Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2023 et des pièces enregistrées le 7 décembre 2023, le 25 mars, le 26 avril et le 11 juin 2024, Mme B... A..., représentée par Me Gerbi, demande au Tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Cahors à lui régler une indemnité d’un montant de 262 421,45 euros, dont à déduire la provision de 54 193,65 euros allouée par l’ordonnance de référé du 20 mars 2023, au titre de la réparation définitive des conséquences dommageables de l’infection nosocomiale dont elle a été victime, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de la réclamation préalable ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Cahors une somme de 2 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- par avis du 7 avril 2022, la commission de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI), siégeant en formation de règlement amiable, a estimé qu’elle a été victime d’une infection nosocomiale lors de sa prise en charge chirurgicale le 11 octobre 2019 au centre hospitalier de Cahors, dont le diagnostic et la prise en charge ont été conformes aux règles de l’art ;
- son état de santé a été consolidé à la date du 15 novembre 2021 ;
- l’infection nosocomiale dont elle a été victime ayant révélé une chondropathie antérieure jusque-là asymptomatique, la commission a estimé qu’elle bénéficiait d’un droit à réparation intégrale de ses préjudices permanents, au titre notamment de l’assistance définitive par tierce personne, des frais d’aménagement du véhicule et du préjudice d’agrément ;
- elle est fondée à demander l’indemnisation des préjudice suivants :
- 4 912,60 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire
- 9 651,60 euros au titre de l’assistance temporaire par tierce personne,
- 15 000 euros au titre des souffrances endurées,
- 1 000 euros au titre du préjudice esthétique,
- 1 746,39 euros au titre des frais divers,
- 20 760 euros au titre du déficit fonctionnel permanent,
- 2 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent,
- 12 000 euros au titre du préjudice d’agrément,
- 133 801 euros pour l’entretien de son jardin,
- 39 048,40 euros au titre de l’aide d’une tierce personne permanente,
- 4 255,42 euros au titre de la perte de gains,
- 13 600 euros au titre du surcoût d’achat d’un véhicule adapté ;
Par un mémoire enregistré le 13 juillet 2023, la caisse primaire d’assurance maladie du Tarn, agissant au nom de la caisse primaire d’assurance maladie du Lot, indique qu’elle n’entend pas intervenir à l’instance.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 août 2023 et le 3 mai 2024, et un mémoire du 21 juin 2024 non communiqué, le centre hospitalier de Cahors, représenté par Me Chiffert, conclut à ce que le tribunal fixe le montant de l’indemnisation définitive de Mme A... à 54 193,65 euros, rejette sa demande au titre des frais irrépétibles et mette à sa charge la somme de 1 500 euros à lui verser en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 22 mai 2024, la clôture de l’instruction a été fixée au 24 juin 2024 à 12h00.
Vu :
- l’ordonnance n°2206868 du 20 mars 2023 par laquelle le juge des référés a alloué une provision d’un montant de 54 193,65 euros à Mme A... ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Mme A..., née le 16 octobre 1964, est aide-soignante au centre hospitalier de Cahors. Elle a consulté un praticien hospitalier de cet établissement en novembre 2018 pour des douleurs au genou gauche. Le 16 novembre 2018, une IRM a été réalisée, mettant en évidence une fissuration dans le plan transversal de la corne postérieure du ménisque médial et une ébauche de chondropathie dégénérative. Le 15 juillet 2019, le praticien hospitalier a proposé à Mme A... une régularisation arthroscopique. L’intervention était réalisée le 11 octobre 2019, dont le compte-rendu confirme la présence d’une chondropathie de stade 2 du condyle interne médial en zone portante. A compter du 24 octobre 2019, Mme A... a présenté des douleurs importantes et a consulté un praticien du centre hospitalier de Sallanches, compte tenu de sa présence dans cette région. Les prélèvements effectués ont conduit à diagnostiquer une infection du site opératoire à type d’arthrite septique du genou, imputable à l’arthroscopie et la méniscectomie médiale partielle. Mme A... a bénéficié de soins et d’une rééducation.
Mme A... a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) de Toulouse, qui a rendu son avis le 7 avril 2022. La CCI de Toulouse conclut que la réparation du dommage subi par Mme A... du fait d’une infection nosocomiale contractée au décours de la chirurgie du 11 octobre 2019 incombe à l’assureur du centre hospitalier de Cahors. La requérante n’a toutefois pas accepté l’indemnisation qui lui a été proposée par le centre hospitalier de Cahors et a demandé au juge des référés de condamner ce dernier à lui payer une indemnité provisionnelle de 260 000 euros.
Par une ordonnance n° 2206868 du 20 mars 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a accordé à Mme A... une provision d’un montant de 54 193,65 euros. Il a également condamné le centre hospitalier de Cahors à verser à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du Tarn, agissant pour le compte de la CPAM du Lot, une indemnité provisionnelle de 51 858,93 euros, dont 50 744,93 euros, majorés de l’intérêt au taux légal à compter du 20 mars 2023. Par la présente requête, Mme A... demande au tribunal de condamner le CHU du centre hospitalier de Cahors à lui verser une indemnité de 262 421,45 euros dont à déduire la provision de 54 193,65 euros allouée par le juge des référés au titre de la réparation définitive des conséquences dommageables de l’infection nosocomiale dont elle a été victime.
Sur la responsabilité du centre hospitalier de Cahors :
Aux termes de l’article L. 1142-1 du code de la santé publique : « I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère (…). »
Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d’un patient et qui n’était ni présente ni en incubation au début de celle-ci, sauf s’il est établi qu’elle a une autre origine que la prise en charge.
Il résulte de l’instruction, et il n’est pas contesté par le centre hospitalier de Cahors, que Mme A... a été victime d’une infection nosocomiale survenue dans les suites de l’arthroscopie et la méniscectomie médiale partielle dont elle a bénéficié le 11 octobre 2019 au sein de cet établissement de santé. Il résulte de l’instruction que cette intervention chirurgicale était médicalement justifiée en raison de phénomènes douloureux anciens d’aggravation progressive au niveau du genou gauche en relation avec une lésion méniscale médiale. L'évolution a été marquée par une infection du site opératoire médicalement diagnostiquée le 25 octobre 2019. Ceci a été marqué par des phénomènes douloureux avec gonflement du genou et syndrome inflammatoire en relation avec une arthrite septique de genou gauche. Le germe identifié est un Staphylococcus aureus multi sensible uniquement résistant à la Pénicilline G. Il résulte également de l’instruction, en particulier de l’expertise, que cette infection, qui présente un caractère nosocomial, a entraîné un déficit fonctionnel permanent évalué à 12%. Dès lors, Mme A... est fondée à engager la responsabilité sans faute du centre hospitalier de Cahors à raison des préjudices qu’elle subit en lien avec cette infection nosocomiale.
Sur les préjudices de Mme A... :
Il résulte de l’instruction que l’état de santé de Mme A... a été consolidé au 15 novembre 2021. Contrairement à ce qu’a retenu la CCI, la chondropathie dont souffrait antérieurement Mme A... n’a pas été révélée par l’infection nosocomiale. En effet, la requérante en souffrait déjà avant l’arthroscopie et une IRM pratiquée le 16 novembre 2018 l’avait mise en évidence. Il résulte dès lors de l’instruction, en particulier du rapport d’expertise que l’état antérieur de Mme A... intervient pour un tiers dans le besoin d’aide pour faire les courses et que le droit à réparation intégrale se limite donc à deux tiers du besoin. Pour les mêmes raisons, le préjudice d’agrément est également imputable pour un tiers à son état antérieur tout comme le préjudice résultant de la nécessité d’adapter son véhicule à son état. Dès lors, il sera tenu compte de ce partage de responsabilité lors de l’évaluation de ces préjudices.
En ce qui concerne les pertes de gains professionnels :
Mme A... soutient avoir subi, du fait de l’infection en cause, une perte de salaire de 4 255,42 euros. Il résulte de l’instruction que les arrêts de travail ont été reconnus imputables à l’infection nosocomiale du 25 septembre 2019 au 15 septembre 2021. Selon l’attestation produite par le service des ressources humaines du centre hospitalier de Cahors, en raison de ces absences, Mme A... n’a pas perçu, alors qu’elle pouvait y prétendre, la prime de service au titre de 2019 soit une somme de 876,14 euros et les heures d’intervention sur astreintes soit une somme de 538,35 euros. Elle n’a également pas perçu en 2020 la prime de service soit une somme de 1 259,33 euros et les heures d’interventions sur astreintes soit une somme de 2 627,16 euros. Enfin, en 2021 elle n’a pas perçu les heures d’intervention sur astreintes soit une somme de 2 696,04 euros. Toutefois, pour l’année 2019, les sommes indiquées sur l’attestation ne correspondent pas totalement aux pertes imputables à l’infection nosocomiale, puisque Mme A... aurait en tout état de cause été en arrêt de travail du fait de l’intervention initiale du 11 au 24 octobre 2019. Dès lors, la perte due à l’infection nosocomiale s’élève à 84% de la prime de service pour 2019, soit 1 188,17 euros. En revanche, pour les années 2020 et 2021, les pertes indiquées sur l’attestation correspondent au total imputable à l’infection nosocomiale, soit 6 582,53 euros. De plus, elle a subi une perte de salaire de 59,93 euros correspondant au jour de carence appliqué à l’arrêt de travail du 12 avril 2021. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à une somme de 7 830,63 euros.
En ce qui concerne les frais divers :
Mme A... sollicite le remboursement de frais tenant à l’intervention d’un médecin-conseil au cours des opérations d’expertise et des frais de déplacement de son avocat à la réunion de la CCI de Toulouse. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, qui n’est pas contesté, en le fixant à une somme de 1 746,39 euros.
En ce qui concerne le déficit fonctionnel temporaire :
Il résulte de l’instruction que Mme A... a présenté, du fait de l’infection en cause, un déficit fonctionnel temporaire total du 25 octobre au 12 novembre 2019 et le 19 avril 2021, un déficit fonctionnel temporaire partiel à 75% du 14 novembre 2019 au 27 février 2020, un déficit fonctionnel temporaire partiel à 50% du 20 avril au 5 mai 2021 et un déficit fonctionnel temporaire partiel à 10% du 28 février 2020 au 18 avril 2021 et du 6 mai au 15 septembre 2021, date de sa consolidation. En appliquant un taux journalier de 16 euros pour un déficit fonctionnel temporaire total, il y a lieu de condamner le centre hospitalier de Cahors à verser à Mme A... une somme de 2 582, 40 euros en réparation de son déficit fonctionnel temporaire.
En ce qui concerne l’assistance temporaire par une tierce personne
Il résulte de l’instruction que Mme A... a eu besoin, du fait de l’infection en cause, de l’aide d’une tierce personne à raison d’une heure par jour du 14 novembre 2019 au 27 février 2020 et du 20 avril 2021 au 5 mai 2021 et à raison de trois heures par semaine du 6 mai au 15 novembre 2021. En appliquant un taux horaire de 16 euros et en tenant compte des congés payés, il y a lieu de fixer le montant de l’indemnisation au titre de l’assistance par tierce personne temporaire à 6 675,73 euros.
En ce qui concerne les souffrances endurées
Il résulte de l’instruction, en particulier du rapport de l’expertise conduite devant la CCI, que les souffrances endurées par Mme A..., du fait de l’infection en cause, peuvent être évaluées à 4 sur une échelle de 1 à 7, compte tenu des interventions chirurgicales, des soins de rééducation prolongés, des traitements antibiotiques, des bilans sanguins répétés et des conséquences psychologiques de l’infection. Par suite, il y a lieu de condamner le centre hospitalier à verser à Mme A... la somme de 8 000 euros en réparation de ce préjudice.
En ce qui concerne le préjudice esthétique temporaire
Il résulte de l’instruction, en particulier du rapport d’expertise conduite devant la CCI, que Mme A... a subi, du fait de l’infection en cause, un préjudice esthétique temporaire pendant les phases de gênes temporaires partielles telles que détaillées au point 10 à 1,5 sur 7, qui n’est pas au demeurant contestée en défense par le centre hospitalier de Cahors. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en lui allouant à ce titre une somme de 1 000 euros.
En ce qui concerne le déficit fonctionnel permanent
Il résulte de l’instruction, en particulier du rapport de l’expertise conduite devant la CCI, que Mme A... reste atteinte d’un déficit fonctionnel permanent de 12%, taux non contesté en défense, du fait de l’infection nosocomiale subie. Eu égard à l’âge de Mme A... à la date de consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en lui allouant à ce titre une somme de 20 000 euros.
En ce qui concerne le préjudice esthétique permanent
Il résulte de l’instruction, en particulier du rapport d’expertise conduite devant la CCI, que le préjudice esthétique permanent, subi du fait de l’infection nosocomiale, a été évalué à 1,5 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant à Mme A... une somme de 1 500 euros à ce titre.
En ce qui concerne le préjudice d’agrément
Mme A... sollicite le versement d’une somme de 16 779,44 euros au titre du préjudice d’agrément subi du fait de l’infection en cause. Elle soutient, d’une part, qu’elle ne peut plus s’adonner à la course à pied, qu’elle pratiquait régulièrement y compris en compétition Toutefois, il résulte de l’instruction que Mme A... souffrait avant l’intervention chirurgicale réalisée au centre hospitalier de Cahors d’une fissuration dans le plan transversal de la corne postérieure du ménisque médial et d’une ébauche de chondropathie dégénérative pour laquelle elle avait d’ailleurs consulté le centre hospitalier de Cahors, qui la gênait dans la pratique de la course à pied et a précisément motivé l’intervention chirurgicale au décours de laquelle est survenue l’infection en cause. Il résulte également de l’instruction, et en particulier du rapport de l’expertise conduite devant la CCI, que l’arrêt de la pratique sportive de Mme A... est la conséquence de l’infection nosocomiale pour seulement deux tiers. La requérante soutient, d’autre part, qu’elle ne peut plus s’adonner au jardinage. Il résulte de l’instruction que Mme A... a la possibilité d’effectuer des activités de jardinage dans la limite du port de charges n’excédant pas 5 kilos et sans accroupissement. Dès lors, il n’est pas établi que Mme A..., ne pourrait plus pratiquer le jardinage. Au surplus, les frais d’intervention d’un paysagiste, réclamés par la requérante, ne sauraient être pris en compte au titre du préjudice d’agrément qui se borne à compenser la cessation ou la limitation des activités de loisirs. Par suite, après application du partage de responsabilité fixé au point 7, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en lui accordant à ce titre une somme de 1 333,33 euros.
En ce qui concerne le besoin d’un véhicule à boîte automatique
Il résulte de l’instruction que l’état de santé de Mme A... nécessite un véhicule équipé d’une boîte de vitesse automatique. Toutefois l’indemnisation de ce poste de préjudice ne saurait couvrir le coût total d’acquisition d’un véhicule, mais uniquement le surcoût découlant de l’adaptation d’un véhicule. Il résulte de l’instruction que Mme A... a acquis un véhicule avec une boîte automatique le 27 février 2020, dont le surcoût lié à l’adaptation s’est élevé à 2 600 euros TTC au vu de l’attestation produite par le concessionnaire de Mme A..., qui n’est pas utilement contestée en défense. Le surcoût lié à l’acquisition d’un tel véhicule adapté s’établit donc, après application du partage de responsabilité fixé au point 7, à la somme de 1 733,33 euros, que l’intéressée justifie avoir acquittée. Ces frais seront donc retenus et mis à la charge du centre hospitalier de Cahors. Sur la base d’un renouvellement tous les sept ans à compter de la consolidation et par application du barème prospectif de la Gazette du Palais 2025, il sera fait une juste appréciation du préjudice dû à ce titre en l’évaluant à la somme de 17 580,92 euros.
En ce qui concerne le besoin permanent d’une tierce personne
Si Mme A... est autonome pour la vie courante, il résulte toutefois de l’instruction qu’elle a besoin d’une aide pour faire ses courses à raison d’une heure par semaine, dans la mesure où elle ne peut plus porter de charge lourde. Il sera fait une juste appréciation du préjudice subi à ce titre, du fait de l’infection en cause et après application du partage de responsabilité fixé au point 7, en l’indemnisant sur la base d’un taux horaire moyen de 16 euros, compte tenu des cotisations dues par l’employeur et des majorations de rémunération pour travail les jours fériés. Ainsi, Mme A... peut prétendre à ce titre à une somme de 12 443,18 euros.
Mme A... sollicite également pour un montant total de 138 447,04 euros la prise en charge du coût d’intervention d’un prestataire pour l’entretien de son jardin. Toutefois, d’une part, il n’est pas établi que cette intervention serait strictement indispensable, ni même qu’elle serait en lien avec l’infection nosocomiale subie par la requérante. Sa demande à ce titre doit donc être rejetée.
Il résulte de tout ce qui précède que Mme A... est fondée à demander la condamnation du centre hospitalier de Cahors à lui verser une somme totale de 80 692,58 euros, dont doit être déduite la somme de 54 193, 65 euros versée à titre de provision.
Sur les intérêts :
Aux termes de l’article 1231-6 du code civil : « Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte (...) ». Aux termes de l’article 1343-2 du même code : « Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l’a prévu ou si une décision de justice le précise ».
Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'ils sont demandés, quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité. Par conséquent, en application de ces dispositions, la somme allouée à Mme A... sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 12 mai 2023, date de sa réclamation préalable auprès du centre hospitalier de Cahors.
Sur les frais du litige :
Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A... les sommes que réclame le centre hospitalier de Cahors au titre des frais non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Cahors une somme de 1 000 euros à verser à Mme A... sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Cahors est condamné à verser à Mme A... la somme de 80 692,58 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 12 mai 2023. Il devra être déduit de ce montant, sous réserve de son versement antérieur effectif, la provision de 54 193,65 euros.
Article 2 : Le centre hospitalier de Cahors versera à Mme A... une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Cahors sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A..., à la caisse primaire d’assurance maladie du Tarn et au centre hospitalier de Cahors.
Délibéré après l’audience du 5 novembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Viseur-Ferré, présidente,
Mme Préaud, conseillère ;
M. Garrido, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 novembre 2025.
Le rapporteur,
L. GARRIDOLa présidente,
C.VISEUR-FERRÉLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.