lundi 13 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2302441 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés successivement les 26 avril 2023 et 26 septembre 2024, la société civile immobilière Les Oliviers et la société par actions simplifiée La Jardinerie tarnaise, représentées par Me Pointeau, demandent à la juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures, de :
1°) désigner un expert, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, aux fins de se prononcer sur la conformité des travaux de la route nationale 88, entrepris sur la section comprise entre le giratoire de l'Arquipeyre et le giratoire de l'Hermet, sur les territoires des communes d'Albi et de Lescure-d'Albigeois ;
2°) faire droit à la demande du préfet de la Haute-Garonne, préfet coordonnateur des itinéraires routiers, tendant à l'extension de la mission d'expertise au contradictoire des communes d'Albi et de Lescure-d'Albigeois ainsi que de la communauté d'agglomération de l'Albigeois ;
3°) rejeter la demande du préfet de la Haute-Garonne, préfet coordonnateur des itinéraires routiers, tendant à la suppression du huitième chef de mission, relatif à l'évaluation des préjudices des requérantes ;
4°) rejeter les conclusions de la communauté d'agglomération de l'Albigeois ;
5°) réserver les dépens.
Elles soutiennent qu'elles subissent des dommages de travaux publics et que l'expertise est utile afin :
- d'apprécier d'éventuelles non-conformités au regard des règles de la sécurité routière, dans la conception du projet et la réalisation des travaux de la route nationale 88 au niveau du giratoire de l'Arquipeyre ;
- d'apprécier l'utilité de travaux complémentaires ;
- d'évaluer leurs préjudices.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2023, le préfet de la Haute-Garonne, préfet coordonnateur des itinéraires routiers, indique ne pas s'opposer à la mesure d'expertise demandée, mais formule ses protestations et réserves d'usage, conclut à ce que la mission d'expertise soit réalisée en présence et au contradictoire des communes d'Albi et de Lescure-d'Albigeois et de la communauté d'agglomération de l'Albigeois, à ce que le contenu de la mission d'expertise soit précisé selon ses indications, notamment par la suppression du chef de mission relatif à l'évaluation des préjudices des requérantes à ce que le versement de toute allocation provisionnelle à l'expert soit mis à la charge des requérantes et que les dépens soient réservés.
Il soutient que l'appel en cause des communes d'Albi et de Lescure-d'Albigeois et de la communauté d'agglomération de l'Albigeois est utile, mais qu'un des chefs de mission de l'expertise demandée, relatif à l'évaluation des préjudices, ne présente, à ce stade, pas un tel caractère d'utilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2023, la commune de Lescure-d'Albigeois, représentée par Me Dunyach, indique qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise demandée, mais formule ses protestations et réserves d'usage et conclut à ce que le versement de toutes allocation provisionnelle à l'expert soit mis à la charge des requérantes et que les dépens soient réservés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2024, la communauté d'agglomération de l'Albigeois, représentée par la SELARL Dupuy avocats, conclut à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à sa mise hors de cause.
Elle soutient que la demande d'expertise est dépourvue d'utilité.
La requête a été communiquée à la préfecture du Tarn ainsi qu'à la commune d'Albi, qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 2 janvier 2025, par laquelle le président par intérim du tribunal administratif a désigné Mme Viseur-Ferré, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière Les Oliviers est propriétaire d'une unité foncière comprenant les parcelles cadastrées section EV, n° 1, 2, 9, 174, 175 et 351 à 367, sises lieux-dits L'Arquipeyre et Route de Lescure, sur le territoire de la commune d'Albi. Elle a consenti sur ces parcelles un bail commercial à la société par actions simplifiée La Jardinerie tarnaise, exerçant une activité de négoce, en gros et détail, de produits de sol, engrais, graines et création florale. Par un arrêté du 18 juillet 2019, et en raison notamment de la nécessité de fluidifier le trafic routier, le préfet du Tarn a déclaré d'utilité publique les travaux de la route nationale 88, entre le giratoire de l'Arquipeyre et le giratoire de l'Hermet, sur le territoire des communes d'Albi et de Lescure-d'Albigeois. Les travaux entrepris sur la route nationale 88, prévus pour être achevés en 2023, ont permis la conversion de celle-ci en une route " 2 x 2 voies ", dans les directions de Rodez et Albi, de part et d'autre du giratoire de l'Aquipeyre. Articulé autour de quatre branches, le giratoire de l'Arquipeyre permet, via l'une d'entre elles, qui rejoint une voie communale reliée à la route nationale 88, la desserte de la zone commerciale où est implantée La Jardinerie tarnaise. Les requérantes déplorent que, du fait des travaux réalisés sur la route nationale 88, l'accès par véhicule aux locaux commerciaux de La Jardinerie tarnaise, et plus encore la sortie de ces mêmes locaux, qui ne sont possibles qu'en empruntant le giratoire de l'Arquipeyre, soient difficiles voire dangereux pour la sécurité des personnes, compte tenu de la densité de la circulation et de la vitesse atteinte désormais par les véhicules empruntant le giratoire et la route nationale 88.
2. Les requérantes demandent à la juge des référés d'ordonner une expertise portant sur les travaux de la route nationale 88, entrepris sur la section comprise entre le giratoire de l'Arquipeyre et le giratoire de l'Hermet afin de rechercher d'éventuelles non-conformités dans la conception du projet et la réalisation des travaux, de se prononcer sur l'utilité de travaux complémentaires et d'évaluer leurs préjudices.
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
3. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère ".
4. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
5. Le maître d'un ouvrage public est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. La mise en jeu de la responsabilité sans faute d'une collectivité publique pour dommages de travaux publics à l'égard d'un justiciable, qui est tiers par rapport à un ouvrage public ou une opération de travaux publics, est subordonnée à la démonstration par cet administré de l'existence d'un dommage grave et spécial directement en lien avec cet ouvrage ou cette opération. Ne sont pas susceptibles d'ouvrir droit à indemnité les préjudices qui n'excèdent pas les sujétions susceptibles d'être normalement imposées, dans l'intérêt général, aux riverains des ouvrages publics. Les tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
6. Les travaux entrepris sur la route nationale 88 relèvent d'une maîtrise d'ouvrage publique, confiée à la direction interdépartementale des routes du sud-ouest (DIRSO). Ils revêtent le caractère de travaux publics, à l'égard desquels les sociétés requérantes ont la qualité de tiers.
7. Il résulte de l'instruction que la mise en place, sur la route nationale 88, de deux voies de circulation sur chaque sens de circulation, pour une section comprise entre le giratoire de l'Arquipeyre et celui de l'Hermet, sur les territoires des communes d'Albi et de Lescure-d'Albigeois, a été reconnue d'utilité publique par un arrêté du préfet du Tarn du 18 juillet 2019. Le giratoire de l'Arquipeyre fait office de point de rencontre entre la rocade d'Albi (2x2 voies dont la vitesse est limitée à 90 kilomètres par heure) et la route nationale 88 en traversée de Lescure-d'Albigeois, dont la vitesse est limitée à 70 kilomètres par heure. Il n'est pas contesté que ce giratoire absorbe un trafic important, de plus de 50 000 véhicules par jour en valeur cumulée, en croissance continue, et se heurte aux heures de pointe à un phénomène de saturation.
8. Les requérantes font d'abord valoir, reprenant les constatations d'un procès-verbal des 16 et 25 mars 2022 établi par Me Berge, commissaire de justice, que l'accès aux locaux de la jardinerie, en entrée comme en sortie, n'est possible qu'en empruntant le giratoire de l'Arquipeyre. Compte tenu du " flux ininterrompu " de véhicules observé par Me Berge et de la vitesse de circulation relevée à ce niveau de la voie publique, les véhicules cherchant à sortir de ou à accéder à la jardinerie ne doivent le faire qu'avec " prudence ". Dans les conclusions et avis, rendus en novembre 2018 par le commissaire enquêteur, dans le cadre de l'enquête publique unique relative à la sécurisation de la route nationale 88 entre les giratoires de l'Arquipeyre et de l'Hermet, la problématique de la " sortie de la jardinerie tarnaise, des riverains et autres entreprises " avait, par ailleurs, déjà été relevée.
9. Les requérantes, se référant ensuite aux conclusions d'une étude du 4 avril 2022 de la société Atelier d'aménagement et d'urbanisme, indiquent que " la mise à 2 x 2 voies " de la route nationale 88 aura pour conséquence une circulation des véhicules à " des vitesses bien supérieures à celles constatées aujourd'hui () les paramètres géographiques de la construction de cet ouvrage [étant] de nature à très nettement aggraver les vitesses. Sa conception () a pour conséquence directe de prohiber l'accès à la Jardinerie tarnaise, car les vitesses moyennes que générera cette modification interdira toute insertion de véhicule en sécurité () en effet, les déflexions (déviation de la trajectoire théorique des véhicules) sont contraires aux bonnes pratiques des règles de l'art édictées par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) () L'insertion de véhicules issus de l'accès Jardinerie tarnaise sera extrêmement périlleuse, voire impossible dans des conditions de sécurité ordinaires ".
10. Les requérantes produisent encore une pétition de 227 clients de la jardinerie faisant état du caractère très dangereux de l'accès à et, plus encore, de la sortie des locaux commerciaux de celle-ci. Elles font, enfin, état d'une étude comptable prévisionnelle du cabinet Delrieu et associés qui anticipe une dégradation progressive de la situation financière de la société La Jardinerie tarnaise, liée à une perte progressive de clientèle présentée comme consécutive aux travaux entrepris sur la route nationale 88.
11. Il résulte des points 7 à 10 de la présente ordonnance que la demande d'expertise est, en l'état de l'instruction, suffisamment documentée. Elle est, par ailleurs, susceptible de se rattacher à un litige dont le tribunal administratif pourrait être saisi. Dès lors, elle présente le caractère d'utilité requis par les dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il doit, par suite, y être fait droit. La mission de l'expert est définie à l'article 2 de la présente ordonnance.
Sur la demande d'extension de la mission au contradictoire des communes d'Albi et de Lescure-d'Albigeois et sur la demande de mise hors de cause de la communauté d'agglomération de l'Albigeois :
12. Peuvent être appelées à une expertise, ordonnée sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, les personnes qui ne sont pas manifestement étrangères au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action auquel se rattache l'expertise, ou dont la présence est de nature à éclairer les travaux de l'expert.
13. Il n'est pas contesté, ainsi que soutenu en défense, que la voie d'accès aux locaux commerciaux de La Jardinerie tarnaise, reliée à la route nationale 88, est la propriété des communes d'Albi et de Lescure d'Albigeois, et que la gestion de cette même route est assurée par la communauté d'agglomération de l'Albigeois, au titre de sa compétence en matière de voirie.
14. Dans ces conditions, la demande de participation aux opérations d'expertise des communes d'Albi et de Lescure d'Albigeois ne peut être regardée, en l'état de l'instruction, comme dépourvue de caractère utile, et il doit y être fait droit.
15. En ce que sa participation aux opérations d'expertise peut être de nature à contribuer à la qualité du travail de l'expert, et même s'il n'est pas contesté que la communauté d'agglomération de l'Albigeois n'a pas participé à la réalisation des travaux entrepris sur la route nationale 88 à laquelle est reliée la voie communale dont elle assure la gestion, la demande de mise hors de cause de la communauté d'agglomération de l'Albigeois ne saurait être accueillie. Il y a, dès lors, lieu de rejeter sa demande de mise hors de cause.
Sur le contenu de la mission d'expertise :
16. Le préfet de la Haute-Garonne, préfet coordonnateur des itinéraires routiers, soutient que la mission dévolue à l'expert doit être limitée à l'examen de l'exécution des travaux publics entrepris pour la mise à " 2 x 2 voies " de la route nationale 88, et non à l'examen des préjudices relatifs à la perte de valeur de l'ensemble immobilier (terrains et murs) appartenant à la société Les Oliviers et à la perte de valeur du fonds de commerce exploité par la société La Jardinerie tarnaise. Il soutient en effet que, devant le juge saisi au fond, les requérantes seraient dans l'obligation de faire état d'un préjudice certain. Or le préjudice invoqué ne présenterait, à ce stade, qu'un caractère prévisionnel, les travaux venant à peine de s'achever et l'évaluation du préjudice ne pouvant être menée, en l'absence d'un recul suffisant.
17. Le juge des référés ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste, en l'état de l'instruction, de fait générateur, de préjudice ou de lien de causalité entre celui-ci et le fait générateur.
18. Il ne résulte pas de l'instruction qu'il y aurait, en l'espèce, absence manifeste de tout préjudice. Il ne relève, par ailleurs, pas de l'office du juge des référés, saisi d'une demande de désignation d'expert sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le caractère certain des préjudices allégués, ce qui incombe au juge du fond. Les conclusions du préfet de la Haute-Garonne, préfet coordonnateur des itinéraires routiers, tendant à la réduction du contenu de la mission d'expertise doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les réserves ou protestations exprimées :
19. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de protestations ou de réserves. Les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E:
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre, d'une part, la société civile immobilière Les Oliviers et la société par actions simplifiée La Jardinerie tarnaise et, d'autre part, le préfet de la Haute-Garonne, préfet coordonnateur des itinéraires routiers, le préfet du Tarn, la commune d'Albi, la commune de Lescure-d'Albigeois et la communauté d'agglomération de l'Albigeois.
Article 2 : L'expert aura pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux après avoir convoqué les parties ;
2°) se faire communiquer toutes pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission, consulter tout sachant et se livrer à toutes investigations utiles ;
3°) dresser tout état descriptif et qualitatif des travaux de la route nationale 88 entrepris sur la section comprise entre le giratoire de l'Arquipeyre et le giratoire de l'Hermet, sur les territoires des communes d'Albi et de Lescure-d'Albigeois, et plus particulièrement les travaux ayant consisté en la réalisation de deux voies de circulation sur chaque sens de circulation sur la section de la route nationale 88 située immédiatement en amont du giratoire de l'Arquipeyre dans le sens Carmaux-Albi, sur 300 mètres environ ;
4°) déterminer et dire si, à son avis, ces travaux présentent des non-conformités aux règles de conception, aux règles de déflexion et plus généralement aux principes de la sécurité routière, l'accès (entrée et sortie) aux locaux de la société La Jardinerie tarnaise s'effectuant au niveau du giratoire de l'Arquipeyre, entre l'entrée du rond-point (sens Albi-Carmaux) et la sortie de ce dernier en direction de Carmaux ;
5°) dans l'affirmative, décrire et analyser les non-conformités affectant la conception et la réalisation des travaux, en déterminer l'origine, l'étendue et la cause ;
6°) déterminer les travaux à réaliser pour rendre conforme aux règles de conception, aux règles de déflexion et plus généralement aux principes de la sécurité routière, le giratoire de l'Arquipeyre, et l'accès (entrée et sortie) aux locaux de la La Jardinerie tarnaise ; chiffrer le coût desdits travaux ;
7°) dire si, à son avis, il y a lieu, en cas d'urgence constitutive d'un réel danger, de procéder à la réalisation des travaux de mise en sécurité et décrire précisément la nature de ces travaux ;
8°) plus généralement, fournir tous éléments techniques ou de fait, de nature à permettre à la juridiction compétente de se prononcer sur les responsabilités encourues et d'évaluer tous les préjudices subis par la société civile immobilière Les Oliviers et la société par actions simplifiée La Jardinerie tarnaise, notamment les préjudices liés à la perte de valeur de l'ensemble immobilier (terrain et murs) appartenant à la société Les Oliviers et la perte de valeur du fonds de commerce exploité par la société La Jardinerie tarnaise ;
9°) rechercher l'accord des parties sur l'engagement d'une médiation sur la base de son rapport.
Article 3 : M. B A, domicilié 60, rue Auguste-Rodin à Balma (31130) est désigné comme expert.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert procédera aux déclarations prévues à l'article R. 621-3. Si l'expert n'a pas prêté serment lors de son inscription initiale sur le tableau établi par la cour administrative d'appel du ressort ou lors de son inscription sur l'une des listes prévues par la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, il prêtera par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1.
Article 5 : L'expert établira un pré-rapport, soumis aux parties pour recueillir leurs dires, sauf s'il ne le juge pas utile à l'accomplissement de sa mission, laquelle sera réalisée dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra recourir à un sapiteur avec l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans un délai de six mois, dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative, et le communiquera au greffe du tribunal selon les modalités précisées à l'article R. 621-6-5 du même code. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.
Article 7 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 8 : Si les parties se sont accordées pour engager une médiation, l'expert pourra, après le dépôt de son rapport et sous réserve de l'accord des parties, conduire lui-même la médiation en application de l'article L. 621-1 du code de justice administrative. Si la médiation ne permet pas d'aboutir à un accord entre les parties, l'expert informera la juridiction de l'achèvement de sa mission. Si les parties refusent qu'il conduise la médiation, il renverra les parties vers le tribunal pour qu'il nomme un médiateur en application de l'article L. 231-5 du même code et il informera la juridiction de l'achèvement de sa mission. Dans tous les cas, la médiation sera engagée au vu des conclusions de son rapport. Indépendante de l'expertise principale, elle donnera lieu à des frais complémentaires spécifiques.
Article 9 : le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière Les Oliviers, à la société par actions simplifiée La Jardinerie tarnaise, au préfet de la Haute-Garonne, préfet coordonnateur des itinéraires routiers, à la commune de Lescure-d'Albigeois, à la communauté d'agglomération de l'Albigeois, à la commune d'Albi au préfet du Tarn et à M. B A, expert.
Fait à Toulouse, le 13 janvier 2025
La vice-présidente, juge des référés,
Cécile VISEUR-FERRÉ
La République mande et ordonne aux préfets de la Haute-Garonne du Tarn en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026