mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2303467 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Cellule juge unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 26 mai 2023 par laquelle le président du conseil départemental de l'Aveyron lui a infligé une amende administrative de 450 euros.
Il soutient qu'il a déposé des chèques qui étaient au nom de sa mère pour lui rendre service car elle n'avait pas de compte et les sommes correspondantes lui ont été restituées et qui n'ont donc pas été cumulées avec le revenu de solidarité active (RSA).
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2024, le département de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, le rapport de M. C a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre d'un contrôle du 7 février 2023, le contrôleur départemental a établi que des ressources tirées de la vente d'animaux et d'autres ressources n'avaient pas été déclarées. Dans le cadre de ce contrôle, des documents lui ont été demandés une première fois le 6 janvier 2023, puis le 20 janvier 2023. Le 31 mars 2023, M. A a été informé que le département de l'Aveyron avait retenu le caractère frauduleux de ces omissions et qu'une amende administrative de 450 euros allait être prononcée à son encontre. M. A a fait valoir ses observations le 12 avril 2023 et a parallèlement contesté l'indu de RSA d'un montant de 8 952,22 euros mis à sa charge. Par le courrier attaqué du 23 mai 2023, le département a notamment informé M. A qu'une amende administrative de 450 euros avait effectivement été prononcée.
2. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième et huitième alinéas du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative. / Aucune amende ne peut être prononcée à raison de faits remontant à plus de deux ans (). " Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I.- Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée () II- Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de quatre fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article R. 262-85 du code de l'action sociale et des familles : " Pour l'application de l'article L. 262-52, les compétences dévolues au directeur de l'organisme de sécurité sociale et à la commission constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme sont exercées respectivement par le président du conseil départemental et l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39. "
3. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de prendre une décision qui se substitue à celle de l'administration. Par suite, compte tenu des pouvoirs dont il dispose ainsi pour contrôler une sanction de cette nature, le juge se prononce sur la contestation dont il est saisi comme juge de plein contentieux.
4. Il résulte des termes mêmes de la décision litigieuse que celle-ci est motivée en fait par la circonstance que M. A n'a pas déclaré l'intégralité de ses ressources aux services de la caisse d'allocations familiales. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'enquête du 7 février 2023 que M. A a omis de déclarer entre février 2020 et le 10 janvier 2023 10 515,05 euros de chèques résultant de la vente de bovins, ovins ou volailles, outre 1 520 euros déposés en espèce non justifiés, toutes sommes qui apparaissent sur ses relevés bancaires. Pour contester la circonstance que ces ressources ont été prises en compte comme ressources non déclarées, et par voie de conséquence, le caractère intentionnel de ces omissions déclaratives, M. A, qui est hébergé à titre gratuit par sa mère, soutient que les sommes encaissées par chèque l'ont été au bénéfice de sa mère et qu'il a ensuite restitué ces sommes à cette dernière. Toutefois, il n'apporte aucun élément permettant de justifier ses dires, tel que, notamment, des relevés bancaires permettant d'identifier des retraits d'espèce correspondant aux montants qu'il indique avoir encaissés par chèque pour le compte de sa mère. Compte tenu de la nature des ressources omises à compter du 23 mai 2021, du caractère répété de ces omissions et de l'importance de ces omissions, les faits qui sont reprochés à M. A présentent le caractère d'une omission délibérée dans le but d'obtenir indûment un droit au revenu de solidarité active. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que sa bonne foi fait obstacle à l'infliction d'une amende administrative et c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que le président du conseil départemental de l'Aveyron a pu prononcer l'amende en litige, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 23 mai 2023 lui infligeant une amende administrative de 450 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au département de l'Aveyron.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
Alain CLa greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026