mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2304549 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2023, et des mémoires complémentaires enregistrés les 12 septembre, 5 et 27 octobre 2023, Mme A C, gérante de la SARL Smoky Brow, exploitant une enseigne de soins esthétiques, sise 29, allées Forain-François-Verdier à Toulouse (31000), représentée par Me Boubal, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de désigner un expert aux fins d'évaluer le préjudice subi par son activité, du fait des travaux de détournement des réseaux entrepris par Toulouse Métropole, en préparation du chantier de la future 3ème ligne de métro, pour la période allant du 18 octobre 2021 au 23 mars 2023, et à compter du 1er avril 2023 ;
2°) de mettre à la charge de Toulouse Métropole les entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge de Toulouse Métropole le paiement d'une somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les travaux de détournement des réseaux entrepris par Toulouse Métropole, réalisés en prévision du chantier de la ligne C du métro, ont fortement pénalisé l'exploitation de son commerce.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 septembre, 22 septembre et 20 octobre 2023, Toulouse Métropole, représentée par Me Sire, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à ce qu'il soit donné acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la demande formulée par la requérante ;
2°) à ce que les entiers dépens de l'instance soient mis à la charge de la requérante ;
3°) à ce qu'une somme de 1000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 2 décembre 2024 par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Viseur-Ferré, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. Il résulte de l'instruction qu'eu égard au déroulement du chantier de la troisième ligne de métro et des travaux préparatoires effectués à ce titre, et dans l'intérêt du bon fonctionnement de la justice, cette expertise apparait utile.
3. Il ressort du calendrier des travaux produit par la requérante et non contesté en défense que les travaux entrepris par Toulouse Métropole ont été programmés à compter du 11 octobre 2021, et pour une durée de huit semaines, du 10 janvier 2022, et pour une durée de trois semaines, du 28 février 2022, et pour une durée de six semaines, du 9 mai 2022, et pour une durée de six semaines, du 20 juin 2022, et pour une durée de 7 semaines, puis du 4 juillet au 26 août 2022 et, enfin du 20 février au 24 mars 2023. Il ne ressort pas des pièces produites que les travaux seraient, en revanche, toujours en cours à la date du 1er avril 2023, date à laquelle la société Tisséo Ingénierie, personne morale distincte de Toulouse Métropole, a procédé au démarrage des travaux du métro. Compte tenu du calendrier des travaux, l'appréciation du préjudice économique allégué pourra porter sur les seules périodes au cours desquelles la société Toulouse Métropole avait effectivement engagé des travaux et ne saurait porter sur la période postérieure au 1er avril 2023.
4. Il y a lieu d'ordonner l'expertise et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées par les parties sur ce fondement doivent, dès lors, être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise au contradictoire de la SARL Smoky Brow et de Toulouse Métropole, avec mission pour l'expert :
- de réunir tous documents appropriés à l'appréciation du chiffre d'affaires réalisé par la SARL Smoky Brow, située 29, allées Forain-François-Verdier à Toulouse (31000), dont la gérante est Mme A C et dont le siège est au 29, allées Forain-François-Verdier à Toulouse (31000), pour les périodes aux cours desquelles Toulouse Métropole avait engagé des travaux soit : du 11 octobre 2021, et pour une durée de huit semaines, du 10 janvier 2022, et pour une durée de trois semaines, du 28 février 2022, et pour une durée de six semaines, du 9 mai 2022, et pour une durée de six semaines, du 20 juin 2022, et pour une durée de 7 semaines, puis du 4 juillet au 26 août 2022 et, enfin du 20 février au 24 mars 2023 ;
- de déterminer si l'évolution du chiffre d'affaires au cours de ces périodes constitue un préjudice économique ayant pour cause l'exécution des travaux de détournement des réseaux entrepris par Toulouse Métropole, en préparation du chantier de la future 3ème ligne de métro ; il reviendra ainsi à l'expert de s'assurer, dans le cadre de sa mission, que le préjudice évoqué est en lien direct et exclusif avec ces travaux, eu égard à la situation du commerce vis-à-vis de l'emprise du chantier ;
- d'évaluer, dans ce cas, ce préjudice économique ;
- d'apporter au tribunal tous éléments utiles à la solution d'un litige dont il serait saisi.
Article 2 : M. D B, demeurant 20 bis, rue du Capitaine-Escudié à Toulouse (31000), est désigné comme expert.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il rédigera un rapport intermédiaire à la fin de chaque trimestre civil et un rapport final en fin d'exercice comptable. Chaque rapport sera déposé en deux exemplaires au greffe du tribunal administratif de Toulouse dans un délai de quatre mois à compter de chacune des échéances ci-avant mentionnées. Il notifiera copie desdits rapports aux parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert procédera aux déclarations prévues à l'article R. 621-3. Si l'expert n'a pas prêté serment lors de son inscription initiale sur le tableau établi par la cour administrative d'appel du ressort ou lors de son inscription sur l'une des listes prévues par la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, il prêtera par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1.
Article 5 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle la présidente du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, gérante de la SARL Smoky Brow, à Toulouse Métropole et à M. B, expert.
Fait à Toulouse, le 10 décembre 2024.
La vice-présidente, juge des référés,
Cécile VISEUR-FERRÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026