mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300942 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Cellule juge unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 février 2023, Mme B C demande au tribunal la remise totale d'un indu de prime d'activité d'un montant de 3 682,23 euros pour la période d'octobre 2021 à septembre 2022, ramené à la somme de 1 841,11 euros par décision de la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Aveyron du 19 janvier 2023.
Elle soutient que :
- elle est inapte à travailler et elle va être licenciée ; malgré la remise de dette partielle, elle ne pourra pas rembourser le montant restant ;
- elle est atteinte de dépression depuis 2017 ; au moment des déclarations trimestrielles, elle suivait un traitement lourd et son époux n'a pas pensé à déclarer sa pension d'invalidité.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2024, la CAF de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. D de E pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. D de E a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, époux de la requérante, a bénéficié d'un droit à la prime d'activité à partir du mois de juillet 2020. En octobre 2022, il est apparu que Mme C avait perçu des pensions d'invalidité de la mutualité agricole et de l'AG2R depuis août 2020, non déclarées depuis le mois de juillet 2021. La rectification des ressources trimestrielles à compter de juillet 2021 a généré un indu de prime d'activité d'un montant de 3 682,23 euros pour la période d'octobre 2021 à septembre 2022, notifié par courrier du 4 novembre 2022. Le 10 novembre 2022, M. et Mme C ont sollicité la remise gracieuse de leur dette qui leur a été accordée à hauteur de 50 %. Mme C demande au tribunal la remise totale de cette dette.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. Mme C, qui ne conteste pas le bien-fondé de sa dette, soutient que sa situation financière, dont elle ne justifie pas, ne lui permet pas de rembourser l'indu de prime d'activité de 1 841,11 euros laissé à sa charge par la décision du 19 janvier 2023. Il résulte de l'instruction que Mme C a déclaré auprès des services de la CAF, pour le mois de janvier 2024, 1 507 euros de salaires et 325 euros de pension d'invalidité, pour le mois de février 2024, 1 345 euros de salaires et 325 euros de pension d'invalidité et, pour le mois de mars 2024, 1 373 euros de salaires et 325 euros de pension d'invalidité. M. C a, pour sa part, déclaré en janvier 2024 2 403 euros de salaire, en février 2024 1 749 euros et en mars 2024 1 773 euros. Au regard de leurs ressources, pour un foyer composé de trois personnes à savoir M. et Mme C et leur fille A née en 2008, il n'est pas établi que le montant de 1 841,11 euros laissé à leur charge excèderait manifestement leurs capacités contributives.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B C, à la caisse d'allocations familiales de l'Aveyron et au ministre en charge des solidarités.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Alain D de ELa greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026