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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2207326

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2207326

vendredi 17 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2207326
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP LARGUIER-AIMONETTI-BLANC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2022, la commune de Creissels (12100), représentée par Me Le Doucen, demande au juge des référés, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :

1°) de prescrire une expertise portant sur les désordres affectant les travaux de réhabilitation de l'école des Cascades ;

2°) de dire que l'expert pourra s'adjoindre tout spécialiste de son choix.

Elle soutient que :

- ayant fait procéder à des travaux de réhabilitation de l'école des Cascades concernant notamment la réfection de la toiture, elle a, par marché du 6 décembre 2019, confié la maîtrise d'œuvre de cette opération à M. D C, le lot n° 1 " Désamiantage " ayant été confié par acte d'engagement du 1er février 2021 à la Sarl Kds qui a sous-traité le marché à la Sarl 3D Project assurée auprès d'Arb International et le lot n° 2 le 29 janvier 2021 " couvertures tuiles zinguerie " à la Sarl Sopribat assurée auprès de la compagnie Mma ;

- alors que les travaux de désamiantage ont débuté le 5 juillet 2021 par l'intervention de la société 3D Project, le maître d'œuvre a sollicité de l'entreprise de bâcher provisoirement l'ouvrage compte tenu de l'annonce d'intempéries imminentes, sachant que les travaux de bâchage étaient compris dans le lot de la société Sopribat, laquelle ne pouvait semble-t-il intervenir tant que les travaux de désamiantage n'étaient pas achevés, étant précisé qu'à la suite d'intempéries le 12 juillet 2021, le défaut de bâchage a provoqué des entrées d'eau occasionnant des désordres sur le plafond et les sols des différentes pièces de l'école et que si le 14 juillet suivant, le maître d'œuvre a demandé à la société Sopribat de reprendre le bâchage, de nouvelles infiltrations se sont produites à la suite des précipitations qui ont suivi ;

- des opérations d'expertise ont été confiées à son initiative à la société Union d'Experts qui a organisé une réunion le 9 août 2021 suivie d'une nouvelle réunion le 8 septembre 2021 et qui a conclu dans son rapport que les désordres constatés étaient imputables aux entrées d'eau du 12 juillet et postérieures au 14 juillet, a évalué le coût de leur réparation en valeur au 19 novembre 2021 à la somme de 18 492,19 € TTC et proposé un partage de responsabilités par tiers entre M. C, la Sarl Sopribat et la société 3D Protect ;

- alors que M. C n'a pas déféré aux mises en demeure des 15 décembre 2021, 10 janvier 2022 et 25 janvier 2022 de procéder au règlement de la somme de18 492,19 € TTC et que les parties n'ont vraisemblablement pas pu s'entendre sur la répartition des responsabilités, elle est fondée à solliciter la désignation d'un expert judiciaire à l'effet de déterminer l'origine et les causes des désordres affectant le bâtiment d'école et de permettre d'identifier les responsabilités.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2023, M. D C, représentée par la Scp Levy Balzarini Sagnes Serre Lefebvre, aux écritures de Me Sagnes, sollicite qu'il soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage sur la mesure d'expertise sollicitée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2023, la Saca Mma Iard, la société d'assurance mutuelle Mma Iard Assurances Mutuelles et la Sarl Sopribat, représentées par la Scp Larguier Aimonetti Blanc Bringer Mazars, aux écritures de Me Mazars, formulent toutes protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'expertise judiciaire sollicitée.

Vu :

- les actes de communication de la requête aux défendeurs qui n'ont pas produit d'observations ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision en date du 1er septembre 2021 par laquelle la présidente du Tribunal administratif a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la mesure d'expertise sollicitée :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère. ".

2. La demande d'expertise présentée par la commune de Creissels entre dans le champ d'application des dispositions précitées et apparaît utile pour déterminer l'origine des désordres affectant les locaux de l'école des Cascades à Creissels. Il y a lieu, par suite, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.

Sur le concours d'un sapiteur :

3. Il ressort des dispositions de l'article R. 621-2 alinéa 2 du code de justice administrative qu'il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité de faire appel à un sapiteur et que l'autorisation d'y recourir est subordonnée à l'autorisation du président du tribunal. Par suite, les conclusions de la commune de Creissels tendant à ce que le juge des référés dise que l'expert devra se faire assister d'un spécialiste de son choix ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre la commune de Creissels, d'une part et M. D C, la Mutuelle des Architectes Français, la société Kds, la société 3D Protect, la société Soc Protection Intégrale Bâtiment, la Sarl Sopribat, la Saca Mma Iard et la société d'assurance mutuelle Mma Iard Assurances Mutuelles, d'autre part.

Article 2 : L'expert aura pour mission :

- de se rendre sur les lieux : école des Cascades sise à Creissels (12100) ;

- de se faire communiquer et de prendre connaissance de l'ensemble des pièces du marché de conception et de réhabilitation dudit bâtiment ;

- de décrire les désordres qui affectent le parquet dudit bâtiment, en indiquant leur date d'apparition ;

- de rechercher l'origine et les causes de ces désordres et de fournir toutes indications permettant d'en apprécier l'imputabilité respective, en précisant notamment si ces causes relèvent de la phase conception et/ou réalisation et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;

- de décrire les travaux propres à remédier aux désordres, d'en évaluer la durée et d'en chiffrer le coût ;

- de fournir, plus généralement, tous éléments propres à permettre d'apprécier et chiffrer les préjudices de toute nature allégués par la commune de Creissels et résultant de ces désordres ;

- plus généralement, de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal.

Article 3 : M. E B, domicilié à 16 rue des Chardonnerets, 34430 SAINT JEAN DE VEDAS, est désigné pour procéder à l'expertise.

Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément aux articles R. 621-11 et suivants du code susvisé.

Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Creissels, à M. D C, à la Mutuelle des Architectes Français, à la société Kds, à la société 3D Protect, à la société Soc Protection Intégrale Bâtiment, à la Sarl Sopribat, à la Saca Mma Iard, à la société d'assurance mutuelle Mma Iard Assurances Mutuelles et à M. E B, expert.

Fait à Toulouse, le 17 mars 2023

Le vice-président, juge des référés,

David A

La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :

La greffière,

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