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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2302730

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2302730

mercredi 25 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2302730
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantFIDUCIAL LEGAL BY LAMY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi par le syndicat départemental d’adduction d’eau potable et d’assainissement du Lot-et-Garonne d’un recours en excès de pouvoir contre la décision du préfet de la région Occitanie du 4 novembre 2022 approuvant la grille tarifaire 2023 de la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne, ainsi que contre le refus implicite de retirer cette approbation. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la différenciation tarifaire entre les usagers prélevant de l’eau pour la potabilisation et les usagers agricoles était justifiée par une différence de situation objective (consommation annuelle vs saisonnière, absence d’abonnement et de limitation pour les premiers) et par le caractère prioritaire de l’eau potable au sens des articles L. 210-1 et L. 211-1 du code de l’environnement. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions du syndicat requérant.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. - Par une requête enregistrée le 10 mai 2023, sous le numéro 2302730, et deux mémoires enregistrés les 28 novembre 2023 et 8 avril 2024, le syndicat départemental d’adduction d’eau potable et d’assainissement du Lot-et-Garonne, représenté par Me Meresse, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la région Occitanie a refusé de retirer l’approbation de la grille tarifaire pour l’année 2023 donnée à la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne, devenue depuis la société Rives & eaux du Sud-Ouest ;

2°) d’annuler la décision du 4 novembre 2022 par laquelle le préfet de la région Occitanie a approuvé la grille tarifaire de la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne pour l’année 2023 ;

3°) d’enjoindre au préfet de la région Occitanie de mettre en demeure la société Rives & eaux du Sud-Ouest de proposer une nouvelle grille tarifaire ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable dès lors que la décision du 4 novembre 2022 est un acte réglementaire dont le retrait peut intervenir à tout moment ; quand bien même cette décision serait une décision individuelle créatrice de droits, la demande de retrait a été formée le 13 février 2023, soit avant l’expiration du délai de retrait de quatre mois ;
- sa requête n’est pas tardive dès lors que la décision préfectorale de validation des tarifs date du 4 novembre 2022, que cette décision ne lui a pas été notifiée et qu’elle n’a pas été publiée ;
- le courrier du 4 novembre 2022 constitue une décision faisant grief ;
- la grille tarifaire 2023 méconnaît le principe de l’égalité entre les usagers d’un service public dès lors qu’aucune différence de situation entre les usages n’est justifiée ; en tout état de cause, cette différence de traitement ne serait pas proportionnée à la différence des situations ;
- la nouvelle grille tarifaire revient à faire prendre en charge par les autres usagers un subventionnement au profit des usagers agricoles.

Par un mémoire enregistré le 31 octobre 2023, la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne, devenue la société Rives et Eaux du Sud-Ouest, représentée par Me Midol-Monnet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge du syndicat requérant sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que le préfet ne peut pas retirer un acte individuel créateur de droits au-delà du délai de quatre mois suivant son édiction, de sorte que le refus de retrait litigieux ne peut pas faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir ou, en tout état de cause, qu’aucune décision de retrait ne pourrait plus intervenir malgré une annulation contentieuse, le recours étant ainsi dépourvu d’objet ;
- la requête est tardive en tant qu’elle tend à l’annulation de la décision du 4 novembre 2022 ;
- il existe une différence de situation objective entre les usagers prélevant de l’eau « en vue de sa potabilisation » et les usagers agricoles dès lors que la nature de leur consommation est différente, que les premiers ont une consommation annuelle alors que les usagers agricoles ont une consommation saisonnière, que le prélèvement d’eau des premiers est illimité contrairement à celui des usagers agricoles et que les premiers ont un besoin spécifique faisant peser sur le service des sujétions particulières en raison de l’obligation de continuité dans la fourniture de la ressource ;
- il n’est pas démontré que les usagers prélevant de l’eau « en vue de sa potabilisation » seraient traités moins favorablement alors que le coût du mètre cube d’eau est inférieur au prix de revient et que ces usagers ne sont soumis à aucun système d’abonnement et à aucune limitation de prélèvement ;
- les tarifications sont proportionnées aux usages ;
- la différenciation tarifaire est aussi fondée sur l’article L. 211-1 du code de l’environnement qui instaure une priorité de l’usage de l’eau en vue de sa potabilisation par rapport aux autres usages ;
- cette différenciation est justifiée par l’intérêt général qui s’attache à l’accès des personnes physiques à l’eau potable, garanti par l’article L. 210-1 du code de l’environnement.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2024, le préfet de la région Occitanie conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que le courrier du 4 novembre 2022 n’est pas susceptible de recours, aucune disposition législative ou réglementaire n’imposant au préfet de devoir approuver la politique tarifaire d’un concessionnaire ;
- l’évolution des tarifs est plus mesurée pour les usagers prélevant de l’eau en vue de sa potabilisation que pour les usagers industriels et les usagers agricoles ;
- la grille tarifaire vise une plus grande équité entre les usagers ;
- la différenciation tarifaire est justifiée par le caractère prioritaire de l’eau destinée à l’usage « eau potable », qui bénéficie de volumes réservés pour garantir la continuité du service ; cette priorité crée une sujétion particulière ;
- elle est aussi justifiée par le fait que les usagers « eau potable » ne sont pas soumis à un abonnement et ne sont pas limités dans leurs prélèvements, ce qui constitue une sujétion particulière ;
- les écarts de tarification sont proportionnés aux usages ;
- les usagers « eau potable » se trouvent dans une situation plus favorable que les autres usagers ;
- la différenciation tarifaire est justifiée par le caractère saisonnier des prélèvements agricoles ; en prélevant de l’eau tout au long de l’année, les usagers « eau potable » participent de façon plus importante à l’usure des ouvrages ;
- elle est justifiée par le motif d’intérêt général lié à l’accès constant de toutes les personnes physiques à l’eau potable, garanti par l’article L. 210-1 du code de l’environnement.

Par une ordonnance du 1er octobre 2024, la clôture d’instruction a été fixée au 4 novembre 2024.

Par un courrier du 21 janvier 2026, les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de fonder son jugement sur le moyen relevé d’office tiré de l’absence de qualité donnant au syndicat requérant intérêt pour agir, dès lors que la convention qui le liait à la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne, devenue la société Rives & eaux du Sud-Ouest, a été résiliée.

Des réponses à ce moyen d’ordre public ont été enregistrés pour la société Rives & eaux du Sud-Ouest et pour le syndicat requérant le 23 janvier 2026 et communiquées le même jour.

II. – Par une requête enregistrée le 22 juin 2023, sous le numéro 2303581, et un mémoire enregistré le 8 avril 2024, le syndicat départemental d’adduction d’eau potable et d’assainissement du Lot-et-Garonne, représenté par Me Meresse, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 11 mai 2023 par laquelle le préfet de la région Occitanie a refusé de retirer l’approbation de la grille tarifaire pour l’année 2023 donnée à la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne, devenue depuis la société Rives & eaux du Sud-Ouest ;

2°) d’annuler la décision du 4 novembre 2022 par laquelle le préfet de la région Occitanie a approuvé la grille tarifaire de la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne pour l’année 2023 ;

3°) de condamner le préfet de la région Occitanie à enjoindre à la société Rives et Eaux du Sud-Ouest de proposer une nouvelle grille tarifaire ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le courrier du 4 novembre 2022 constitue une décision faisant grief ;
- la grille tarifaire 2023 méconnaît le principe de l’égalité entre les usagers d’un service public dès lors qu’aucune différence de situation entre les usages qui sont fait de l’eau brute n’est justifiée ; en tout état de cause, cette différence de traitement ne serait pas proportionnée à la différence des situations ;
- la nouvelle grille tarifaire revient à faire prendre en charge par les autres usagers un subventionnement au profit des usagers agricoles.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2024, le préfet de la région Occitanie conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que le courrier du 4 novembre 2022 n’est pas susceptible de recours, aucune disposition législative ou réglementaire n’imposant au préfet de devoir approuver la politique tarifaire d’un concessionnaire ;
- l’évolution des tarifs est plus mesurée pour les usagers prélevant de l’eau en vue de sa potabilisation que pour les usagers industriels et les usagers agricoles ;
- la grille tarifaire vise une plus grande équité entre les usagers ;
- la différenciation tarifaire est justifiée par le caractère prioritaire de l’eau destinée à l’usage « eau potable », qui bénéficie de volumes réservés pour garantir la continuité du service ; cette priorité crée une sujétion particulière ;
- elle est aussi justifiée par le fait que les usagers « eau potable » ne sont pas soumis à un abonnement et ne sont pas limités dans leurs prélèvements, ce qui constitue une sujétion particulière ;
- les écarts de tarification sont proportionnés aux usages ;
- les usagers « eau potable » se trouvent dans une situation plus favorable que les autres usagers ;
- la différenciation tarifaire est justifiée par le caractère saisonnier des prélèvements agricoles ; en prélevant de l’eau tout au long de l’année, les usagers « eau potable » participent de façon plus importante à l’usure des ouvrages ;
- elle est justifiée par le motif d’intérêt général lié à l’accès constant de toutes les personnes physiques à l’eau potable, garanti par l’article L. 210-1 du code de l’environnement.

La requête a été communiquée à la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne, devenue la société Rives & Eaux du Sud-Ouest, qui n’a pas produit.

Par une ordonnance du 7 octobre 2024, la clôture d’instruction a été fixée au 7 novembre 2024.

Par un courrier du 21 janvier 2026, les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de fonder son jugement sur le moyen relevé d’office tiré de l’absence de qualité donnant au syndicat requérant intérêt pour agir, dès lors que la convention qui le liait à la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne, devenue la société Rives & eaux du Sud-Ouest, a été résiliée.

Des réponses à ce moyen d’ordre public ont été enregistrés pour la société Rives & eaux du Sud-Ouest et pour le syndicat requérant le 23 janvier 2026 et communiquées le même jour.


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le décret n° 90-167 du 21 février 1990 ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Préaud, rapporteure,
- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique,
- les observations de Me Meresse, représentant le syndicat départemental d’adduction d’eau potable et d’assainissement de Lot-et-Garonne.


Considérant ce qui suit :

La Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG), devenue la société anonyme d’économie mixte Rives & eaux du Sud-Ouest, concessionnaire de l’exploitation du canal de la Neste, a soumis au préfet de la région Occitanie, par un courrier du 21 octobre 2022, l’approbation de ses tarifs de prélèvement d’eau pour l’année 2023. Par un courrier du 4 novembre 2022, le préfet de la région Occitanie a approuvé cette nouvelle grille tarifaire applicable à compter du 1er janvier 2023. Le syndicat départemental d’adduction d’eau potable et d’assainissement de Lot-et-Garonne (Eau 47) a demandé, par un courrier du 13 février 2023, au préfet de la région Occitanie de retirer sa décision du 4 novembre 2022 et d’enjoindre à la CACG de définir une nouvelle grille tarifaire. Par la requête n° 2302730, le syndicat Eau 47 sollicite l’annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet sur sa demande. Par une décision du 11 mai 2023, le préfet de la région Occitanie a rejeté la demande du syndicat du 13 février 2023. Par la requête n° 2303581, le syndicat Eau 47 sollicite l’annulation de cette décision expresse.

Les requêtes nos 2302730 et 2303581 concernent les mêmes parties, sont relatives à une même grille tarifaire et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

Sur l’étendue du litige :

Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.

Par une décision du 11 mai 2023, le préfet de la région Occitanie a expressément rejeté la demande de retrait et d’injonction présentée par le syndicat requérant le 13 février 2023. Dès lors, les conclusions à fin d’annulation de la décision implicite née du silence gardé par le préfet sur cette demande, présentées dans l’instance n° 2302730, doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la décision expresse du 11 mai 2023, qui s’y est substituée.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 211-10 du code de l’environnement, dans sa rédaction applicable le 4 novembre 2022 : « L'eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d'intérêt général. / (…) / Dans le cadre des lois et règlements ainsi que des droits antérieurement établis, l'usage de l'eau appartient à tous et chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d'accéder à l'eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous. / Les coûts liés à l'utilisation de l'eau, y compris les coûts pour l'environnement et les ressources elles-mêmes, sont supportés par les utilisateurs en tenant compte des conséquences sociales, environnementales et économiques ainsi que des conditions géographiques et climatiques. » Et aux termes de l’article L. 211-1 du même code, dans sa rédaction applicable au 4 novembre 2022 : « I.- Les dispositions des chapitres Ier à VII du présent titre ont pour objet une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ; cette gestion prend en compte les adaptations nécessaires au changement climatique et vise à assurer : / (…) / 4° Le développement, la mobilisation, la création et la protection de la ressource en eau ; / (…) / 5° bis La promotion d'une politique active de stockage de l'eau pour un usage partagé de l'eau permettant de garantir l'irrigation, élément essentiel de la sécurité de la production agricole et du maintien de l'étiage des rivières, et de subvenir aux besoins des populations locales ; (…) / II.- La gestion équilibrée doit permettre en priorité de satisfaire les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l'alimentation en eau potable de la population. Elle doit également permettre de satisfaire ou concilier, lors des différents usages, activités ou travaux, les exigences : / (…) / 3° De l'agriculture, des pêches et des cultures marines, de la pêche en eau douce, de l'industrie, de la production d'énergie, en particulier pour assurer la sécurité du système électrique, des transports, du tourisme, de la protection des sites, des loisirs et des sports nautiques ainsi que de toutes autres activités humaines légalement exercées. (…) ».

La fixation de tarifs différents applicables, pour un même service rendu, à diverses catégories d'usagers d'un service ou d’un ouvrage public implique, à moins qu'elle ne soit la conséquence nécessaire d'une loi, soit qu'il existe entre les usagers des différences de situation appréciables, soit qu'une nécessité d'intérêt général en rapport avec les conditions d'exploitation du service ou de l’ouvrage commande cette mesure.

Par la décision du 4 novembre 2022, le préfet de la région Occitanie a approuvé la grille tarifaire proposée par la CACG qui prévoit que le coût de l’eau à destination de potabilisation est fixé à 12 centimes le mètre cube, à usage industriel à 9 centimes et que l’eau à usage agricole fait l’objet d’une part, d’un abonnement d’un montant de 110 euros pour un débit d’un litre par seconde et d’autre part, d’un coût variable allant de 4 centimes le mètre cube hors période d’étiage à 5 centimes le mètre cube en période d’étiage selon le débit souscrit, un tarif de 20 centimes par mètre cube étant prévu pour l’usage agricole en cas de dépassement du débit souscrit. La différence de situation entre, d’une part, les usagers prélevant l’eau pour un usage industriel et ceux-là prélevant à des fins de potabilisation, et, d’autre part, les usagers dont les prélèvements d’eau sont destinés à un usage agricole constitue une différence de situation appréciable en rapport avec le service et l’ouvrage public en litige et autorise une modulation de la tarification selon la catégorie d’usagers. Par ailleurs, les tarifs différenciés entre les usagers agricoles et les autres usagers sont également justifiés par la nécessité d’intérêt général qui s’attache à la préservation de l’eau et à la conciliation de ses différents usages tout en veillant à garantir la priorité de l’usage à destination d’alimentation en eau potable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d’égalité des usagers devant le service public doit être écarté.

En deuxième lieu, si le syndicat requérant soutient qu’il n’est pas démontré que la différence de tarifs appliquée serait proportionnée à la différence de situation entre les usagers, il n’apporte aucune précision permettant d’apprécier le bien-fondé de ce moyen alors qu’il n’est pas même établi que les usagers agricoles, soumis, contrairement aux autres usagers, à un abonnement, à une tarification dissuasive et à des coûts variables selon qu’il s’agira d’une période d’étiage ou non, seraient traités plus favorablement que les autres usagers. En outre, il n’est pas contesté que les prix appliqués pour un usage à destination de potabilisation de l’eau restent inférieurs au coût de revient.

En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 8 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la tarification en litige reviendrait à faire prendre en charge par les usagers industriels et les usagers prélevant l’eau à des fins de potabilisation un subventionnement au profit des usagers agricoles doit être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les fins de non-recevoir, que le syndicat Eau 47 n’est pas fondé à demander l’annulation ni de la décision du 4 novembre 2022 ni de la décision du 11 mai 2023 refusant de retirer cette décision. Par suite, ses conclusions présentées à ces fins doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d’injonction.

Sur les frais liés aux instances :

Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.






















D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes du syndicat départemental d’adduction d’eau potable et d’assainissement du Lot-et-Garonne sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions présentées par la Compagnie d’aménagement des côteaux de Gascogne sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat départemental d’adduction d’eau potable et d’assainissement du Lot-et-Garonne, au préfet de la Haute-Garonne et à la société Rives & eaux du Sud-Ouest.


Délibéré après l'audience du 27 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Billet-Ydier, présidente,
Mme Préaud, conseillère,
M. Garrido, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2026.

La rapporteure,



L. PRÉAUD
La présidente,



F. BILLET-YDIER


La greffière,



F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière






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