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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2301809

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2301809

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2301809
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationCellule juge unique

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a examiné la demande de Mme C visant à obtenir l'annulation de la décision de la CAF de l'Ariège du 22 mars 2023 refusant la remise d'un indu de prime d'activité de 1 513,18 euros pour la période de mai 2021 à décembre 2022. Le tribunal a constaté que la dette avait été partiellement remboursée, réduisant le solde à 1 170,74 euros. Statuant sur le fondement de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, le juge a estimé que, malgré la bonne foi non contestée de la requérante, celle-ci ne démontrait pas une situation de précarité suffisante pour justifier une remise gracieuse totale ou partielle du solde restant. En conséquence, la requête de Mme C a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er avril 2023 et des pièces complémentaires enregistrées le 12 octobre 2023, Mme D C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 22 mars 2023 de la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Ariège rejetant son recours portant sur un indu de prime d'activité de 1 513,18 euros pour la période de mai 2021 à décembre 2022.

Elle soutient que :

- une déclaration tardive de plus de 6 mois lui est reprochée alors que ce n'était pas volontaire de sa part ; la CAF lui a expliqué depuis le début que les pensions militaires d'invalidité n'étaient pas à déclarer ; il a fallu un an et demi avant qu'elle soit informée que cette dernière apparaissait sur l'avis d'imposition, alors que cet avis était en possession de la CAF ;

- un quotient familial de 822 euros lui a été attribué, or après vérification, ce dernier est de 738 euros ;

- ils ont peu de ressources ; avec l'énergie, l'essence et les courses qui augmentent, rembourser 230 euros par mois lui parait insurmontable pour une famille de quatre personnes avec deux enfants.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 25 mai 2023 et 6 novembre 2023, la CAF de l'Ariège conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la dette a été constatée au-delà de six mois ; Mme C avait un quotient familial de 822 euros lors de la commission de recours amiable ;

- le couple n'a pas déclaré la pension militaire de M. E sur ses déclarations trimestrielles de ressources.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. F pour statuer sur les litiges visés audit article.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. F a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C est bénéficiaire de la prime pour l'activité depuis janvier 2016. Suite à une incohérence entre les ressources déclarées au centre des impôts et les ressources indiquées sur les déclarations trimestrielles de ressources pour la prime d'activité concernant M. E, son conjoint, la CAF a adressé un contrôle à Mme C. M. E a déclaré percevoir 18 686 euros de ressources au centre des impôts et seulement 15 818 euros sur ses déclarations trimestrielles de ressources pour la prime d'activité, soit un écart de 2 868 euros. La CAF a reçu un avis rectificatif du centre des impôts concernant les ressources déclarées par M. E sur l'année 2021. Une rectification a été effectuée pour l'intégralité des salaires de M. E en prenant en compte le net à payer avant impôt et en déduisant l'indemnité inflation de 100 euros sur décembre 2021 et les indemnités journalières déclarées par M. E. La CAF a notifié à Mme C une dette de 1 513,18 euros pour la période de mai 2021 à décembre 2022. Le 19 janvier 2023, Mme C a saisi la commission de recours amiable et a sollicité une remise de dette. Par une décision du 22 mars 2023, la commission de recours amiable a refusé de lui accorder une remise de dette. Par la présente, Mme C doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 22 mars 2023 et la remise totale de sa dette.

Sur l'étendue du litige :

2. Le 30 mars 2023, une retenue de 230,45 euros a été effectuée sur les prestations de Mme C en remboursement de la dette. Une compensation de 111,99 euros suite à régularisation a ramené le solde de la dette à 1 170,74 euros. En conséquence, il n'y a lieu de statuer que sur le solde de l'indu laissé à la charge de Mme C soit 1 170,74 euros.

Sur la remise de dette :

3. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

5. Mme C, dont la bonne foi n'a pas été remise en cause par la CAF de l'Ariège et qu'il n'y a pas lieu de remettre en cause, soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser le solde de l'indu mis à sa charge qui s'élève à 1 170,74 euros. M. E perçoit 1 397,72 euros de revenus mensuels outre 200 euros de pension militaire d'invalidité et Mme C 932,59 euros et ils ont deux enfants à charge. Mme C justifie de charges mensuelles à hauteur de 16,44 euros d'assurance habitation, de 91,95 euros d'assurance automobile, d'un loyer de 540 euros outre 82 euros de charges, de 170 euros d'électricité, de 97,30 euros de frais de cantine pour son enfant A, de 76 euros de frais de téléphonie, et des frais de cantine de leur fils B. Dans ces conditions, Mme C ne démontre pas que le solde de l'indu laissé à sa charge dépasse ses capacités contributives. Il lui est loisible de solliciter auprès de la CAF un échéancier adapté à sa situation.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme C qu'à la hauteur de 1 170,74 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme D C, à la caisse d'allocations familiales de l'Ariège et au ministre en charge des solidarités.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

Alain F La greffière,

Sandrine Furbeyre

La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef

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