mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2303576 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SERDAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés successivement les 22 juin et 8 novembre 2023, la communauté de communes des Terres du Lauragais, représentée par Me Thalamas, demande à la juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de désigner un expert, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, aux fins de se prononcer sur les causes, la nature et l'ampleur des désordres affectant le complexe sportif d'Auriac-sur-Vendinelle, et notamment le bâtiment abritant les vestiaires ;
2°) de rejeter les conclusions de la société Groupama d'Oc tendant à sa mise hors de cause.
Elle soutient que l'expertise est utile, dans l'hypothèse d'une action indemnitaire, la responsabilité des constructeurs pouvant être engagée par le maître d'ouvrage pendant un délai de dix ans suivant la réception des travaux, en cas de dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2023, les sociétés Apave et Apave infrastructures et construction France, représentées par Me Marié, concluent :
1°) à la mise hors de cause de la société Apave ;
2°) qu'il soit donné acte à la société Apave infrastructures et construction France de ses protestations et réserves d'usage ;
3°) que la société Apave infrastructures et construction France n'entend pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2023, la société Valoris, représentée par Me Chevrel-Barbier, conclut :
1°) qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage ;
2°) ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2023, les sociétés SBR et SMA, représentées par Me Serdan, concluent que :
1°) il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves d'usage ;
2°) la mission de l'expert désigné soit circonscrite aux seuls désordres visés dans la requête introductive d'instance de la communauté de communes des Terres du Lauragais ;
3°) la mission de l'expert désigné inclut l'appréciation des opérations de maintenance et d'entretien opérées sur l'ouvrage depuis la réception des travaux ;
4°) l'avance des frais d'expertise soit laissée à la charge de la requérante.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2023, la société Atelier T représentée par Me Gendre, conclut qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2023, la société Groupama d'Oc, représentée par Me Candelier, conclut à sa mise hors de cause.
Elle soutient qu'aucune garantie qu'elle devrait à la requérante n'est susceptible d'être engagée et que sa participation à l'expertise est, dès lors, dépourvue d'utilité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 2 janvier 2025, par laquelle le président par intérim du tribunal administratif a désigné Mme Viseur-Ferré, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère ".
2. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. La communauté de communes des Terres du Lauragais est maître d'ouvrage de travaux de réalisation d'un complexe sportif sur le territoire de la commune d'Auriac-sur-Vendinelle, la société Valoris intervenant en qualité de maître d'œuvre et la société Apave Sudeurope en qualité de bureau de contrôle. La société SBR, assurée par la société SMA, a pris en charge les travaux des lots n° 1 (" terrassement/voirie/réseaux/divers/gros-œuvre/serrurerie " et n° 2 (" charpente/couverture /zinguerie "). Les travaux ont été réceptionnés avec réserves le 23 novembre 2015. La requérante fait valoir que l'étanchéité du bâtiment, et en particulier des vestiaires, n'est pas assurée, des traces d'infiltrations d'eau étant apparues, suite à des épisodes pluvieux, notamment sur les portes, les matériaux de cloisonnement, les rails de fixation, les plaques de plâtre et les matériaux d'isolation. Un constat administratif des désordres, daté du 19 juin 2023, rend compte de l'ensemble des conséquences de ces sinistres. Le bâtiment a dû, depuis, être fermé aux associations, eu égard à son état. Les parties, malgré les discussions engagées au printemps et à l'été 2021, ont été dans l'incapacité de trouver un accord amiable. La requérante demande, en conséquence, à la juge des référés d'ordonner une expertise.
4. Il ressort des éléments analysés que la requérante, qui n'exclut pas d'entreprendre une action indemnitaire, eu égard à l'ampleur et aux conséquences des désordres frappant le stade d'Auriac-sur-Vendinelle, ne dispose pas des éléments nécessaires pour apprécier l'étendue de ses préjudices, ainsi que les travaux à entreprendre pour permettre la réouverture au public du complexe sportif sinistré. Il n'est pas non plus contesté qu'aucun règlement amiable du différend opposant les parties n'a pu intervenir. Il ne résulte pas, enfin, de l'instruction que la requérante serait forclose à invoquer, devant la juridiction administrative, la garantie décennale des constructeurs. La mesure d'expertise demandée présente, dès lors, le caractère d'utilité requis par les dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et doit être ordonnée. La mission de l'expert est définie à l'article 3 de la présente ordonnance.
Sur la demande de mise hors de cause des sociétés Apave et Groupama d'Oc :
5. Peuvent être appelées à une expertise, ordonnée sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, les personnes qui ne sont pas manifestement étrangères au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action auquel se rattache l'expertise, ou dont la présence est de nature à éclairer les travaux de l'expert.
6. Il n'est pas contesté que la société Apave infrastructures et construction France vient aux droits de la société Apave Sudeurope, avec laquelle la communauté de communes des Terres du Lauragais a signé, le 8 octobre 2014, une convention la désignant maître d'œuvre pour le contrôle technique des opérations de construction des vestiaires et tribunes du complexe sportif d'Auriac-sur-Vendinelle. Dès lors, la mise hors de cause de la société Apave doit être ordonnée, la société Apave infrastructures et construction France participant, en revanche, aux opérations d'expertise.
7. La société Groupama d'Oc fait valoir que le stade " Cœur lauragais " est assuré auprès d'elle au titre d'une série de risques, mais qu'aucune des garanties contractuellement prévues n'est susceptible d'être mise en œuvre s'agissant des désordres évoqués dans le litige donnant lieu à la présente procédure de référé.
8. Il ressort des éléments analysés que les garanties consenties par la société Groupama d'Oc, au titre du contrat n° 412976720001, comprennent notamment les " dégâts des eaux ". Or, en l'état de l'instruction, est précisément en cause, dans le sinistre dont le tribunal est saisi, et ainsi que le fait d'ailleurs valoir la requérante, un sinistre lié notamment à un dégât des eaux. Dans ces conditions, la participation aux opérations d'expertise de la société Groupama d'Oc présente un caractère utile et sa demande de mise hors de cause doit, par suite, être rejetée.
Sur les réserves ou protestations exprimées :
9. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de protestations ou de réserves. Les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E:
Article 1er : La société Apave est mise hors de cause.
Article 2 : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre, d'une part, la communauté de communes des Terres du Lauragais et, d'autre part, la société Apave infrastructures et construction France, la société Groupama d'Oc, la société Valoris, la société SBR, la société SMA, la société Atelier T.
Article 3 : L'expert aura pour mission de :
1) Se rendre sur place, dans les locaux du complexe sportif d'Auriac-sur-Vendinelle, après convocation des parties ;
2) Entendre tout sachant et se faire communiquer tout document ou pièce qu'il estimera utile à l'accomplissement de sa mission, en particulier les documents contractuels liant les parties ainsi que tous les documents techniques relatifs aux travaux ;
3) Rappeler et préciser les liens contractuels unissant les parties, les missions confiées par le maître d'ouvrage à chacun des constructeurs qu'il attrait à la présente instance ;
4) Décrire de façon exhaustive, notamment par tous plans, croquis, schémas ou photos utiles à la compréhension des faits de la cause, les désordres affectant le complexe sportif d'Auriac-sur-Vendinelle, et en particulier les vestiaires ; réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si les désordres relevés sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou à le rendre impropre à sa destination et préciser si ces désordres présentent un caractère évolutif ;
5) Rechercher les origines et les causes de ces désordres et préciser leur date d'apparition ; dire s'ils sont dus à un défaut de conception ou d'exécution des travaux non conforme aux stipulations contractuelles ou aux règles de l'art, à un défaut affectant un des matériaux utilisés, à un défaut de direction ou de surveillance ; apprécier les opérations de maintenance et d'entretien opérées sur l'ouvrage depuis la réception des travaux et leurs conséquences sur l'état actuel de l'ouvrage ; en cas de pluralité de causes à l'origine des désordres, préciser la part respective de chaque cause
6) Proposer les solutions permettant de remédier aux dommages et permettant à l'immeuble d'être protégé à l'avenir de toute réitération des sinistres ; préconiser et chiffrer les travaux en résultant, à même d'assurer la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination ;
7) Plus généralement, déterminer l'ensemble des préjudices patrimoniaux ou extrapatrimoniaux subis par la requérante du fait de ces désordres et fournir tous les éléments à caractère technique de nature à éclairer le juge du fond, dans l'hypothèse d'une action contentieuse introduite par la requérante ;
8) Rechercher l'accord des parties sur l'engagement d'une médiation sur la base de son rapport.
Article 4 : M. A B, domicilié 9, rue de Plassan à Léguevin (31490), est désigné comme expert.
Article 5 : Préalablement à toute opération, l'expert procédera aux déclarations prévues à l'article R. 621-3. Si l'expert n'a pas prêté serment lors de son inscription initiale sur le tableau établi par la cour administrative d'appel du ressort ou lors de son inscription sur l'une des listes prévues par la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, il prêtera par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1.
Article 6 : L'expert établira un pré-rapport, soumis aux parties pour recueillir leurs dires, sauf s'il ne le juge pas utile à l'accomplissement de sa mission, laquelle sera réalisée dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra recourir à un sapiteur avec l'autorisation préalable du président par intérim du tribunal administratif.
Article 7 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans un délai de six mois, dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative, et le communiquera au greffe du tribunal selon les modalités précisées à l'article R. 621-6-5 du même code. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.
Article 8 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président par intérim du tribunal administratif qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 9 : Si les parties se sont accordées pour engager une médiation, l'expert pourra, après le dépôt de son rapport et sous réserve de l'accord des parties, conduire lui-même la médiation en application de l'article L. 621-1 du code de justice administrative. Si la médiation ne permet pas d'aboutir à un accord entre les parties, l'expert informera la juridiction de l'achèvement de sa mission. Si les parties refusent qu'il conduise la médiation, il renverra les parties vers le tribunal pour qu'il nomme un médiateur en application de l'article L. 231-5 du même code et il informera la juridiction de l'achèvement de sa mission. Dans tous les cas, la médiation sera engagée au vu des conclusions de son rapport. Indépendante de l'expertise principale, elle donnera lieu à des frais complémentaires spécifiques.
Article 10 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 11 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté de communes des Terres du Lauragais, à la société Apave infrastructures et construction France, à la société Groupama d'Oc, à la société Valoris, à la société SBR, à la société SMA, à la société Atelier T, ainsi qu'à M. B, expert.
Fait à Toulouse, le 28 janvier 2025
La vice-présidente, juge des référés,
Cécile VISEUR-FERRÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026