mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206385 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SERDAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 novembre 2022, la commune de Carbes (81570), représentée par Me Arnaud-Laur, demande au juge des référés, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire, à ses frais avancés, une expertise portant sur les désordres consécutifs aux travaux d'aménagement de deux logements communaux dans l'ancien presbytère situé place de l'Eglise, outre la création de réseaux d'eau pluviale et eaux usées et l'aménagement des cours.
Elle soutient que :
- le marché de maîtrise d'œuvre de cette opération a été confié le 2 octobre 2017 à l'Eurl D et les marchés d'entreprise ont été confiés par actes d'engagement du 11 septembre 2018 à la Sas Chevrin Geli pour le lot maçonnerie, à la Sarl Plâtres Imart pour le lot plâtrerie, à la Sas Bois Technique pour le lot menuiseries, à la Sas Batut et Fils pour le lot électricité et à la Sas Christian Richard pour les lots zinguerie et plomberie sanitaire chauffage, étant précisé que les travaux ont été réceptionnés le 3 février 2020 et les réserves émises lors de la réception levées le 10 février 2020 ;
- alors que les deux appartements ont ensuite été loués, des désordres ont fait leur apparition courant 2021 dans l'appartement situé au rez-de-chaussée consistant en un phénomène d'humidité, sachant que si M. D, informé de la situation par courriel du 30 juillet 2021, s'est rendu sur place et a proposé de faire réaliser une étude hydrologique pour vérifier la provenance du phénomène d'humidité, sa proposition n'a pas été jugée satisfaisante et il ressort du procès-verbal de constat dressé par commissaire de justice le 6 décembre 2021 que l'immeuble présente de nombreuses traces d'humidité en façade et qu'à l'intérieur, au niveau de l'appartement du rez-de-chaussée, ont été relevées de nombreuses traces d'humidité et marques de moisissures noirâtres entraînant notamment une obstruction des aérations ainsi que des dégradations dans la buanderie ;
- si, à l'initiative des experts mandatés par les compagnies d'assurances des entreprises concernées, une réunion s'est tenue sur place au mois de mars 2022, aucun compte rendu n'a été établi à la suite de cette réunion et les quelques travaux réalisés pour tenter de remédier aux désordres se sont révélés insuffisants, étant précisé que d'après le rapport établi par l'expert mandaté par ses soins le 24 juillet 2022, le phénomène d'humidité se produisant tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'immeuble, auquel s'ajoute une fissure verticale apparue en façade susceptible de provenir d'une rupture des fondations ou d'un tassement du sol d'assise, ceci constitue des désordres relevant de la garantie décennale des constructeurs dès lors qu'ils rendent l'immeuble impropre à sa destination ou en compromettent la solidité ;
- dans ces conditions, elle est fondée à solliciter la désignation d'un expert judiciaire à l'effet de mettre fin auxdits désordres et d'évaluer les préjudices qui en résultent, sachant que l'appartement du rez-de-chaussée est devenu inhabitable, ce qui a entraîné le départ du locataire qui a donné congé le 3 juin 2022 en invoquant les nombreux problèmes d'humidité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2022, l'Eurl Claude D, représentée par la Scp Leridon-Lacamp, aux écritures de Me Leridon, déclare ne pas s'opposer, sous les plus expresses de responsabilité et protestations d'usage, à la mesure d'expertise judiciaire sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2023, la société Bois Technique, représentée par la Scpi Pamponneau Perrouin Bellen-Rotger, aux écritures de Me Perrouin, sollicite qu'il soit donné acte du fait qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'instruction demandée qui sera ordonnée aux frais avancés de la commune requérante mais qu'elle formule les plus expresses protestations et réserves quant à une quelconque mise en cause de sa responsabilité, la requête visant des désordres qui n'ont pas leur siège dans les ouvrages de menuiserie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2023, la Sarl Société Plâtres Imart, représentée par la Selarl Cabinet JM Serdan, aux écritures de Me Serdan, sollicite qu'il soit donné acte de ses plus expresses protestations et réserves quant à la mesure d'expertise judiciaire sollicitée qui sera ordonnée aux frais avancés de la commune requérante, sans que les présentes ne puissent s'analyser en une quelconque reconnaissance de responsabilité, imputabilité ou garantie.
Vu :
- les actes de communication de la requête aux défendeurs qui n'ont pas produit d'observations ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 1er septembre 2021 par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère. ".
2. La demande d'expertise présentée par la commune de Carbes entre dans le champ d'application des dispositions précitées et apparaît utile pour déterminer l'origine des désordres affectant la salle de sport communale. Il y a lieu, par suite, de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.
Sur l'avance des frais d'expertise :
3. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. () ".
4. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartient au seul président de la juridiction de désigner la ou les parties qui assumeront la charge des frais et honoraires d'expertise, après l'accomplissement de celle-ci. Il suit de là que tant les conclusions de la commune de Carbes relatives à la prise en charge des frais d'expertise à intervenir par ses soins que les conclusions de la société Bois Technique et de la Sarl Société Plâtres Imart qui demandent au juge des référés de mettre à la charge de la commune de Carbes les frais d'expertise à intervenir, ne peuvent qu'être rejetées en l'état de la procédure.
O R D O N N E :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre la commune de Carbes, d'une part, et l'Eurl Claude D, la Sas Chevrin Geli, la Sarl Société Plâtres Imart, la Sas Bois Technique, la Sas Batut et Fils et la Sas Christian Richard, d'autre part.
Article 2 : L'expert aura pour mission :
- de se rendre sur les lieux : immeuble sis place de l'Eglise à Carbes (81570) ;
- de se faire communiquer et de prendre connaissance de l'ensemble des pièces du marché de conception et d'aménagement de deux logements communaux dans ledit immeuble ;
- de décrire les désordres qui affectent cet immeuble et ces logements, en indiquant leur date d'apparition ;
- de rechercher l'origine et les causes de ces désordres et de fournir toutes indications permettant d'en apprécier l'imputabilité respective, en précisant notamment si ces causes relèvent de la phase conception et/ou réalisation et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
- de dire également et, en toute hypothèse, si, à son avis, ces désordres sont de nature à compromettre la solidité dudit ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination ;
- de décrire les travaux propres à remédier aux désordres, d'en prévoir la durée et d'en chiffrer le coût ;
- de fournir, plus généralement, tous éléments propres à permettre d'apprécier et chiffrer les préjudices de toute nature allégués par la commune de Carbes et résultant de ces désordres ;
- plus généralement, de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal.
Article 3 : M. C B, domicilié 12 rue du Vieux Pesquier à Saix (81710), est désigné pour procéder à l'expertise.
Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément aux articles R. 621-11 et suivants du code susvisé.
Article 7 : Les surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Carbes, à l'Eurl Claude D, à la Sas Chevrin Geli, à la Sarl Société Plâtres Imart, à la Sas Bois Technique, à la Sas Batut et Fils, à la Sas Christian Richard et à M. C B, expert.
Fait à Toulouse, le 31 janvier 2023
Le vice-président, juge des référés,
David A
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026