mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2304404 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | ADALTYS AFFAIRES PUBLIQUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 25 juillet et 30 août 2023, M. A B, représenté par Me Renoult, demande à la juge des référés :
1°) d'ordonner, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise médicale pour déterminer les préjudices qu'il dit avoir subis du fait de sa maladie professionnelle ;
2°) de mettre les frais d'expertise à la charge du département de la Haute-Garonne ;
3°) de mettre à la charge du département de la Haute-Garonne le paiement d'une somme de 1500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il entend solliciter une indemnisation complémentaire des préjudices résultant de sa maladie professionnelle et que lesdits préjudices doivent être chiffrés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 août et 6 septembre 2023, le département de la Haute-Garonne, représenté par Me Heymans, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que soit mis à la charge du requérant le paiement d'une somme de 2000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la demande d'expertise du requérant est dépourvue d'utilité, dès lors que l'action indemnitaire au fond qu'il envisage est prescrite.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 2 décembre 2024 par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Viseur-Ferré, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est né en 1966 et occupe un emploi correspondant au grade d'ingénieur principal, dans les services du département de la Haute-Garonne. Par une décision du 19 mai 2016, le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a reconnu le caractère professionnel de la maladie qu'il a déclarée le 8 octobre 2015. Dans un rapport d'expertise daté du 9 octobre 2018, le Dr. Hartmann, psychiatre, a conclu que le taux d'IPP de M. B devait être fixé à 25% et que la date de consolidation de son état de santé devait être arrêtée au 9 octobre 2018. Le département de la Haute-Garonne a notifié à M. B ce rapport d'expertise le 16 octobre 2018. Par une décision du 31 mai 2023, le département de la Haute-Garonne a rejeté la demande indemnitaire préalable formée par le requérant, tendant à obtenir une indemnisation complémentaire des préjudices résultant de sa maladie professionnelle, au motif que la réclamation de M. B était prescrite. M. B sollicite de la juge des référés qu'elle ordonne une expertise médicale pour déterminer les préjudices qu'il dit avoir subis du fait de sa maladie professionnelle.
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. "
3. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce titre, le juge des référés ne peut faire droit à une demande d'expertise formée à l'appui de prétentions dont il est établi qu'elles sont prescrites.
4. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit () des départements () toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis () ". S'agissant d'une créance indemnitaire détenue sur une collectivité publique au titre d'un dommage corporel engageant sa responsabilité, le point de départ du délai de prescription prévu par ces dispositions est le premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les infirmités liées à ce dommage ont été consolidées.
5. Il résulte des éléments communiqués que la date de consolidation de la maladie professionnelle de M. B a été fixée par un rapport d'expertise au 9 octobre 2018, avec un taux d'IPP de 25%. La seule circonstance que M. B a été, comme il le fait valoir, en arrêt de travail pour la même pathologie postérieurement au 9 octobre 2018, n'est pas de nature à modifier la date de sa consolidation. Par suite, ainsi que le fait valoir le département de la Haute-Garonne en défense, la prescription quadriennale opposable à la créance de M. B a commencé à courir le 1er janvier 2019. Au 31 mars 2023, date à laquelle il a présenté une demande indemnitaire préalable, le délai pour formuler une telle réclamation avait expiré.
6. Si M. B soutient n'avoir jamais eu connaissance de la date de consolidation de son état de santé, il n'est pas contesté que le département de la Haute-Garonne lui a notifié le 16 octobre 2018 les conclusions de l'expert qui l'avait examiné et qui avait fixé tant la date de consolidation de son état de santé que son taux d'IPP.
7. Il suit de là que la demande d'expertise présentée par le requérant apparaît dénuée du caractère d'utilité requis par les dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Elle doit, par suite, être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de la Haute-Garonne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B au titre des frais liés au litige.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande du département de la Haute-Garonne, présentée sur le fondement des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au département de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 10 décembre 2024
La vice-présidente, juge des référés,
Cécile VISEUR-FERRÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026