vendredi 15 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2304207 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CARCY-GILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2023, la commune de Labastidette, représentée par Me Billiaud, demande au juge des référés :
1°) de désigner un expert, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, afin de déterminer la nature, l'ampleur et l'origine des désordres affectant les bâtiments des écoles maternelle et élémentaire de la commune, dont l'extension et la rénovation ont été entreprises dans le cadre d'un marché public ;
2°) d'ordonner que ladite expertise soit réalisée contradictoirement avec les sociétés Almudever fabrique d'architecte, Mutuelle des architectes français, Bureau d'études Tech Organisation Moderne, XL Insurance Company SE, Comminges Bâtiment, SMABTP, Sol Façade, MMA IARD Assurances Mutuelles, Fondasol et Eiffage Route Sud-Ouest.
Elle soutient que des désordres persistants et multiples affectent les bâtiments des écoles maternelle et élémentaire du groupe scolaire Jacques-Prévert de la commune.
Par un mémoire en réponse, enregistré le 16 août 2023, les sociétés MMA IARD et MMA Assurances Mutuelles, représentées par Me Jourdon, concluent, sous toutes réserves quant à la mise en cause de leur responsabilité, ne pas s'opposer à la demande d'expertise formulée.
Par un mémoire en réponse, enregistré le 23 août 2023, la société XL Insurance Company SE, représentée par Me Zannier, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1500 euros soit mise à la charge de la commune de Labastidette au titre de l'article L. 761-1 du CJA ;
2°) à titre subsidiaire :
- à ce qu'il soit enjoint à la commune de Labastidette de produire la convention de contrôle technique obligatoire prévue à l'article R. 125-17 du code de la construction et de l'habitation, les rapports associés, ainsi que la déclaration d'ouverture de chantier prévue à l'article R. 424-16 du code de l'urbanisme.
- à ce qu'il soit enjoint à la SAS Bureau d'études Tech Organisation Moderne de produire son attestation d'assurance de responsabilité civile pour l'année 2023.
Elle soutient que :
- la société XL Insurance Company SE n'a été l'assureur du Bureau d'études Tech Organisation Moderne que du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022 et que sa garantie n'est plus mobilisable en date d'enregistrement de la présente requête ; le bureau d'études doit dès lors appeler en cause son assureur à la date de la requête ;
- la commune de Labastidette ne produit pas la déclaration réglementaire d'ouverture de chantier prévue à l'article R. 424-16 du code de l'urbanisme, attestant de ce que l'ouverture du chantier serait intervenue après que la société Bureau d'études Tech Organisation Moderne se soit assurée auprès de la société XL Insurance Company SE.
Par un mémoire en réponse, enregistré le 25 août 2023, les sociétés SMABTP et Comminges Bâtiment, représentées par Me Salesse, concluent, sous toutes réserves et protestations quant à la mise en cause de leur responsabilité, ne pas s'opposer à la demande d'expertise formulée.
Par un mémoire en réponse, enregistré le 19 septembre 2023, la société Sol Façade, représentée par Me Jourdon, conclut, sous toutes réserves quant à la mise en cause de sa responsabilité, ne pas s'opposer à la demande d'expertise formulée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 1er septembre 2023 par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Cherrier, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".
2. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. Le litige potentiel ne doit, par ailleurs, pas être manifestement insusceptible de se rattacher à la compétence du juge administratif.
3. La commune de Labastidette, qui a au demeurant régulièrement produit une déclaration d'ouverture de chantier en date du 5 mars 2019 communiquée aux parties, a réceptionné sous réserve ou avec réserve, le 7 août 2020, les lots portant les numéros 1, 2 et 3 du marché public de travaux conclu pour la rénovation et l'extension des écoles maternelle et élémentaire du groupe scolaire Jacques-Prévert. Les attributaires étaient les sociétés Eiffage Construction Sud-Ouest (lot 1), Comminges Bâtiment (lot 2) et Sol Façade (lot 3). La société Bureau d'études Tech Organisation Moderne était en charge du contrôle du chantier. Plusieurs désordres sont apparus postérieurement à la réception des trois lots. Le 12 décembre 2022, un rapport de la société Global Expertise a rendu compte des désordres observés (fissures sur les sols et façades, infiltrations,
toiture terrasse présentant des malfaçons). Le 1er février 2023, un procès-verbal de Me Pedaillé, commissaire de justice, a rendu compte des dégradations survenues au moyen d'une série de clichés photographiques. Il n'est pas contesté que le rapport de la société Global Expertise comme le rapport de Me Pedaillé, s'ils ont procédé aux premiers constats des désordres affectant les bâtiments du groupe scolaire, ne se sont pas prononcés de façon complète sur l'origine des désordres ou l'imputabilité de ces derniers aux travaux réalisés dans le cadre des lots 1, 2 et 3 du marché. Ils n'ont pas non plus examiné si les travaux entrepris l'avaient été dans les règles de l'art, ni ne se sont prononcés sur les moyens propres à traiter les désordres observés, et à quel coût, pas plus que sur les préjudices subis par la requérante. Dès lors que plusieurs chefs de mission de l'expertise demandée restent à ce jour sans réponse, à la lecture du rapport de la société Global Expertise et du procès-verbal de Me Pédaillé dont disposent les parties, le complément d'expertise demandé par la requérante, pour des chefs de missions ci-après énumérés et allant au-delà d'un simple constat de la matérialité des sinistres, présente, notamment dans la perspective d'une action contentieuse pouvant manifestement relever de l'ordre administratif, un caractère d'utilité.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la demande d'expertise de la commune de Labastidette est fondée. Il y a donc lieu de faire droit à cette demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les réserves ou protestations exprimées par les sociétés MMA IARD et MMA Assurances Mutuelles, SMABTP, Comminges Bâtiment et Sol Façade :
5. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de protestations ou de réserves dans le cadre de la présente procédure de référé. Les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur le surplus des conclusions de la société XL Insurance Company SE :
6. Il ne relève pas de l'office du juge des référés, saisi dans le cadre de la procédure prévue à l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prononcer des injonctions.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans la présente instance de référé, de faire droit à la demande de la société XL Insurance Company SE, présentée sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre, d'une part, la commune de Labastidette et, d'autre part, les sociétés Almudever fabrique d'architecte, Mutuelle des architectes français, Bureau d'études Tech Organisation Moderne, XL Insurance Company SE, Comminges Bâtiment, SMABTP, Sol Façade, MMA IARD, MMA Assurances Mutuelles, Fondasol et Eiffage Route Sud-Ouest.
Article 2 : L'expert aura pour mission de :
- Se rendre sur les lieux de l'expertise, groupe scolaire Jacques-Prévert à Labastidette et de prendre connaissance de tous les documents utiles à son information, en particulier les écrits ou rapports, déjà dressés, de la société Global Expertise et de Me Pedaillé, faisant constat des désordres observés ;
- Déterminer l'origine des désordres ;
- Vérifier si les travaux réalisés l'ont été dans les règles de l'art et, dans la négative, de constater les malfaçons ou non-façons ;
- Dire si les désordres affectent la solidité de l'immeuble ou le rendent impropre à sa destination ;
- Déterminer l'ampleur et l'origine desdits désordres, dysfonctionnements, malfaçons et leur imputabilité, et notamment identifier s'ils résultent des erreurs de conception ou/et d'exécution ;
- Préconiser tous moyens de remédier aux désordres en en chiffrant le coût, et chiffrer également les travaux nécessaires à la remise en état de l'immeuble ;
- Préciser les préjudices de toute nature subis par la requérante ;
- Rapporter toutes autres constatations utiles à l'examen des prétentions des parties.
Article 3 : M. B A, domicilié au 28, rue Henri-de-Toulouse-Lautrec à Toulouse (31500) est désigné pour procéder à l'expertise.
Article 4: Préalablement à toute opération, l'expert procédera aux déclarations prévues à l'article R. 621-3. Si l'expert n'a pas prêté serment lors de son inscription initiale sur le tableau établi par la cour administrative d'appel du ressort ou lors de son inscription sur l'une des listes prévues par la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, il prêtera par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1.
Article 5 : L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport uniquement s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 7 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance de la présidente du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 8 : Les conclusions de la société XL Insurance Company SE sont rejetées.
Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Labastidette, aux sociétés Almudever fabrique d'architecte, Mutuelle des architectes français, Bureau d'études Tech Organisation Moderne, XL Insurance Company SE, Comminges Bâtiment, SMABTP, Sol Façade,MMA IARD, MMA Assurances Mutuelles, Fondasol et Eiffage Route Sud-Ouest ainsi qu'à M. B A, expert.
Fait à Toulouse, le 15 décembre 2023.
La vice-présidente, juge des référés,
Sylvie CHERRIER
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026