mercredi 18 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2301078 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Cellule juge unique |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête enregistrée le 24 février 2023 sous le n° 2301078, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 12 décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Haute-Garonne a maintenu à sa charge un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année (AEFA) d'un montant de 274,14 euros au titre du mois de décembre 2018.
M. B soutient que :
- il n'a jamais vécu avec Mme D, de nationalité allemande, qui résidait en Allemagne alors qu'il résidait et travaillait en France ;
- la naissance de leur fille, E B, née le 17 octobre 2019 en Allemagne, ne résulte que d'une relation ponctuelle, il n'existait pas de situation de " vie maritale " ;
- la somme due est erronée en raison de l'absence de " vie maritale " ;
- la décision est donc entachée d'une erreur de fait.
Par des mémoires en défense enregistrés les 18 avril 2023 et 14 juin 2024, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. B d'une somme de 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la CAF de la Moselle a pris en compte une vie maritale de M. B et mis à sa charge un indu d'aide personnalisée au logement (APL) d'un montant de 5 836,81 euros pour la période d'août 2018 à décembre 2019, un indu de prime d'activité (PA) d'un montant initial de 949,44 euros pour la période d'avril 2019 à décembre 2019 dont le solde s'établit à 718,39 euros, un indu de prime d'activité majorée de 3 729,88 euros pour la période de septembre 2018 à août 2019 et un indu de revenu de solidarité active (RSA) majoré de 2 238,47 euros pour la période de septembre 2018 à décembre 2018 pris en charge par le département de la Moselle le 1er avril 2022, indus qui ont été notifiés le 8 avril 2020 ; le tribunal administratif de Strasbourg a confirmé le principe et le montant de ces indus par jugement du 3 juin 2022 ;
- en l'absence de droit au RSA en novembre ou décembre 2018, M. B n'avait pas droit à l'aide exceptionnelle de fin d'année ;
- la CAF a été saisie le 30 avril 2024 d'une demande de remise de dette en cours d'examen.
La requête a été communiquée à la CAF de la Moselle le 14 mars 2024.
II- Par une requête enregistrée le 11 avril 2023 sous le n° 2302078, M. H forme opposition à la contrainte émise le 20 mars 2023 par la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Haute-Garonne aux fins de recouvrement d'un indu d'APL d'un montant de 5 836,81 euros pour la période d'août 2018 à décembre 2019 et d'un indu de prime d'activité majorée d'un montant de 3 729,88 euros pour la période de septembre 2018 à août 2019.
M. B soutient que :
- il n'a jamais vécu avec Mme D ;
- la naissance de leur fille, E B, née le 17 octobre 2019 en Allemagne, ne résulte que d'une relation ponctuelle, il n'existait pas de situation de " vie maritale " ; d'ailleurs aucune prime de naissance n'a été versée ; il a commencé à travailler à Toulouse en novembre 2018 ;
- ses prestations ont été interrompues en janvier 2020 ; la CAF a modifié sa situation à plusieurs reprises considérant qu'il était en couple avec trois enfants à charge, ses deux enfants et son neveu ; à la suite de son emménagement à Toulouse fin avril 2021, la CAF a considéré qu'il était en couple avec 4 personnes à charge dont trois enfants et son neveu ; il a été enregistré comme séparé depuis le 1er aout 2021 sans enfant à charge ;
- les sommes dues sont erronées en raison de l'absence de " vie maritale " ; il verse une pension alimentaire en Allemagne et n'est donc pas considéré en couple ;
- ses deux enfants F et C B sont à la charge de leur maman depuis le 7 juin 2021 ainsi qu'il en a informé la CAF de la Haute-Garonne ; ses deux enfants étaient antérieurement à sa charge par décision de justice et vivaient avec leur cousin G ;
- après avoir fini sa formation à Strasbourg, il a travaillé quelques mois sur place ; il n'était pas encore naturalisé Français et ne pouvait travailler au Luxembourg ou en Allemagne ; il a reconnu son enfant E née en Allemagne et a demandé son rattachement pour la mutuelle le 7 janvier 2020 ;
- la décision est donc entachée d'une erreur de fait en l'absence de vie de couple.
Par des mémoires en défense enregistrés les 19 avril 2023 et 14 juin 2024, la CAF de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant de la somme de 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-M. B a omis de déclarer sa situation de " vie maritale " qui a généré des indus de prestations ;
- le recouvrement a été transféré par la CAF de la Moselle à celle de la Haute-Garonne ;
- à la suite d'une mise en demeure adressée par la CAF qui est restée sans réponse, une contrainte a donc été délivrée ;
- la CAF a été saisie le 30 avril 2024 d'une demande de remise de dette en cours d'examen.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Daguerre de Hureaux pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel des affaires, le rapport de M. Daguerre de Hureaux a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2302078 et n° 2301078 sont relatives à la situation d'un même requérant. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu d'y statuer par un seul jugement.
2. Par courrier du 8 avril 2020, la CAF de la Moselle a mis à la charge de M. B un indu d'APL de 5 836,81 euros pour la période du 1er août 2018 au 31 décembre 2019, un indu de PA de 949,44 euros pour la période du 1er avril 2018 au 31 décembre 2019, de PA majorée de 3 729,88 euros pour la période du 1er septembre 2018 au 31 août 2019 et enfin de RSA majoré pour la période du 1er septembre 2018 au 31 décembre 2019. Par ailleurs, par courrier du 12 avril 2020 de la CAF de la Moselle, un indu de 274,41 euros d'AEFA a été mis à la charge de M. B au titre de l'année 2018, en l'absence de droits au RSA. M. B a contesté devant le tribunal administratif de Strasbourg l'indu d'APL et les deux indus de PA. Sa requête a été rejetée par un jugement n° 2100969-2100970 du 3 juin 2022. A la suite du déménagement de M. B, les dettes d'APL, de PA et de PA majorée ont été transférées à la CAF de la Haute-Garonne. M. B a formé un recours gracieux le 25 avril 2022 concernant l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2018 mis à sa charge par la CAF de la Moselle, rejeté par décision du 12 décembre 2022 de la CAF de la Haute-Garonne. Par sa requête n° 2301078, il doit être regardé comme demandant, ensemble, l'annulation de ces deux décisions. Enfin, la CAF de la Haute-Garonne a émis une contrainte à l'encontre de M. B le 20 mars 2023 aux fins de recouvrement d'un indu d'APL d'un montant de 5 836,81 pour la période du mois d'août 2018 au mois de décembre 2019 et d'un indu de PA majorée d'un montant de 3 729,88 euros pour la période de septembre 2018 au mois d'août 2019 à l'encontre de laquelle M. B forme régulièrement opposition par sa requête n° 2302078.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année :
3. Aux termes de l'article 3 du décret du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018 () ". Aux termes de ces dispositions, un versement indu de l'aide exceptionnelle attribuée à un allocataire du revenu de solidarité active au titre de cette allocation doit être regardé comme relevant des " sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active " au sens de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles.
4. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un niveau garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du revenu forfaitaire () ". Selon l'article L. 262-9 du même code, dans sa rédaction issue de la loi du 21 décembre 2011 de financement de la sécurité sociale pour 2012 : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est majoré, pendant une période d'une durée déterminée, pour : / 1° Une personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; / () Est considérée comme isolée une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire de pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges Lorsque l'un des membres du couple réside à l'étranger, n'est pas considéré comme isolé celui qui réside en France. ". Aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 applicable à un foyer composé d'une seule personne est majoré de 50 % lorsque le foyer comporte deux personnes. Ce montant est ensuite majoré de 30 % pour chaque personne supplémentaire présente au foyer et à la charge de l'intéressé. Toutefois, lorsque le foyer comporte plus de deux enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge, à l'exception du conjoint, du partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou du concubin de l'intéressé, la majoration à laquelle ouvre droit chacun de ces enfants ou personnes est portée à 40 % à partir de la troisième personne. Dans le cas des personnes isolées au sens de l'article L. 262-9, le montant majoré est égal à 128,412 % du montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 applicable à un foyer composé d'une seule personne. S'y ajoute, pour chaque enfant à charge, un supplément égal à 42, 804 % du montant forfaitaire applicable à un foyer composé d'une seule personne, mentionné à l'article L. 262-2. Le même supplément s'applique lorsque le foyer comporte d'autres personnes à charge que des enfants. " ;
5. Pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue ; une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
6. L'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année en litige résulte de ce que la CAF de la Moselle, puis la CAF de la Haute-Garonne, ont considéré que M. B vivait en concubinage avec Mme D, de nationalité allemande, depuis le 1er mars 2018 et que les ressources de Mme D devaient ainsi être prises en compte pour la détermination des droits au RSA du foyer. Il résulte de l'instruction que, d'une relation avec Mme D, un enfant est né le 17 octobre 2019 en Allemagne. Pour établir l'absence de toute vie de couple stable et continue, M. B en a lui-même attesté et il produit une attestation de Mme D qui indique avoir résidé de façon continue en Allemagne, où son enfant est né, depuis 2014. Aucun élément ne permet d'établir un concubinage entre M. B et Mme D alors que M. B indique, sans que cela soit contesté, verser une pension alimentaire en Allemagne pour l'enfant qu'ils ont eu en commun et qu'il n'est pas soutenu par la CAF que les intéressés auraient mis en commun leurs ressources et leurs charges. Ainsi, en l'absence de tout élément permettant d'établir la réalité d'une communauté d'intérêts affectifs et matériels, c'est à tort que la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne a considéré que le requérant vivait en couple et que les revenus de Mme D devaient être pris en compte pour la détermination de ses droits au RSA, supprimant ainsi tout droit au RSA à M. B pour la période de novembre ou décembre 2018.
7. Il résulte de ce qui précède que la décision du 12 avril 2020 de la CAF de la Moselle, ensemble la décision de la commission de recours amiable de la CAF de la Haute-Garonne du 12 décembre 2022, prise sur recours gracieux, doivent être annulées.
En ce qui concerne la contrainte émise par la CAF de la Haute-Garonne le 20 mars 2023 relative à l'APL et à la prime d'activité :
8. Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement () ". Aux termes de l'article R. 133-3 |du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine ".
9. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'État, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : / 1° Du bénéficiaire; / 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité (). ". Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
10. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision, qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement et de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération de l'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qu'il lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
11. Ainsi qu'il a été dit aux points 5 et 6 du présent jugement, c'est à tort que la CAF a considéré que le requérant vivait en couple. Par suite, les revenus de Mme D ne pouvaient être pris en compte pour la détermination de droits à la prime d'activité et à l'aide personnalisée au logement de M. B. La CAF de la Haute-Garonne indique que, par un jugement du 3 juin 2022, devenu définitif, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. B dirigée contre les décisions par lesquelles la CAF de la Moselle a confirmé le bien-fondé des indus et a retenu l'existence d'une vie maritale. Elle doit ainsi être regardée comme invoquant l'exception d'autorité relative de la chose jugée par ce tribunal. Toutefois, il est constant que ce jugement s'est prononcé sur des décisions prises par la CAF de la Moselle, organisme de droit privé à compétence départementale assurant une mission de service public et non sur la contrainte émise par la CAF de la Haute-Garonne. Par suite, la condition d'identité des parties n'est pas satisfaite, l'exception d'autorité relative de la chose jugée invoquée par la CAF de la Haute-Garonne doit être écartée.
12. Il résulte de ce qui précède que la contrainte en litige doit être annulée.
Sur la demande de frais de procès :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à que soit mise à la charge de M. B la somme de 200 euros demandée par la CAF de la Haute-Garonne sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 12 avril 2020 de la caisse d'allocations familiales de la Moselle et du 12 décembre 2022 de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne sont annulées.
Article 2 : La contrainte émise par la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne le 20 mars 2023 est annulée.
Article 3 : Les conclusions de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne tendant au bénéfice de frais de procès sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne, à la caisse d'allocations familiales de la Moselle, au ministre en charge des solidarités et au ministre en charge du logement.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Alain Daguerre de Hureaux
La greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes et au ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Nos 2301078-2302078
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026