mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2302011 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Cellule juge unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 5 avril 2023 et 14 février 2024, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 13 février 2023, par laquelle la caisse de mutualité sociale agricole (MSA) Midi-Pyrénées-Sud a rejeté sa demande de remise de dette d'un indu de prime d'activité d'un montant initial de 1 912,85 euros pour la période de novembre 2021 à juillet 2022, ramené à 1 637,24 euros à la suite de retenues.
Elle soutient que :
- elle a déclaré sa pension d'invalidité ainsi que son salaire auprès de la MSA ; elle a expliqué au téléphone à la MSA que sa pension d'invalidité leur a été versée par leur organisme ; ils lui ont indiqué qu'elle n'avait pas à leur déclarer sa pension ;
- elle n'a pas essayé de percevoir plus que ce à quoi elle avait droit ;
- elle va être licenciée en octobre 2023, son employeur, après avoir réduit ses heures de travail, ne pouvant la garder dans son emploi de vendeuse dans une petite épicerie de vente de plats à emporter bio.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2023, la caisse de mutualité sociale agricole Midi-Pyrénées-Sud conclut au rejet de la requête de Mme A.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. C a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été affiliée au régime agricole en qualité de salariée et est bénéficiaire à ce titre d'une rente accident du travail et d'une pension d'invalidité auprès de la MSA. Elle a bénéficié du chômage indemnisé et de l'aide de retour à l'emploi du 13 mars 2020 jusqu'au 31 août 2021. A compter du 1er septembre 2021, Mme A exerce une activité salariée relevant du régime général. Mme A a bénéficié de la prime d'activité à compter du mois de novembre 2021. Un contrôle du dossier a révélé que Mme A n'avait pas déclaré sa pension d'invalidité dans ses déclarations trimestrielles de ressources générant ainsi un trop perçu de 1912,95 euros pour la période de novembre 2021 à juillet 2022. Par courrier du 13 septembre 2022, Mme A a demandé la remise de sa dette. Par une décision en date du 13 février 2023, la MSA a rejeté le recours de Mme A. Par la présente, Mme A doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision et la remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. / () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prime d'activité ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
4. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité mis à la charge de Mme A est la conséquence de l'absence de déclaration de sa pension d'invalidité de 929 euros, qu'elle avait pourtant déclarée pour le trimestre de ressources de juillet à septembre 2021. Pour solliciter la remise gracieuse de sa dette Mme A, dont la bonne foi n'est pas contestée, soutient qu'elle a eu une conversation téléphonique avec un agent de la MSA qui lui a affirmé qu'elle n'avait pas à déclarer sa pension d'invalidité. Toutefois, l'erreur de la MSA à la supposée établie n'est pas de nature à dispenser Mme A de rembourser la somme qu'elle a indument perçue. L'intéressée a justifié en février 2024 de charges mensuelles à hauteur de 15,63 euros pour l'assurance habitation, de 70,58 euros au titre de l'assurance automobile, de 189,20 euros au titre du remboursement d'un prêt personnel jusqu'en avril 2029, de 126,12 euros au titre de l'électricité, de 40,73 euros au titre de l'eau, de 18,55 euros au titre des ordures ménagères, d'un loyer de 509,82 euros, soit au total 970,63 euros. Il résulte des déclarations trimestrielles de ressources de juillet à septembre 2023, qu'en août et septembre 2023, Mme A a perçu des indemnités de chômage pour un montant de 974 euros, sa rente accident du travail pour un montant de 186 euros et une pension d'invalidité pour un montant de 1 000 euros. Dans ces conditions, il n'est pas établi que sa situation de précarité serait telle qu'elle ne puisse rembourser l'indu laissé à sa charge. Mme A peut, si elle s'y croit fondée en raison sa situation financière, demander à la MSA la mise en place d'un échéancier de paiement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et au ministre en charge des solidarités.
Copie en sera délivrée à la caisse de mutualité sociale agricole Midi-Pyrénées-Sud.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Alain C La greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au ministre des solidarités en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026