mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2301712 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | HERRMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2023, M. B A, représenté par Me Géraud-Linfort, demande au juge des référés :
1°) de prescrire, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise médicale, au contradictoire de la communauté d'agglomération Le Muretain Agglo, afin de déterminer si le trouble anxio-dépressif qu'il a déclaré est imputable au service ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Le Muretain Agglo les entiers dépens, ainsi qu'une somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'une expertise est utile, dans le cadre de la requête au fond qu'il a introduite, et eu égard aux contradictions que présentent les conclusions des deux expertises d'ores et déjà diligentées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2023, la communauté d'agglomération Le Muretain Agglo, représentée par Me Herrmann, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. A le paiement d'une somme de 3000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la demande d'expertise de M. A est dépourvue d'utilité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision en date du 2 septembre 2024, par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Cherrier, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est adjoint technique de 2° classe depuis 1991. En 2015, il a été affecté par son employeur, la communauté d'agglomération Le Muretain Agglo, comme agent d'entretien des équipements de la piscine Aqualudia de Muret. Le 30 novembre 2021, M. A a déclaré une maladie professionnelle caractérisée par un " syndrome dépressif d'épuisement ", laquelle aurait été constatée dès le 4 décembre 2017. Par un arrêté du 25 janvier 2023, le président de la communauté d'agglomération Le Muretain Agglo a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie déclarée par M. A, qui, par le même arrêté, a donc a été placé en congé maladie ordinaire à compter du 30 novembre 2021. Celui-ci demande au juge des référés de prescrire une expertise afin de déterminer si le trouble anxiodépressif déclaré le 30 novembre 2021 est imputable au service.
Sur la demande d'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".
3. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. La seule circonstance qu'une expertise ait déjà été réalisée ne dispense pas le juge d'apprécier l'utilité d'une nouvelle expertise demandée. Lorsqu'une telle mesure est demandée alors qu'une instance au fond a déjà été engagée, il appartient au juge des référés d'apprécier si une circonstance particulière confèrerait à cette mesure un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le juge saisi du fond pourra décider, le cas échéant, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction. L'utilité d'une mesure d'expertise se mesure à l'aune de l'office du juge et des éléments susceptibles de l'éclairer dans son action et non compte tenu du seul intérêt qu'elle peut présenter pour la partie qui la demande.
4. Il ressort des éléments produits qu'à l'issue d'une première expertise, réalisée le 22 mars 2022, le Dr C, psychiatre, a considéré que les troubles de M. A ne relevaient ni d'une maladie professionnelle, ni d'une maladie à caractère professionnel. Toutefois, une seconde expertise réalisée le 24 octobre 2022 par le Dr. Beynet, psychiatre, a conclu que ces troubles étaient " toujours en évolution ", que la consolidation n'était pas possible à ce jour et que le taux d'IPP prévisible pouvait être fixé à 30%. Au vu de cette seconde expertise, le conseil médical a, par procès-verbal du 15 décembre 2022, émis un avis favorable quant à l'imputabilité au service de la maladie de M. A. Au regard de ces éléments, et alors que le requérant a introduit une requête au fond tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 mai 2023 par lequel le président de la communauté d'agglomération Le Muretain Agglo a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie qu'il a déclarée le 30 novembre 2021, la réalisation d'une troisième expertise, de nature judiciaire et au contradictoire de l'employeur, présente un caractère d'utilité au regard de l'office du juge du fond, saisi d'un litige en cours d'instruction. Il convient, par suite, de faire droit à la demande d'expertise de M. A, qui entre dans le champ des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.
Sur les dépens :
5. Il sera statué, après dépôt du rapport d'expertise, sur la fixation et la charge des frais et honoraires d'expertise par la présidente du tribunal dans les conditions prévues à l'article R.621-13 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre le requérant, d'une part, et, d'autre part, la communauté d'agglomération Le Muretain Agglo.
Article 2 : L'expert aura pour mission de :
1) convoquer M. A et le représentant de la communauté d'agglomération Le Muretain Agglo ;
2) se faire communiquer par les parties ou tout tiers détenteur tous documents médicaux relatifs à l'état de santé de M. A ;
3) examiner M. A et prendre connaissance de son entier dossier médical se rapportant à son état de santé et notamment à la pathologie anxiodépressive déclarée le 30 novembre 2021 ;
4) décrire l'état de santé actuel de M. A, faire l'historique de sa pathologie anxiodépressive et de son évolution, se prononcer sur la date de son apparition et déterminer si elle est imputable au service ou présente un caractère professionnel, ou si elle est la conséquence d'un état antérieur ou a été provoquée par d'autres causes ;
5) indiquer, dans l'hypothèse où son état ne serait pas consolidé, s'il est susceptible d'évoluer en aggravation ou en amélioration. Dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
6) indiquer la nature de tous les soins et traitements prescrits imputables à la maladie et si, possible, la date de la fin de ceux-ci ;
7) décrire l'éventuel état antérieur de M. A en citant les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur sa pathologie ; dans cette hypothèse :
' Au cas où il y aurait un déficit fonctionnel antérieur, fixer la part imputable à l'état antérieur et la part imputable au fait dommageable,
' Au cas où il n'y aurait pas de déficit fonctionnel antérieur, dire si le fait dommageable a été la cause déclenchante du déficit fonctionnel actuel ou si celui-ci se serait manifesté spontanément dans l'avenir.
8) Déterminer la durée du déficit fonctionnel temporaire, période pendant laquelle, pour des raisons médicales en relation certaine, directe et exclusive avec le fait dommageable, M. A a dû interrompre totalement ses activités professionnelles et/ou habituelles,
' Si l'incapacité fonctionnelle n'a été que partielle, en préciser le taux,
' Préciser la durée des arrêts de travail au regard des organismes sociaux au vu des justificatifs produits ; si cette durée est supérieure à l'incapacité temporaire retenue, dire si ces arrêts sont liés au fait dommageable ;
9) Fixer la date de consolidation, qui est le montant où les lésions se fixent et prennent un caractère permanent tel qu'un traitement n'est plus nécessaire, si ce n'est pour éviter une aggravation ;
10) Chiffrer le taux éventuel de déficit fonctionnel permanent (incapacité permanente) imputable au fait dommageable, résultant de l'atteinte permanente d'une ou plusieurs fonctions persistant au moment de la consolidation, le taux de déficit fonctionnel devant prendre en compte, non seulement les atteintes aux fonctions physiologiques de la victime, mais aussi les douleurs physiques et morales permanentes qu'elle ressent, la perte de qualité de vie et les troubles dans les conditions d'existence qu'elle rencontre au quotidien après consolidation ; dans l'hypothèse d'un état antérieur, préciser en quoi la pathologie anxiodépressive a eu une incidence sur celui-ci et décrire les conséquences de cette situation ;
11) Décrire les souffrances psychiques ou morales endurées pendant la maladie (avant consolidation). Les évaluer selon l'échelle habituelle de sept degrés.
Article 3 : Le Dr. Yves Brungs, domicilié 185, avenue Thiers à Bordeaux (33100) est désigné pour procéder à l'expertise.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert procédera aux déclarations prévues à l'article R. 621-3. Si l'expert n'a pas prêté serment lors de son inscription initiale sur le tableau établi par la cour administrative d'appel du ressort ou lors de leur inscription sur l'une des listes prévues par la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, il prêtera par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1.
Article 5 : L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport uniquement s'il le juge utile à l'accomplissement de sa mission, réalisera celle-ci dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans un délai de cinq mois, dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative, et le communiquera au greffe du tribunal selon les modalités précisées à l'article R. 621-6-5 du même code. L'experte justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.
Article 7 : L'expert, s'il juge qu'un accord est possible entre les parties, pourra prendre l'initiative d'une médiation, avec l'accord des parties, conformément aux dispositions de l'article R. 621-1 du code de justice administrative. Si une médiation est engagée, il en informe alors la juridiction. Cette médiation sera alors diligentée après le dépôt du rapport final d'expertise, au vu de ses conclusions. Indépendante de l'expertise principale, elle donnera lieu, avec l'accord des parties, à des frais d'expertise complémentaires spécifiques. A l'issue de cette mission de médiation, l'expert déposera, soit un rapport d'expertise en médiation de non-accord, qui précisera les motifs et points de désaccords, soit un rapport en médiation d'accord, indiquant les termes de l'accord auquel sont parvenues les parties.
Article 8 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la communauté d'agglomération Le Muretain Agglo ainsi qu'au Dr. Brungs, expert.
Fait à Toulouse, le 1er octobre 2024
La vice-présidente, juge des référés,
Sylvie CHERRIER
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026