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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2301978

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2301978

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2301978
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationCellule juge unique

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a examiné les recours de Mme A contestant une amende administrative de 300 euros pour perception indue du RSA, infligée par le département de l’Aveyron. La requérante invoquait l’absence d’intention frauduleuse, la mauvaise foi non établie, et une erreur de l’administration. Le tribunal a rejeté l’ensemble des demandes, considérant que les conditions de résidence stable en France n’étaient pas remplies et que la bonne foi n’était pas démontrée, en application des articles L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles et L. 114-17 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête enregistrée le 11 avril 2023 sous le n° 2301978, et un mémoire enregistré le 8 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision du 14 avril 2023, confirmée par la décision du 24 mars 2023 par laquelle le président du conseil départemental de l'Aveyron lui a infligé une amende administrative de 300 euros ;

2) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 300 euros ;

3) de mettre à la charge du département de l'Aveyron une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'a jamais eu l'intention de frauder ; elle a informé la caisse d'allocations familiales (CAF) de sa situation personnelle et professionnelle ; en renouvelant le versement du RSA pendant plusieurs mois, la CAF a répété son erreur ; la CAF et le département du Finistère ont ainsi commis une faute et ont manqué à leur devoir d'information ;

- sa mauvaise foi n'est nullement établie ; elle n'a pas perdu sa résidence stable et effective en France et l'administration n'a pas vérifié les motifs de ses séjours à l'étranger ; elle s'est rendue au Canada en mars 2020 pour y travailler et a dû subir une quarantaine ; en outre, son embauche a été annulée ; à son retour en France, elle a travaillé pour le syndicat mixte de Millau et déclaré ses revenus à hauteur de 560 euros ;

- la CAF avait connaissance de son absence du territoire puisqu'elle a surveillé les adresses IP à partir desquelles elle s'est connectée à son compte CAF ; cette information n'a pas été utilisée pour lui rappeler les règles qui s'imposaient à elle en matière de séjour à l'étranger ; le département du Finistère a donc commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation ;

- subsidiairement, elle a le droit à l'erreur en vertu de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est dans une situation précaire ; elle a été victime d'un accident en février 2022 à Cazejourdes qui l'a fragilisée ; elle a fait une demande à la maison départementale des personnes handicapées et tente de trouver une solution pour ne pas perdre son emploi.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 30 avril 2024 et 11 septembre 2024, le département de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

II- Par une requête enregistrée le 30 mai 2023 sous le n° 2303068 et un mémoire enregistré le 8 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1) d'annuler le titre exécutoire émis le 30 mars 2023 par lequel le président du conseil départemental de l'Aveyron a mis à sa charge une amende administrative de 300 euros ;

2) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 300 euros ;

3) de mettre à la charge du département de l'Aveyron une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles a été méconnu dès lors qu'elle a contesté par requête enregistrée le 30 avril 2023 la décision du 24 mars 2023 lui infligeant une amende administrative ;

- l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales a été méconnu dès lors que le titre exécutoire en litige n'est pas signé par son auteur et il n'est pas fait mention d'une signature électronique ;

- le titre en litige est insuffisamment motivé au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- elle a informé la caisse d'allocations familiales (CAF) de sa situation personnelle et professionnelle ; en renouvelant le versement du RSA pendant plusieurs mois, la CAF a répété son erreur ; la CAF et le département du Finistère (sic) ont ainsi commis une faute et ont manqué à leur devoir d'information ;

- sa mauvaise foi n'est nullement établie ; elle n'a pas perdu sa résidence stable et effective en France et l'administration n'a pas vérifié les motifs de ses séjours à l'étranger ; elle s'est rendue au Canada en mars 2020 pour y travailler et a dû subir une quarantaine ; en outre, son embauche a été annulée ; à son retour en France, elle a travaillé pour le syndicat mixte de Millau et déclaré ses revenus à hauteur de 560 euros ;

- la CAF avait connaissance de son absence du territoire puisqu'elle a surveillé les adresses IP à partir desquelles elle s'est connectée à son compte CAF ; cette information n'a pas été utilisée pour lui rappeler les règles qui s'imposaient à elle en matière de séjour à l'étranger ; le département du Finistère (resic) a donc commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation ;

- elle est dans une situation précaire ; en février 2022, elle a souffert d'une intoxication au monoxyde de carbone ; elle a dû quitter son appartement ; en octobre 2022, elle a été victime d'une fracture du bassin au moment où le contrôle de la CAF a débuté ; ces circonstances ont affecté sa capacité à répondre aux demandes de l'administration ; elle a fait une demande à la maison départementale des personnes handicapées et tente de trouver une solution pour ne pas perdre son emploi.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 7 mai 2024 et 11 septembre 2024, le département de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code général des collections territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés audit article.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel des affaires, le rapport de M. C a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2301978 et n° 2303068 concernent une même requérante, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

2. Dans le cadre d'un contrôle initié le 27 septembre 2022 par la CAF, il a été constaté que Mme A ne résidait pas sur le territoire français entre le 15 février 2020 et le 7 février 2022 et que des virements provenant d'un compte à l'étranger apparaissent sur ses comptes sans être justifiés. Un indu de RSA de 3 147,57 euros a alors été établi et le 20 janvier 2023, Mme A a été informée que le conseil départemental de l'Aveyron avait retenu le caractère frauduleux de ces omissions et qu'une amende administrative de 300 euros allait être prononcée à son encontre. Par une décision du 24 mars 2023, attaquée dans la requête n° 2301978, le département de l'Aveyron a infligé à la requérante une amende administrative de 300 euros. Le 30 mars 2023, le département de l'Aveyron a émis un titre exécutoire pour le recouvrement de cette amende, attaqué dans la requête n° 2303068.

Sur les conclusions dirigées contre la décision du 24 mars 2024 :

3. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles applicable au litige : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième et huitième alinéas du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative. / Aucune amende ne peut être prononcée à raison de faits remontant à plus de deux ans (). " Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I.- Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée () II- Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de quatre fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article R. 262-85 du code de l'action sociale et des familles : " Pour l'application de l'article L. 262-52, les compétences dévolues au directeur de l'organisme de sécurité sociale et à la commission constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme sont exercées respectivement par le président du conseil départemental et l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39. "

4. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de prendre une décision qui se substitue à celle de l'administration. Par suite, compte tenu des pouvoirs dont il dispose ainsi pour contrôler une sanction de cette nature, le juge se prononce sur la contestation dont il est saisi comme juge de plein contentieux.

5. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. " Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. "

6. Il résulte des termes mêmes de la décision litigieuse que celle-ci est motivée par la circonstance que Mme A n'a pas déclaré l'intégralité de ses ressources ni déclaré ses périodes de séjour hors de France en méconnaissance des articles L. 262-3 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles. En effet, il résulte de l'instruction que Mme A a résidé hors du territoire français entre le 15 février 2020 et le 7 février 2022, sans informer la CAF de l'Aveyron de son changement de résidence. Si Mme A fait valoir qu'elle s'est rendue au Canada en période de crise sanitaire et qu'elle a été contrainte d'y demeurer, elle précise toutefois s'y être rendue pour une embauche en qualité d'hydrographe, qui en définitive ne s'est pas concrétisée. Mme A n'a jamais déclaré son changement de résidence. La circonstance que la CAF aurait eu connaissance du séjour hors de France de Mme A par l'analyse des adresses IP utilisées pour se connecter à son compte CAF ne dispensait pas l'intéressée de déclarer à la CAF tout changement intervenu dans ses ressources, sa résidence ou ses activités. En outre, Mme A ne conteste pas avoir omis de déclarer des sommes créditées sur son compte en provenance de l'étranger. Dans ces conditions, les faits qui sont reprochés à Mme A présentent le caractère d'une omission délibérée dans le but d'obtenir indûment un droit au revenu de solidarité active. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que sa bonne foi fait obstacle à l'infliction d'une amende administrative et c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que le président du conseil départemental de l'Aveyron et non du Finistère a pu prononcer l'amende en litige, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles. Enfin, sa situation de précarité est sans incidence sur le bien-fondé de la sanction prononcée à son encontre.

7. Aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. La sanction peut toutefois être prononcée sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude (). " Aux termes de l'article L. 123-2 du même code : " Est de mauvaise foi, au sens du présent titre, toute personne ayant délibérément méconnu une règle applicable à sa situation. En cas de contestation, la preuve de la mauvaise foi et de la fraude incombe à l'administration. ".

8. Comme il a été exposé au point 5 du présent jugement, il y a lieu de retenir le caractère frauduleux des omissions déclaratives de Mme A. D'une part, Mme A n'a pas régularisé spontanément sa situation. D'autre part, en vertu des dispositions précitées, l'amende administrative qui a été infligée à Mme A pouvait l'être sans qu'elle soit invitée à régulariser sa situation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 24 mars 2023 lui infligeant une amende administrative de 300 euros.

Sur les conclusions dirigées contre le titre exécutoire du 30 mars 2023 :

10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public vaut notification de ladite ampliation. En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. () Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. (). " Aux termes de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales : " La signature manuscrite, ou électronique conformément aux modalités fixées par arrêté du ministre en charge du budget, du bordereau récapitulant les titres de recettes emporte attestation du caractère exécutoire des pièces justifiant les recettes concernées et rend exécutoires les titres de recettes qui y sont joints conformément aux dispositions des articles L. 252 A du livre des procédures fiscales et des articles R. 2342-4, R. 3342-8-1 et R. 4341-4 du présent code. () ". Aux termes de l'article L. 3221-3 du code général des collectivités territoriales : " () Le président du conseil départemental est le chef des services du département. Il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, donner délégation de signature en toute matière aux responsables desdits services ".

11. Il résulte de ces dispositions que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les noms, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.

12. L'ampliation du titre exécutoire reçu par Mme A porte le nom de " D DES ". Le bordereau récapitulant les titres de recettes où figure le titre en litige est signé par " L'ordonnateur Isabelle POUX ". Dès lors, Mme A est fondée à soutenir que le titre attaqué n'a pas été régulièrement signé et, pour ce seul motif, à demander son annulation.

13. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre : statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.

14. L'avis de somme à payer émis le 30 mars 2023 doit être annulé au motif de l'irrégularité de sa signature. Le département de l'Aveyron peut émettre, si aucune règle de prescription n'y fait obstacle, un nouvel avis de somme à payer pour le recouvrement de l'amende en litige, dûment signé dans les conditions rappelées au point 11 du présent jugement. Par suite, les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme en litige doivent être rejetées.

Sur les demandes de frais de procès :

15. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Mme A tendant au bénéfice de frais de procès.

D E C I D E :

Article 1er : Le titre exécutoire émis le 30 mars 2023 par le département de l'Aveyron mettant à la charge de Mme A la somme de 300 euros est annulé.

Article 2 : La requête n° 2301978 et le surplus des conclusions de la requête n° 2303068 sont rejetés.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et au département de l'Aveyron.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Alain CLa greffière,

Sandrine Furbeyre La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos 2301978-2303068

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