mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2303948 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 juillet 2023 et 16 février 2024, M. B C et Mme D C, représentés par Me Tesseyre, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la taxe sur la cession à titre onéreux de terrains nus devenus constructibles à laquelle ils ont été assujettis au titre de deux cessions intervenues les 28 juillet et 30 septembre 2020, pour les montants respectifs de 11 598 euros et 11 418 euros, mis en recouvrement par un avis du 31 octobre 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 code de justice administrative.
Ils soutiennent qu'ils sont éligibles à l'exonération prévue au b du 2ème alinéa du II de l'article 1529 du code général des impôts, la condition de classement en terrains constructibles depuis plus de dix-huit ans devant s'apprécier au regard du plan d'occupation des sols de la commune de Carbonne adopté en 1999, sous l'empire de l'ancien article L. 123-1 du code de l'urbanisme, duquel il ressort que les deux parcelles objets de la taxation litigieuse étaient classées en zone NB qui pouvait faire l'objet, sous certaines conditions, de constructions à usage d'habitation.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 novembre 2023, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de l'urbanisme ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sarraute,
- les conclusions de M. Luc, rapporteur public,
- et les observations de Me Tesseyre, représentant M. et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C sont propriétaires de plusieurs parcelles de terrains situées sur la commune de Carbonne, dont l'une a fait l'objet d'une division le 25 avril 2018. Par acte authentique du 28 juillet 2020, ils ont cédé une parcelle de terrain issue de cette division, pour un montant de 131 000 euros. Par acte authentique du 30 septembre 2020, ils ont vendu l'autre parcelle de terrain issue de cette division, pour un montant de 130 000 euros. Par un avis du 31 octobre 2022, l'administration fiscale a mis en recouvrement à l'encontre des intéressés la somme totale de 23 016 euros au titre de la taxe forfaitaire sur la cession de terrains nus devenus constructibles. Suite au rejet de leur réclamation préalable par une décision du 27 juin 2023, par la présente requête, M. et Mme C demandent la décharge des sommes mises à leur charge par l'avis de mise en recouvrement du 31 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 1529 du code général des impôts : " I. Les communes peuvent, sur délibération du conseil municipal, instituer une taxe forfaitaire sur la cession à titre onéreux de terrains nus qui ont été rendus constructibles du fait de leur classement par un plan local d'urbanisme ou par un document d'urbanisme en tenant lieu dans une zone urbaine ou dans une zone à urbaniser ouverte à l'urbanisation ou par une carte communale dans une zone constructible. / () / II. La taxe s'applique aux cessions réalisées par les personnes physiques et les sociétés et groupements, soumis à l'impôt sur le revenu afférent à la plus-value dans les conditions prévues à l'article 150 U () / Elle ne s'applique pas : / () / b aux cessions portant sur des terrains qui sont classés en terrains constructibles depuis plus de dix-huit ans () ".
3. Aux termes de l'article R. 123-18 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable : " I - Les documents graphiques doivent faire apparaître les zones urbaines et les zones naturelles. / Ces zones () sont : / 1. Les zones urbaines, dites "Zones U", dans lesquelles les capacités des équipements publics existants ou en cours de réalisation permettent d'admettre immédiatement des constructions et, éventuellement, à l'intérieur de ces zones, la localisation des terrains cultivés à protéger et inconstructibles en application de l'article L. 123-1 (9°) ; / 2. Les zones naturelles, équipées ou non, dans lesquelles les règles et coefficients mentionnés ci-dessus peuvent exprimer l'interdiction de construire. / Ces zones naturelle comprennent en tant que de besoin : / a) Les zones d'urbanisation future, dites "Zones NA", qui peuvent être urbanisées à l'occasion soit d'une modification du plan d'occupation des sols soit de la création d'une zone d'aménagement concerté ou de la réalisation d'opérations d'aménagement ou de construction compatibles avec un aménagement cohérent de la zone tel qu'il est défini par le règlement ; / b) Les zones, dites "Zones NB", desservies partiellement par des équipements qu'il n'est pas prévu de renforcer et dans lesquelles des constructions ont déjà été édifiées () ".
4. M. et Mme C soutiennent que les terrains qu'ils ont cédés étaient constructibles avant même leur classement en zone UC intervenu avec l'approbation le 20 septembre 2011 du plan local d'urbanisme de la commune de Carbonne, dès lors qu'ils relevaient, sous l'empire du plan d'occupation des sols approuvé le 15 juillet 1999, de la zone NB permettant sous certaines conditions des constructions.
5. Les classements successifs des terrains cédés par les requérants, notamment le classement en zone NB de la parcelle dont ils sont issus, ne sont pas contestés par l'administration fiscale. En application des dispositions de l'article R. 123-18 du code de l'urbanisme, le plan d'occupation des sols de la commune de Carbonne approuvé le 15 juillet 1999 mentionnait que " la zone NB est une zone naturelle peu équipée, dans laquelle, sous certaines conditions, peut être admis un habitat dispersé " et l'article NB 2 de ce plan d'occupation des sols n'interdisait strictement que " les constructions et installation non autorisées à l'article 1 et notamment : / 1- Les constructions à usage industriel ou constructions incompatibles avec la vocation de la zone. / 2- Les installations et travaux divers autres que terrain de jeux et aires de stationnement. / 3- Les installation classées autres que celles visées à l'article NB 1.3.1 / 4- Les terrains de camping et de caravaning et les parcs résidentiels de loisirs et le stationnement isolé des caravanes ". Ce classement des terrains contenus originellement dans les parcelles cadastrées section B numéros 4279, 4282, 4286, 4289, 4280 et 4287 a eu pour effet de limiter l'urbanisation, sans pour autant interdire les constructions en habitat dispersé. Ainsi, dès cette date, les terrains nus situés dans cette zone étaient constructibles. Il s'ensuit que les terrains en cause, aux dates auxquelles ils ont été cédés, étaient constructibles depuis au moins dix-huit ans. Par suite, M. et Mme C sont fondés à demander la décharge des taxes sur la cession de terrains nus devenus constructibles auxquelles ils ont été assujettis au titre des cessions susvisées.
Sur les frais liés au litige :
6. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante dans la présente instance, la somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. et Mme C sont déchargés des taxes sur la cession à titre onéreux de terrains nus devenus constructibles auxquelles ils ont été assujettis à raison des cessions à titre onéreux le 28 juillet 2020 des parcelles cadastrées section B numéros 4305, 4307, 4309, 4311, 4314 et 4315 et le 30 septembre 2020 des parcelles cadastrées section B numéros 4306, 4308, 4310, 4312 et 4313.
Article 2 : L'Etat versera à M. et Mme C la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, Mme D C et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 25 juin 2024.
La rapporteure,
N. SARRAUTELa présidente,
F. HÉRY
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026