mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2302156 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Cellule juge unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2023 et un mémoire enregistré le 16 janvier 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler les décisions de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Haute-Garonne du 4 avril 2023 par lesquelles un indu d'aide personnelle au logement (APL) d'un montant initial de 1 483,95 euros a été ramené gracieusement à la somme de 741,98 euros et un indu d'APL de 355,87 euros a été ramené gracieusement à la somme de 177,94 euros, en tant que ces décisions ne lui ont pas accordé la remise totale de ses dettes, ainsi que la décision du 17 mars 2023 refusant sa demande de remise de dette d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 300 euros.
Elle soutient que :
- les indus résultent d'une erreur informatique de la CAF qui n'a pas pris en compte correctement ses ressources ;
- son quotient familial n'est pas de 1 313 euros, mais de 1 164 euros ;
- ses charges mensuelles s'élèvent notamment à 1005,19 euros de loyer, environ 133 euros d'électricité et gaz, 99 euros de téléphonie et d'internet pour le foyer, 508 euros de remboursement de crédit voiture, 354 euros pour les frais d'école, 32 euros pour les frais de CLAE, 120 euros de mutuelle, 114 euros d'assurances voitures, 23,60 euros d'assurance habitation, 11,60 euros d'assurances scolaires, environ 112 euros de frais d'activités pour les enfants (foot, piscine, danse et break dance), 26,20 d'abonnement bus pour les enfants, 52,58 euros d'abonnement alarme, 5,99 euros pour la télévision, 29,90 euros pour la salle de sport, 1200 euros de courses et 39 euros pour les cotisations de carte bleue.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 novembre 2023, la CAF de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme B au paiement de la somme de 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, ont été entendus le rapport de M. C et les observations de Mme B qui persiste dans ses écritures et indique qu'elle est mariée, qu'elle a quatre enfants, que son mari travaille et que ses ressources sont sensiblement les mêmes qu'en 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La CAF de la Haute-Garonne a établi à l'encontre de Mme B trois indus. Un premier indu d'APL lui a été notifié par décision du 29 septembre 2022 (IN5/005) d'un montant initial de 1 483,95 euros pour la période d'avril 2021 à juillet 2022. Un second indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant initial de 300 euros lui a été notifié au titre du mois de septembre 2022 et un indu complémentaire d'aide personnalisée au logement (APL) d'un montant initial de 355,87 euros pour la période d'avril à juillet 2021 (IN5/006). Mme B a sollicité une remise de ses dettes. Sa demande de remise de dette portant sur l'aide exceptionnelle de solidarité a été rejetée. Une remise partielle de 50 % concernant la créance d'APL d'avril à juillet 2022 lui a été accordée, ramenant le solde de sa dette à 741,97 euros et une remise partielle de 50 % lui a été accordée concernant la créance d'APL d'avril à juillet 2021 ramenée à la somme de 177,93 euros. Par la présente, Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de ces décisions en tant que ne lui a pas été accordée une remise totale de sa dette.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité a été soldé le 29 mars 2023. Par suite, dès lors que la dette a été éteinte avant même l'introduction du recours de Mme B, sa requête, en tant qu'elle porte sur la demande de remise gracieuse de cet indu, est irrecevable et doit être rejetée comme telle.
Sur la demande de remise gracieuse :
3. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation dans sa version en vigueur depuis le 1er septembre 2019 : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, dans sa version applicable au litige : " () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvres frauduleuses ou de fausses déclarations. () ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'aide au logement ou d'aide exceptionnelle de solidarité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
5. Pour solliciter une remise de ses dettes, dont le montant total s'élève à 919,90 euros, l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité ayant été soldé le 29 mars 2023, antérieurement à l'introduction du recours de Mme B, cette dernière, dont la bonne foi n'a pas été remise en cause et qu'il n'y a pas lieu de remettre en cause, fait valoir que sa situation financière ne lui permet pas de s'acquitter du solde des indus mis à sa charge et invoque une erreur en ce qui concerne son quotient familial. Il résulte toutefois de l'instruction et notamment du relevé des quotients familiaux du foyer, qui compte 4,5 parts, que les ressources annuelles du foyer sur la période d'août 2022 à septembre 2023 s'établissent à 53 845 euros soit environ 4 490 euros par mois. Mme B fait valoir des charges, hors alimentation, à hauteur d'environ 2 660 euros. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que sa situation de précarité serait telle qu'elle ne puisse rembourser le solde de l'indu laissé à sa charge. Mme B peut en outre, si elle s'y croit fondée, solliciter de la CAF un échéancier de paiement adapté à sa situation financière.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
Sur les conclusions de la CAF tendant au bénéfice de frais de procès :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de Mme B la somme que demande la CAF de la Haute-Garonne sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne tendant au bénéfice de frais de procès sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme A B, à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne et au préfet de la Haute-Garonne.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le magistrat désigné
AlainCxLa greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au ministre du logement, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026