vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2303486 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 19 juin 2023, le 13 juillet 2023, le 1er février 2024 et le 31 octobre 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 8 novembre 2022 par laquelle la commission de médiation de la Haute-Garonne a refusé de déclarer sa demande de logement comme prioritaire et urgente ainsi que la décision du 26 janvier 2023 rejetant son recours gracieux contre cette première décision.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait s'agissant de l'état de suroccupation de son appartement ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit car la commission de médiation n'a pas examiné sa situation personnelle ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation au regard de la situation de sa famille.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 octobre 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Grimaud, président, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a saisi la commission de médiation compétente pour le département de la Haute-Garonne d'un recours gracieux tendant à ce que sa demande de logement social soit déclarée prioritaire en raison du handicap affectant son fils. Par une décision du 8 novembre 2022, la commission de médiation a rejeté cette demande. Le recours gracieux présenté par M. A contre cette décision a été rejeté par la commission de médiation le 26 janvier 2023.
2. Aux termes des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement sur-occupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. Elle peut aussi être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur ou une personne à sa charge est logé dans un logement non adapté à son handicap, au sens du même article L. 114. / () Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement, ainsi que, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires. Elle peut préconiser que soit proposé au demandeur un logement appartenant aux organismes définis à l'article L. 411-2 loué à une personne morale aux fins d'être sous-loué à titre transitoire dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article L. 442-8-3. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée. Elle peut faire toute proposition d'orientation des demandes qu'elle ne juge pas prioritaires ". Aux termes des dispositions de l'article R. 441-14-1 de ce code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / () -être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. / La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus ".
3. En premier lieu, si M. A soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait en ce qui concerne l'état de suroccupation de son logement, il ressort des pièces du dossier que celui-ci est occupé par le requérant, son épouse, leurs deux enfants et sa belle-sœur. Il résulte des termes de l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation que, pour un foyer ayant cette composition, la surface minimale du logement est de 52 m². Or, il ressort des pièces du dossier que le logement social occupé par le requérant est d'une surface de 59 m² et ne peut donc être regardé comme suroccupé. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que la décision serait entachée d'erreur de fait sur ce point.
4. En deuxième lieu, il résulte des termes de la décision attaquée que la commission de médiation a examiné la situation particulière du requérant. Le moyen d'erreur de droit soulevé sur ce point doit donc être écarté.
5. En troisième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que Leon-Laithe, fils de M. A, né le 16 mai 2021, souffre d'un handicap, les pièces médicales produites se bornent à faire état de la nécessité d'un logement adapté à ce handicap sans faire état de la consistance et des implications de celui-ci, et sans qu'il puisse en être déduit que le logement occupé par la famille serait inadapté à la vie et à l'état de santé de l'enfant.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'établit pas qu'il entre dans les prévisions des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation. Il n'est par suite pas fondé à soutenir que la commission de médiation aurait commis une erreur d'appréciation en ne déclarant pas sa demande de logement social comme prioritaire. Sa requête doit par suite être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
- Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne (direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités).
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Bouisset, première conseillère,
Mme Lucas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.
Le président, rapporteur,
P. GRIMAUD
L'assesseur le plus ancien,
K. BOUISSET La greffière,
M.-E. LATIF
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026