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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206999

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206999

mardi 17 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206999
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantBLANQUET RONAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a examiné la requête de la SARL Le Calys contestant le taux majoré de 16 % de la taxe d'aménagement appliqué à son projet immobilier, sur le fondement des articles L. 331-14 et L. 331-15 du code de l'urbanisme. La société soutenait que la délibération de Toulouse Métropole fixant ce taux était illégale, faute de démontrer la nécessité et la proportionnalité du taux majoré au regard du coût des équipements publics. Le tribunal a rejeté l'ensemble des conclusions de la requête, jugeant que le moyen tiré de l'illégalité de la délibération n'était pas fondé. En conséquence, la demande de décharge partielle de la taxe et les conclusions accessoires ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 décembre 2022, 3 janvier 2024 et 2 mai 2025, la société à responsabilité limitée (SARL) Le Calys, représentée par Me Blanquet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite née le 7 octobre 2022 par laquelle la direction départementale des finances publiques du Tarn a refusé de lui accorder la décharge, à concurrence de la somme de 496 341 euros, de la taxe d'aménagement mise à sa charge, par deux titres de perception émis les 11 mars 2020 et 18 mars 2021 pour un montant total de 780 611 euros, à raison d'une opération immobilière autorisée par un permis de construire du 18 février 2019 délivré par le maire de L'Union ;

2°) de prononcer la décharge de cette somme de 496 341 euros, assortie des intérêts moratoires visés à l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ou des intérêts au taux légal à compter de son versement, majoré de 5 points en application de l'article L. 332-30 du code de l'urbanisme, et de leur capitalisation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le taux de la taxe d'aménagement est, en principe, compris entre 1 et 5 % ; le taux de la taxe d'aménagement majoré en litige, de 16 %, résulte de la délibération du conseil de communauté de Toulouse Métropole du 7 novembre 2013 ;

- cette délibération méconnaît les articles L. 331-14 et L. 331-15 du code de l'urbanisme dès lors que le taux voté n'est ni nécessaire, ni proportionné ;

- la taxe d'aménagement majoré au niveau du secteur Gramont, hors de la ZAC, n'apparaissait pas nécessaire " en raison de l'importance des constructions nouvelles édifiées dans ces secteurs " ; Toulouse Métropole ne démontre pas l'importance des " constructions nouvelles " précisément édifiées dans le secteur Gramont ni que les travaux dont elle se prévaut auraient été rendus nécessaires en raison de l'importance des constructions nouvelles prévues dans le ou les secteurs ;

- la taxe d'aménagement a été détournée de son objet puisqu'elle résulte de l'instauration d'une ZAC dans laquelle des nouvelles constructions vont être édifiées (zone à urbaniser AU de 106 ha), à proximité immédiate du périmètre de taxe d'aménagement déjà bâti et pourvu en réseaux (zone U de 162,12 ha) ;

- la taxe d'aménagement doit correspondre au financement d'une fraction du coût de l'équipement et non faire supporter à un opérateur le coût d'un équipement profitant " à la population générale de la commune " ;

- Toulouse Métropole ne justifie pas l'emplacement précis des travaux " réalisés ", au ni leur teneur, ni leur coût ; aucune indication n'est donnée quant au calendrier prévisionnel de réalisation desdits travaux ;

- les aménagements visés par la délibération du 7 novembre 2013 concernent la population générale de la métropole ;

- le taux majoré doit être proportionné au coût des travaux prévus ;

- la délibération en cause souffre d'un défaut de motivation ; elle ne comporte aucune précision sur le montant des travaux en cause et sur la proportion de leur prise en charge et ne permet pas d'apprécier le caractère proportionné du taux au regard du coût des travaux projetés ;

- un taux de 5 % devait être appliqué ;

- le dégrèvement sollicité est égal à la différence entre le montant de l'assujettissement fixé au titre de la part communale de la taxe d'aménagement au taux de 20 % et le montant qui aurait été dû en cas d'application d'un taux de 5 %.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, le préfet de la Haute-Garonne, direction départementale des territoires, conclut au rejet de la requête en toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux frais liés à l'instance ou a minima, de les mettre à la charge de Toulouse Métropole.

Elle indique se rapporter aux écritures de Toulouse Métropole dès lors que l'illégalité de la délibération de Toulouse Métropole est excipée par la société requérante.

Par des mémoires, enregistrés les 7 juillet 2023, 13 février 2024, 28 avril 2025 et 27 mai 2025, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, Toulouse Métropole, représentée par son président en exercice, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la société requérante la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un courrier du 29 avril 2025, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions tendant au versement d'intérêts moratoires sur le fondement de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, en l'absence de litige né et actuel avec le comptable public.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Carotenuto,

- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,

- et les observations de Mme A, représentant Toulouse Métropole.

Considérant ce qui suit :

1. La société Modeo a obtenu, le 18 février 2019, un permis de construire qui a été transféré le 23 juillet 2029 à la SARL Le Calys portant sur la réalisation d'un ensemble de bureaux et commerces d'une surface plancher de 4983 m² sur un terrain situé 53, rue de Lavaur, à L'Union (31340), parcelles cadastrées section BN n°s 31, 40, 42, 82, 118, 119 et 120. Deux permis modificatifs des 7 février 2020 et 8 juin 2021 ont été, par la suite, délivrés portant sur l'ajustement de la surface de certaines parcelles, la modification de la façade et des stationnements extérieurs. Deux titres de perception, émis le 11 mars 2020, ont mis à la charge de la SARL Le Calys la somme de 390 306 euros au titre de la première échéance de la taxe d'aménagement ainsi que la somme de 16 225 euros au titre de la redevance d'archéologie préventive. Le 18 mars 2021, un nouveau titre de perception a été émis pour un montant de 390 305 euros au titre de la seconde échéance de la taxe d'aménagement, portant le montant total de ladite taxe à la somme de 780 611 euros. La direction départementale des territoires a accusé réception le 7 avril 2022 de la réclamation datée du 5 avril 2022 de la société requérante tendant à la décharge partielle de la taxe d'aménagement mise à sa charge et a implicitement rejeté sa demande. La SARL Le Calys demande au tribunal de la décharger à hauteur d'une somme de 496 341 euros du paiement de cette taxe.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge partielle :

2. Aux termes de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme : " Les opérations d'aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d'agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute nature soumises à un régime d'autorisation en vertu du présent code donnent lieu au paiement d'une taxe d'aménagement (). / Les redevables de la taxe sont les personnes bénéficiaires des autorisations mentionnées au premier alinéa du présent article (). / Le fait générateur de la taxe est, selon les cas, la date de délivrance de l'autorisation de construire () ". Aux termes de l'article L. 331-14 du même code : " Par délibération adoptée avant le 30 novembre, les communes ou établissements publics de coopération intercommunale bénéficiaires de la part communale ou intercommunale de la taxe d'aménagement fixent les taux applicables à compter du 1er janvier de l'année suivante. / Les communes ou établissements publics de coopération intercommunale peuvent fixer des taux différents dans une fourchette comprise entre 1 % et 5 %, selon les aménagements à réaliser, par secteurs de leur territoire () ". Aux termes de l'article L. 331-15 de ce code, dans sa version alors applicable : " Le taux de la part communale ou intercommunale de la taxe d'aménagement peut être augmenté jusqu'à 20 % dans certains secteurs par une délibération motivée, si la réalisation de travaux substantiels de voirie ou de réseaux ou la création d'équipements publics généraux est rendue nécessaire en raison de l'importance des constructions nouvelles édifiées dans ces secteurs. / Il ne peut être mis à la charge des aménageurs ou constructeurs que le coût des équipements publics à réaliser pour répondre aux besoins des futurs habitants ou usagers des constructions à édifier dans ces secteurs ou, lorsque la capacité des équipements excède ces besoins, la fraction du coût proportionnelle à ceux-ci. () ".

3. Il résulte de ces dispositions que la légalité d'une délibération prise sur le fondement de l'article L. 331-15 du code de l'urbanisme afin d'instaurer dans certains secteurs d'une commune un taux majoré pour le calcul de la taxe d'aménagement est subordonnée à la condition que ce taux soit proportionné au coût des travaux de voirie ou de création d'équipements publics rendus nécessaires en raison de l'importance des constructions nouvelles édifiées dans les secteurs en cause, et ne peut se déduire de la seule absence de tout élément permettant de considérer que les équipements et aménagements prévus excèderaient les besoins du secteur.

4. Pour contester le bien-fondé des titres en litige, la société requérante excipe de l'illégalité de la délibération n° DEL-13-733 du 7 novembre 2013 du conseil de communauté de Toulouse Métropole en tant qu'elle fixe un taux majoré de 16% pour la taxe d'aménagement secteur " Gramont ", communes de Balma, Toulouse et L'Union. Pour décider d'appliquer ce taux majoré, ladite délibération a mentionné qu'un certain nombre d'équipements publics étaient à réaliser et à financer pour assurer le développement urbain de ce secteur, au sein duquel est située la parcelle, assiette du projet autorisé, qui nécessitait des " investissements en termes de renforcement de voiries, de circulations douces, et de gestion des carrefours (), afin de permettre l'accueil dans de bonnes conditions du développement urbain. ". La délibération identifie les équipements publics à réaliser et à financer pour assurer le développement urbain du secteur, à savoir la sécurisation des abords de la RD112, de ses franchissements pour les modes doux et piétons, la réalisation d'une voirie structurante permettant de relier les voiries départementales RD64d, RD64, RD66 et RD112 afin de mieux organiser et répartir les flux à l'échelle du secteur, l'amélioration de la signalétique directionnelle de l'ensemble du secteur de Gramont, la sécurisation des modes doux entre le métro et le quartier de Vidailhan au travers de la ZAE de Prat Gimont, la réalisation d'un carrefour giratoire au niveau de la rue Saint Jean et de l'avenue des Arènes, l'amélioration du carrefour de la rue de la Tuilerie avec RD 64d St Jean et RD 64 Pompidou et la réfection de la rue Théron de Montaugé. Toutefois si les aménagements en cause, qui sont identifiés avec une précision suffisante, sont susceptibles de caractériser des travaux substantiels de voirie ou de réseaux au sens des dispositions précitées, Toulouse Métropole, qui ne peut utilement soutenir que la délibération contestée répond aux prescriptions énoncées dans la circulaire du 18 juin 2013 relative à la réforme de la fiscalité de l'aménagement, ne justifie pas que le taux de 16 % financera uniquement la quote-part des équipements rendus nécessaires en raison de l'importance des constructions nouvelles édifiées dans le secteur de Gramont et pour répondre aux seuls besoins des usagers des constructions à édifier. En outre, la délibération du 7 novembre 2013 ne comporte ni éléments chiffrés concernant les travaux de voirie ou de création d'équipements publics qui doivent être réalisés, ni calendrier prévisionnel des travaux. Si Toulouse Métropole précise, dans le dernier état de ses écritures, que le coût total des travaux en question s'élève à 23 327 880 euros alors que le produit de la part intercommunale majorée de taxe d'aménagement a généré, entre 2016 et 2023, 1 781 000 euros, les pièces produites ne permettent pas d'établir que le taux majoré de 16 % serait proportionnel au coût des travaux de voirie et de création d'équipements publics rendus nécessaires pour répondre aux seuls besoins des habitants et usagers des constructions nouvelles dans le secteur concerné. En particulier, si Toulouse Métropole produit le dossier de la concertation publique qui détaille les propositions d'aménagements multimodaux de la M112 (anciennement RD112) par " séquences ", à savoir " séquence 1 : la zone commerciale Balma-Gramont ", " séquence 2 : la montée jusqu'à la route de Gauré ", " séquence 3 : la section route de Gauré-giratoire Thégra " et " séquence 4 : la section giratoire Thégra-giratoire M59 ", ainsi qu'un tableau reprenant les estimations des aménagements nécessaires pour ces réaménagements, qui seraient évaluées à plus de 20 millions d'euros, d'une part, il ressort du dossier de concertation mis à la disposition du public qu'il excède les communes de l'Union, Balma et Toulouse et que notamment le réaménagement de la M112 vise à " desservir et accompagner le développement économique et démographique de l'Est de la Métropole " et " transformer " cette voie " en un axe moderne et intégré, capable de répondre aux besoins de mobilité et de développement durable " et d'autre part, Toulouse Métropole n'évalue pas la quote-part des travaux rendus obligatoires pour l'accueil des nouvelles constructions dans le secteur de la taxe d'aménagement alors qu'elle expose que la partie située dans le secteur de la taxe d'aménagement Gramont " correspond aux séquences 1, 2, une partie de la séquence 3, puis la séquence 4 selon le plan des propositions d'aménagement du dossier de concertation ". Au demeurant, Toulouse Métropole reconnaît que le périmètre de la ZAC Balma-Gramont jouxte celui des trois secteurs de la taxe d'aménagement Toulouse-l'Union-Balma, impliquant nécessairement une porosité de l'utilisation des aménagements et équipements. Dans ces conditions, la SARL Le Calys est fondée à soutenir que la délibération du 7 novembre 2013 a été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 331-15 du code de l'urbanisme.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que les titres de perception des 11 mars 2020 et 18 mars 2021 doivent être annulés en tant qu'ils appliquent un taux majoré de 16 % à la part intercommunale de la taxe d'aménagement au lieu d'un taux de 5 %. La société requérante doit être déchargée dans cette mesure de l'obligation de payer ladite taxe d'aménagement.

Sur les intérêts :

6. D'une part, l'article L. 208 du livre des procédures fiscales dispose : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires dont le taux est celui de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts. Les intérêts courent du jour du paiement. Ils ne sont pas capitalisés () ". Aux termes de l'article R. 208-1 du même livre, ces intérêts moratoires " sont payés d'office en même temps que les sommes remboursées par le comptable chargé du recouvrement des impôts ".

7. Il résulte de ces dispositions que c'est seulement en cas de refus, opposé par le comptable chargé du remboursement, de verser les intérêts ainsi prévus, que le contribuable peut saisir le tribunal administratif dans le ressort duquel le comptable exerce ses fonctions.

8. En l'absence de litige né et actuel entre le comptable public et la société requérante concernant le versement des intérêts moratoires, les conclusions tendant au versement de ces intérêts sont sans objet et donc irrecevables.

9. D'autre part, aux termes de l'article L. 332-30 du code de l'urbanisme : " Les taxes et contributions de toute nature qui sont obtenues ou imposées en violation des dispositions des articles L. 311-4 et L. 332-6 sont réputées sans cause ; les sommes versées ou celles qui correspondent au coût de prestations fournies sont sujettes à répétition. L'action en répétition se prescrit par cinq ans à compter du dernier versement ou de l'obtention des prestations indûment exigées. () Les sommes à rembourser au titre des deux alinéas précédents portent intérêt au taux légal majoré de cinq points ". Aux termes de l'article L. 332-6 du même code : " Les bénéficiaires d'autorisations de construire ne peuvent être tenus que des obligations suivantes : 1° Le versement de la taxe d'aménagement prévue par l'article L. 331-1 () ".

10. Il résulte des dispositions de l'article L. 332-30 du code de l'urbanisme que les actions en répétition soumises à la règle de prescription spéciale qu'institue ce texte sont celles qui tendent à la restitution ou au remboursement de sommes versées ou de dépenses supportées à raison de taxes ou contributions autres que celles dont il dispose, qu'elles peuvent, seules, être légalement exigées des bénéficiaires d'autorisations de construire.

11. La taxe d'aménagement à laquelle la SARL Le Calys a été assujettie peut légalement être exigée des bénéficiaires d'autorisation de construire en application du 1° de l'article L. 332-6 du code de l'urbanisme précité, et il ne résulte pas de l'instruction que la société requérante aurait été soumise à une double imposition proscrite par ces dispositions. Ainsi, sa demande de dégrèvement ne relève pas des dispositions de l'article L. 332-30 du code précité. Par suite, sa demande, tendant au versement des intérêts au taux légal majoré de cinq points doit également être rejetée.

12. Il résulte de ce qui précède que la demande de capitalisation ne peut qu'être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SARL Le Calys d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, la demande présentée par Toulouse Métropole au titre des mêmes frais doit, en tout état de cause, être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : Les titres de perception des 11 mars 2020 et 18 mars 2021 sont annulés en tant qu'ils appliquent un taux majoré de 16 % à la part intercommunale de la taxe d'aménagement au lieu d'un taux de 5 %.

Article 2 : La SARL Le Calys est déchargée de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge en tant que leur montant excède celui résultant de l'application d'un taux de 5 % pour le calcul de la part intercommunale de la taxe d'aménagement.

Article 3 : L'Etat versera à la SARL Le Calys une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Le Calys, au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation et à Toulouse Métropole.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne et au directeur départemental des finances publiques du Tarn.

Délibéré après l'audience du 3 juin 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Mérard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2025.

La présidente-rapporteure,

S. CAROTENUTO

La première assesseure,

N. SODDU

La greffière,

S. BALTIMORE

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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