jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2303887 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2023, Mme B C, représentée par Me Jean-Lou Levi, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert afin de se prononcer sur l'origine des infiltrations d'eau et des inondations que subit son domicile depuis 2021.
Elle soutient que :
- Elle subit des dommages récurrents lors d'épisodes pluvieux, prenant la forme d'infiltrations d'eau de pluie dans son garage, d'humidité du mur de façade ainsi que de déversement d'eau d'égout dans son jardin ;
- une expertise est utile pour déterminer les causes des dommages actuels et imminents, ainsi que les éventuelles responsabilités et pour évaluer les travaux nécessaires pour y remédier.
La requête a été communiqué à la commune d'Esparsac et à la communauté de communes Lomagne Tarn-et-Garonne, qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision du 1er septembre 2023, par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Cherrier, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".
2. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. Le litige potentiel ne doit, par ailleurs, pas être manifestement insusceptible de se rattacher à la compétence du juge administratif.
3. Mme C fait état de dommages dus à l'écoulement sur son terrain des eaux pluviales en provenance des fonds supérieurs, qu'elle attribue à l'insuffisance et aux malfaçons du réseau public d'assainissement situé en amont de sa propriété ainsi qu'à l'insuffisance du caniveau destiné à recueillir les eaux pluviales qui jouxte sa maison. Dans la mesure où ces faits sont susceptibles de donner lieu à un litige relevant de la juridiction administrative, la mesure d'expertise sollicitée apparaît utile. Il y a lieu, par suite, d'y faire droit et de fixer le contenu de la mission de l'expert désigné comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.
ORDONNE :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre, d'une part, Mme C et, d'autre part, la commune d'Esparsac et de la Communauté de Commune de Lomagne Tarn-et-Garonne, portant sur l'origine et l'ampleur des infiltrations d'eau qui affectent l'immeuble à usage d'habitation dont Mme C est propriétaire au lieudit " Le village " à Esparsac.
Article 2 : L'expert aura pour mission de :
- se rendre sur les lieux, après avoir convoqué les parties ou leurs représentants ; entendre celles-ci et se faire communiquer tout document ou pièce qu'il estimera utile à l'accomplissement de sa mission ;
- décrire les désordres affectant la propriété de Mme C sise Au village à Esparsac (82500), d'en rechercher les origines et les causes et de préciser leur date d'apparition et leur part respective en cas de pluralité de causes ;
- dire si ces désordres présentent un caractère généralisé et sont susceptibles de s'étendre dans un proche avenir ;
- proposer les solutions permettant de remédier aux dommages et de permettre à la propriété de la requérante d'être protégée à l'avenir de toute réitération des sinistres ;
- préconiser et chiffrer les travaux en résultant ;
- de manière générale, fournir tous éléments à caractère technique de nature à éclairer le juge du fond, dans l'hypothèse d'un litige opposant Mme C à la commune d'Esparsac et à la Communauté de Commune de Lomagne Tarn-et-Garonne.
Article 3 : M. D, domicilié 28, rue Henri-de-Toulouse-Lautrec à Toulouse (31500) est désigné pour procéder à l'expertise.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert procédera aux déclarations prévues à l'article R. 621-3. Si l'expert n'a pas prêté serment lors de son inscription initiale sur le tableau établi par la cour administrative d'appel du ressort ou lors de son inscription sur l'une des listes prévues par la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, il prêtera par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1.
Article 5 : L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport uniquement s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans un délai de six mois, dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative, et le communiquera au greffe du tribunal selon les modalités précisées à l'article R. 621-6-5 du même code. L'experte justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.
Article 7 : L'expert, s'il juge qu'un accord est possible entre les parties, pourra prendre l'initiative d'une médiation, avec l'accord des parties, conformément aux dispositions de l'article R. 621-1 du code de justice administrative. Si une médiation est engagée, il en informe alors la juridiction. Cette médiation sera alors diligentée après le dépôt du rapport final d'expertise, au vu de ses conclusions. Indépendante de l'expertise principale, elle donnera lieu, avec l'accord des parties, à des frais d'expertise complémentaires spécifiques. A l'issue de cette mission de médiation, l'expert déposera, soit un rapport d'expertise en médiation de non-accord, qui précisera les motifs et points de désaccords, soit un rapport en médiation d'accord, indiquant les termes de l'accord auquel sont parvenues les parties.
Article 8 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance de la présidente du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B E A, à la commune d'Esparsac, à la Communauté de Commune de Lomagne Tarn-et-Garonne ainsi qu'à M. D, expert.
Fait à Toulouse, le 10 octobre 2024.
La vice-présidente, juge des référés,
Sylvie CHERRIER
La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026