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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206887

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206887

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206887
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique cellule 7
Avocat requérantFAINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 novembre 2022 et un mémoire enregistré le 17 avril 2024, M. B C, représenté par Me Faine, demande au tribunal d'annuler la décision du 14 octobre 2022, prise après avis du 27 septembre 2022 de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a rejeté son recours administratif préalable tendant au bénéfice de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement " (CMI-S).

Il soutient que :

- il a subi un accident quand il avait dix ans ; sa jambe gauche est deux centimètres plus courte que sa jambe droite ; il souffre de maux de dos et de jambes ; il a subi une intervention chirurgicale mais ne peut pas en subir une seconde en raison de risques de paralysie ; il reçoit des infiltrations pour diminuer la douleur ;

- il a du mal à marcher et à rester debout plus de quinze minutes ; il ne peut pas exercer de travail physique ; son épouse l'aide au quotidien ;

- l'expert désigné par le tribunal judiciaire a relevé une incapacité de 50 % à 78 %, avec restrictions substantielles et durables d'accès à l'emploi ; la décision contestée est donc entachée d'une erreur de fait.

Par deux mémoires enregistrés le 9 janvier 2023 et le 22 avril 2024 (non communiqué), le département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges visés audit article.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. D a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a sollicité la CMI-S auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de la Haute-Garonne le 19 octobre 2021. Par décision du 7 juillet 2022, prise après avis du 5 juillet 2022 de la CDAPH, le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a refusé la délivrance de la CMI-S. Par une décision du 14 octobre 2022, prise après avis du 27 septembre 2022 de la CDAPH, le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a rejeté le recours administratif préalable présenté par le requérant et confirmé sa décision de rejet. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 14 octobre 2022.

2. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles " ALa carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ". Aux termes de l'article L. 241-6 du même code : " I.- La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour () apprécier : () si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution () de la carte "mobilité inclusion" mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code () ".

3. Aux termes de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles : " I.- La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l'article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d'évaluer sa capacité de déplacement () IV.- Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur () ". Aux termes enfin de l'annexe à l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles, concernant le critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : " 1. La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; - ou la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie () 3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la mention " stationnement pour personnes handicapées " de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n'est cependant pas nécessaire que l'état de la personne soit stabilisé. Lorsque les troubles à l'origine des difficultés de déplacement ont un caractère évolutif, la durée d'attribution de cette carte tient compte de l'évolutivité potentielle de ceux-ci ". Aux termes de l'article R. 241-15 du code de l'action sociale et des familles : " La carte mobilité inclusion peut être attribuée à titre définitif ou à durée déterminée, dans ce cas cette dernière ne peut être inférieure à un an, ni excéder vingt ans. () ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.

5. Pour contester le refus de sa demande de CMI-S, M. C fait valoir qu'il a du mal à marcher et à rester debout plus de quinze minutes. A l'appui de ses allégations, il produit plusieurs certificats médicaux faisant état de ses pathologies. Il résulte de l'instruction et notamment d'un certificat médical établi par un médecin généraliste le 23 novembre 2022 que le requérant a besoin d'être aidé en permanence par sa conjointe pour les activités de la vie quotidienne. Il résulte également d'un certificat médical établi par un autre médecin généraliste le 21 juillet 2022 que M. C est dans une situation " qui l'empêche d'avoir une activité quotidienne normale ". Toutefois, ces seuls éléments sont insuffisants pour regarder M. C comme satisfaisant aux conditions d'octroi de la CMI-S, lesquelles impliquent notamment une limitation à moins de 200 mètres de son périmètre de marche ou un besoin d'aide humaine ou technique pour ses déplacements. En outre, il résulte également de l'instruction et notamment d'un certificat médical en date du 1er juillet 2021 que le requérant peut parvenir à marcher trente minutes chaque jour. Par ailleurs, si M. C se prévaut d'un jugement du tribunal judiciaire de Toulouse du 9 janvier 2024, ce jugement s'est prononcé sur le droit à l'allocation adulte handicapé de M. C qui lui a été reconnu pour cinq ans à compter du 19 octobre 2021 et ne s'est pas prononcé sur la réduction importante et durable de sa capacité et son autonomie de déplacement à pied, au sens de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles. Par suite, M. C n'est pas fondé à demander l'octroi de la CMI-S. Il peut, en fonction de l'évolution de son état de santé, faire une nouvelle demande auprès de la MDPH, dès lors qu'il justifie remplir l'un des critères d'attribution de la CMI-S.

6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 14 octobre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de CMI-S.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B C et au département de la Haute-Garonne.

Copie en sera délivrée à la maison départementale des personnes handicapées de la Haute-Garonne.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.

Le magistrat désigné

Alain DLa greffière,

Sandrine Furbeyre

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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