lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300435 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | D'AVOCATS FLINT-SANSON-SAINT GENIEST |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 24 janvier et 21 avril 2023, Mme A B, représentée par Me Carrière-Ponsan, demande à la juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prescrire, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise afin de déterminer la nature et l'étendue des préjudices qu'elle a subis, consécutivement à une chute dans une bouche d'égout située sur la voie publique ;
2°) de ne pas faire droit à la demande de mise hors de cause de la société ASTEO.
Elle soutient que l'expertise est utile, dans la perspective de l'action indemnitaire qu'elle pourrait entreprendre.
Par un mémoire, enregistré le 17 février 2023, la Caisse primaire d'assurance maladie de Pau conclut ne pas être en mesure, à ce stade, de chiffrer ses débours, et demande que ses droits soient réservés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2023, la société ASTEO, société par actions simplifiée, représentée par Me Thévenot, conclut :
1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ;
2°) à titre subsidiaire, ne pas s'opposer à la demande d'expertise de la requérante.
Elle soutient que la zone dans laquelle est située la bouche d'égout à travers laquelle a chuté Mme B ne comprend aucun réseau dont la Société ASTEO assure la gestion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2023, Toulouse Métropole, représentée par Me Saint-Geniest, conclut ne pas s'opposer à la demande d'expertise de Mme B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision en date du 2 septembre 2024, par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Cherrier, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Alors qu'elle circulait à pied sur la voie publique en compagnie d'une amie, le 15 janvier 2022 vers 13 heures, aux abords de l'écluse Saint-Michel à Toulouse, Mme B a chuté dans une bouche d'égout découverte, qui ne faisait, selon elle, l'objet d'aucune signalisation particulière. Son médecin a diagnostiqué, le 17 janvier 2022, un traumatisme costal gauche avec hématome, une fracture déplacée et une entorse à l'annulaire. Placée en congés maladie pendant près de trois mois, avant de reprendre à mi-temps ses fonctions d'infirmière de bloc opératoire jusqu'au 31 août 2022, elle a, par la suite, dû démissionner et se rapprocher du domicile de ses parents, ce qui lui a causé un préjudice financier. Elle a, depuis l'accident, interrompu ses activités physiques et sportives et dit souffrir d'angoisse et d'insomnies récurrentes. Selon ses dires, Toulouse Métropole lui a indiqué qu'il ne pouvait être tenue pour responsable du dommage, ayant confié à la société ASTEO une délégation de gestion des services publics d'assainissement et de collecte des eaux pluviales. La requérante demande à la juge des référés de prescrire une expertise, afin que soient déterminées la nature et l'étendue de ses préjudices, intervenus consécutivement à l'accident du 15 janvier 2022.
Sur la demande d'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".
3. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
4. Il ressort des éléments versés au dossier que Mme B, alors qu'elle circulait à pied sur une voie publique, sur le territoire de la commune de Toulouse, a fait une chute dans une bouche d'égout ouverte. Elle fait valoir qu'aucune signalisation particulière n'avait été mise en place afin de prévenir les usagers de la voie publique du danger. Cet accident lui a occasionné divers préjudices dont elle entend demander réparation auprès des personnes publiques ou privées responsables. Il ne résulte pas des éléments versés au dossier qu'une expertise aurait déjà été diligentée sur la nature ou l'ampleur des séquelles conservées par la requérante à la suite de sa chute, ou que la juridiction administrative serait manifestement incompétente pour connaître du contentieux à venir. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à la demande d'expertise, qui entre dans le champ des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, et de fixer le contenu de la mission de l'expert désigné comme il est précisé à l'article 3 de la présente ordonnance.
Sur la demande de mise hors de cause de la société ASTEO :
5. Depuis le 1er janvier 2020, Toulouse Métropole a confié la gestion de l'assainissement et des eaux pluviales des trente-sept communes qui la composent, dont celle de Toulouse, à la société ASTEO. Au soutien de sa demande de mise hors de cause, la société ASTEO se borne à produire une cartographie sur laquelle une zone est délimitée, à l'intérieur de laquelle elle soutient qu'elle n'interviendrait pas au titre des missions concédées. Il ressort toutefois de la délibération N° DEL-18-1203 du conseil de la métropole du 13 décembre 2018, produite par la requérante, que Toulouse Métropole, compétente dans le domaine de la collecte et du traitement des eaux usées, y compris pluviales, a retenu un mode de gestion de type délégation de service public au titre du service public de l'assainissement, le délégataire étant la société ASTEO, entité du groupe SUEZ, pour l'ensemble des trente-sept communes de la métropole. Il ne ressort pas des éléments communiqués que la zone dans laquelle est survenu l'accident de Mme B ne serait pas située dans le périmètre d'intervention de la société ASTEO, au titre de l'activité concédée. Dans ces conditions, sa participation aux opérations d'expertise conserve, en l'état de l'instruction, un caractère utile, et sa demande de mise hors de cause doit, par suite, être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : Les conclusions tendant à la mise hors de cause de la société ASTEO sont rejetées.
Article 2 : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre, d'une part, la requérante et, d'autre part, Toulouse Métropole et la société ASTEO.
Article 3 : L'expert aura pour mission de :
-convoquer les parties et tous sachants ;
-examiner Mme B et prendre connaissance de son entier dossier médical ;
-dire si l'état de santé de Mme B est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ;
-fixer le taux d'incapacité permanente partielle ;
-fixer le taux d'incapacité temporaire totale ;
-estimer les souffrances endurées ;
-estimer le préjudice esthétique ;
-fixer le préjudice professionnel ;
-estimer le préjudice d'agrément ;
-Plus généralement, fournir toutes informations utiles sur les préjudices patrimoniaux, temporaires et permanents, et extra patrimoniaux, temporaires et permanents, qui présenteraient un lien avec l'accident de la demandeuse ; en évaluer, le cas échéant, l'importance, en distinguant la part imputable (pourcentage) à l'accident en cause de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment, aux antécédents médicaux de l'intéressée ;
-recueillir, d'une façon générale, tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à la résolution du litige et de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des préjudices subis par la demandeuse.
Article 4 : Le docteur C D, domiciliée 16, Cours de la Somme à Bordeaux (33800) est désigné pour procéder à l'expertise.
Article 5 : Préalablement à toute opération, l'expert procédera aux déclarations prévues à l'article R. 621-3. Si l'expert n'a pas prêté serment lors de son inscription initiale sur le tableau établi par la cour administrative d'appel du ressort ou lors de leur inscription sur l'une des listes prévues par la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, il prêtera par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1.
Article 6 : L'expert établira un pré-rapport, soumis aux parties pour recueillir leurs dires, sauf s'il ne le juge pas utile à l'accomplissement de sa mission, laquelle sera réalisée dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra recourir à un sapiteur avec l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 7 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans un délai de six mois, dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative, et le communiquera au greffe du tribunal selon les modalités précisées à l'article R. 621-6-5 du même code. L'experte justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.
Article 8 : L'expert, s'il juge qu'un accord est possible entre les parties, pourra prendre l'initiative d'une médiation, avec l'accord des parties, conformément aux dispositions de l'article R. 621-1 du code de justice administrative. Si une médiation est engagée, il en informe alors la juridiction. Cette médiation sera alors diligentée après le dépôt du rapport final d'expertise, au vu de ses conclusions. Indépendante de l'expertise principale, elle donnera lieu, avec l'accord des parties, à des frais d'expertise complémentaires spécifiques. A l'issue de cette mission de médiation, l'expert déposera, soit un rapport d'expertise en médiation de non-accord, qui précisera les motifs et points de désaccords, soit un rapport en médiation d'accord, indiquant les termes de l'accord auquel sont parvenues les parties.
Article 9 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 10 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par la présente ordonnance, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 11 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Toulouse Métropole, à la société ASTEO, à la Caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées-Atlantiques ainsi qu'au Dr. D, experte.
Fait à Toulouse, le 7 octobre 2024
La vice-présidente, juge des référés,
Sylvie CHERRIER
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026