mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2302200 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Cellule juge unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 avril 2023 et 8 novembre 2023, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1) d'annuler la décision du 20 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Haute-Garonne lui a accordé une remise partielle de 734,90 euros d'un indu de prime d'activité d'un montant initial de 979,86 euros pour la période d'avril à juillet 2022 en tant que ne lui a pas été accordée une remise totale de sa dette dont le solde s'établit à 244,96 euros ;
2) de lui accorder une remise totale de sa dette.
Il soutient que :
- il est en arrêt de travail depuis le 4 janvier 2021 en raison de deux interventions chirurgicales à l'épaule, ainsi qu'une opération visant à lui poser une prothèse de genou ;
- il se trouve en difficulté financière et subi une perte de salaire de 50 % ;
- la dernière opération du 10 janvier 2023 au cours de laquelle une prothèse lui a été posée n'a pas eu les résultats escomptés ; il a subi des complications qui ne lui permettent pas de marcher sans l'aide de cannes anglaises ; il ne sait pas s'il pourra rependre son ancienne activité professionnelle n'ayant aucune aide financière sociale pour ses dépenses quotidiennes ;
- ses charges s'élèvent à 933,56 euros dont deux crédits à la consommation de 119 euros et 97,74 euros ; ses ressources s'élèvent à 44,98 euros net par jour, soit 1 371,89 euros pour un mois de 30,5 jours.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 24 avril 2023 et 8 mars 2024 (non communiqué), la CAF de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. A à la somme de 200 euros au titre des frais en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. A a bénéficié d'une remise totale de son indu d'allocation logement sociale d'un montant initial de 1 128 euros ;
- elle a considéré qu'il se trouvait en situation de précarité et lui a accordé une remise partielle de sa dette de prime d'activité de 75 % ramenant le solde de l'indu à 244,96 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. C a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a bénéficié de la prime d'activité et un indu de 979,86 euros lui a été notifié pour la période d'avril à juillet 2022. Par une décision du 7 février 2023, la CAF lui a accordé une remise de 75 % ramenant le solde de l'indu laissé à sa charge à la somme de 244,96 euros. Par la présente, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision en tant que ne lui a pas été accordée la remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Pour solliciter la remise totale de sa dette, le requérant fait valoir qu'il se trouve en situation de précarité et qu'il est dans l'impossibilité de rembourser la dette mis à sa charge. Toutefois, alors même que le détail des ressources et charges de M. A produit le 8 novembre 2023 n'est pas justifié, il résulte de ce document que M. A perçoit environ 1 372 euros par mois, pour des charges qui s'élèvent à 933,56 euros dont deux crédits à la consommation de 119 euros et 97,74 euros, qui ne peuvent être pris en compte. Dans ces conditions, M. A n'établit pas que sa situation de précarité serait telle qu'il ne puisse rembourser le solde de l'indu en litige, qui s'élève à 244,96 euros. Il lui est loisible de solliciter de la CAF un échéancier de paiement adapté à sa situation financière.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme de 200 euros demandée par la CAF de la Haute-Garonne au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la caisse d'allocations familiales tendant au bénéfice de frais de procès sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au ministre en charge des solidarités.
Copie en sera délivrée à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Alain C La greffière,
Sandrine Furbeyre La République mande et ordonne au ministre des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026