mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206616 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | LEVY/BALZARINI/SAGNES/SERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2022, la commune de Lunac (12270), représentée par Me Assaraf-Dolques, demande au juge des référés, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :
1°) de prescrire une expertise portant sur les désordres affectant le parquet du gymnase communal ayant fait l'objet de travaux ;
2°) de dire que l'expert pourra s'adjoindre tout spécialiste de son choix.
Elle soutient que :
- ayant entrepris d'importants travaux de rénovation et d'extension du gymnase municipal, elle a, par marché du 20 juin 2019, confié la maîtrise d'œuvre de cette opération à M. D C, architecte, assuré auprès de la Maf, le lot n° 4 " Désamiantage, charpente métallique-couverture-bardage " ayant été confié par acte d'engagement du 6 avril 2021 à deux entreprises co-contractantes, la Sarl 2A Désamiantage assurée auprès de Qbe Europe et la Sas Miramond Massol, assurée auprès des Mma Iard, étant précisé qu'elle a procédé au règlement des différentes situations émises par ces deux sociétés ;
- alors que le sol du gymnase est recouvert d'un parquet bois auquel elle a demandé dès le début qu'un soin particulier soit apporté afin qu'il puisse être conservé dans le cadre des travaux de rénovation, lors de la dépose et la repose de la couverture par les entreprises concernées, des désordres graves sont apparus sur le parquet bois qui ont été portés dans les comptes rendus de chantier, sous la forme d'un gonflement du parquet, des lames cassées et un seuil détérioré et le 18 novembre 2021, il a été notamment constaté sur le deuxième versant que le parquet bois ainsi que les panneaux bois de protection étaient imbibés d'eau ;
- M. C a alors, par lettre du 18 novembre 2021, mis en demeure la Sarl 2A Désamiantage de revoir sans tarder les protections pour le parquet et de mettre hors d'eau le bâtiment ainsi que, par lettre du 1er décembre 2021, la Sas Miramond Massol, étant précisé qu'elle a fait dresser par huissier trois procès-verbaux de constat les 6 décembre 2021, 27 décembre 2021 et 25 février 2022 et qu'un procès-verbal de constatation relatif aux causes et conséquences des désordres et à l'évaluation des dommages imputables au sinistre a été établi à la suite de deux réunions d'expertise contradictoire des 21 février 2022 et 19 mai 2022 ;
- l'architecte et les deux entreprises intervenues en co-traitance ne contestant pas l'existence des désordres apparus sur le parquet à la suite des infiltrations par la toiture pendant l'intervention des entreprises pour le remplacement même de la couverture du bâtiment, une tentative de règlement amiable a alors été mise en œuvre par l'intermédiaire des assureurs respectifs, ainsi le cabinet Atelier Vandara, expert mandaté par la Maf, assureur de M. C, a fait état le 23 juin 2022 d'une dégradation irréversible du parquet qu'il impute aux deux cotraitants, alors que l'expert Saretec, mandaté par les Mma Assurances Iard, assureur de la Sas Miramond Massol a indiqué le 3 juin 20211 que la responsabilité du maître d'œuvre était majeure et que l'expert du cabinet Naudet, mandaté par Qbe en sa qualité d'assureur de la Sarl 2A Désamiantage, a, le 19 avril 2022, mis en évidence la responsabilité du maître d'œuvre avant, par une nouvelle correspondance du 13 juin 2022, de solliciter un partage de responsabilité entre le maître d'œuvre et les deux entreprises ;
- par ailleurs, M. F, mandaté par ses soins en qualité d'expert technique et ayant assisté aux différentes réunions d'expertise des 21 février et 19 mai 2022, a conclu dans son rapport du 15 septembre 2022 que les dommages affectant le gymnase étaient consécutifs aux défauts de bâchage récurrents ayant provoqué des infiltrations d'eau lors des évènements climatiques en cours de chantier et indiqué que le montant des travaux de reprise du parquet était arrêté, sur la base du devis de la société Développement Bois du 7 avril 2022, à la somme de 104 209,20 € TTC ;
- alors que les travaux concernant la rénovation de la salle polyvalente sont toujours en cours et que la réception de l'ouvrage devrait intervenir au 1er trimestre 2023, date à laquelle les travaux du parquet devront être réalisés, elle est fondée à solliciter la désignation d'un expert judiciaire qui pourra se faire assister d'un ou plusieurs sapiteurs, à l'effet de déterminer l'origine et les causes des désordres affectant le parquet du gymnase communal et d'indiquer les travaux propres à y remédier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2023, M. D C, représentée par la Scp Levy Balzarini Sagnes Serre Lefebvre, aux écritures de Me Sagnes, sollicite qu'il soit donné acte de ses plus expresses protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 février 2023, la Sas Miramond Massol, la société Mma Iard Assurances Mutuelles et la Sa Mma Iard, en sa qualité d'intervenant volontaire, représentées par la Scp Barbier, aux écritures de Me Benoît Chevrel Barbier, sollicitent qu'il soit donné acte de leurs plus expresses protestations et réserves quant à leur responsabilité et la mise en jeu de leurs garanties.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2023, la Sarl 2A Desamiantage et son assureur, la société Qbe Europe Sa/Nv, représentés par la Selarl Meneghetti avocats, aux écritures de Me Patrick Meneghetti, demandent au juge des référés, en premier lieu, de prendre acte que, sans aucune reconnaissance de garanties, ils entendent formuler toutes protestations et réserves d'usage à l'encontre de la demande du requérant tendant à voir ordonner une mesure d'expertise ou d'instruction à leur contradictoire, en deuxième lieu, de limiter la mission de l'expert aux seuls désordres allégués dans la requête, en troisième lieu, de prendre acte qu'ils se réservent le droit de mettre en cause tout intervenant à la présente procédure et, en dernier lieu, de mettre à la charge de la commune de Lunac la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'aux tiers dépens.
Vu :
- les actes de communication de la requête aux défendeurs qui n'ont pas produit d'observations ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 1er septembre 2021 par laquelle la présidente du Tribunal administratif a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère. ".
2. La demande d'expertise présentée par la commune de Lunac entre dans le champ d'application des dispositions précitées et apparaît utile pour déterminer l'origine des désordres affectant le parquet du gymnase communal sis Le Bourg à Lunac. Il y a lieu, par suite, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 3 de la présente ordonnance.
Sur le concours d'un sapiteur :
3. Il ressort des dispositions de l'article R. 621-2 alinéa 2 du code de justice administrative qu'il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité de faire appel à un sapiteur et que l'autorisation d'y recourir est subordonnée à l'autorisation du président du tribunal. Par suite, les conclusions de la commune de Lunac tendant à ce que le juge des référés dise que l'expert devra se faire assister d'un spécialiste de son choix ne peuvent qu'être rejetées.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. () ".
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention volontaire de la Sa Mma Iard est admise.
Article 2 : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre la commune de Lunac, d'une part et M. D C, la Mutuelle des Architectes Français, la Sarl 2A Désamiantage, la compagnie Qbe Europe exerçant sous le nom commercial Qbe Europe SA/NV, la Sas Miramond Massol, la compagnie Mma Iard Assurances Mutuelles et la Sa Mma Iard d'autre part.
Article 3 : L'expert aura pour mission :
- de se rendre sur les lieux : gymnase communal sis Le Bourg à Lunac (12270) ;
- de se faire communiquer et de prendre connaissance de l'ensemble des pièces du marché de conception et de rénovation et d'extension dudit bâtiment ;
- de décrire les désordres qui affectent le parquet dudit bâtiment, en indiquant leur date d'apparition ;
- de rechercher l'origine et les causes de ces désordres et de fournir toutes indications permettant d'en apprécier l'imputabilité respective, en précisant notamment si ces causes relèvent de la phase conception et/ou réalisation et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
- de décrire les travaux propres à remédier aux désordres, d'en évaluer la durée et d'en chiffrer le coût ;
- de fournir, plus généralement, tous éléments propres à permettre d'apprécier et chiffrer les préjudices de toute nature allégués par la commune de Lunac et résultant de ces désordres ;
- plus généralement, de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal.
Article 4 : M. A E, domicilié à Toulouse (31400) 52 chemin des Côtes de Pech David, est désigné pour procéder à l'expertise.
Article 5 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 7 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément aux articles R. 621-11 et suivants du code susvisé.
Article 8 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Lunac, à M. D C, à la Mutuelle des Architectes Français, à la Sarl 2A Désamiantage, à la compagnie Qbe Europe exerçant sous le nom commercial Qbe Europe SA/NV, à la Sas Miramond Massol, à la compagnie Mma Iard Assurances Mutuelles, à la Sa Mma Iard et à M. A E, expert.
Fait à Toulouse, le 18 avril 2023
Le vice-président, juge des référés,
David B
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026