte application de la doctrine fiscale n°BOI-CTX-DG-20-20 publiée au BOFIP le 2 août 2019 en matière de charge de la preuve s'agissant d'une procédure de vérification contradictoire menée sur le fondement de l'article L. 55 du livre des procédures fiscales ;

- l'administration fiscale a méconnu la doctrine n° BOI-CTX-DG-20-20-40 publiée au BOFIP le 12/09/2012, dès lors qu'elle n'a pas exercé son droit de communication prévu aux articles L. 81 à L. 85 du livre des procédures fiscales pour contester les éléments probants qui lui étaient soumis ;

- l'administration fiscale a commis une erreur de droit, en considérant qu'il s'était personnellement enrichi ;

En ce qui concerne les intérêts de retard et pénalités :

- les intérêts de retard ne sont pas fondés ;

- l'administration fiscale méconnaît l'article 1729 du code général des impôts dès lors qu'elle n'apporte la preuve ni de la gravité des constatations qu'elle a opérées, ni d'une intention délibérée d'éluder l'impôt.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 mars 2023, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution du 4 octobre 1958 ;

- l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel ;

- le code général des impôts ;

- le livre des procédures fiscales ;

- la loi du 6 fructidor an II ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sarraute,

- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B est gérant et associé majoritaire à 90 % de la SARL Prestig'Motors, créée le 23 mars 2009, qui exerce une activité de commerce de voitures et véhicules automobiles légers. Cette société a fait l'objet du 31 août au 29 novembre 2018 d'une vérification générale de comptabilité, portant sur la période du 1er octobre 2014 au 30 septembre 2017, étendue jusqu'au 30 juin 2018 pour la seule taxe sur la valeur ajoutée. Par une proposition de rectification du 14 décembre 2018, l'administration fiscale a informé la SARL Prestig'Motors qu'elle envisageait de l'assujettir à des rappels de TVA d'un total, en droits et pénalités, de 36 091 euros, et à des cotisations supplémentaires au titre de l'impôt sur les sociétés d'un total, en droits et pénalités, de 95 546 euros. Par une proposition de rectification distincte du même jour, l'administration fiscale a informé M. B qu'elle entendait lui réclamer des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour l'année 2015. Après avoir rejeté le 29 mars 2019 les observations présentées par M. B, l'administration a, par un avis d'imposition du 30 septembre 2019, mis en recouvrement la somme totale, en droits et pénalités, de 25 772 euros. Après un dégrèvement partiel intervenu le 22 avril 2021 après que M. B a formé une réclamation préalable, le montant qui demeure en litige est de 23 771 euros. Par la présente requête, M. B demande la décharge du paiement de cette somme.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, aux termes de l'article IV de la loi du 6 fructidor an II : " Il est expressément défendu à tous fonctionnaires publics de désigner les citoyens dans les actes autrement que par le nom de famille, les prénoms portés en l'acte de naissance, ou les surnoms maintenus par l'article II, ni d'en exprimer d'autres dans les expéditions et extraits qu'ils délivreront à l'avenir. ".

3. Si M. B soutient que des pièces de procédure ont été adressées à " Franck " B alors que son prénom s'écrit " A ", il ne précise ni ne produit les pièces qui auraient ainsi comporté une erreur d'orthographe dans son prénom. Il résulte en outre de l'instruction d'une part que la proposition de rectification et l'avis d'imposition mettant en recouvrement la somme contestée par M. B ont été adressés à M. A B, sans erreur sur le patronyme. Au surplus, à supposer que des documents aient comporté une erreur sur l'orthographe de son prénom, cette erreur n'est pas de nature à entacher la procédure d'imposition d'irrégularité, dès lors qu'elle n'a privé le requérant d'aucune garantie et n'a eu aucune influence sur les décisions prises par la suite par l'administration fiscale. Par suite, le moyen doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 61-1 de la Constitution du 4 octobre 1958 : " Lorsque, à l'occasion d'une instance en cours devant une juridiction, il est soutenu qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur renvoi su Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article 23-1 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel : " Devant les juridictions relevant du Conseil d'Etat ou de la Cour de cassation, le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution est, à peine d'irrecevabilité, présenté dans un écrit distinct et motivé. () ".

5. A supposer que le principe d'indépendance des procédures d'imposition puisse être interprété comme étant une disposition législative, les conclusions à fin de rejet de ce principe au motif qu'il serait contraire à la Constitution et à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, partie intégrante du bloc de constitutionnalité, n'ont pas fait l'objet d'une question prioritaire de constitutionnalité présentée dans un mémoire distinct. Dès lors, le moyen tiré de la circonstance que le principe d'indépendance des procédures d'imposition serait inconstitutionnel doit être écarté.

6. En troisième et dernier lieu, en vertu du principe d'indépendance des procédures d'imposition, M. B, dont les impositions personnelles ont été rehaussées notamment à partir de constatations faites par l'administration fiscale au cours de la vérification de comptabilité dont la société dont il est le gérant a fait l'objet, ne peut utilement se prévaloir de moyens relatifs à la procédure d'imposition suivie à l'encontre de cette société. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance du débat oral et contradictoire, s'agissant tant du principal que des pénalités, et l'absence de communication par l'administration des recoupements externes qu'elle a réalisés, qui portent sur la procédure de vérification dont a fait l'objet la SARL Prestig'Motors, doivent être écartés comme inopérants.

Sur le bien-fondé de l'imposition :

En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :

S'agissant de la charge de la preuve :

7. Il est constant que l'examen de situation fiscale personnelle dont a fait l'objet M. B s'est déroulé selon la procédure contradictoire prévue à l'article L. 55 du livre des procédures fiscales. M. B n'ayant pas accepté la proposition de rectification, il appartient à l'administration de prouver le bien-fondé de l'imposition dans la mesure où celle-ci a été établie sur des bases supérieures au chiffre déclaré. Le contribuable doit, de son côté, justifier de tout élément contraire dont il se prévaut en réponse. Il résulte de l'instruction, en particulier des termes de la proposition de rectification que l'administration fiscale, qui demeure libre de recourir ou non au droit de communication que lui confèrent les articles L. 81 et suivants du livre des procédures fiscales, a respecté ces règles et n'a pas procédé à un renversement de la charge de la preuve. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance par l'administration des règles relatives à la charge de la preuve doit être écarté.

S'agissant des revenus fonciers :

8. Aux termes de l'article 13 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice ou revenu imposable est constitué par l'excédent du produit brut, y compris la valeur des profits et avantages en nature, sur les dépenses effectuées en vue de l'acquisition ou de la conservation du revenu. () ". Aux termes de l'article 31 du même code : " Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / () a bis) les primes d'assurance ; / () d) les intérêts de ttes contractées pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration des propriétés, () ". Il résulte de ces dispositions que seuls les intérêts des dettes contractées pour l'acquisition d'immeubles destinés à procurer des revenus fonciers sont déductibles.

9. Il résulte de l'instruction que dans sa déclaration des revenus fonciers pour l'année 2015, M. B n'a déclaré des loyers qu'au titre d'un seul bien immobilier, situé route de Blagnac à Toulouse, pour lesquels il a déduit 3 690 euros au titre des intérêts de l'emprunt immobilier s'y rapportant. Il n'a déduit aucun intérêt d'emprunt au titre d'un second bien, situé place Saint-Georges à Toulouse. Dans ces circonstances, il ne justifie pas du fait, qui ne peut se présumer, qu'il aurait acquis ce dernier bien dans l'intention de le mettre en location afin d'en retirer des revenus fonciers. En outre, dans sa réponse à la réclamation préalable présentée par M. B, l'administration a accepté de réintégrer comme charges déductibles la somme de 3 690 euros, M. B ayant produit les justificatifs demandés. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a rejeté la demande complémentaire formée par M. B au stade de la réclamation préalable de prise en compte des intérêts d'emprunt se rapportant au bien situé Place Saint Georges à Toulouse.

S'agissant des revenus de capitaux mobiliers :

10. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. () ". Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. / Nonobstant toutes dispositions contraires, lorsque ces sommes sont remboursées postérieurement au 1er janvier 1960 à la personne morale qui les avait versées, la fraction des impositions auxquelles leur attribution avait donné lieu est restituée aux bénéficiaires ou à leurs ayants cause dans des conditions et suivants des modalités () ". Il résulte de ces dispositions que les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé, qui sont, sauf convention contraire, à tout moment disponibles pour le titulaire du compte, constituent, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, des revenus distribués au sens du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

11. L'administration fiscale a considéré qu'en l'absence d'éléments probants produits par la SARL Prestig'Motors, les sommes de 30 947,73 euros et 18 000 euros inscrites les 4 mai et 9 juin 2015 au crédit du compte courant d'associé de M. B, gérant de la société, constituaient, pour la SARL Prestig'Motors, un passif injustifié, imposable en application du 2 de l'article 38 du code général des impôts, et pour M. B, gérant et associé titulaire du compte courant d'associé concerné, des revenus de capitaux mobiliers. M. B soutient que ces écritures correspondent à des apports en compte courant qu'il a effectués, et qui sont, de ce fait, non imposables.

12. Tout d'abord, si M. B soutient que la somme de 30 947,73 euros correspond à l'encaissement, sur le compte de la société, d'un chèque correspondant à la vente d'un véhicule lui appartenant à titre personnel qui n'entre ainsi pas dans le cadre de l'activité de la société, il résulte toutefois de l'instruction que le véhicule Range Rover Sport concerné, immatriculé CG 257 RT, a été acquis le 10 juin 2014 auprès de la société Alternative Auto par la SARL Prestig'Motors. Par ailleurs, M. B ne contredit pas l'administration lorsque celle-ci indique dans son mémoire en défense que le chèque émis par M. E lorsqu'il a acheté ce véhicule a été encaissé le 4 avril 2015 sur le compte bancaire de la société et que la somme d'un même montant qui a été inscrite au crédit du compte courant d'associé de M. B le 4 mai 2015 ne provient aucunement d'un apport de fonds propres réalisé par l'intéressé. Cette écriture ne correspond pas davantage à une dette que la SARL Prestig'Motors aurait envers M. B du fait de l'encaissement par elle d'une somme qui aurait dû revenir à ce dernier suite à la vente de ce véhicule. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a qualifié cette écriture de passif injustifié, imposable au titre des revenus de capitaux mobiliers pour M. B qui en est le bénéficiaire.

13. Ensuite, M. B soutient avoir acquis en 2012 à titre personnel une moto Harley Davidson qu'il a échangée en 2015 avec une BMW série 6 appartenant à M. F. Il indique que la SARL Prestig'Motors a trouvé à acquérir pour M. D, qui l'avait mandatée à cette fin, un véhicule rare. Ce véhicule se trouvant dans un garage à Mulhouse, Messieurs B et D ont fait le trajet dans le véhicule BMW série 6 que M. B a finalement cédé au garage mulhousien. M. D a alors émis pour dédommager M. B de la valeur de ce véhicule un chèque de 18 000 euros qui a été encaissé sur le compte bancaire de la SARL Prestig'Motors. Cette somme étant en réalité due à M. B en son nom personnel, le compte courant d'associé de ce dernier aurait été crédité d'une somme identique. Il résulte toutefois de l'instruction que le contrat de cession du véhicule BMW série 6 a été conclu le 1er août 2014 entre M. F et la SARL Prestig'Motors. Dans ces conditions, M. B ne rapporte pas la preuve que ce véhicule lui aurait appartenu en propre et que la somme de 18 000 euros aurait dû lui revenir. Il ne démontre pas davantage que la somme de 18 000 euros inscrite au crédit de son compte courant d'associé dans la SARL Prestig'Motors le 9 juin 2015 proviendrait d'un apport qu'il aurait réalisé à partir de ses fonds propres. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a qualifié cette somme de passif injustifié, imposable au titre des revenus de capitaux mobiliers pour M. B qui en est le bénéficiaire.

14. Enfin, contrairement à ce que soutient M. B, aucune disposition législative ou règlementaire n'érige l'enrichissement personnel du dirigeant d'une société comme élément constitutif des revenus distribués pour que ceux-ci puissent être imposés entre les mains de la société distributrice. Par suite, le moyen tiré de l'absence de démonstration par l'administration fiscale d'un enrichissement personnel de M. B doit être écarté.

En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :

15. M. B ne peut utilement invoquer l'interprétation administrative de la loi fiscale, notamment le BOI-CTX-DG-20-20 publiée au BOFIP le 2 août 2019 et le BOI-CTX-DG-20-20-40 publiée au BOFIP le 12 septembre 2012, dès lors qu'il ne ressort pas de ces instructions une lecture de la loi fiscale différente de celle exposée ci-dessus en ce qui concerne les règles de charge de la preuve et l'exercice par l'administration du droit de communication.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de M. B doivent être rejetées.

Sur les pénalités :

17. En premier lieu, aux termes de l'article 1727 du code général des impôts dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " I. Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. A cet intérêt s'ajoutent, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code. () / III. Le taux de l'intérêt de retard est de 0,40% par mois. Il s'applique sur le montant des créances de nature fiscale mises à la charge du contribuable ou dont le versement a été différé. () ".

18. Il résulte de l'instruction que si M. B indique, après avoir développé un moyen à l'encontre de la pénalité prévue par l'article 1729 du code général des impôts, " les intérêts de retard sont également contestés ", il n'assortit son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.

19. En second lieu, l'article 1729 du code général des impôts dispose : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entrainent l'application d'une majoration de : / a. 40% en cas de manquement délibéré ; () ". L'article L. 195 A du livre des procédures fiscales dispose : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la pénalité pour mauvaise foi a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives et que pour établir cette mauvaise foi, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, du caractère volontaire de cette omission ou insuffisance c'est-à-dire de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt. Cette intention se déduit notamment de la connaissance que le contribuable avait, compte tenu de ses activités et de sa qualité de professionnel, de ses obligations déclaratives et des conséquences fiscales de ses opérations.

20. Il résulte de l'instruction que pour établir l'existence d'un manquement délibéré, l'administration fiscale retient que la SARL Prestig'Motors a supporté au travers du crédit du compte courant d'associé non justifié un appauvrissement d'un montant de 48 948 euros pour l'année 2015 par comptabilisation d'une dette fictive dont M. B avait nécessairement connaissance en sa qualité de gérant, l'importance des sommes en question et enfin, la responsabilité de M. B en sa qualité de dirigeant de la société. Par la nature des inscriptions d'apports sur le compte courant d'associé de M. B, dont il ne pouvait ignorer qu'elles étaient parfaitement injustifiées comme ne correspondant ni à aucun véritable apport de fonds propres sur son compte courant, ni à des sommes que la société lui aurait dues pour avoir encaissé sur son compte bancaire des sommes qui auraient dû lui revenir en propre, l'administration fiscale doit être regardée comme rapportant la preuve à la fois de l'élément matériel et de l'élément intentionnel du manquement. Par suite, le moyen tiré du caractère injustifié de la majoration de 40 % doit être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins de décharge des intérêts de retard et de la majoration pour manquement délibéré doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin de sursis de paiement :

22. Le présent jugement se prononçant sur le fond de l'affaire, les conclusions de M. B tendant au sursis de paiement de l'imposition en litige sont en tout état de cause privées d'objet

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Héry, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Douteaud, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 février 2024.

La rapporteure,

N. SARRAUTELa présidente,

F. HÉRY

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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