LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206955

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206955

mercredi 29 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206955
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL COUBRIS, COURTOIS & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, trois mémoires et un mémoire en production de pièces, enregistrés les 2 décembre 2022, 23 février, 23 avril, 2 et 4 décembre 2024, Mme A C, assistée par Mme D B, sa mère, en qualité de curatrice, représentée par Me Coubris, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales à lui verser la somme totale d'un montant de 4 764 477,78 euros, assortie des intérêts au taux légal dus à compter de l'introduction de la présente requête, en réparation des préjudices qu'elle impute à l'accident médical non fautif dont elle a été victime le 10 juin 2015 lors de sa prise en charge par le centre hospitalier d'Albi ;

2°) de déduire la somme totale de 103 462,01 euros versée à titre provisionnel par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales ;

3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales la somme de 6 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- les conditions de l'indemnisation des préjudices par l'ONIAM sont remplies, sur le fondement de l'article L. 1142-1 II du code de la santé publique et de l'article D. 1142-1 du même code, en raison de l'accident médical non fautif dont elle a été victime le 10 juin 2015 au cours de sa prise en charge pour une interruption volontaire de grossesse ;

- s'agissant des dépenses de santé actuelles : les frais de psychothérapie ne sont pas mentionnés dans le protocole transactionnel provisionnel ; le déchaussement de sa dent n° 41 est survenu dans les suites de sa prise en charge ; le lien de causalité entre ses soins dentaires et sa prise en charge est établi ; elle a bénéficié de séances de psychomotricité dès l'année 2016 à raison d'une séance par semaine d'avril à décembre 2016 qui n'ont été que partiellement prises en compte par la caisse primaire d'assurance maladie ;

- elle n'a bénéficié d'aucune aide financière au titre du besoin d'aide humaine ; le bénéfice de la prestation de compensation du handicap lui a été refusée ;

- le besoin en aide humaine futur est certain et déterminé de sorte qu'elle doit bénéficier de la capitalisation de cette somme ; un versement sous forme de rente serait source de difficulté ; elle ne perçoit aucune aide à ce titre ; l'ONIAM ne démontre pas les raisons qui laisseraient craindre une mauvaise gestion des fonds de sa curatrice ;

- il n'y a pas lieu d'appliquer une quelconque perte de chance s'agissant des pertes de gains futurs ; elle est privée d'exercer un emploi uniquement en raison des séquelles de son accident anesthésique ; l'absence de revenus antérieurs à l'accident ne saurait exclure, par principe, le droit à indemnisation au titre de la perte de gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle ;

- s'agissant du préjudice sexuel, la requérante n'a pu nouer aucune relation affective stable, en raison de ses séquelles cognitives et de son isolement social ; elle est privée de toute vie intime ;

- le montant total des préjudices subis s'élève à 4 764 477,78 euros, lequel se décompose comme suit :

* 7 381,34 euros au titre des dépenses de santé actuelles ;

* 957,71 euros au titre des frais divers ;

* 275 115,06 euros au titre de l'assistance à tierce personne avant la date de consolidation ;

* 8 596,08 euros au titre des pertes de gains professionnels actuels ;

* 1 819 euros au titre des dépenses de santé futures ;

* 3 158 095,96 euros au titre de l'assistance à tierce personne postérieure à la date de consolidation ;

* 501 332,92 euros au titre des pertes de gains professionnels futurs ;

* 50 000 euros au titre de l'incidence professionnelle ;

* 54 243,75 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

* 50 000 euros au titre des souffrances endurées ;

* 5 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;

* 518 935,96 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

* 30 000 euros au titre du préjudice d'agrément ;

* 3 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;

* 50 000 euros au titre du préjudice sexuel ;

* 50 000 euros au titre du préjudice d'établissement.

Par trois mémoires en défense, enregistrés le 16 mai 2023 et le 2 mai et le 10 décembre 2024, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales, représenté par Me Ravaut, conclut :

1°) à ce que les prétentions indemnitaires et la demande formulée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soient ramenées à de plus justes proportions ;

2°) au rejet des demandes indemnitaires présentées au titre des dépenses de santé actuelles, des pertes de gains professionnels actuels, de l'incidence professionnelle, des frais de véhicule adapté.

Il fait valoir que :

- il n'entend pas contester devoir indemniser les préjudices résultant de l'accident médical non fautif dont Mme C a été victime le 10 juin 2015 ;

- les prétentions indemnitaires doivent être ramenées à de plus justes proportions, en particulier les préjudices portant sur les souffrances endurées, le déficit fonctionnel permanent, les préjudices esthétiques, le préjudice d'agrément et le préjudice sexuel ;

- les frais restés à la charge de Mme C relatifs aux séances de psychothérapie d'un montant de 300 euros ont d'ores-et-déjà faits l'objet d'une indemnisation ; le protocole d'indemnisation transactionnelle provisionnelle régularisé le 10 juillet 2019 indemnise les dépenses de santé actuelles pour un montant total de 640,84 euros qui comprend le tabouret de douche pour un montant de 49 euros, la prestation de santé pour un montant de 131,84 euros, la consultation du médecin de tutelle pour un montant de 160 euros et les séances de psychothérapie pour un montant de 300 euros ; aucun des rapports d'expertise ne retient que les frais dentaires seraient en lien avec l'accident médical non fautif ; si l'intéressée s'appuie sur une fiche de transmission des infirmières qui constate effectivement le déchaussement d'une dent, l'origine de ce déchaussement est inconnue ; le lien de causalité entre l'altération de la dentition de la requérante et le choc allergique sévère dont elle a été victime n'est pas rapporté ; les notes d'honoraires sont postérieures de plusieurs années après l'intervention et la facture du 13 septembre 2016 porte sur des soins dentaires relatifs à d'autres dents que la dent n°41 ; en tout état de cause, elle n'établit pas les sommes réellement restés à sa charge et qui seules peuvent faire l'objet d'une prise en charge par la solidarité nationale ;

- l'indemnisation des frais divers doit être limitée à la somme de 35 euros qui correspond à l'achat des barres de redressement et aux frais d'envoi de lettre recommandée avec accusé de réception ; les frais d'expertise ont été indemnisés à hauteur de 700 euros ; les frais d'aménagement de la salle de bains ont déjà été pris en charge à titre provisionnel ; s'agissant du matériel dentaire, les allégations ne sont assorties d'aucune pièce médicale ; les frais de copie du dossier ont été réglés par une victime indirecte et ne peuvent donc faire l'objet d'une indemnisation ;

- le taux horaire de l'assistance par tierce personne doit être fixé à 13 euros ; compte tenu du nombre de jours écoulés et de la durée annuelle retenue, l'indemnisation de ce poste de préjudice doit être évaluée à 84 081,87 euros ;

- après déduction des indemnités journalières et de l'allocation adulte handicapés, la perte de gains professionnel pour la période du 12 juin 2015 au 12 avril 2021 n'est pas établie ;

- s'agissant des dépenses de santés futures, les frais de psychomotricité s'élèvent à 621 euros ; les experts n'ont pas retenu de nécessité de suivi d'une psychothérapie après consolidation et en tout état de cause la requérante n'apporte aucun élément permettant d'établir que ces frais n'auraient pas été pris en charge, au moins partiellement par une complémentaire santé ;

- s'agissant du besoin d'assistance par tierce personne viager, les experts l'ont évalué à 6 heures par jour ; une rente sera fixée pour ce poste de préjudice ; pour la période du 13 avril 2021 au 31 décembre 2023 elle doit être évaluée à 87 427,53 euros ; et pour la période courant à compter du 1er janvier 2024 elle doit être évaluée à 32 136 euros par an ;

- Mme C ne travaillant pas depuis plus de dix mois au jour de la survenance de l'accident médical et en tenant compte de son parcours professionnel, les pertes de gains professionnels doivent être évaluées en retenant une perte de chance de 80% de retrouver un emploi ; après déduction de sa pension d'invalidité et de l'allocation adulte handicapée, ce poste de préjudice doit être évalué à la somme de 266 216,81 euros ;

- s'agissant de l'incidence professionnelle aucun sentiment de dévalorisation sociale imputable à l'accident médical n'est caractérisé dès lors que Mme C présentait de nombreuses périodes sans emploi avant l'accident ; l'indemnisation des pertes de gains professionnels futurs permet à la victime un maintien du niveau de vie antérieur après son départ à la retraite ;

- s'agissant des frais de véhicule adapté, la requérante est actuellement dans l'impossibilité de conduire compte tenu des importantes séquelles cognitives dont elle souffre ; dans l'hypothèse où son état de santé s'améliorerait dans le futur, lui permettant de reprendre une conduite automobile, elle bénéficierait des dommages intérêts alloués au titre de l'assistance par tierce personne dont l'évaluation prend en compte son besoin d'assistance pour se déplacer ;

- s'agissant du déficit fonctionnel temporaire, la base journalière peut être portée à 16 euros par jour ; une somme complémentaire de 12 398,75 euros pourra lui être accordée à ce titre ;

- la demande d'intérêt sera rejetée dès lors qu'il a été diligent pour formuler une offre d'indemnisation amiable et que la requérante a choisi de quitter la voie amiable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Péan, rapporteure,

- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique,

- et les observations de Me Coubris, représentant Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Le 10 juin 2015, Mme C a été prise en charge par le centre hospitalier d'Albi pour une intervention volontaire de grossesse par aspiration chirurgicale. Au décours de l'induction anesthésique, pratiquée sous célocurine (curare), Mme C a été victime d'un collapsus cardiovasculaire, d'une bradycardie sévère et d'un bronchospasme sévère, signes d'un choc allergique sévère. Malgré la mise en œuvre de mesures de réanimation immédiates, puis de traitements médicaux spécialisés et d'une rééducation, Mme C a conservé d'importantes séquelles cognitives et praxiques. La commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales a rendu des avis le 5 octobre 2016, le 15 novembre 2018 et 3 mars 2022, à la suite des rapports d'expertise rendus le 22 juillet 2016, le 20 septembre 2018 et le 11 janvier 2022 et a retenu que les séquelles dont souffre Mme C résultent d'un accident médical non fautif. Par des protocoles d'indemnisation transactionnelle provisionnelle des 3 mars 2017, 1er avril et 10 juillet 2019, Mme C a accepté les offres provisionnelles formulées par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales (ONIAM) pour un montant total de 103 462,01 euros. La dernière expertise ayant permis de fixer une date de consolidation de son état de santé, l'ONIAM a adressé à Mme C un protocole d'indemnisation transactionnelle définitif. Mme C, ayant écarté cette offre, demande au tribunal de condamner l'ONIAM à lui verser une somme totale de 4 661 015,77 euros, après déduction des sommes qu'elle a perçues à titre provisionnel, en réparation des préjudices qu'elle impute à l'accident médical non fautif qu'elle a subi.

Sur l'indemnisation au titre de la solidarité nationale :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 II du code de la santé publique : " () II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Aux termes de l'article L. 1142-22 du même code : " L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est un établissement public à caractère administratif de l'Etat, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé. Il est chargé de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, dans les conditions définies au II de l'article L. 1142-1 () des dommages occasionnés par la survenue d'un accident médical (). ". Aux termes de l'article L. 1142-20 du même code : " La victime, ou ses ayants droit, dispose du droit d'action en justice contre l'office si aucune offre ne lui a été présentée ou si elle n'a pas accepté l'offre qui lui a été faite. () ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. () ".

3. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1 du code de la santé publique précité, soit 24 %. D'autre part, le refus par la victime de l'offre adressée par l'ONIAM en vertu de l'article L. 1142-17 du code de la santé publique rend celle-ci caduque, de sorte que l'office s'en trouve délié et qu'il appartient à la juridiction, saisie par la victime comme le lui permet l'article L. 1142-20 du même code, de statuer tant sur l'existence que sur l'étendue de ses droits.

4. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 22 juillet 2016, dont les conclusions ne sont pas contestées par l'ONIAM, qu'aucune faute, à l'origine des séquelles dont souffre Mme C, ne peut être imputée au centre hospitalier d'Albi, lequel a procédé à une prise en charge gynécologique et anesthésique de la patiente dans les règles de l'art. Il en résulte également que les dommages subis par Mme C ont pour origine un acte de soin, à savoir l'anesthésie dont elle a bénéficié pour une intervention chirurgicale et qui est à l'origine d'un choc allergique sévère (de grade 4) ayant entrainé un manque d'oxygénation et une souffrance de ses organes (cerveau, foie, rein) pendant une trentaine de minutes. Il résulte par ailleurs de l'instruction que les dommages que la requérante a subis ont entraîné des séquelles constitutives d'un déficit fonctionnel permanent de 70% et que cette complication constitue une conséquence anormale, caractérisée par la réalisation d'un risque inhérent à l'acte chirurgical et qui ne pouvait être maitrisé et que les séquelles dont est atteinte Mme C sont notablement plus graves que celles auxquelles elle était exposée en l'absence d'intervention et sont donc anormales au regard de l'état de santé de l'intéressée comme de l'évolution prévisible de celui-ci au sens des dispositions précitées du code de la santé publique. Par suite, Mme C est fondée à demander au titre de la solidarité nationale la réparation intégrale de cet accident médical non fautif et de ses conséquences dommageables.

Sur l'évaluation des préjudices :

5. La date de consolidation de l'état de santé de Mme C a été fixée à la date, non contestée, du 12 avril 2021.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux avant consolidation :

Quant aux dépenses de santé actuelles :

6. Mme C fait valoir que plusieurs actes paramédicaux sont restés à sa charge. S'agissant tout d'abord des frais de psychothérapie, il résulte de l'instruction que les frais de psychothérapie ont été pris en charge par l'ONIAM au titre du protocole transactionnel provisionnel du 10 juillet 2019 pour un montant de 300 euros. Ensuite, Mme C soutient qu'elle a dû bénéficier de séances de psychomotricité avant l'année 2022. Il résulte à cet égard de l'instruction qu'elle a effectivement été prise en charge par une psychomotricienne au cours de l'année 2016, qu'elle a bénéficié de 25 séances d'une durée de 45 minutes et d'un bilan pour un montant total de 870 euros. Toutefois, la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn lui a accordé une aide de 700 euros et sa mutuelle a pris en charge le reliquat de 170 euros. En outre, il résulte de l'instruction que la somme de 240 euros exposée pour des séances d'ostéopathie les 12 et 25 septembre et 3 et 25 octobre 2016 et la somme de 268 euros au titre d'un reste à charge afférent à sa prise en charge au sein du pôle santé " la Reviscolada " ont été prises en charge par sa mutuelle. En revanche, il résulte de l'instruction que la somme de 103,44 euros au titre de la franchise de la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn n'a pas été prise en charge par sa mutuelle. Enfin, Mme C fait valoir qu'elle a dû subir de nombreux soins dentaires liés à une altération de la dentition en raison de la longue phase de réanimation et des infections qu'elle a engendrée. Elle produit à cet égard une fiche de transmission des infirmières du 21 juin 2015 qui mentionne " incisive n° 41 déchaussée ". Toutefois, outre que Mme C ne produit aucune facture afférente à l'incisive n° 41, il ne résulte d'aucun des rapports d'expertise que les problèmes de dentition dont elle a souffert seraient en lien direct et certain avec l'accident médical non fautif dont elle a été victime. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que ces frais ont été pris en charge par sa mutuelle. Dans ces conditions, il y a lieu d'accorder à Mme C la somme de 103,44 euros au titre des dépenses de santé actuelles.

Quant aux frais divers :

7. Mme C justifie avoir exposé des frais de médecin conseil pour un montant total de 352 euros. Elle justifie également avoir acquis du matériel afin de faciliter son hygiène bucco-dentaire compte tenu de son handicap pour un montant de 113,99 euros, de barres à ventouse, d'un tapis de bain anti-dérapant, d'un tabouret de douche pour un montant total de 180,84 euros, de barres de relèvement pour un montant de 24,60 euros. Il résulte également de l'instruction que l'ONIAM a versé à Mme C une somme forfaitaire de 700 euros au titre des frais d'assistance à expertise et de 180,84 euros au titre de l'acquisition de matériel. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que Mme B, la mère de Mme C, a sollicité la copie des dossiers médicaux de sa fille afin de pouvoir déterminer l'origine des dommages subi par Mme C. Si l'ONIAM fait valoir que cette somme ne peut être prise en compte dès lors que l'indemnisation des victimes indirectes est exclue lorsque la victime directe n'est pas décédée, il résulte toutefois de l'instruction qu'au mois de novembre 2015, Mme C était dans l'incapacité de formuler de telles demandes et qu'elle n'était pas encore placée sous curatelle renforcée. Ainsi, au regard des justificatifs produits, il y a lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce de mettre cette somme à la charge de l'ONIAM, tout comme les frais d'envoi en lettre recommandé avec accusé de réception des demandes relatives à cette transmission, dont la prise en charge n'est en revanche pas contestée par l'ONIAM. Dans ces conditions, au regard de l'ensemble des justificatifs fournis et déduction faite des sommes qui lui ont déjà été versées, la requérante a droit au versement d'une somme de 76,87 euros au titre de ce poste de préjudice.

Quant à l'assistance par une tierce personne :

8. Il résulte de l'instruction qu'entre le 4 décembre 2015 et le 12 avril 2021, l'état de santé de Mme C a nécessité l'aide d'une tierce personne à hauteur de 6 heures par jour, à raison de 4 heures actives par jour pour l'aide, la supervision et la stimulation cognitive et de 2 heures passives par jour pour l'assister dans les tâches de la vie quotidienne et les transports. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ces besoins sur la base d'une année de 412 jours. L'aide nécessaire ayant été dispensée par sa mère, pour laquelle il ne résulte pas de l'instruction que Mme C ait obtenu une aide de nature à compenser ce préjudice, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en l'indemnisant, pour la période concernée, sur la base d'un taux horaire moyen de 17 euros, compte tenu des cotisations dues par l'employeur et des majorations de rémunération pour travail les jours fériés. Ainsi, après déduction de la somme d'un montant de 88 219,92 euros déjà versée par l'ONIAM à titre transactionnel, Mme C peut prétendre à ce titre à une somme de 137 097,80 euros.

Quant aux pertes de gains professionnels actuels :

9. Mme C soutient que l'accident médical non fautif dont elle a été victime est à l'origine de pertes de gains professionnels pour la période du 12 juin 2015 au 12 avril 2021. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait subi, durant cette période, des pertes de revenus professionnels supérieures aux montants qui lui ont été alloués au titre des indemnités journalières, de la pension d'invalidité et de l'allocation aux adultes handicapés. Par suite, ses conclusions indemnitaires à ce titre doivent être rejetées.

En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux avant consolidation :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

10. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme C a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 11 juin 2015 au 3 décembre 2015, abstraction faite du temps de convalescence normal d'une interruption volontaire de grossesse, d'une journée, puis un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe IV du 4 décembre 2015 au 12 avril 2021. Par suite, sur la base d'une indemnisation de 20 euros par jour de déficit fonctionnel temporaire total et déduction faite de la somme totale de 13 901,25 euros déjà versée par l'ONIAM à titre provisionnel, il sera fait une exacte appréciation du préjudice subi par la requérante au titre du déficit fonctionnel temporaire en l'évaluant à la somme de 18 953,75 euros.

Quant aux souffrances endurées :

11. Il résulte de l'instruction, que Mme C a subi des souffrances évaluées par l'expert à un niveau de 5 sur une échelle de 1 à 7, lesquelles résultent notamment de de sa longue période d'hospitalisation, du suivi prolongé par l'unité d'évaluation de réentrainement et d'orientation sociale et professionnelle et des nombreux soins paramédicaux nécessités par son état de santé. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à Mme C la somme de 17 000 euros.

Quant au préjudice esthétique temporaire :

12. Il résulte du rapport d'expertise, que Mme C a subi un préjudice temporaire évalué à 2 sur une échelle de 1 à 7 résultant d'une trachéotomie, d'une gastrostomie au cours du mois de juin 2015 et d'une prise de poids importante en raison du traitement médicamenteux suivi. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à Mme C une somme de 3 000 euros à ce titre.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux après consolidation :

Quant aux dépenses de santé futures :

13. Mme C fait valoir que plusieurs actes paramédicaux seraient restés à sa charge postérieurement à la date de sa consolidation. S'agissant des frais supplémentaires liés au suivi d'une psychothérapie, il résulte de l'instruction que l'intéressée montre toujours des symptômes liés à un syndrome post traumatique de son accident et qu'elle a été orientée vers une psychologue spécialisée en EMDR et hypnose Ericksonienne. Ces soins nécessités par les troubles psychologiques subis par Mme C sont en lien direct et certain avec l'accident médical non fautif dont elle a été victime. Mme C justifie avoir exposé à ce titre une somme totale de 250 euros pour 5 séances et il résulte de l'instruction qu'elle n'a bénéficié d'aucune prise en charge de ces soins. Mme C soutient également qu'elle a dû bénéficier de séances complémentaires de psychomotricité au cours des années 2022 et 2023. Il résulte à cet égard de l'instruction qu'elle a été effectivement prise en charge par une psychomotricienne au cours de l'année 2022 à raison de 7 séances et de 30 séances au titre de l'année 2023. Si la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn lui a accordé une aide de 600 euros, il résulte de l'instruction que Mme C n'a bénéficié d'aucune prise en charge pour le reliquat resté à sa charge. Elle justifie ainsi avoir exposé une somme de 600 euros à ce titre. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la somme de 19,90 euros au titre de frais de pharmacie a été prise en charge par sa mutuelle. Enfin, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, il ne résulte pas de l'instruction que l'altération de sa dentition serait en lien direct et certain avec l'accident médical non fautif dont elle a été victime. Dans ces conditions, il y a lieu d'accorder à Mme C la somme de 850 euros au titre des dépenses de santé futures.

Quant à l'assistance par une tierce personne :

14. Il résulte de l'instruction qu'entre le 12 avril 2021 et la date du présent jugement, l'état de santé de Mme C a nécessité l'aide d'une tierce personne à hauteur de 6 heures par jour, à raison de 4 heures actives par jour pour l'aide, la supervision et la stimulation cognitive et de 2 heures passives par jour pour l'assister dans les tâches de la vie quotidienne et les transports. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ces besoins sur la base d'une année de 412 jours. L'aide nécessaire ayant été dispensée par sa mère, pour laquelle il ne résulte pas de l'instruction que Mme C ait obtenu une aide de nature à compenser ce préjudice, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en l'indemnisant, pour la période concernée, sur la base d'un taux horaire moyen de 19 euros, compte tenu des cotisations dues par l'employeur et des majorations de rémunération pour travail les jours fériés. Ainsi, Mme C peut prétendre à ce titre à une somme de 178 607,08 euros.

15. Il résulte de l'instruction que postérieurement à la date du présent jugement, l'état de Mme C nécessite l'assistance d'une tierce personne pour l'assister dans les tâches de la vie quotidienne, dans les mêmes conditions que celles énoncées au point précédent.

16. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel du préjudice résultant pour elle de la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne dans les actes de la vie quotidienne, il détermine d'abord l'étendue de ces besoins d'aide et les dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime. Par ailleurs le 3 de l'article 199 sexdecies du code général des impôts ouvrant droit à des réductions d'impôt pour les sommes versées au titre de la rémunération des services à la personne, précise que l'assiette des dépenses qui ouvrent droit à cet avantage fiscal ne comprend que les dépenses effectivement supportées par le contribuable, ce qui en exclut les dépenses faisant l'objet d'une indemnisation par l'auteur d'un dommage corporel au titre du besoin d'assistance par tierce personne qui y est lié. Ainsi, lorsqu'il arrête le montant dû en réparation des frais d'assistance à tierce personne qui seront exposés postérieurement à sa décision, il appartient au juge d'allouer une indemnité permettant de prendre en charge le besoin d'assistance de la victime, sans qu'il y ait lieu d'opérer de déduction au titre du crédit d'impôt, que celle-ci ait recours à une assistance salariée ou à un membre de sa famille ou un proche. La réparation intégrale ainsi accordée fera obstacle à ce que le contribuable puisse bénéficier du crédit d'impôt au titre des prestations de service assurées par un salarié ou une association, une entreprise ou un organisme déclaré et dont cette indemnité aura permis la prise en charge.

17. S'agissant en l'espèce d'une assistance non spécialisée pour laquelle il ne résulte pas de l'instruction que Mme C ait obtenu une aide de nature à compenser ce préjudice, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en l'indemnisant sur la base d'un taux horaire moyen de 23,50 euros, des frais d'assistance par tierce personne à hauteur de 58 092 euros par an. Par suite, l'ONIAM versera à Mme C une rente annuelle d'un montant de 58 092 euros en réparation du préjudice afférent aux besoins futurs d'assistance par une tierce personne, revalorisée en application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale, et, sous réserve, le cas échéant, de la déduction des aides perçues à ce titre et d'une prise en charge éventuelle par la sécurité sociale.

Quant aux frais de logement et de véhicule adapté :

18. L'autorité relative de la chose jugée ne peut être utilement invoquée en l'absence d'identité d'objet, de cause et de parties. L'autorité de chose jugée attachée au jugement rendu sur une demande indemnitaire porte sur l'ensemble des chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime, causés par le même fait générateur et dont elle supporte la charge financière, à l'exception de ceux qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, se sont aggravés ou ne se sont révélés dans toute leur ampleur que postérieurement à la première réclamation préalable de la victime ou de ceux qui ont été expressément réservés dans sa demande.

19. En l'espèce, Mme C a, de manière constante, expressément réservé l'indemnisation des postes de préjudices suivants : " logement adapté ", " véhicule adapté ". Ce faisant, elle doit être regardée comme ayant exclu ces postes de préjudices de l'objet de sa demande indemnitaire. Il découle des principes rappelés au point précédent que Mme C conservera la faculté, si elle se croit fondée à le faire, de présenter une nouvelle demande indemnitaire portant spécifiquement sur ces postes de préjudices.

Quant aux pertes de gains professionnels futurs :

20. Il résulte de l'instruction que durant la période s'échelonnant du 12 avril 2021 à la date du présent jugement, compte tenu de la rémunération qui était celle de Mme C avant l'accident médical non fautif, la perte de revenus de cette dernière s'est élevée à un montant de 39 696,80 euros. Compte tenu de la pension d'invalidité qu'elle a perçue et des sommes qui lui ont été versées au titre de l'allocation adulte handicapée, la perte effective de revenus de Mme C s'établit pour cette période à la somme de 19 384,01 euros et il y a lieu d'en fixer l'indemnisation à ce montant.

21. S'agissant de la période postérieure au présent jugement, compte tenu du revenu annuel qui était le sien, en moyenne de 10 440 euros par an, déduction faite du capital invalidité qu'elle a perçu et après application du coefficient de rente viagère pour une femme âgée de quarante et un ans à la date d'attribution de 57,824 issu du barème de la Gazette du Palais 2022 tenant compte de la reprise de l'inflation, il sera fait une juste appréciation des pertes de revenus futurs subies par Mme C postérieurement à la date du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'appliquer un taux de perte de chance, en les évaluant à 475 995,61 euros.

Quant à l'incidence professionnelle :

22. Il résulte de l'instruction qu'en raison des séquelles cognitives et praxiques dont elle est atteinte, Mme C ne peut reprendre aucune activité professionnelle à temps partiel ou à temps plein. Compte tenu de son âge, de sa qualification professionnelle et de ses chances de maintenir durablement le niveau de revenu qui était le sien, il sera fait une juste appréciation du préjudice lié à l'incidence professionnelle des séquelles dont elle souffre en l'évaluant à 50 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux après consolidation :

Quant au déficit fonctionnel permanent :

23. Il résulte de l'instruction que Mme C reste atteinte d'un déficit fonctionnel permanent dont le taux doit être fixé à 70 %. Dans les circonstances de l'espèce et compte tenu de l'âge de la requérante à la date de la consolidation intervenue le 12 avril 2021, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 300 000 euros.

Quant au préjudice d'agrément :

24. Si Mme C fait valoir qu'elle ne peut plus pratiquer ses activités de loisirs, telles que la danse, la natation et le renforcement musculaire, la seule attestation produite établie par sa mère ne permet pas d'établir qu'elle pratiquait ces activités avec une intensité telle que cela justifierait une indemnisation distincte de celle déjà accordée au titre du déficit fonctionnel permanent.

Quant au préjudice sexuel :

25. Il résulte du rapport d'expertise que les troubles dont souffre Mme C ne lui permettent plus " d'avoir une vie affective harmonieuse et habituelle pour une femme de son âge ". Il sera fait une juste appréciation du préjudice sexuel subi, lié notamment à un trouble de la relation affective compte tenu des séquelles cognitives, en l'évaluant à une somme de 15 000 euros.

Quant au préjudice esthétique permanent :

26. S'il résulte du rapport d'expertise que l'expert a évalué ce préjudice à 1 sur une échelle de 1 à 7, il résulte de l'instruction que Mme C conserve des séquelles liées non seulement à la présence de deux cicatrices, en raison de la gastrostomie et de la trachéotomie, mais également à ses troubles cognitifs. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice à hauteur de 2 500 euros.

Quant au préjudice d'établissement :

27. Il résulte du rapport d'expertise que les séquelles dont est atteinte Mme C ont affecté et affectent toujours la qualité de la relation avec sa fille, âgée de 13 ans au moment de l'accident médical non fautif. En outre, il résulte également de l'instruction que lesdites séquelles l'empêchent de nouer une relation sentimentale et de se projeter dans un quelconque projet conjugal ou familial. Compte tenu de son âge, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi à ce titre par Mme C en l'évaluant à la somme de 25 000 euros.

28. Il résulte de tout ce qui précède que l'ONIAM doit être condamné à verser à Mme C une somme totale de 1 243 568,56 euros, ainsi qu'une rente annuelle d'un montant de 58 092 euros, indexée conformément aux modalités prévues au point 17.

Sur les intérêts au taux légal :

29. Mme C demande que l'indemnité qui lui est allouée en réparation de ses préjudices soit assortie des intérêts au taux légal. Il y a lieu d'y faire droit à compter, comme elle le demande, du 2 décembre 2022, date d'enregistrement de sa requête auprès du greffe du tribunal.

Sur les frais liés au litige :

30. Aucun dépens n'ayant été exposé au cours de cette instance, les conclusions présentées à ce titre par Mme C ne peuvent qu'être rejetées. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM le versement à Mme C d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'ONIAM versera à Mme C une somme totale de 1 243 568,56 euros. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 2 décembre 2022.

Article 2 : L'ONIAM versera à Mme C une rente annuelle payable à terme échu, dont le montant, fixé à 58 092 euros à la date du présent jugement, sera revalorisé par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale et minoré, le cas échéant, des aides perçues au titre de l'aide à la personne et de la prise en charge par la sécurité sociale.

Article 3 : Les droits de Mme C, au titre des postes de préjudices " logement adapté " et " véhicule adapté ", sont réservés.

Article 4 : L'ONIAM versera à Mme C une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les conclusions des parties sont rejetées pour le surplus.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Mme D B et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et infections nosocomiales.

Délibéré après l'audience du 15 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Viseur-Ferré, présidente,

- Mme Préaud, conseillère,

- Mme Péan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2025.

La rapporteure,

C. PÉANLa présidente,

C. VISEUR-FERRÉ

La greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions