mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2207204 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2022, M. G E et Mme B F, représentés par la Scpi Michel Albarède et Associés, aux écritures de Me Binel, demandent au juge des référés d'ordonner une expertise portant sur les désordres qui affectent l'immeuble dont ils sont propriétaires situé 180 ancienne route de Labruguière à Castres (81100).
Ils soutiennent que :
- propriétaires depuis 2012 d'une maison habitation sise 180 ancienne route de Labruguière à Castres dont l'acte de vente précise que l'immeuble est affecté de fissures sur le côté Sud, ils ont constaté postérieurement une évolution inquiétante de ces fissures et ont régularisé un déclaration de sinistre sécheresse auprès de leur assureur multirisque habitation, la Macif, laquelle a mandaté un expert qui a organisé une réunion le 4 décembre 2018, sachant que l'expert a indiqué dans ses conclusions que les désordres constatés les plus importants étaient à l'opposé de la végétation dont l'action racinaire aurait dû aggraver les déficits hydriques et générer des tassements de sol sous l'effet de la sécheresse, ces désordres, de gravité maximale, étant symptomatiques d'un tassement de la façade Est au droit du fossé busé et une fuite sur le réseau d'évacuation et/ou un déchaussement de fondation paraissant à leur origine ;
- s'inquiétant d'une nouvelle évolution des désordres, ils ont procédé à une nouvelle déclaration de sinistre auprès de la Macif au titre de la garantie défense recours et il ressort de l'expertise amiable diligentée au contradictoire de la commune de Castres et du département du Tarn que les désordres identifiés indépendamment des fissures anciennes expriment les conséquences d'une chute de portance du sol inhérente à un défaut de fonctionnement hydraulique du busage de type aqueduc présent longitudinalement à ladite façade, sur voie publique, présent en accotement de la voie départementale située à l'entrée de l'agglomération de Castres, sachant que dans le cadre de cette expertise, il a été procédé à une inspection vidéo des canalisations afin d'analyser le fonctionnement du busage situé longitudinalement par rapport à la façade Est, ces investigations ayant permis d'établir que globalement le système de busage n'est pas étanche et ne permet pas l'évacuation des eaux pluviales d'une partie de la toiture de la maison et d'une partie de l'eau provenant de la voirie ;
- alors que l'expert a également relevé dans son rapport que les matériaux à l'origine de l'obturation partielle relevée lors des investigations vidéo semblent induire une origine des matériaux provenant des voies publiques se déversant vers le fossé en bordure de voie et donc stagnant en tête de l'aqueduc, la commune de Castres et le département du Tarn ont contesté toute responsabilité en soutenant que l'aqueduc était un ouvrage privé dont l'entretien incomberait aux riverains ;
- dans ces conditions, ils sont fondés à solliciter l'organisation d'une mesure d'expertise judiciaire afin de déterminer l'origine des dommages subis par leur immeuble et le coût des travaux de remise en état.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 janvier 2023, la commune de Castres et la Smacl, représentées par la Selarl Depuy Avocats et Associés, aux écritures de Me Arnaud, déclarent ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, sous toutes réserves de leurs droits ainsi que de la recevabilité et du bien-fondé de l'action des requérants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2023, le département du Tarn, représenté par la Scp Courrech et Associés, aux écritures de Me Courrech, sollicite qu'il soit donné acte de ses plus expresses protestations et réserves et demande que la mission de l'expert soit complétée selon les termes de son mémoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2023, la société Allianz, représentée par la Scp Delavallade Raimbault, aux écritures de Me Delavallade, sollicite qu'il soit donné acte de ses plus expresses protestations et réserves d'usage.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 1er septembre 2021 par laquelle la présidente du Tribunal administratif a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. ().
2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge de référés, saisi d'une demande d'expertise dans le cadre d'une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d'un litige relatif à l'exécution de travaux publics, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. M. E et Mme F sollicitent une mesure d'expertise aux fins de déterminer l'origine des désordres subis par l'immeuble dont ils sont propriétaires, sis 180 ancienne route de Labruguière à Castres (81100). Cette mesure entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Il y a lieu, par suite, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
ORDONNE :
Article 1er : M. D C, demeurant 28 rue Henri de Toulouse Lautrec à Toulouse (31500), est désigné comme expert avec pour mission :
- de se rendre sur les lieux, 180 ancienne route de Labruguière à Castres (81100), propriété de M. G E et de Mme B F ;
- de procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres dont se plaignent M. G E et Mme B F, en indiquant leur date d'apparition ;
- de rechercher l'origine et les causes de ces désordres et de fournir toutes indications permettant d'en apprécier l'imputabilité respective et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
- d'indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle au regard des désordres allégués et d'en chiffrer le coût ;
- de fournir, plus généralement, tous éléments propres à permettre d'apprécier et chiffrer les préjudices de toute nature allégués par les requérants et résultant de ces désordres ;
- d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes constatations utiles de nature à éclairer le tribunal.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigations les plus étendus. Il pourra entendre tout sachant, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal.
Article 2 : L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de M. G E et Mme B F, de la commune de Castres, de la Smacl et du département du Tarn ou de leurs représentants.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. G E, à Mme B F, à la commune de Castres, à la Smacl, au département du Tarn, à la société Allianz et à M. D C, expert.
Fait à Toulouse, le 18 avril 2023
Le vice-présidente, juge des référés,
David A
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026