mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2301571 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Cellule juge unique |
| Avocat requérant | FAINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mars 2023, M. B A, représenté par Me Faine, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision implicite du 23 janvier 2023 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Haute-Garonne a refusé la prise en compte de deux de ses trois enfants pour le calcul de ses droits à l'aide personnalisée au logement (APL) ;
2) d'enjoindre à la CAF de modifier la base de calcul de ses droits à l'APL en prenant en considération ses trois enfants ;
3) d'enjoindre à la CAF de lui régler l'intégralité des sommes dues depuis septembre 2015, date à laquelle il est devenu allocataire ;
4) de mettre à la charge de la CAF les entiers dépens.
Il soutient que :
- les dispositions de l'article R. 351-8 du code de la construction et de l'habitation ne posent aucune restriction relative à la nationalité de l'enfant ou à la régularité de son entrée en France ainsi que l'a jugé le Conseil d'État dans sa décision n° 409890 ;
- la décision de la CAF méconnaît les dispositions des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et méconnaît la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision de la CAF méconnaît la convention bilatérale entre la France et le Kosovo qui prévoit en son article 1er une égalité de traitement.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 27 juillet 2023 et 16 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer.
Elle soutient que :
- M. A et sa famille ne résident dans le département de la Haute-Garonne que depuis le 26 janvier 2022 ; il résulte de l'article R. 823-1 du code de la construction et de l'habitation que la CAF de la Haute-Garonne n'est compétente qu'à partir du mois de février 2022 pour valoriser les droits à l'APL ;
- le requérant ne répond pas aux conditions exigées permettant de se prévaloir des accords bilatéraux susmentionnés ;
- toutefois, à la suite de récentes instructions de la caisse nationale des allocations familiales, une régularisation du dossier de M. A a été effectuée et la somme de 14 006,38 euros leur a été versée le 21 décembre 2023 au titre d'un rappel de droits de prestations familiales de mars 2022 à novembre 2023 de même que la somme de 2 764,42 euros a été versée au bailleur social SA Promologis au titre de l'APL pour la période de février 2022 à décembre 2023 le 21 décembre 2023.
Par une ordonnance du 4 juin 2024, la cour administrative d'appel de Toulouse a annulé la décision du 27 mars 2024 de la présidente du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse refusant à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle et a accordé à M. A l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 %.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de procédure civile ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. C a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité kosovare, est entré en France en 2015, il bénéficie d'un titre de séjour portant la mention " salarié " et il est bénéficiaire, auprès de la CAF de la Haute-Garonne, de l'aide personnalisée au logement ainsi que de prestations sociales. Avec son épouse, ils sont parents de trois enfants, les deux premiers sont nés au Kosovo tandis que le troisième est né en France. Pour la détermination des droits à l'APL du foyer, la CAF n'avait pas pris en compte les deux enfants ainés du couple. Le 23 novembre 2022, M. A a saisi la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne d'une demande tendant la prise en compte de ses trois enfants pour la détermination de ses droits. Il doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet intervenue le 23 janvier 2023, en tant seulement qu'elle concerne les APL.
Sur l'exception de non-lieu soulevée par la CAF de la Haute-Garonne :
2. La CAF soutient qu'elle a régularisé la situation de M. A au regard de ses droits aux APL fin décembre 2023 et que la requête est ainsi privée d'objet. Il résulte de l'instruction que cette régularisation est intervenue pour la période de février 2022 à décembre 2023, pour laquelle il n'y a effectivement plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête. Toutefois, M. A a demandé le rétablissement de ses droits aux APL depuis son entrée en France en septembre 2015. Par suite, la requête de M. A n'est pas dépourvue d'objet et l'exception de non-lieu total soulevée par la CAF doit être écartée.
Sur les droits aux APL de M. A pour la période de septembre 2015 à janvier 2022 :
3. Aux termes de l'article R. 351-26 du code de la construction et de l'habitation en vigueur jusqu'au 1er septembre 2019 : " L'aide personnalisée et la prime de déménagement sont liquidées et payées par la caisse d'allocations familiales compétente en fonction de la résidence du bénéficiaire (). " Aux termes de l'article R. 823-1 du code de la construction et de l'habitation, en vigueur depuis le 1er septembre 2019 : " Les aides personnelles au logement et les primes de déménagement sont liquidées et payées par la caisse d'allocations familiales compétente au regard de la résidence du bénéficiaire ou, lorsque le bénéficiaire relève d'un régime de protection sociale des professions agricoles, par la caisse de la mutualité sociale agricole compétente ".
4. Il résulte de l'instruction, qu'entre septembre 2015 et février 2022, M. A et sa famille résidaient dans le département de l'Ariège. Par suite, la CAF de la Haute-Garonne est territorialement incompétente pour se prononcer sur les droits de M. A concernant cette période. Les conclusions de M. A relatives aux APL, en tant qu'elles concernent la période de septembre 2015 à janvier 2022 sont mal dirigées et doivent donc être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A relatives à l'aide personnalisée au logement à compter du mois de février 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête M. A est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A, à Me Séverine Faine, à la caisse d'allocations familiales de Haute-Garonne et au ministre du logement.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Alain C La greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au ministre du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026